Caravane des abolitionnistes : Quand IRA-Mauritanie sert de strapontin à l’aile politique.


La caravane organisée par l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), a entamé depuis jeudi 24 janvier 2013, une tournée de contact et d’information dans les régions orientales et centrales du pays. Déjà, à Néma où la première manifestation a eu lieu, le président d’IRA-Mauritanie, Birame Ould Dah Ould Abeid, a annoncé les couleurs, s’attaquant au système esclavagiste dont les régions de l’Est mauritaniens constituent les principaux greniers.

La mobilisation populaire suscitée par la tournée d’IRA servira surtout de tremplin à l’aile politique du mouvement qui profitera de l’aura de l’organisation antiesclavagiste pour présenter son programme de société et procéder à ses implantations en vue des prochaines échéances électorales.

La ville de Néma, plus de 1.000 kilomètres à l’extrême est de Nouakchott, s’est réveillée le matin du jeudi 24 janvier, sur un spectacle inédit. C’est la première fois qu’une marche antiesclavagiste qui lève le voile sur une pratique jusque-là taboue et qui a longtemps prospéré dans cette zone éloignée, aux allures rurales et fortement traditionnaliste, y est organisée.

C’est surtout la première fois que Birame Ould Dah Ould Abeid, le leader charismatique du mouvement et son staff se rendent pour une telle campagne dans la Mauritanie profonde. Par delà l’objectif premier de cette caravane, dont le but premier est de faire connaître IRA, ses idées et ses dirigeants, il fallait démentir bien de fausses rumeurs qui circulent dans ces contrées enclavées sur Birame et ses compagnons.

Parmi ces rumeurs qui étaient revenues en force après l’autodafé de Riadh, celles qui soutenaient que « Birame était devenu fou » ou « même mort » après son acte. Des rumeurs qui se seraient accompagnées d’un retour en force du système esclavagiste local, qui avait lâché du lest au plus fort des dynamiques campagnes de dénonciation qui avaient suivi les cas d’emprisonnement et de poursuites judiciaires dans des cas esclavagistes dont la presse avait fait large écho.

A Néma, Birame est revenu sur ce thème avec plus de force, dénonçant au passage un mal dont des élus locaux et de hauts responsables de l’Etat continuent de revendiquer la pérennité, citant le député de Bassiknou et le directeur de l’Agence nationale d’emploi des jeunes, le premier pour avoir fait, selon lui, l’apologie de l’esclavage en pleine session de l’Assemblée nationale et le second pour son implication directe dans la pratique esclavagiste.

Ni la majorité soutenant le pouvoir ni l’opposition n’échapperont aux vindictes du président d’IRA. Selon lui, la classe politique est divergente sur tous les points, sauf sur l’asservissement des populations harratines. Sans doute pour booster les efforts soutenus menés par l’aile politique du mouvement dont quelques ténors font partie de l’expédition, Birame Ould Dah a invité la couche Harratine à s’enrôler massivement sur les registres de population et des titres sécurisés en cours, afin d’exprimer leurs voix lors des prochaines échéances électorales.

Dans un entretien précédent, Birame Ould Dah qui a déclaré ne nourrir aucune ambition politique, préférant garder ses forces pour la défense des droits de l’homme, a souligné que les objectifs du parti politique en gestation est d’offrir aux Mauritaniens une autre vision sociale et qu’il participera aux scrutins municipaux et législatifs en vue.

Après Néma et Timbédra, la caravane est arrivée vendredi 25 janvier à Aïoun, capitale du Hodh Gharbi, où Birame Ould Dah Ould Abeid a renouvelé son appel pour la fin de l’esclavage et l’application des textes y afférents. Il a réitéré son appel aux couches défavorisées, qu’il a invité à exercer leurs droits citoyens, en commençant par se faire enrôler, soulignant que les Noirs peuvent accéder à la magistrature suprême en Mauritanie, à condition qu’ils unissent leurs efforts en refusant la loi du « diviser pour régner ».

Selon Birame, les Harratines forment l’écrasante majorité de la population et que leur poids démographique leur ouvre des voies inespérées pour la conquête du pouvoir. Plusieurs leaders d’IRA ont pris la parole au cours de ce parcours, pour développer les thèses du mouvement par rapport aux questions de l’actualité nationale, avec un accent particulier sur le nécessaire éveil de conscience des marginalisés et des laissés pour compte de la société. Le convoi devra se diriger par la suite à Kiffa avec un rassemblement prévu à Guerrou, puis Maghta-Lahjar, Aleg, Boutilimit et enfin, Nouakchott où il devra arriver demain, lundi 28 janvier 2013.

Cheikh Aïdara


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