Cafouillages élyséens face aux bombardements de Gaza

 Hollande-Gaza - rimweb.net

Des diplomates, certains membres du P.S, et même un petit nombre de militaires de haut rang, ont peu goûté les réactions fluctuantes de François Hollande. Sans pour autant apporter le moindre soutien au Hamas.

« Personne n’ignore les fortes sympathies du Président et Manuel Valls à l’égard d’Israël » a affirmé un vieux routier du Quai d’Orsay. Mais de là à accorder un chèque en blanc au gouvernement Netanyahou et engager ainsi la France, il y a tout de même une marge ». L’un de ses collègues fait remarquer que Merkel  et le Britannique Cameron sont sur la même longueur d’onde, « sans que cela justifie la position élyséenne » dit-il. Quant à Barack Obama, son offre de médiation a été brutalement rejetée par Netanyahou. Le président américain n’a pas les moyens de lui faire entendre raison car, selon Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris, il est « coincé par son congrès et par le lobby juif aux USA » ( l’Opinion 28/4).

Premier épisode des cafouillages élyséens le 9 juillet. Stéphane Le Foll, ministre et porte-parole du gouvernent, fait une déclaration « balancée », croit-il, et met sur le même plan les roquettes du Hamas et les représailles israéliennes. Réaction furieuse de Netanyahou, qui appelle l’Elysée et obtient que le ton change. Gagné : Hollande fait aussitôt savoir, par un communiqué, qu’ « il appartient au gouvernement de prendre toutes les mesures pour protéger sa population ».

Le chef de l’Etat s’est-il trop engagé ? Le lendemain, 10 juillet, il évoque publiquement  la nécessité d’un « dialogue » pour résoudre cette énième crise. Puis il téléphone en Cisjordanie à Mahmoud Abbas, le patron de l’Autorité palestinienne, que Netanyahou  tient pour « quantité négligeable »  à en croire un conseiller de Laurent Fabius.

Un nouveau communiqué est rédigé à l’Elysée, alors que, à Gaza, on recense  déjà près de 100 morts et que les hôpitaux manquent de médicaments. Hollande y prône la fin de cette « escalade »  meurtrière entre les deux parties.

« L’entourage élyséen de François Hollande n’a rien fait pour calmer ses emballements pro-Netanyahou bien au contraire » ironise un vieux socialiste. Et d’aucuns d’évoquer l’influence de trois personnages  qui ne cachent pas leur approbation des engagements « atlantistes et pro-israéliens » du chef de l’Etat. A savoir Jacques Audibert, patron de la cellule diplomatique de l’Elysée, Emmanuel Bonne, conseiller pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, et Gérard Araud, nouvel ambassadeur à Washington après avoir été représentant de la France aux Nations unies.

Un bon connaisseur de Proche-Orient, François Sénémaud, prend, lui, des gants avec l’équipe élyséenne. Directeur des renseignements à la DGSE, il a récemment demandé à ses subordonnés d’éviter de rédiger des notes qui pourraient contredire certaines analyses de la cellule diplomatique de François Hollande.

C’est à croire qu’il faut ménager le Président et « lui donner la chanson qui convient » comme on le suggère parfois au Quai d’Orsay. Aucun risque ainsi de remettre en question ses opinions ou ses engagements internationaux. Et, surtout, lui déplaire…

Claude Angeli

«  le canard enchaîné » mercredi 16 juillet 2014

Source : vlane.

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