Cas d’esclavage devant les autorités

Nous avons appris à IRA avec une grande indignation la nomination de Ahmed Ould Ehil Daoud  comme conseiller à la présidence de la République Islamique de Mauritanie, chargé des affaires islamiques

ira_devant_commissariat_4_emeNotre surprise était grande car nous nous rappelons toujours des conditions dans lesquelles ce « Faqih esclavagiste » avait été limogé suite à une émission  animée sur les ondes de la radio nationale, où il enseignait la jurisprudence sur la vente des esclaves, les conditions et les traits physiques indésirables d’un esclave exposée à l’encan. Comme nous n’avons pas oublié ses fatwas et ses appels à la liquidation physique du président de IRA, en août 2012, suite à l’incinération symbolique des livres de droit esclavagiste. Ces Fatwa jetaient  l’huile sur le feu et constituaient un appel à la guerre civile

La conférence du susdit et ces appels au meurtre on été largement et vigoureusement dénoncés par les abolitionnistes et les parlementaires libres, d’où le limogeage de ce théoricien de l’esclavage, de son ancien poste de conseiller du ministre des Affaires islamiques. La sanction a été accueillie avec satisfaction par l’opinion publique car elle constituait une lueur d’espoir :  le pouvoir mauritanien est désormais prêt à croiser le fer avec les esclavagistes et leurs théoriciens.

Le retour en grâce, de Ahmed Ould Ehil Daoud,  plutôt la promotion, vient démentir le discours officiel et confirmer, une fois de plus, que les lois de la République ne son pas faites  pour être appliquées encore moins les conventions internationales ratifiées par la Mauritanie. Pire, il conseillera, en la la matière, le Chef de l’Etat, premier magistrat du pays. 

Le ministre des Affaires Islamiques Ahmed Ould Ninni – champion de l’assertion esclavagiste – et les autres jurisconsultes (Faqih) de son acabit ont réussi à convaincre le sommet du pouvoir, de réhabiliter ce faux messire pour ne pas donner l’impression, aux abolitionnistes, que l’Etat était sensible à leur combat. La réhabilitation infamante pour tous les descendants d’esclaves et partisans de la liberté,  arrive dans un contexte de campagne tous azimuts contre les dirigeants de IRA,  dirigée par des Imams, des faqhihs, des journalistes et des hommes politiques ; tous visaient, alors, la consécration de l’esclavage dans la pratique et dans les lois ; l’offensive a été accompagnée d’accusations de blasphème et d’apostasie, lesquelles équivalent, ici,  à une licence tous azimuts pour  l’élimination  physique du président d’IRA – Mauritanie , Mr Biram Dah Abeid.

Ahmed Ould Ehil Daoud représente un symbole de la jurisprudence de l’esclavage et il l’a prouvé dans son intervention sur les ondes de Radio Mauritanie et dans plusieurs autres occasions. Il se trouvait, rappelons-le, à la tête de la fameuse marche qui a suivi l’incinération symbolique des textes qui  légifèrent l’esclavage. Cette manifestation qui a été accueillie devant la présidence par le chef de l’Etat et qui avait promis de sanctionner les dirigeants de IRA. C’est toujours lui qui avait formulé une fatwa dans laquelle il demande la liquidation physique de Biram pour avoir incinérer le fiqh de Ehil Ninni , Ehil Daoud , Ehil Abdel Khadir , Ehil Grayvi , Ehil Bakar Vall et de tous les esclavagistes mauritaniens, ouvrages criminels  et racistes, qui dévoient l’Islam et attentent à la dignité de nombreux mauritaniens.

La nomination donc de cet individu constitue une gifle pour toutes les organisations des droits de l’homme nationales et internationales et sa réhabilitation confirme une fois de plus, le vrai visage du pouvoir mauritanien, donc il a comme priorité, pour lui, de couvrir les esclavagistes et leur assurer la récompense au lieu de la sanction.

Quelle utilité, représente, aujourd’hui, la présence de ce Faqih à la Présidence d’un pays vice-président de la commission internationale des droits de l’hommes ???

Hélas, la réalité crève les yeux : nous sommes confrontés à un système ; en ce sens, il est complémentaire et solidaire; sa vocation à produire de l’impunité s’aiguise au fil de la dynamique anti-esclavagiste .Il développe ainsi ses facultés d’évitement et de résistance, au grand jour et sans aucune vergogne. A présent, il dispose d’un conseiller du Prince.

                                                                                                           En conséquence, IRA Mauritanie :

1 – Exprime sa grande déception et indignation devant la nomination de ce Faqih qui a déclaré sur les ondes de la radio nationale son hostilité à l’égard des Hratin et l’attachement au droit à l’esclavage ;

3- Lance un appel pressant, à tous les Hratin et abolitionnistes, de se montrer vigilants quant aux conséquences de cette décision et de faire un bloc contre les campagnes de blasphème – et de génocide, que les segments esclavagistes préparent grâce à leur mainmise croissante sur la Présidence de la République.

Nouakchott le 18 Mars 2013

La commission de communication

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