Burkina Faso: les médiateurs africains continuent de consulter

Les présidents du BéninUne nouvelle journée de médiation est en cours au Burkina Faso. Ce samedi 19 septembre 2015, les émissaires africains Thomas Boni Yayi et Macky Sall poursuivent leurs entretiens avec des protagonistes de la crise burkinabè et les représentants de la société civile à Ouagadougou. Dans la matinée, les présidents sénégalais et béninois ont rencontré des membres de l’opposition.

La nuit a été courte, mais la « machine à négocier » s’est peu à peu remise en marche ce samedi, relate notre envoyé spécial à Ouagadougou, Guillaume Thibault, qui ajoute que l’activité diplomatique est intense dans les couloirs de l’hôtel Laïco de Ouaga, où Macky Sall est installé.

Thomas Boni Yayi est arrivé à l’hôtel à la mi-journée ce samedi. Le visage fermé, il est monté directement dans la suite de son homologue sénégalais. Les deux chefs d’Etat devaient ensuite rejoindre la grande salle de conférence de l’hôtel, où sont installés depuis 9h30 les poids lourds de la classe politique, et précisément de l’opposition à Blaise Compaoré. La réunion a commencé à midi.

Pour l’instant, refus de toute négociation

Sont notamment présents Ablassé Ouedraogo, Benewende Sankara, Roch Marc Christian Kaboré, Saran Sérémé et Zéphirin Diabré. Tous étaient candidats à l’élection présidentielle prévue à l’origine début octobre. « Etaient », car il y a peu de chances que ce scrutin ait désormais lieu. Ces hommes politiques ont tous condamné le coup d’Etat, et vont sans doute le répéter à la médiation.

Dans les couloirs de l’hôtel, nombre d’acteurs de la société civile estimaient ce samedi matin que pour le moment, les pourparlers se trouvaient dans une impasse, les acteurs refusant toute négociation avec le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et son organe politique, le Conseil national pour la démocratie (CND) dirigé par le général Diendéré, l’homme fort du Burkina Faso en ce moment.

Le CNT et la Société civile exigent un départ immédiat des auteurs du coup d’Etat avant toute négociation. Les partis favorables à l’ancien régime estiment au contraire que le RSP et le CND sont en mesure d’assurer une nouvelle transition pour aller vers des élections.

A Ouaga, la rue est calme pour l’instant

Depuis vendredi, Macky Sall n’a cessé d’appeler au dialogue. Pour le moment sans résultat concret. Cette nouvelle réunion permettra de voir si la classe politique reste sur sa position ou accepte un début de compromis, par exemple en se mettant autour d’une table avec les partis politiques proches de l’ancien président Blaise Compaoré. Les prémisses d’une sortie de crise sont en tout cas encore loin.

Pendant ce temps, ce samedi, l’atmosphère est moins tendue dans la ville, rapporte notre correspondant Yaya Boudani, qui a sillonné quelques quartiers et a aperçu de  jeunes manifestants érigeant des barricades sur la voie publique, incendiant des pneus et des troncs d’arbre. La circulation est ralentie à plusieurs niveaux. Les protestataires exigent toujours le départ du Conseil national pour la démocratie. Ils veulent le rétablissement dans leurs fonctions du président Kafando et de son Premier ministre Isaac Zida.

Dix décès par balle dans la capitale du Burkina Faso

RFI n’a pas aperçu de patrouilles du RSP pendant cette promenade. Mais au niveau du centre hospitalier universitaire Yalgado Ouedraogo, le principal hôpital du pays, plusieurs blessés sont pris en charge. Au total, 108 personnes ont été soignées. Parmi ces blessés, plusieurs ont reçu des balles. Et il a fallu des interventions chirurgicales pour extraire les balles. Le service est assuré par des agents réquisitionnés.

Le Burkina Faso vit actuellement un contexte de grève généralisée. C’est le service minimum qui est appliqué en ce moment. Les chirurgiens travaillent dans des conditions difficiles, confie un agent de santé. « Les chirurgiens jouent le rôle de brancardiers, d’infirmiers », ajoute une autre source hospitalière. Un sapeur pompier atteint par une balle au dos a été opéré avec succès dans la nuit. Le bilan, à ce jour, fait état de dix décès, la plupart par balles.

Source: RFI

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