Boghé : Le GRET accusé de détournement et de malversations financières par des maîtres d’ateliers

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Le Programme d’appui au développement de la formation par apprentissage (Pafpa) est un programme de trois ans cofinancé à hauteur de 80% par l’Union européenne et de 20% par l’Agence Française de Développement.

Porté par le Gret, le programme est mis en œuvre dans deux pays, le Bénin et la Mauritanie, par deux structures partenaires: le Bureau d’Appui aux Artisans (BAA) au Bénin et l’Institut national de Promotion de la Formation technique et professionnelle (Inap-FTP) en Mauritanie.

Ses objectifs

Le Pafpa vise à renforcer l’employabilité des jeunes par le développement d’une offre de formation qui soit adaptée dans ses modalités et son contenu, articulée avec le système formel d’enseignement technique et de formation professionnelle (ETFP) et capable de leur fournir les compétences professionnelles dont les entreprises, en particulier celles du secteur informel, ont besoin pour améliorer leur capacité de production et leurs revenus.

Cibles et zones d’intervention

Le Pafpa intervient au niveau de quatre types d’acteurs: les jeunes en apprentissage traditionnel, les maîtres artisans, les centres de formation professionnelles, et les directions techniques publiques en charge de la formation professionnelle. Il se déroule en Mauritanie dans les villes de Nouakchott, Atar, Boghé et Rosso et au Bénin dans les quatorze communes des départements de l’Ouémé et du Plateau.

Son budget est de 1,8 millions d’euros, cofinancé par l’Union européenne, l’Agence Française de Développement et l’Inap-FTP. Le Pafpa a démarré en Septembre 2011 pour une période de trois ans. Il se déroule dans les villes de Nouakchott, Atar, Boghé et Rosso.

Les bénéficiaires jeunes de 14 à 30 ans prioritairement ceux issus de milieux défavorisés et les jeunes femmes, les entreprises, principalement les micros et petites entreprises du secteur informel, qui accueillent des jeunes en apprentissage, les institutions en charge de la formation professionnelle, les centres de formations publics ou privés à but non lucratif entre autres.

Les maîtres d’ateliers accusent

Un groupe maîtres d’ateliers de mécanique, de soudure, de couture accusent les responsables du PAFPA, en l’occurrence le GRET d’avoir failli aux engagements qu’ils avaient pris devant eux. Ces ouvriers que nous avons rencontrés sont très remontés contre le GRET et accusent ouvertement leur partenaire d’avoir détourné les fonds alloués par les bailleurs au projet.

Sow Alhousseynou dit Samba Dabel, Mokhtar O Mohamed, Abdallahi O Mohamed O Elemine, Sogho Mamadou, Abdoulaye Djibril Dia, Cheîkh M’Bow, Diop Mokhtar dénoncent le non respect du GRET, porteur du projet PAFPA des engagements pris en 2011 devant les maîtres d’ateliers qu’ils sont.

Parmi ces engagements, figurent la formation alternante entre le lycée technique de Boghé et les ateliers pour une durée de six mois des apprentis de chaque atelier, le versement d’une bourse trimestrielle de 15 000 Um pour chaque apprentis, la prise en charge des factures d’eau, d’électricité et de la location mensuelle du siège de l’atelier pour une durée ne dépassant pas deux ans, la dotation des ateliers en caisse d’outillage de marque française, de postes de soudure et leurs accessoires, le financement des matières premières pour ces ateliers.

Pendant toute la durée de la formation, affirme ces maîtres d’ateliers, le projet PAFPA ne s’est présenté qu’une seule fois pour verser une subvention à chacun des ateliers variant entre 20 000 Um et 60 000 Um.

Leurs apprentis, n’ont perçu chacun que 4000 Um selon toujours ces maîtres d’ateliers. Et ce, après avoir exigé et obtenu de chacun des chefs d’ateliers ses factures d’eau, d’électricité et le contrat de location de son siège qui s’élèvent à des montants largement supérieurs aux sommes qui leurs ont été versées indique ces maîtres d’ateliers.

En plus affirme M. Soko l’un de ces maîtres d’ateliers, les responsables de PAFPA avaient promis également d’organiser une cérémonie de remise d’attestation de formation aux apprentis en présence de leurs maîtres mais rien de tout cela a-t-il indiqué n’a été honoré les responsables du projet. Au lieu d’attestations pour les jeunes apprentis, ils ont reçu des bulletins de notes délivrés par le Lycée de Formation Technique et Professionnelle de Boghé.

Les responsables du projet PAFPA se sont servis de nous et de nos documents pour justifier des détournements, a affirmé Mokhtar. Ils nous ont engagés dans des dépenses et à la fin ils n’ont pas honoré leurs engagements vis-à-vis de nous. Résultat, nous sommes menacés d’être traduits devant la justice si nous ne payons pas nos dettes, a pesté Sow Alhousseynou. Les maîtres d’ateliers crient au scandale et dénoncent une gestion opaque du projet PAFPA par le GRET accusé d’avoir organisé une véritable arnaque sur la base des documents qu’ils leurs ont transmis (factures notamment).

Un responsable du projet PAFPA, Diop Alpha que nous avons joint au téléphone a fait savoir qu’il n’est pas en mesure de réagir car étant en voyage et attend de savoir avec précision ce que réclament ces maîtres d’ateliers. Il a promis toutefois de réagir dès le lundi prochain, une fois qu’il sera de retour.

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