CAN 2015 : notre finale rêvée entre le Ghana et la Côte d’Ivoire

Les joueurs ghanéens réunis à l'entraînementJeuneAfrique: Avant la vraie finale de la CAN 2015 entre la Côte d’Ivoire et le Ghana ce dimanche 8 février à 20h sur la pelouse de Bata, « Jeune Afrique » a imaginé son match de rêve entre les Elephants et les Black Stars. Récit fiction.

Pourquoi choisir un vainqueur ? La Côte d’Ivoire et le Ghana sont deux « losers magnifiques » depuis une décennie. Les Elephants ont perdu deux finales, en 2006 et 2012, et les Black Stars une en 2010. Ces deux grandes nations du football africain moderne étaient également présentes lors de la dernière Coupe du monde au Brésil en juin 2014. D’Accra à Abidjan, les deux sélections portent haut les couleurs de l’Afrique.

Sur le gazon de Bata devant 35 000 spectateurs peints en orange et blanc, les couleurs des deux pays, le tableau d’affichage indique un score de 3-3 après les 90 minutes du temps réglementaire. La Côte d’Ivoire pensait avoir fait le plus dur en première mi-temps grâce à un doublé de Wildried Bony (19e, 34e), l’attaquant de Manchester City, qui grâce à ses performances dans cette CAN (4 buts) s’avance comme le grand héritier de Didier Drogba, l’icône ivoirienne. Mais au retour des vestiaires, les Black Stars des frères Ayew ont fait souffler un vent de folie sur la Guinée équatoriale. Incertain avant le match, Asamoah Gyan, héros malheureux du quarts de finale de la Coupe du monde 2010 où il avait manqué son penalty face à l’Uruguay, inscrit un triplé en 10 minutes dont un spectaculaire retourné acrobatique à la 75e. À un quart d’heure de la fin du match, le Ghana se dirige vers son premier sacre dans la compétition depuis1982. Mais dans le temps additionnel, Yaya Touré renverse le cours de l’histoire après une chevauchée magique dans la défense des Black Stars (3-3, 90e).

C’est l’heure des prolongations.

Un supporter du Ghana dans les tribunes de Bata. (Photo AP)

La larme d’Abedi Pelé

Tout le stade de Bata retient son souffle quand à deux minutes de la fin des prolongations les deux équipes semblent se diriger vers les tirs au but. Mais André Ayew, victime de crampes quelques instants plus tôt, s’arrache sur une passe en profondeur délivrée par son frère Jordan Ayew et tacle le ballon dans la cage ivoirienne en devançant la sortie du gardien des Elephants, Gbohouo (4-3, 119e). Dans les tribunes, Abedi Pelé, le père des deux Ayew verse une larme. Sur son banc de touche, Hervé Renard, le sélectionneur ivoirien explose lui de colère et joue son dernier joker avec l’entrée en jeu de Salomon Kalou, un ancien de la sélection qui cire le banc depuis le début du tournoi. Miracle. Sur la dernière action du match, Seydou Doumbia dévie le ballon de la tête sur un dégagement de sa défense, Salomon Kalou a suivi et brosse une frappe dans la lucarne de l’extérieur de la surface (4-4, 120e).

Nouvelle égalité, c’est l »heure des tirs au but.

Avram Grant, le coach du Ghana. (Photo AP)

Un invité surprise

À l’heure de la séance décisive, les anciens se souviennent de la finale de 1992 où la Côte d’Ivoire avait battu le Ghana à l’issue de tirs au but interminables (11-10). Sur la pelouse de Bata, le même scénario semble se répéter. Les onze joueurs ivoiriens, dont le gardien Brimah, ont réussi leur penalty. C’est au gardien ghanéen de s’avancer à son tour pour frapper. La pression est immense sur ses épaules. Tout le peuple d’Accra rassemblé dans les rues de la capitale rêve d’une victoire. Le tir de Brimah s’envole, heurte l’intérieur de la barre transversale avant de rebondir derrière la ligne. Le but est accordé. Nouvelle égalité (11-11). Les deux équipes se regardent. Les Dieux du football ne semblent pas vouloir choisir de gagnant. « Et si il y avait deux vainqueurs? », ose une voix. Hervé Renard et Avram Grant, les deux entraîneurs, s’interrogent du regard et acquiescent.

« Si les joueurs sont d’accord, je suis d’accord », affirme Hervé Renard. « Mes joueurs sont du même avis que moi », répond Avram Grant, le sélectionneur israelien du Ghana. Dans la tribune présidentielle, les dirigeants de la Confédération africaine de football font la moue. « Il se passe quoi sur le terrain? », interroge Issa Hayatou, le président de la CAF. L’arbitre de la finale vient à sa rencontre et lui explique la situation et les demandes des deux équipes. Les dirigeants de la CAF sont décontenancés. Dans les tribunes, les fans comprennent peu à peu la situation et commencent à scander : « tous vainqueurs, tous vainqueurs ». Présent dans les tribunes, Roger Milla, la légende camerounaise et compatriote d’Hayatou, se penche vers le président de la CAF, et lui glisse, un brin ironique : « Comme dénouement, c’est mieux qu’un tirage au sort n’est-ce pas ? ».

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