CAN 2015 : rendez-vous en terrain connu…

stade de MalaboUne organisation confiée au débotté à la Guinée équatoriale, de grandes équipes éliminées, quelques qualifiés inattendus… Du coup d’envoi au match final, la 30e Coupe d’Afrique des nations promet bien des surprises. Et un jeu plus ouvert que jamais.

Il n’y avait pas grand monde pour organiser en urgence un tournoi de l’ampleur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui prépare sa trentième édition. Pour rappel, début octobre, le Maroc, que la propagation éventuelle du virus Ebola sur son territoire avait rendu nerveux, s’était rapproché de la Confédération africaine de football (CAF) pour négocier un report du tournoi à l’été 2015 ou à l’hiver 2016.

Une proposition rapidement balayée par l’instance dirigée par Issa Hayatou. Pour le gouvernement du football africain, il n’y avait qu’une issue : sa compétition la plus médiatique devait se dérouler aux dates prévues, c’est-à-dire du 17 janvier au 8 février, au Maroc ou ailleurs. Ce sera donc ailleurs.

Bien sûr, l’argument concernant Ebola avancé par les Marocains a rapidement été qualifié de « prétexte » par tous ceux qui y voyaient une façon d’éviter d’accueillir la CAN à cause de retards multiples accumulés dans de nombreux secteurs de l’organisation. D’où une crainte de ne pas être à la hauteur de l’événement. « C’est totalement faux ! La CAN, nous pouvons l’organiser demain. Les stades, les hôtels, tout est prêt », assurait alors à Jeune Afrique Hamid Faridi, proche conseiller de Mohamed Ouzzine, l’ex-ministre marocain des Sports, limogé le 7 janvier.

Mais le 11 novembre, alors que les éliminatoires n’étaient pas encore terminées et après plusieurs réunions avec les responsables marocains, la CAF annonça que la CAN ne se disputerait pas au Maroc. Et que les Lions de l’Atlas étaient disqualifiés.

Plan de sauvetage équato-guinéen

Juste après, Hayatou sautait dans le premier avion pour Malabo afin de sonder son ami Teodoro Obiang Nguema, alors que de nombreuses alternatives plus ou moins solides étaient évoquées (Nigeria, Angola, Gabon, un ticket Zambie-Tanzanie, Brésil, France, Qatar…). Très vite, le chef de l’État équato-guinéen acceptait de voler au secours de la CAF, en particulier, et du football africain en général, avec pour défi de préparer l’accueil d’une CAN en moins de deux mois.

L’ancienne colonie espagnole, qui avait coorganisé l’édition 2012 du tournoi avec son voisin gabonais, a l’avantage de disposer, à Malabo (la capitale) et à Bata (la plus grande ville du pays), de deux stades récents, de plusieurs hôtels et complexes résidentiels, de conditions d’entraînement convenables et d’un réseau de transports globalement satisfaisant. En revanche, les deux autres cités hôtes du tournoi, Mongomo (est du pays, ville natale d’Obiang) et Ebebiyín (nord-est), soulèvent beaucoup d’interrogations. Au moins autant que la sélection de la Guinée équatoriale, disqualifiée en juillet lors de la phase éliminatoire de la CAN, puis rattrapée par la manche une fois le plan de sauvetage équato-guinéen validé et annoncé, le 14 novembre.

Difficile de loger confortablement tout le monde

Le 3 décembre, quelques heures avant la cérémonie de tirage au sort organisée à Malabo, les sélectionneurs des 15 équipes ayant obtenu leur qualification sur le terrain ont appris l’annulation de la traditionnelle visite des sites. Une décision brutale qui a renforcé le scepticisme ambiant. « Sincèrement, même si, pour l’image de l’Afrique et celle de la CAN, cela n’aurait pas été très bon, j’aurais préféré que la compétition se déroule au Qatar, où il y a des stades neufs, des conditions d’entraînement idéales et de très bonnes infrastructures hôtelières, confiait alors l’un des sélectionneurs. Là, on va dans un pays où deux sites ne semblent pas adaptés, et ce n’est pas vraiment rassurant, car il n’y a rien de pire que de vivre une compétition dans un hôtel médiocre, avec des terrains d’entraînement de mauvaise qualité. »

La différence entre le duo Bata-Malabo, déjà testé en 2012, et l’improbable ticket Mogomo-Ebebiyín va évidemment se mesurer pendant la phase finale. À gauche donc, Bata, son stade construit en 2007, d’une capacité de 35 700 places, où se dérouleront 9 matchs, dont la finale, le 8 février, et Malabo, avec son complexe de 15 250 places, sorti de terre la même année, qui accueillera le même nombre de rencontres. À droite, Mongomo et Ebebiyín, deux agglomérations de taille moyenne (environ 50 000 habitants), disposant de stades petit format (5 000 places pour Ebebiyín et 4 000 pour Mongomo), d’un parc hôtelier réduit et de conditions d’entraînement limitées.

« On nous a installés dans un hôtel bas de gamme, puis on a visité un terrain d’entraînement dans la ville nouvelle d’Oyala, mais c’est à une heure de route de Mongomo. Quant au stade où se joueront les matchs, il est récent, mais pas entretenu », explique un membre de la fédération sénégalaise qui a pu se rendre sur place. « Comment loger confortablement les équipes mais aussi les officiels, les journalistes et les supporters dans ces deux villes ? » s’inquiète-t-il. On aura vite la réponse.

« Si j’affirmais qu’il n’y aura pas de problèmes, je mentirais, confiait Issa Hayatou à BBC Sport, début décembre. Nous ne pouvons pas réunir tout ce qui est nécessaire en deux mois sans qu’il y ait quelques imperfections, mais nous ferons tout ce que nous pouvons pour avoir l’essentiel. » L’essentiel étant qu’il y ait du sport, et du bon.

Source : Jeune Afrique

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