Boydiel Ould Houmeid : « Nous sommes fin prêt pour les élections


Décidément, le parti « Al Wiam » est prêt à aller jusqu’au bout de sa logique : pas de dialogue bis ! La formation de Boydiel Ould Houmeid s’en tient donc aux concertations (dialogue) mené, il y a un peu plus d’un an, entre la majorité soutenant le président Mohamed Ould Abdel Aziz et l’opposition qui a prendra par la suite le nom de Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP).

Cette attitude de rejet de tout nouveau dialogue, destiné à permettre à « l’autre opposition », la Coordination de l’opposition

démocratique (COD) de prendre le train en marche, semble tenir, avant tout, d’un impératif électoral puisqu’au moment où il réaffirme ce rejet de tout nouveau dialogue, Boydiel Ould Houmeid annonce que son parti est fin prêt pour les futures élections municipales et législatives. Cette annonce survient, quelques jours après les déclarations du président Mohamed Ould Abdel Aziz qui, pour la énième fois, déclare aux mauritaniens que les élections seront pour bientôt. D’aucuns qu’il s’agit, encore, d’entretenir l’illusion que ce scrutin tant attendu pourrait se tenir début 2013.

En fait, cette sortie que d’aucuns pourraient considérer comme orientée contre la COD fait partie, en réalité, des jeux et enjeux de la crise politique qui tient en haleine l’opinion publique nationale depuis plus de trois ans. Elle est destinée, comme on peut le croire, à mettre la pression sur l’autre opposition, mais aussi sur le pouvoir, pour continuer un processus en partie favorable à la CAP puisque, au cas où les élections se tiennent sans la CAP, ses chances de succès se trouveraient multipliées par deux ou trois.

Cependant, l’on peut aussi croire que les déclarations de Boydiel vont à l’encontre de l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, destinée, sans en donner l’air vraiment, à reprendre un processus de négociations entre pouvoir et majorité sans lequel aucune sortie de crise ne pourrait être envisageable.

Car les élections dont on parle tant ont besoin de la réalisation de certaines conditions dont certaines sont nécessaires et d’autres non suffisantes. Revient alors au devant de la scène cette question de l’état-civil qui reste la grande inconnue à l’heure actuelle. Bien sûr qu’il y a des progrès énormes réalisés depuis que le président Aziz a donné l’ordre à l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS) d’accélérer la cadence de l’enrôlement. Ce qui aurait permis, selon des données récentes, d’atteindre le cap des deux millions de personnes déjà recensées, sans pour autant avoir une idée claire du pourcentage de ceux qui peuvent voter ou non. Autant dire qu’il faut attendre une déclaration officielle du gouvernement pour pouvoir, réellement, fixer une date pour ces élections tant attendues. Cependant, le premier semestre de 2013 semble une période bien indiquée

La COD et les élections

Contrairement, à ce que pensent certains, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) n’est pas prête à boycotter des élections qui, pour elle, seraient synonymes de suicide politique. Le bras de fer qu’elle livre, depuis plusieurs mois, avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz n’est que l’avant-goût de ce que sera, véritablement, la crise politique quand il s’agit de décider d’aller aux élections municipales et législatives en préparation ou de les boycotter.

Sans pour pouvoir présager de l’attitude qui sera celle de la COD (ou de certains partis membres qui ne veulent rien entendre du pouvoir et de ceux qui cherchent à trouver une issue à la crise), il est évident que la position de l’opposition radicale par rapport à cette question est déterminante : participer, c’est reconnaitre le processus en cours, et accepter de prendre le train en marche, boycotter, c’est courir le risque de rester en dehors du jeu politique « réglementé » durant cinq longues années. Si, bien sûr, ces élections sont reconnues libres et transparentes par la communauté internationale et si, entre maintenant et le moment où elles seront organisées il n’y a pas de divergences profondes entre les différents protagonistes du dialogue, à savoir la majorité et la Convention pour une Alternance Pacifique (CAP).

C’est sans doute cette démarche singulière du pouvoir qui fait dire à certains que la stratégie des petits pas adoptée par le gouvernement est faite pour pousser la COD dans ses derniers retranchements. Une sorte de « à prendre ou à laisser » qui rappelle étrangement la démarche suivie en 2006, avec la seule différence qu’à l’époque l’opposition pouvait compter encore sur le poids d’un Messaoud Ould Boulkheir qui se trouve être aujourd’hui partisan d’une solution négociée de la crise et, en principe, partant pour les élections à venir.

Mais pour réussir, la stratégie des petits pas du pouvoir tient à deux conditions essentielles : l’avancement des opérations d’enrôlement et l’entente entre les deux pools du dialogue (la Majorité et l’opposition « participationniste »). Ce qui est loin d’être acquis d’avance. L’enrôlement avance, nous l’avons dit, mais les violons de la CAP sont loin d’être accordés à ceux de la Majorité.

 

Elhourriya

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