» Bonnes performances  » de l’Economie Nationale en 2012, affirme le FMI

L’économie nationale a enregistré en 2012 de  » bonnes performances marquées par la consolidation de la stabilité FMI_logomacroéconomique et une reprise vigoureuse de l’activité économique et ce, dans une conjoncture économique internationale qui reste difficile « , a déclaré jeudi à Nouakchott Mme Mercedes Vera Martin qui a dirigé une mission des services du Fonds Monétaire International ayant séjourné en Mauritanie du 23 Avril dernier au 02 Mai courant.

Le raffermissement de l’activité des services, le rebond de la production agricole et le dynamisme du secteur des bâtiments et travaux publics ont permis d’atteindre un taux de croissance de 6,9 pour cent, du PIB réel (8 pour cent hors industries extractives), malgré les difficultés traversées par l’Europe et la sécheresse en début d’année, a expliqué Mme Martin lors d’une conférence de presse conjointe avec les Ministres des Finances et des Affaires économiques et du Développement et le Gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie. Cette conférence de presse intervient au terme d’une série de discussions relatives à la sixième et dernière revue du programme de la Mauritanie soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) qui lie notre pays au FMI depuis 2010. Pendant son séjour en Mauritanie, la mission du Fonds a eu des  » échanges fructueux  » avec les hauts responsables de l’Etat mais aussi avec des représentants de la communauté diplomatique, du milieu bancaire, du secteur privé, des syndicats, des bailleurs de Fonds et de la société civile. Lors du point de presse de jeudi, Mme Mercedes Vera Martin a indiqué que l’inflation dans notre pays a chuté à 3,4 pour cent fin décembre 2012, nettement en deçà des projections, en raison de la baisse des prix des produits alimentaires qui a plus que compensé les augmentations régulières des prix des carburants. Toutefois, a-t-elle tempéré, malgré cette bonne performance, la croissance  » n’est pas encore assez soutenue et inclusive pour enrayer les taux de chômage et de pauvreté élevés ». Le solde budgétaire global, incluant les dons, a atteint 2,8 pour cent du PIB en 2012,  » un excédent pour la première fois dans l’histoire récente de la Mauritanie, malgré d’importants programmes sociaux d’urgence et un accroissement important des investissements financés sur ressources propres « , a dit la responsable du FMI. Selon elle, cette performance est due principalement à un effort considérable de recouvrement d’impôts, à une amélioration sensible des recettes minières, à l’apport de recettes exceptionnelles et à la maitrise des dépenses non essentielles. Elle a par ailleurs indiqué que le déficit du compte courant s’est creusé (atteignant 32 pour cent du PIB), en raison d’une diminution des exportations de minerai de fer, de l’augmentation des importations occasionnées par les programmes alimentaires d’urgence et des projets d’investissement dans les industries extractives. Mme Martin a souligné que cette détérioration a été plus que financée par des investissements directs étrangers, des dons et recettes exceptionnelles et un important rapatriement des recettes minières qui ont poussé le niveau de réserves de change à un niveau record de US$962 millions à fin 2012, soit l’équivalent de 6,7 mois d’importations. Dans un communiqué distribué en marge de la conférence de presse, la mission du FMI a noté avec  » satisfaction  » la mise en oeuvre de politiques économiques adéquates qui a permis aux autorités d’atteindre, avec des marges confortables, les critères quantitatifs de réalisation prévus à fin décembre 2012 « . Elle a également félicité les autorités pour  » avoir mis en place avec succès une politique de réduction graduelle des subventions généralisées et mal ciblées, permettant de créer un espace budgétaire supplémentaire pour les dépenses de réduction de la pauvreté « . De plus, indique le texte,  » pour préserver les acquis fiscaux, la mission a néanmoins attiré l’attention des autorités sur la nécessité d’assurer la viabilité de la dette publique qui reste élevée. En conséquence, la mission continue de recommander aux autorités de combler leur besoin de financement à travers des ressources concessionnelles et intérieures « . La mission a en outre  » encouragé les autorités à appliquer la formule automatique des prix des carburants de manière systématique – que ce soit à la hausse ou à la baisse – et de remplacer les programmes d’urgence par un système de protection sociale permanent et mieux ciblé. Ce système pourrait éventuellement être basé sur l’expérience des transferts monétaires effectués au profit des populations pauvres et vulnérables de la ville de Nouakchott au cours de l’année 2012 « . Elle a noté  » les progrès importants réalisés au cours du programme dans la mise en oeuvre de réformes visant à moderniser l’administration fiscale, assainir la gestion des dépenses publiques, élaborer un nouveau code des investissements et établir une nouvelle stratégie de protection sociale « . Pour elle,  » la mise en place de ces réformes, ainsi que l’application rigoureuse et systématique des nouvelles procédures de passation de marché publics, est nécessaire pour réaliser une croissance plus forte et plus inclusive, capable de réduire le chômage et de faire reculer sensiblement la pauvreté « . La mission du FMI a salué l’engagement des autorités à garantir la transparence dans l’exploitation et l’emploi des ressources financières provenant du secteur minier, estimant que la création d’un mécanisme permettant de mieux gérer les recettes des industries extractives permettra d’augmenter la résilience de l’économie nationale aux chocs exogènes, de soutenir la croissance et d’assurer une équité. Elle a aussi souligné la nécessité d’améliorer davantage le climat des affaires afin de créer les conditions les plus favorables au développement du secteur privé et soulevé l’importance de continuer à appliquer de manière uniforme et neutre la réglementation en vigueur à tous les opérateurs. Les experts du FMI ont en outre invité les autorités mauritaniennes à continuer à approfondir le fonctionnement du marché des changes, à formaliser le cadre de concertation entre l’Etat et le secteur privé, à vulgariser les procédures de recours pour les contribuables et à approfondir davantage les réformes pour remédier aux contraintes identifiées dans le  » Doing Business Survey « , telles que la simplification des procédures fiscales, des procédures d’enregistrement des entreprises et l’octroi de permis de construire. La mission a pronostiqué que pour 2013, la croissance économique poursuivra son élan,  » malgré une demande mondiale qui reste timide. Ainsi, le taux de croissance du PIB réel se situerait à environ 6 pour cent, grâce aux secteurs du bâtiment et travaux publics, de l’agriculture et des services  » tandis que l’inflation  » sera contenue à 5 pour cent (en glissement annuel) « . Toutefois, le déficit du compte courant, restera important en raison des importations liées aux investissements miniers et aux projets d’infrastructure, financés en majeure partie par des investissements directs étrangers, a indiqué le communiqué. Et d’ajouter que les réserves de change  » se maintiendront à un niveau équivalent à 7,3 mois d’importations à la fin de 2013, permettant ainsi à l’économie mauritanienne de bien résister aux chocs exogènes éventuels « .  » Suite à la réalisation satisfaisante des objectifs du programme pour l’année 2012, les services du FMI soumettront à l’approbation du Conseil d’administration la conclusion de la sixième et dernière revue de l’accord triennal au titre de la FEC, prévu pour juin 2013″, a conclu le texte. Pendant la même conférence de presse, le Ministre des Finances, M. Thiam Diombar, a souligné que le PIB national a évolué de 30% entre 2009 et 2012, rappelant la crise financière qui avait touché de plein fouet l’ensemble des pays du monde en 2009. Il a ajouté que les recettes fiscales sont passées, pendant cette même période, de 114 milliards à 250 milliards d’ouguiya, soit une augmentation de plus de 100%. Le ministre a aussi noté avec satisfaction qu’en 3 ans, les dépenses salariales et de fonctionnement sont devenues des dépenses  » secondaires  » alors que les dépenses d’investissement ont pris le dessus, renversant ainsi complètement la tendance. Il a révélé qu’une enquête menée très prochainement par le BIT démontrera que les politiques suivies actuellement en Mauritanie ont permis de créer un très grand nombre d’emplois. De son côté, le Ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Sidi Oud Tah, a indiqué que l’Etat a dépensé, en 2012, pas moins de 70 milliards d’ouguiya au service des familles pour améliorer les conditions de vie des personnes les plus défavorisées. Il a également annoncé la mise en oeuvre, sous peu, d’une stratégie nationale de protection sociale qui ciblera particulièrement les populations les plus démunies. Le ministre a par ailleurs dit que le gouvernement a demandé de conclure avec le FMI un nouveau programme qui devra consolider les acquis déjà réalisés et donner la priorité à la productivité et la garantie de conditions de vie meilleures pour les citoyens. Le nouveau programme ne prévoit pas des prêts de la part du FMI, ce dernier estimant que la Mauritanie n’en a plus besoin étant donné le bon niveau de développement qu’elle atteint, a pour sa part expliqué le Gouverneur de la BCM ,M. Sid’Ahmed Ould Raiss. Le gouverneur qui s’exprimait au cours de la même conférence de presse a évoqué le développement survenu au niveau de la bancarisation du pays pendant les trois dernières années. Il a rappelé, dans ce cadre, la création de banques islamiques et l’ouverture d’un grand nombre d’agences de banques primaires à Nouakchott et dans les villes intérieures, à raison de 12 agences par an. Une nouvelle stratégie financière et un système de contrôle ont été mis en place pour promouvoir davantage la stabilité économique du pays, a conclu Ould Raiss.

 

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