Calamités

CalamitésDans un discours de plus de deux heures, Mohamed Ould Abdel Aziz a parlé à Néma d’un ensemble de problématiques. Un véritable coq à l’âne qui prouve que Mohamed Ould Abdel Aziz voulait dire quelque chose qu’il n’a pas eu ni la sagesse ni le courage de dire. Résultats : propos outrageants envers l’opposition traitée de menteuse, d’irresponsable et d’ennemie de la nation. Déclarations peu précises (c’est un euphémisme) sur les chiffres liés à l’économie nationale, sur le souci de préservation des acquis démocratiques, sur la consolidation de la cohésion sociale. Pendant deux heures, Mohamed Ould Abdel Aziz a parlé à tort et à travers sans que personne (sauf les gens de l’UPR) ne sache là où il voulait en venir. Les différentes compréhensions et interprétations de son discours constituent une preuve formelle de son imprécision et de son incohérence. Depuis le 3 mai (date du discours), les médias publics et privés sont submergés par les interventions des uns et des autres relatives à la teneur des propos de Mohamed Ould Abdel Aziz. Le président de l’UPR, des députés de la majorité, des conseillers et chargés  de mission à la présidence, des anciens symboles de la gabegie dont un ancien directeur de cabinet du président et ancien ambassadeur, qui ont essuyé les affres de la mauvaise langue de Mohamed Ould Abdel Aziz, sont descendus de leur piédestal pour « expliquer » afin de rendre plus confuses encore les déclarations «clairvoyantes et pleines de sagesse » de son « Excellence » Mohamed Ould Abdel Aziz. Mais comme dit l’adage populaire : un coup que tu ne reçois pas est comme une frappe sur un tronc. Dans un passage relatif à l’esclavage, Ould Abdel Aziz est carrément sorti de ses gongs. Comme d’habitude chaque fois qu’il parle de cette thématique. Pour lui, l’esclavage n’existe tout simplement pas en Mauritanie. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs pour qui cette question constitue un fonds de commerce porteur. Les lois criminalisant l’esclavage, les procès des esclavagistes dont certains sont en prison, les centaines de dossiers pendants devant les juridictions et les trois tribunaux d’esclavage nouvellement créés à Nouakchott, à Nouadhibou et à Néma (inauguré le 2 mai) ne constituent pas des preuves de l’existence de l’esclavage. Dans ses hystériques explications des séquelles de l’esclavage, Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas hésité à évoquer insolemment les comportements d’une certaine catégorie de citoyens en termes de dislocation familiale et de fécondité. Pas meilleure manière de tomber aussi bas et de mettre en péril la cohésion sociale à travers des déclarations malheureuses et complètement irresponsables. Mohamed Ould Abdel Aziz développe un véritable complexe vis-à-vis des Harratines. Son mépris du peuple en général et des Harratines en particulier est certainement lié à l’aplatissement de certains des soi disants responsables de cette importante communauté nationale. Aussi, chaque fois que l’occasion se présente, Ould Abdel Aziz en casse allégrement. Sans crainte. Sans vergogne. Sans révérence. Que sont les harratines, se demandait –il à Nouadhibou ? Et l’esclavage n’existe pas qui n’est qu’une sadique délectation des souffrances de toute une communauté qui en a enduré et qui continue à en souffrir en pratiques et en séquelles. Il est évident que les problèmes des Harratines sont liés à des réalités socioculturelles dont l’esclavage est le principal soubassement et dont les comportements de tous ordres n’en sont que les conséquences normales. Il ne sert à rien de s’improviser anthropologue (origine des Harratines) ou sociologue (comportement des Harratines) pour justifier les multiples fiascos d’un système qui n’offre que le déni, l’incongruité et l’insolence pour faire face aux problèmes de son peuple. Jamais la Mauritanie n’a été aussi communautarisée, aussi tribalisée, aussi divisée. La visite de Néma est un exemple particulièrement éloquent de la résurgence de la tribu. Les tensions communautaires qui surgissent à toutes les occasions fragilisent chaque jour davantage l’unité nationale déjà en décomposition très avancée. Les Mauritaniens se regardent en chiens de faïences divisés dans les établissements publics (établissements scolaires, structures de santé…) dans les quartiers, dans les mosquées. Il ne sert à rien de s’en cacher. La politique de l’autruche est compromettante. « Ceux qui vous l’embellissent ne vous serviront à rien» le moment venu, nous apprend un bel adage de notre culture populaire. Que le député Khalil Ould Teyib  appelle (mardi soir 10 mai 2016 vers 20 heures) sur TV Sahel à ce que les courants idéologiques nationalistes « attrapent la main » au président. Pour faire quoi ? Que l’ancien ministre Zeidane Ould Hmeyda prenne sa belle plume (voir site Tawary du 11 mai 2016) pour défendre son président, ennemi juré de la gabegie. Alors que le scandale de Woodside est encore tout frais. Ou que Cheyakh Ould Ely s’invite au débat le mardi 10 mai 2016 sur la Mauritanienne pour faire croire qu’avant Aziz rien ne marchait. Toutes choses qui en disent long sur l’impertinence et la variabilité de certains de beaucoup d’entre nous. Aziz n’aurait rien dit de grave dans son discours de Néma. Aziz ne dit rien (à comprendre en Hassanya). Autant la cruche va à l’eau qu’à la fin elle se casse. Une autre façon de dire qu’un jour il y aura forcément cette goutte qui fera déborder  le vase.

El Kory Sneiba

Source: Le calame

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge