Boutilimit Affaire Noura : Le Procureur refuse toute poursuite et IRA se voit renforcé par SOS Esclaves

esclave - mains enchainéesDans un communiqué conjoint signé le 25 septembre 2013, par IRA-Mauritanie et SOS Esclaves, l’affaire Noura Mint Ahmed, cette jeune présumée esclave qui avait porté plainte depuis le 9 septembre dernier contre ces anciens maîtres, aurait connu un nouveau rebondissement.

Le Procureur de la République par intérim du tribunal de Rosso, EL Khalil Ould Ahmedou, aurait indiqué qu’il ne retient aucune poursuite contre les personnes poursuivies pour pratiques esclavagistes, violences physiques et délit de fuite. Il s’agit en l’occurrence, selon le communiqué, de la famille Ehel Emhammed, Cheikh Ould Sidi Ould Ely, homme d’affaires, notable et candidat du parti-état pour la mairie de la localité d’Ajouer, ses frères Amar et Hamdi, ainsi que leurs sœurs, Aîcha, Vatma, Miha et Deida. Cheikh Ould Sidi Ould Ely aurait arraché la jeune Noura alors qu’elle n’avait que 4 ans pour la placer au service de son épouse Ami Mint Ahmedou. La mère de Noura, Oum Rvada est quant à elle l’esclave des ascendants de la famille. Selon le communiqué, lorsqu’en 2011, IRA parvint à faire emprisonner une cousine de la famille, Oumoulmoumine Mint Bakar Vall, Cheikh et sa femme se seront précipités pour établir un acte de naissance falsifié pour Noura, lui donnant un âge supérieur à son âge normal, pour échapper en cas de problème, au même délit que leur cousine qui a été poursuivie pour « exploitation de mineurs ».

Le communiqué met en exergue la complicité des autorités administratives du Trarza, du Wali en passant par le Hakem et le commandant de la brigade de gendarmerie de Boutilimit, Ahmed Ould Ghalla. Ce dernier se serait entretenu, lors de la première plainte, avec Cheikh Ould Sidi, son frère Amar et un cousin fonctionnaire au ministère des Finances du nom d’Ould Khaïry Ould Mboukhoukha. Ils auraient convaincu le père de la fille à retirer la plainte et la jeune Noura fut renvoyée hors de la brigade. Cette dernière contacta alors le président Birame Ould Dah Ould Abeid d’IRA qui se rendit sur les lieux et une deuxième plainte fut déposée le 9 septembre. Par la suite, il a accompagné la victime qui a réitéré sa plainte devant l’ancien ministre de la Justice, Abidine Ould Khaïry qui lui a promis de tout faire pour engager des actions contre les personnes incriminées. Entre temps, les quatre femmes de la famille Ehel Emhammed se sont évaporées dans la nature et la gendarmerie fait semblant depuis plus de deux semaines de les chercher, selon le communiqué. Quant aux hommes, après une brève audition à la Brigade mixte de gendarmerie de Nouakchott et un bref passage au parquet de Rosso, ils ont été relâchés.

Face à cette situation, IRA et SOS Esclaves ont décidé de poursuivre leur sit-in pacifique à Boutilimit jusqu’à l’application de la loi et la prise en compte par les autorités de la plainte déposée par une citoyenne. Les deux organisations en appellent à la solidarité nationale pour une lutte contre l’impunité, et projettent d’élargir le champ de la protestation à Nouakchott devant les sièges jouxtant les sociétés et les lieux de travail des présumés esclavagistes.

Cheikh Aïdara.

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