Burundi: reprise des manifestations à Bujumbura

Au Burundi,Nouvelle journée de manifestation, ce jeudi, au Burundi, après une relative accalmie la veille. Il y a eu quelques rassemblements dans plusieurs quartiers de la capitale, Citibitoke, Nyakabiga et Musaga, où les manifestants ont parfois érigé des barricades. Le plus gros rassemblement a eu lieu à Musaga, ce quartier si actif depuis le début de la contestation. Un cortège a aussi traversé plusieurs quartiers, sous les applaudissements des habitants, avant d’arriver sur la route nationale 3 où la police est intervenue.

Il y a eu cet extraordinaire face-à-face, à un mètre d’écart, entre des centaines de manifestants et des policiers anti-émeutes. Les jeunes avaient, cette fois, un service d’ordre pour contenir la foule. Ils se sont mis à chanter des chansons anti-Nkurunziza, le président burundais, et l’hymne national tout en agitant des pancartes, mais aussi des corbeaux morts attachés sur une croix. Une façon de parodier le symbole du parti au pouvoir, un aigle. « L’aigle est mort », scandaient les manifestants.

Ils ont fait demi-tour pour rallier d’autres cortèges et entamer une tournée des quartiers sud avec comme objectifs la route nationale 3 et le centre-ville. Des manifestants persuadés que l’arrivée des envoyés spéciaux des Etats-Unis, des Nations unies et autres représentants de la communauté internationale allaient les protéger. « Les policiers aujourd’hui ne vont pas oser tirer. »

Plusieurs blessés par balle

Conviction renforcée par le fait que les policiers se sont repliés sur leur passage, les laissant atteindre la route nationale 3. Ils ont peut-être fait 500 mètres quand deux pickups de la police sont arrivés à vive allure. Les manifestants ont alors fui et les policiers à peine descendus se sont mis à tirer d’abord des gaz lacrymogènes puis à balles réelles. Le bilan provisoire de la Croix-Rouge fait état de neuf blessés, dont certains par balle.

Arrivé sur les lieux après l’assaut, le ministre de la Sécurité publique a démenti l’usage de balles réelles et assurait que les forces de l’ordre ont l’obligation d’arrêter ces manifestations illégales, cette insurrection. Il disait ne pas être informé du fait que les policiers avaient donné l’assaut sans sommation et attendait un rapport. Il y a eu de nombreuses arrestations, dont plusieurs femmes, l’une d’entre elles a hurlé aux policiers : « Je suis Burundaise, j’ai le droit de manifester, pourquoi me brutalisez-vous ? »

Ce matin, les étudiants de Bujumbura ont quitté les résidences universitaires suite à une ordonnance les fermant pour raisons de sécurité. « Ils sont en train de bafouer nos droits. Ceux qui veulent manifester devraient en avoir le droit », disaient certains étudiants qui estiment qu’il s’agit d’une punition de la part des autorités.

Source: RFI

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