Brouille entre le maire de Selibaby et ses conseillers municipaux

Guidimakha

           Selibaby est une ville multiethnique et biraciale. Elle se compose de Soninké, de Maures, de Bambaras, de Wolofs et de Halpulaar’en qui vivent en parfaite harmonie. La cohésion sociale n’y est pas un mythe. C’est une réalité vécue quotidiennement. Cependant si c’est au second tour des élections municipales et législatives du 23 Novembre 2014 que le candidat de l’Union pour la République, Hadrami Ould Wodad l’a remporté l’euphorie de la victoire n’a été que de courte durée car il fallait vite se rendre à l’évidence. La gestion de cette cité urbaine n’est pas aisée à cause des querelles de personne et d’humeurs lunatiques. Cette tâche est si ardue d’autant plus qu’elle implique tact, finesse et éthique à la fois. Ce nouveau maire avait séduit son électorat par son éloquence, son dynamisme et ses connaissances du milieu. Il parle aisément toutes les langues précitées et incarnait l’espoir et son corollaire le changement constructif. Ses premiers mois de gestion communale ont ravisé très tôt les habitants de cette commune qui a du mal à prendre son essor. Dit-on c’est l’arbre qui cache la forêt. Il fait découvrir sa propension à vouloir faire cavalier seul au mépris de toutes les convenances existentielles. Pour commencer, il avait initié des manifestations de soutien en faveur de Mohamed Ould Abdel Aziz, candidat à sa propre succession aux élections présidentielles de Juin 2014 sans associer la Fédération de l’UPR ainsi que l’ensemble de ses militants et sympathisants.  Ce fut un fiasco car la mobilisation n’avait pas drainé une importante foule.

                Ensuite, lors de la visite inaugurale de la centrale hydroélectrique de Manantali à Selibaby du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, le même scénario s’est reproduit. En effet, le maire édifia un site où il fit dresser des tentes pour y héberger les villageois venus accueillir « le Président des pauvres ». La prise en charge des hôtes laissait à désirer car en plus de la pénurie d’eau en période des chaleurs caniculaires, il y a eu toute sorte de dysfonctionnement au grand dam des populations.

               Enfin, en pleine campagne présidentielle, il s’est montré si belliqueux qu’il a fallu de peu en venir aux mains avec Mohamed Yaya Kane en présence de l’actuel Premier Ministre Yahya Ould Hademine.

            C’est contre cette tendance à vouloir tout régenter que s’insurgent les conseillers du maire exigeant qu’ils soient impliqués activement dans tout ce qui a attrait à la Commune. Ainsi le bras de fer d’abord timide se durcissait au fil des mois alors que l’actuel maire n’a pas encore fêté son premier anniversaire à la tête de cette  mairie reprise des mains de l’APP (Alliance Populaire Progressiste) parti d’opposition qui régna en maître de 2000 à 2013.

               Le durcissement de leur position est motivé par la non satisfaction de leurs requêtes doublée par leur mise à l’écart.  Conscient de leur droit et devoir, ils refusent de courber l’échine en décidant de l’affronter. Formant un bloc compact, ils entament leur combat méthodiquement conformément aux textes règlementaires.  A la réunion du 16 Septembre 2014, ils répondent par un boycott actif observé par la plupart d’entre eux excepté quatre. Une semaine plus tard, une autre réunion fut convoquée, elle s’est soldée par le même résultat. Par ce double boycott, ils espéraient de cette façon le contrecarrer et éviter son passage en force.

               Mais comme il leur est formellement interdit de boycotter la prochaine réunion – synonyme de démission collective. Ce qui, du coup, permettra au maire d’avoir les coudées franches. Ce dont ils n’envisagent pas. Celle-ci qui fut tenue Vendredi 03/10/2014 a vu la participation de tous les conseillers, du Hakem de Selibaby et de la société civile. Les trois points qui étaient à l’ordre du jour ci-après ont été rejetés d’un revers de main :

             1° Bilan des activités du semestre,

             2° Jumelage de la commune de Selibaby avec celle de Nouadhibou,

             3°Mise sur pied de la commission des marchés.

Quoi qu’il en soit force est de constater que ça sent le soufre et que rien ne laisse présager la détente dans leur relation en dépit de la tentative de médiation entreprise par Diallo Adama Hada, Fédéral de l’UPR au Guidimakha. Tout le monde s’interroge combien de temps encore va durer cette crise à l’hôtel de Selibaby qui est devenu le seul de conversation ou du moins l’un des plus brûlants. Mais quand les éléphants se battent les petits doivent se mettre à l’écart.

Alassane Mamadou SY

Selibaby

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