BURKINA : LA CHARTE DE LA TRANSITION A ÉTÉ SIGNÉE

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La « petite constitution », complémentaire de la Constitution du 2 juin 1991,  et qui doit régir la transition de 12 mois au Burkina, a été signée ce 16 novembre 2014 à la Maison du peuple à Ouagadougou. 

La charte de la transition, ce document complémentaire de la Constitution burkinabè, qui doit régir la vie publique du Burkina jusqu’à l’élection d’un président de la République et des députés de l’Assemblée nationale, a été signée par l’ensemble des composantes de la société burkinabè lors d’un forum, ce 16 novembre 2014.

Y ont participé la société civile, les représentants du monde paysan, des forces de défense et de sécurité, des femmes et de la jeunesse, des partis politiques, des institutions internationales (ONU, CEDEAO, UA) et du corps diplomatique. Etaient  au présidium :

Une partie du présidium (© Burkina 24)

- Le Chef de l’Etat, lieutenant-colonel Isaac-Zida

- Le représentant des forces de défense et de sécurité, le Gal Honoré Nabéré Traoré

– Le représentant de la communauté musulmane, l’imam Aboubacar Sana

– Le Cardinal Philippe Ouédraogo

– Le chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré

– Le président de la Fédération des églises et missions évangéliques, Pasteur Samuel Yaméogo

– Le représentant du Mogho Naba

– Le représentant des Autres partis politiques, Amadou Dabo.

→ Lire aussi   La charte de la transition

La cérémonie a d’abord commencé par l’hymne national, entonné de vive voix, avec l’accompagnement de la fanfare de la Garde nationale. On a remarqué le lieutenant-colonel Isaac Zida  terminer l’hymne avec un poing levé.

A ensuite suivi la lecture de la charte de la transition par le rapporteur Ablassé Ouédraogo, membre du Comité de rédaction. La charte a alors été adoptée, avec un standing ovation de l’ensemble des participants.

Les cinq signataires de la charte (Luc Marius Ibriga pour la société civile, Pasteur Henri Yé pour les autorités coutumières et religieuses, Zéphirin Diabré pour le chef de file de l’opposition politique, Amadou Dabo pour les « autres partis politiques » – l’ancienne majorité – et lieutenant-colonel Isaac Zida, pour les forces de défense et de sécurité) ont également été acclamés.

Un discours qui « rappelle quelqu’un »

L’autre moment fort de cette cérémonie a été le discours du lieutenant-colonel Isaac Zida, lequel a été ovationné tout au long d’un speech qui a fait dire à quelqu’un  dans la salle « il me rappelle quelqu’un« .

Thomas Sankara, sans doute, puisque le lieutenant-colonel Isaac Zida est reparti jusqu’à la Révolution d’août 1983 pour rappeler l’origine de la fierté du peuple burkinabè  et d’un pays  qui « a su donner à chacun de nous (…)  l’identité d’intégrité que nous portons avec fierté  depuis la révolution d’août 1983 et dont la marque incommensurable et inoxydable se trouve dans ce sang qui coule en chacun de nous (…) ».

Mais le chef de l’Etat a tenu à donner au peuple ce qui lui appartient, selon lui : l’insurrection populaire.  « Une approche plus vertueuse devrait placer au centre le peuple burkinabè tout entier, car le coq chante pour tout le village, même s’il a un seul propriétaire », dit-il. Par conséquent, il a lancé un clin d’oeil aux hommes politiques, estimant que ces derniers devraient désormais mieux écouter la voix de leur peuple.

Le Chef de l’Etat n’a cependant pas été tendre avec l’ancien régime, qualifiant la modification de l’article 37 comme une « forfaiture de Blaise Compaoré« , une «insistance insensée et une  myopie politique« . Le lieutenant-colonel Isaac Zida est convaincu que la transition et la construction du Burkina doivent être inclusives et ne doivent exclure personne.

Ecoutez l’intégralité de son discours

Cependant, il a invité «ceux-là qui ont géré le  Burkina Faso jusqu’aux évènements du 30 octobre (..) à  la repentance qui, si elle est sincère, doit être dénuée de toute velléité de troubler la sérénité du peuple burkinabè ».

Zida a eu aussi une pensée pour les victimes des évènements des 30  et 31 octobre 2014. Il a ainsi  « salué la mémoire de tous ces martyrs dont le sang versé fortifiera le ciment qui servira à rebâtir les fondements et recoller les fissures des murailles de notre société que l’égoïsme, l’arrogance et la méchanceté de certains de filles et fils égarés avaient dangereusement et misérablement marqué de leur flétrissure ». Il a suggéré qu’une journée d’hommage soit organisée en leur mémoire.

Pour le reste, le chef de l’Etat a enfin  tenu à rassurer sur les visées de l’armée.  Il dit être en effet convaincu « qu’en lieu et place des soupçons de confiscation de pouvoir par l’armée (…) s’est définitivement installée dans les esprits des uns et  autres, une confiance que nous allons travailler à renforcer dans les jours à venir » . « Vos forces de défense et de sécurité sont patriotiques, républicaines et elles le demeureront », a-t-il martelé.

« Nous avons pris du temps pour bien faire les choses afin de ne pas avoir à recommencer », a-t-il dit à l’endroit de la communauté internationale, qu’il a exhortée à accompagner le Burkina, tout en lui demandant de prendre en compte « la spécificité burkinabè » et à considérer la charte de la transition comme étant « la volonté exprimée de tout le peuple burkinabè« .

Il a terminé son discours par un « Dieu bénisse le Burkina » fortement applaudi. Né le 30 octobre 1965, c’est « un joyeux anniversaire » chanté par une partie de la salle qui l’a raccompagné à  sa place.


Lire aussi : Le programme de la mise en place des organes de la transition


La signature de la Charte en images

Le pasteur Henri Yé

Le Chef de file de l'opposition, Zéphirin Diabré

Burkina24

Le représentant des "autres partis politiques", Amadou Dabo

Burkina24

Le représentant des forces de défense et de sécurité, lieutenant-colonel Isaac Zida

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Source : Burkina24

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