Communiqué : 2016 : AMSME enregistre 153 cas de violences sexuelles dont 19 à Nouadhibou

Mint TalebL’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME), présidée par Zeinabou Mint Taleb, par ailleurs « Femmes de Courage 2016 » d’après une distinction de l’Ambassade Américaine dans notre pays, se consacre depuis près de  17 ans à la lutte contre les violences sexuelles en particulier et la protection des femmes et des enfants en général. Nous vous présentons ainsi, les grandes lignes de notre rapport de l’année écoulée :

                   Cas assistés directement 2016  : 846 dont

  • 153 Cas de violences sexuelles dont 19 à NDB
  • 203 Cas des enfants en conflit avec la loi
  • 42  Cas de violences conjugales
  • 27  Cas de mariages précoces
  • 202 Cas pris en charge par la LATEF
  • 07 migrants pris en charge par la LATEF
  • 160 demandes  d’information par  la LATEF
  • 52 enfants porteurs de fente labio-palatine dont 35 opérés

                  Détails des données annuelles sur les violences sexuelles

 134 Cas de violences  sexuelles dont nktt :

  • 105  Cas de  filles mineures
  • 19   Cas  de garçons mineurs
  • 10   Cas  de femmes adultes

                                 20     Cas de violences sexuelles NDB dont

  • 17 filles mineures dont trois élèves et deux étrangères
  • 02 femmes adultes

Nombre des bénéficiaires des différents programmes de l’AMSME dans 5 régions du pays (Nktt, NDB, Zouerate, Dijigueny et Sélibabi) 

Nombre des bénéficiaires des activités de sensibilisation :                         96 280 personnes

 Nombre des bénéficiaires des activités de plaidoyer :                                1207 Personnes

Nombre des bénéficiaires des activités de formation :                                348 personnes

Nombres des bénéficiaires de l’Alphabétisation / AGR :                            145 personnes

Source : AMSME

Mauritanie : parcours de migrant, une preuve d’intégration

awaramaIls sont très nombreux, ces ressortissants ouest-africains à avoir choisi la Mauritanie comme pays d’adoption. Dioukha Mady Diallo est du Mali, Mamadou Traoré, Ivoirien et Mamadou Sanou Gambien. Ils font partie de ces personnes pour qui la République Islamique de Mauritanie (RIM) est devenue une seconde patrie. Rimweb vous amène à la découverte de ces trois hommes qui ont cru à « la force du destin » malgré ce pincement au cœur nourri pour avoir percé loin de leur pays d’origine.

Il est originaire de Kayes, la 1ere région du Mali. Natif de la ville ferroviaire de Toukoto, il a posé ses valises en Mauritanie il y a 30 ans. Aujourd’hui, la réussite sociale et professionnelle avérée, Dioukha Mady Diallo est promoteur d’un groupe scolaire dénommé Dioukha Madya.

Maydia

Le parcours qui l’a installé à la tête de ce groupe scolaire depuis une dizaine d’années est loin d’avoir été linéaire. Sorti de l’Ecole nationale supérieure de Bamako, il s’est envolé vers la France pour y décrocher un diplôme en Biologie animale. Son mémoire sur «L’étude pathologique de l’eau de consommation» intéresse des camarades de promotion mauritaniens. Ces derniers l’incitent à se rendre à Nouakchott, où se posait «un problème d’eau».  Au terme de son séjour, il retourne à Bamako et se prépare à retourner en France un 18 août 1984, mais un poste au bureau du Fonds monétaire International, dont lui avaient parlé ses collègues mauritaniens, le pousse à postuler. Retour sur Nouakchott. Mais l’annonce est finalement suspendue. Pourtant il ne quittera plus jamais la Mauritanie. Pendant 15 ans,  il se consacre alors à l’enseignement dans le privé, avant d’obtenir l’autorisation d’ouvrir son propre établissement scolaire privé en 2000. Depuis 2012, il est aussi le représentant du Haut conseil des Maliens de Mauritanie.

Dans le quartier  de  la Médina R, à quelques pas du marché au poisson, se trouve le siège central de son groupe scolaire depuis 2000 ; une zone où il a longtemps habité. Aujourd’hui la réussite est avérée, mais « ce n’était pas évident » au départ.  «On a connu une année de départ difficile », avec un manque de matériel pédagogique et de fonds pour assurer le salaire du staff, mais il y a eu « la reconnaissance des autorités, des professeurs, des élèves et de leurs parents ». Aujourd’hui, le ressortissant de Toukoto dirige un groupe scolaire qui va du préscolaire au lycée, en passant par le primaire et le lycée, avec un total de 1000 élèves. Son établissement le Dioukha Madya qui propose « des tarifs sociaux » se veut  « un outil du ciment social ». Elle enregistre des élèves boursiers nationaux qui se rendent souvent en Tunisie, au Maroc, et au Sénégal. Ce professeur  d’enseignement devenu entrepreneur a comme défis de  « toujours de se remettre en question, de veiller à la ressource humaine », dans un pays où la qualité de celles-ci est loin d’être garantie.

A la tête du Haut conseil des Maliens de Mauritanie (HCM) depuis 2012, Dioukha Mady Diallo s’occupe aussi du social.  « Beaucoup de mes compatriotes se présentent au niveau du Haut conseil en cas de problèmes». Une institution chargée des Maliens de l’extérieur, dont il est le secrétaire en charge de l’Education et des sports au niveau du bureau exécutif à Bamako (Mali). Or l’institution n’est pas subventionnée. C’est sur fonds propre que la gestion des cas sociaux se fait. Vu la difficulté d’obtenir des cotisations « on prend en charge nous même les frais qui sont présentés», fait-il savoir. Mais face à un migrant et ses problèmes, toute difficulté est une urgence. Les griefs ne manquent donc pas et les dénonciations non plus. Que cela soit pour l’obtention de la carte de séjour ou pour tous autres documents, notamment «le permis de travail qui n’est pas livré à tout étranger. On s’est déplacée à Bamako pour obtenir l’allègement de ce titre de séjour, mais sans suite de la part des autorités à ce jour ».

Autre difficulté, la prise en charge des domestiques maliennes  qui font face à des maltraitances ou ne sont pas payées parfois par leurs employeurs. Devant ses conditions de vie désastreuses, l’une d’elle s’est jetée d’un étage pour se retrouver avec de graves blessures.  « Cela allait nous coûter 500 000um pour la faire hospitaliser. N’eut été la chance, qui m’a permis de croiser un de mes anciens élèves qui a pris en charge la totalité des dépenses, on ne s’en serait pas sorti. Ma satisfaction fut surtout morale devant la manière le problème a été résolu. Je crois en ce pays, je crois à la solidarité» », souligne M. Diallo.

Le président du HCM de Mauritanie considère comme « une lourde responsabilité » son action à la tête de la «colonie malienne» (nom donné souvent à la communauté malienne d’ici). Selon lui, c’est surtout une satisfaction « morale » de se rendre utile auprès de ses concitoyens en besoin. «Avec la gestion d’une centaine de cas allant de l’assistance aux Maliens malades aux interventions dans les commissariats, en prison, lors de décès, etc., les urgences sont nombreuses alors qu’il n’y a  aucune subvention de l’Etat malien», réaffirme M. Diallo pour qui son bureau fait de son « mieux » pour répondre aux nombreux besoins de cette «grande colonie». La carte d’adhésion comme membre du HCM a été revue en baisse (1000 Um) depuis la prise de fonction de M. Diallo il y a cinq ans, sans compter qu’«il est impossible de compter sur ces cotisations ou faire même des AGR (activité génératrice de revenus) faute de contribution».

Au chapitre de ses urgences actuelles, le HCM fait face à la prise en charge d’un compatriote souffrant de diabète chronique, qu’il faut prendre en charge. «La plupart du temps, c’est lui Diallo qui met la main à la poche »,  assure  le vieux Moussa Sissokho, Secrétaire général du HCM chargé des affaires sociales, solidarité et juridique. Vivant en Mauritanie depuis plus de 40 ans, lui aussi est impliqué dans la gestion « de tous les problèmes des Maliens» selon ses propres termes. Membre du haut conseil depuis 1996, il juge Dioukha Mady Diallo comme «serviable ». Conseiller consulaire de l’Ambassade du Mali, Adama Niaré ajoute que le président du HCM a fait de son « mieux physiquement, socialement, et financièrement » pour des concitoyens basés  en Mauritanie.

Après des années d’action, au service de l’école et de la communauté malienne estimé à 16793 personnes selon un recensement de 2009- 2015 effectué par l’ambassade malienne, l’heure de la retraite va sans doute  sonner bientôt pour celui que ses amis appellent «Tassy» qui a le regard tourné vers son pays (Mali) qu’il aurait aussi voulu tant servir.

Rencontre avec Mamadou Traore

Photographe devenu gérant de fast food

Avec sa taille, il aurait pu être basketteur, mais il a trouvé son chemin dans la restauration. Cet ivoirien venu en Mauritanie en 1994 avait pour objectif de rejoindre l’Europe. La mer et ses vagues, les naufrages et les noyades l’en ont dissuadé. Mamadou Traoré alias Tra a alors décidé de faire son trou à Nouakchott.

L’histoire commence par un premier fast food ouvert à Ilot A. L’aventure est « peu rentable», face à « une dure concurrence ». Il lui fallut même migrer vers la commune de Basra, pour se trouver un espace pris d’assaut chaque soir par des clients.

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Au départ, après une démarche auprès du tribunal du commerce où il obtint un reçu moyennant un forfait symbolique comme frais (dont il ne se souvient plus), il alla au ministère du Commerce qui fit une enquête de moralité avant de l’autoriser à ouvrir son restaurant au nom de sa femme (après qu’il a payé 23000 Um de frais). Une autorisation obtenue « sans difficultés » et qui lui permit d’exercer en toute « légalité » son travail. Il témoigne que tout étranger peut ouvrir un restaurant mais il faut une autorisation.

Mais ce n’est là que la belle facette d’une immigration qui a d’abord vu Mamadou Traoré galérer et se frotter à divers petits métiers, allant de la photographie, au chauffeur de taxi, en passant par videur de boite de nuit. Dans son fast food, le menu est varié, mais la clientèle n’est point à la hauteur de ses attentes. «La vie est chère, les clients ne viennent pas toujours maintenant. Avec cinq employés à payer avec 30 000um par mois, en plus du loyer, ce métier c’est comme de la loterie : « Des fois on gagne, des fois on perd ».  Mais quand Tra se tourne derrière lui, l’appui de sa femme, une Mauritanienne, s’avère incommensurable.  « Les Mauritaniens ont l’amour des gens, si tu es correct, tu peux t’en sortir ici », constate-t-il.

Couture : le savoir faire gambien

Mamadou Sanou ressortissant gambien, est en Mauritanie depuis 27 ans. C’est avec des amis guinéens, qu’il arriva à Nouakchott en 1990. A l’époque, le terrain est presque vierge «Il n’y avait pas assez de tailleurs. Les gens voulaient s’habiller et déboursaient ce qu’il il fallait ».

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Attaché à un Malien dont il était l’assistant, le départ de ce dernier lui permit de voler de ses propres ailes.

Depuis quelques années, Sanou accueille une dizaine de jeunes en difficultés scolaires qu’il forme aux outils de ce métier. Ce ressortissant gambien  se remémore ses belles années de succès, comme en témoigne une de ses photos avec le célèbre faiseur de mode Alphadi du Niger. Après 27 ans de présence en Mauritanie, il éprouve un sentiment d’amertume. «Je me sens étranger ici comme en Gambie », lâche-t-il, expliquant qu’il a du mal à expliquer cette sensation. «Après tant d’année en Mauritanie, je veux avoir un peu de droit », poursuit-il, faisant allusion aux années passées au «pays d’un million de poètes». Malgré le fait qu’une de ses épouses soit mauritanienne, la difficulté avec laquelle ses enfants ont été enfin recensés comme Mauritaniens le pousse à douter sur son avenir dans ce pays. Avec le vent de liberté qui s’annonce en Gambie, après la chute du pouvoir de Yahya Jammeh, il n’exclut pas d’y retourner, si son rêve d’obtenir la nationalité mauritanienne ne se réalise pas.

Autre fois, pays de transit, la Mauritanie devient de plus en plus une destination privilégiée pour des migrants notamment ouest africains. Une terre d’accueil, d’hospitalité pour de nombreux ressortissants pour qui finalement, la République Islamique de Mauritanie (RIM) devient une seconde patrie malgré la dure réalité parfois de l’aventure.

Awa Seydou Traoré

en collaboration avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest

La Coordination des associations culturelles Pulaar, Sooninke et Wolof célèbre la Journée Internationale de la Langue Maternelle

wolof01-300x215Communiqué
La Coordination des associations culturelles Pulaar, Sooninke et Wolof célèbre la Journée Internationale de la Langue Maternelle le mardi 21 février 2017 de 10 heures à 22 heures à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott.
Le programme de la journée s’articule ainsi qu’il suit :
– 10 heures : Ouverture de la journée
– 10 heures 30 : Exposition des ouvrages pédagogiques réalisés dans les langues nationales
– 16 heures : Conférence autour de la thématique de l’importance de la langue maternelle dans le cursus des apprenants
– 19 heures : Soirée artistique avec la prestation des troupes culturelles des trois associations et de groupes de rap.
A cette occasion, les associations culturelles, les hommes et femmes de Nouakchott sont invités à se mobiliser et à venir nombreux pour la réussite de l’évènement.
La Coordination

rapideinfo.biz

La caravane des femmes parlementaires se poursuit au Guidimakha (photos reportage)

imagedAprès le Traza, le Brakna  et le Gorgol c’est le tour du Guidimakha d’accueillir  le réseau des femmes parlementaires qui sillonne en ce moment plusieurs  localités  du pays pour  s’enquérir des conditions des femmes et  pour leur expliquer leurs droits.

A Sélibaby, la capitale régionale du Guidimakha, elles étaient huit, celles qui ont été  chaleureusement accueillies et applaudies par les femmes guidimakhanké. Ceci au cours de la réunion tenue à  la Maison du Guidimakha  qui  a rejeté du monde ce 16/2/2017.

Parlant des textes et conventions ratifiés par la Mauritanie en matière des droits de la femme, Mariam Baba Sy, la présidente du réseau a souligné les réserves émues par la Mauritanie sur l’égalité entre l’homme et la femme sur la question  de l’héritage et la polygamie avant d’aborder la problématique de l’accès  des femmes au foncier, les droits civiques, politiques de la femme et les MGF. Se  succédant à la parole les autres parlementaires, mobilisées pour la cause  ont abondé dans le même sens avant d’exhorter leurs consœurs au travail et à la détermination.

Accompagnée par coordinateur régional du FONADH au Guidimakha la délégation des parlementaires s’est rendu en suite  à Boutanda, dans  la commune de Gouraye  où elle a été  chaleureusement accueillie par les populations et femmes de Boroudji,Moudji,Sambakandji,Jedida,Zeneigui,feytass,Karokoro,campement,sabou Thioutinkoobé et sabou woyndou et autres. Cela  en soutien à l’honorable Hapsatou Yaya Kane, une des députés de Sélibaby.

 Au cours de cette étape, après le discours de bienvenue de Hadjiratou Kalidou Ba, le maire de Gouraye, les parlementaires se sont aussi succedées à la parole pour exposer  les mêmes thèmes. Comme  leurs sœurs de Sélibaby, les femmes de la commune de Gouraye ont posé les problèmes d’état civil,  de l’eau, de l’éducation, de la santé.

Diaguily fut la deuxième localité  dans la commune de Gouraye  où les parlementaires en caravane se sont  réunies  avec les femmes. Malgré les difficultés de voyages, le climat, ces députées et sénatrices  n’ont  ménagé aucun effort pour expliquer et surtout écouter les problèmes  des populations  surtout les femmes en vue de les soumettre à qui de droit dans les communes de Sélibaby et de  Gouraye. L’étape de Gouraye, le chef lieu communal s’en suivra puis  d’autres localités du département d’ould yengé.

Première de son genre, la caravane des femmes parlementaires est  un rendez vous de donner et de recevoir entre les femmes.

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La caravane des femmes La caravane des femmes1 La caravane des femmes2 La caravane des femmes3

Amadou Bocar Ba/Gaynaako

Le think tank Mauritanie Perspectives se veut un cadre d’analyses pour développer une meilleure compréhension des problématiques de développement du pays et des défis à venir, tout en découvrant des méthodes d’anticipation.

l’école privée Noughbet El Asr1.A travers l’étude des cas pratiques et la concertation des chercheurs et des institutions académiques, elle se positionne sur le champ de l’identification des problèmes critiques pour le futur, et cherche à y apporter des propositions de solutions, en développant les capacités des acteurs indépendants à s’approprier les concepts et les techniques de la prospective stratégique.

Dans le cadre d’un partenariat avec l’ambassade des Pays Bas au Sénégal à travers le programme Shiraka, Mauritanie Perspectives (MP) conduit un projet d’appui à l’expression de la jeunesse.

L’objectif de ce projet est d’offrir des formations/informations et des espaces d’expression aux jeunes afin de les prémunir contre les fléaux du radicalisme et de l’extrémisme violent et de contribuer au renforcement d’une culture civique et citoyenne. Quatre clubs d’élèves ont été constitués au sein de quatre collèges partenaires, collège Dar Naim 1, collège des jeunes filles, collège Riyadh 1 et l’école privée Noughbet El Asr.

Le samedi 11 février 2017, un atelier d’échange organisé à l’Espace Culturel Diadié Kamara a réuni les quatre clubs. L’atelier s’est déroulé autours de trois sessions. Pendant la première session, les écoles ont fait des sketchs qui traitaient des sujets des mariages précoces et de l’abandon scolaire. Le thème de la seconde session s’est porté sur « ce que je veux pour mon école ». Durant cette session les élèves ont émis un ensemble de recommandations à l’endroit, de l’administration scolaire, de la commune et de l’état, des parents d’élèves, des enseignants et vers les élèves.

Parmi ces recommandations nous pouvons citer :

La troisième et dernière session a été consacrée aux discussions et aux échanges de bonnes pratiques entre les élèves. Cette session a permis à certains clubs à avoir des solutions à leurs problèmes chez leur collègue des autres écoles. Le Collège de Dar Naim a partagé son expérience avec un consortium d’ONG nationaux qui lui a permis d’avoir une salle informatique. Mais la session a été marquée par le jeune Aboubekrine du club de Dar Naim1 qui a partagé son expérience d’invention d’une voiture.

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l’école privée Noughbet El Asr.

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Mauritanie Perspectives<contact.mp2010@gmail.com>

Mauritanie : « Selfie mbalite » une initiative contre l’insalubrité

févrierRimweb: « Selfie mbalite » est un concept qui fait le buzz actuellement sur facebook.

Médina Ibrahima Ndiaye, créatrice de mode, photographe et Aminétou Mint Bilal, géologue sont les initiatrices de ce mouvement « citoyen ». Une action qui veut à travers son apport « faciliter le travail » à la CUN (Communauté Urbaine de Nouakchott) en faisant notamment une géo localisation des ordures. L’équipe de « Selfie mbalite » qui a déjà effectué des portes à portes pour faire connaitre sa démarche, enregistre près de 400 like sur sa page, une semaine après son lancement virtuel.

A travers son hastag « Selfie mbalite » montrant des dépôts d’ordures via des selfies, veut contribuer à une réelle prise de conscience sur l’insalubrité dont l’environnement nouakchottois est victime. Selon les initiatrices de ce concept, l’objectif est d’inciter les citoyens « à ne plus jeter des poubelles partout ».

L’équipe de « Selfie mbalite »  qui misera sur des points focaux pour étendre son action fera une 1er sortie sur le terrain, lors d’une journée denettoyage ce 11 février dans un quartier de Nouakchott.

Awa Seydou Traoré

Migration irrégulière et terrorisme : Le réseau des jeunes de Nouakchott en formation pour une campagne de sensibilisation

irrégulièreUne campagne de sensibilisation sur la migration irrégulière et l’extrémisme violent a été lancée ce samedi 4 février 2017 à la mairie d’El Mina par une formation destinée au réseau des jeunes de Nouakchott. Cette formation vise à renforcer les capacités des jeunes pour …

… lutter contre la migration irrégulière, le crime organisé et le terrorisme en Mauritanie. Plus de 40 jeunes ont pris part à cet atelier de formation pour le lancement de cette campagne en présence des représentants des autorités locales, du ministère de la jeunesse et de l’OIM, porteur du projet financé par le gouvernement nipponne.
Dans le cadre du projet de renforcement des capacités à lutter contre la migration irrégulière, le crime organisé et l’extrémisme violent, initié par l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), le Réseau des jeunes de Nouakchott a organisé un atelier de formation des jeunes sur ces fléaux. Il s’agit de l’association Jeunesse à l’Heure d’El Mina (Padhem/JAHE), de l’Association des Jeunes Mauritaniennes pour la Culture, les Loisirs et les Techniques (AJMCLT) et le Forum Panafricain des Jeunes (FORPAJA).
Dans son intervention, Mme Tomoko Sato, gestionnaire de projet à l’OIM, a souligné l’importance des thèmes choisis et la campagne à mener pour lutter contre ces phénomènes. Elle a indiqué que l’OIM travaille avec la police, la gendarmerie, la marine pour améliorer leurs capacités dans la gestion des frontières, la sécurité et le contrôle en mer. Elle s’est en outre réjouie de la participation massive des jeunes et la présence des autorités locales et du ministère de la jeunesse.
Pour sa part, Mme Mariem Mint Abdallahi, représentante du maire a souligné l’importance de cette formation pour nos pays en développement dont les jeunes représentent 60% de la population.
De son côté, Mr Moussa Mbareck, coordinateur du réseau des jeunes de Nouakchott, il a présenté le programme de cette campagne avant de souligner tout l’intérêt pour les jeunes de s’engager dans la lutte contre la migration irrégulière et l’extrémisme violent. Car, dira-t-il, « pour que nous soyons une nation unie, il faut combattre l’extrémisme violent ». Il a également déclaré qu’une caravane sera organisée entre El Mina et Sebkha. Cette campagne de sensibilisation, a-t-il souligné, sera sanctionnée par un forum qui sera organisé le 15 mars à la CASE autour des trois thèmes : la migration irrégulière, le crime organisé et l’extrémisme violent.

Un danger pour les jeunes

On a mauvais souvenir des dangers que représentent la migration irrégulière et le terrorisme. Si la migration irrégulière a décimé des milliers de jeunes en mer, le terrorisme, lui, a causé des dégâts humains très important dans de nombreux pays d’Afrique et du monde. Le continent africain ayant payé pour les deux un très lourd tribut. C’est pourquoi, l’expert, formateur, Mr Isselmou Ould Moustapha Ould Salehi, a tenu à définir d’emblée, les différents concepts avant de démontrer leurs méfaits. Toutefois, il a également remonté l’histoire pour souligner les causes du terrorisme, de l’extrémisme violent et de l’immigration irrégulière avant d’étaler les conséquences sur les populations vivant dans la tourmente, le désarroi et la psychose. Mais aussi les mers qui ont englouti des milliers d’âmes à la recherche de l’eldorado européen. Selon les estimations, a-t-il dit, 19144 immigrés africains et maghrébins sont morts entre 1988 et 2013 avec  8479 disparus en mer.
Dans son intervention, Mr Issemou Ould Moustapha, n’a pas manqué de souligné les succès enregistrés par la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Mauritanie.

Recommandations
Au titre des recommandations, l’expert a exhorté les jeunes de s’armer d’idéologie pertinente pour faire face à ces phénomènes. Toutefois, il a soutenu qu’il faut combattre le radicalisme sur le Web, devenu un véritable outil de communication très puissant. Il faut également engager des campagnes de récupération pour les radicaux, organiser des programmes de rééducation religieuse et d’insertion sociale.
Concernant la migration, l’expert formateur, a insisté sur la lutte contre les réseaux des passeurs, sensibiliser et conscientiser les candidats. Mieux, il faut proposer des programmes de prévention et d’autonomisation des jeunes, lutter contre le chômage, la pauvreté, le désœuvrement … principales racines du mal. Mais aussi, améliorer les gouvernances locales et assouplir les conditions de séjour des migrants.
Toutefois, les participants ont exprimé le souhait  de décentraliser ce genre de formation à l’intérieur du pays où beaucoup de jeunes se lancent dans cette aventure ambigüe aux conséquences désastreuses.
Auparavant, des débats riches et variés ont été engagés par l’ensemble des participants qui ont montré tout l’intérêt que revêt ce genre de formation sur des thèmes aussi importants que la migration irrégulière, le crime organisé et l’extrémisme violent.

I.Badiane

Source: journaltahalil

Gouraye -Clôture du Festival transfrontalier du bassin du fleuve Sénégal (photos reportage)

Clôture du FestivalLa  clôture de  la 1ere édition du Festival  transfrontalier  du bassin  du fleuve Sénégal  a été  animée en ce 30/1/2017  par  une course de pirogues  suivie  d’expositions et de partage d’expérience sur la transformation des produits forestiers non ligneux.

 Du 28 au 30 janvier, Gouraye, le chef lieu communal  a  vibré au rythme de la musique, des chants, danses, du football, de la lutte traditionnelle  et des conférences –débats. Ce lundi ,30 janvier, quelques heures avant la clôture de cette rencontre socio-économique  et culturelle  à laquelle ont participé des élus locaux  sénégalais, maliens  et mauritaniens, le fleuve  était noir de monde. Et pour cause le monde était sorti voir des piroguiers en course  sur ce lit d’or.

 Embarquée avec des proches et amies sur une pirogue, madame, le maire  est resté un bon moment sur le fleuve pour accompagner les festivaliers dans leur course et démonstrations. Manquant des mots pour remercier le GRDR, l’Ambassade de France, l’Agence française de développement et l’OMVS, les délégations des pays frontaliers  et le public ayant permis l’organisation  ou  assisté aux soirées musicales et activités festives  de  cette édition qui  a connu une affluence record, l’élue de Gouraye dit être très émue de voir les populations des différents pays que tout lie se retrouver pour  discuter et échanger sur  leurs problèmes de  développement.

Le coordinateur du Grdr Sélibaby à son tour a remercié les bailleurs qui ont financé ce festival notamment le Service de Coopération et d’Actions culturelles de l’Ambassade de Nouakchott (le SCAC), l’Agence Française de Développement et l’OMVS. Il souligne que durant ces trois jours, la commune de Gouraye et l’ensemble du bassin du fleuve Sénégal ont réalisé un rêve et relevé un grand défis, on a assisté à un véritable dialogue interculturel,  animé des conférences débats sur les problématiques majeurs que rencontrent les populations riveraines. Il a assuré que le Grdr sera toujours aux côtés des collectivités locales des trois pays (le Mali, le Sénégal et la Mauritanie) pour un accompagnement technique durable. L’histoire retiendra toujours la franche collaboration entre les Grdr, les migrants et les collectivités locales dans le bassin du fleuve Sénégal finira-t-il son intervention

Lancé pour la première fois, le Festival transfrontalier  du Bassin du fleuve Sénégal  est « le lieu privilégié pour l’échange, la symbiose et la paix entre les peuples », soulignent les  intervenants qui se sont succédés à la parole  avant que le conseiller au wali du Guidimakha, venu représenter l’exécutif régional ne lise son discours de clôture  de cette rencontre  de fraternité. La 3ème  journée, celle de  clôture a été  consacrée aussi  aux échanges d’expériences  et à l’exposition des produits forestiers non ligneux.

 A l’occasion, le professeur Diallo Abdoulaye, partenaire  de la cellule du GRDR –Sénégal expliquant  les vertus  et  l’efficacité de certains produits forestiers  a parlé de  la banane, du gombo, de l’arachide  et de la gomme arabique et de leurs rôles  contre des maladies comme l’asthme, le cancer, la mal nutrition entre autres.

A  madame Gueye, Fatou  Bodiane , formatrice   au SAED et à  Seynabou Niang du GIE  de Bakel de parler  des gâteaux, des  beignets et  des biscuits faits à base de patate douce et des produits céréaliers  de  fournir d’explications  sur la transformation de ces produits.

 Ces échanges d’expériences  ont également permis aux  élus  locaux  qui se sont retrouvés  de mieux  réfléchir  sur la question du développement dans le bassin.

En un mot le festival transfrontalier du bassin du fleuve Sénégal  de Gouraye  a connu une affluence record.

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Amadou Bocar Ba/Gaynaako

Echanges d’expérience sur la décentralisation et la gestion des ressources naturelles dans le bassin du fleuve Sénégal à l’occasion de la deuxième journée du Festival transfrontalier de Gouraye.

Clôture du FestivalAprès une première journée marquée  par l’ouverture officielle, la visite d’expositions, des conférences- débats  et une soirée artistique, le festival transfrontalier de Gouraye  se poursuit  ce 29 janvier 2017.

 Le deuxième jour de la rencontre socio-économique et culturelle qui a vu la participation d’élus du mali, du Sénégal  aux cotés de leurs collègues de la Mauritanie  est  marqué  par la richesse  d’échanges  d’expériences des trois pays  sur des thèmes portant sur la décentralisation  et la gestion des ressources naturelles en mettant l’accent sur la résilience environnement dans le  bassin du fleuve Sénégal.

 A l’hôtel de ville de Gouraye, les participants  ont été  répartis en deux ateliers. Dans le premier, consacré à la décentralisation, le malien Boubacar Touré a exposé sur  l’expérience malienne.

A ce titre dira t il que le Mali compte 703 communes  dont 33 urbaines, 666 rurales, 49 cercles et 8 régions en plus du district de Bamako. Et de préciser que ce pays  frontalier avec la Mauritanie au sud –Est et à l’Est  a franchi une étape décisive  dans son processus dans les années 90. De dire que  le nombre des institutions  a mis au cœur de  la décentralisation  la question de transfert  des pouvoirs, responsabilité et ressources de l’état à tous les niveaux. Et d’ajouter que si  la libre administration est effective, les collectivités locales restent confrontées à des difficultés  financières, matérielles, humaines, qui les empêchent  d’assurer correctement leurs missions.

Citant les quatre communes du Sénégal  ayant existé avant l’indépendance, Mr Mamadou Fadé  met en relief  l’encrage de la décentralisation dans son pays. Cette dernière est entrée  dans sa phase décisive dans les années 1996 avec le transfert de l’état de neuf compétences aux collectivités, la transformation  des régions administratives en des collectivités à part entière et le redémarrage  des communes. De dire qu’avec une récente  reforme, l’état du Sénégal a procédé à un léger  toilettage du code de 1996 pour maintenir  les équilibres, donc son pouvoir de contrôle  et sa mainmise. A l’exposant de souligner qu’au Sénégal, les critiques relatives à la décentralisation se basent sur le fait  qu’elles soient prometteuses sur papier, mais  pas adaptées à la réalité, ni sur le plan technique ou financier, ni même sur le plan du découpage.

Présentant l’expérience mauritanienne, Cherif ould Sidi Deida dira à son tour  que la Mauritanie  est subdivisée en douze régions plus le district de Nouakchott. Depuis 1980, les autorités mauritaniennes ont engagé  une politique de décentralisation pour améliorer  la bonne gouvernance. D’ajouter que cette politique avait pour objectif  d’impliquer  les citoyens dans le développement  économique du pays. Les  différents exposés sont  suivis d’interventions  des participants qui reconnaissent  que les processus de décentralisation ne sont pas au même stade dans les trois pays, les dynamiques communes très récentes et des lourds dysfonctionnements  dans les processus  de délégation  de compétences même si le contexte est favorable. Le Groupe des participants au deuxième atelier, celui  consacré à la transformation  des produits forestiers non ligneux a réfléchi sur la promotion et le partage de ces produits

En un mot les échanges entre les participants aux conférences –débats organisées dans le cadre du festival transfrontalier  du bassin du fleuve Sénégal ont été riches et de grande importance.

Amadou Bocar Ba/Gaynaako

Mauritanie : Associations de migrants Entre défense de migrants et défis de reconnaissance

membresRimweb: Entre le devoir d’association, la défense des droits des migrants et la nécessité d’une reconnaissance légale, le chemin des associations de migrants en Mauritanie reste semé d’embuches. Les secours aux membres sont difficiles du fait des  difficultés de survie financières, car au «pays d’un million de poètes», ces ressources sont aussi rares que l’eau dans le désert. Dans ces conditions, un leitmotiv traverse toutes les associations : «l’union fait la force».  Mais depuis des années les tentatives de regroupement qui sont menées se heurtent aux défis de la reconnaissance juridique par les autorités.

En 2010, les toukaranké (migrants en bambara) se sont mis ensemble pour faire naitre la Fédération des associations de migrants de l’Afrique de l’Ouest (FAMAM) en Mauritanie. Les membres étaient ressortissants des 15 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ils s’étaient retrouvés avec pour objectif de faire entendre les voix des communautés migrantes de cette région et leur première action a été des plus symboliques. Ce fut d’organiser un don de sang, comme pour mêler leur liquide vital à celle de la population d’accueil. Depuis lors, tout s’est arrêté. La FAMAM s’est engagée dans un processus de reconnaissance administrative,  mais ses responsables n’ont pas pu dépasser l’étape de « l’enquête de moralité qui n’a jamais eu lieu. On ignore jusqu’ici pourquoi», explique Ibou Badiane. En tant que secrétaire général de cette fédération, il est installé en Mauritanie depuis plus de 20 ans,  où il s’est intégré, il peine à trouver les raisons de ce blocage.

L’objectif de la FAMAM n’a cependant rien de subversif. Il s’agit simplement de sensibiliser les migrants sur les conditions de vie de séjour en Mauritanie et défendre leurs droits « sur la base des bonnes relations avec nos pays». Depuis six ans cette procédure peine à aboutir et la Fédération se meurt à petit feu faute d’activité. Peut-être la démarche a pu susciter des inquiétudes, dans la mesure où « on avait à défendre certains droits », explique une source proche de l’organisation. Car la situation des migrants n’est pas toujours idyllique ici.

La FAMAM n’étant pas reconnue et ne pouvant pas agir ouvertement, les abus de droit et leurs conséquences s’accumulent au fil des ans. Un des moments difficiles reste sans doute celui des rafles, que certains migrants qualifiaient de « périodes dramatiques». Au bout de six ans d’attente d’une régularisation qui tarde à se faire jour, l’absence de concertation a entrainé un découragement au sein des membres. Premier vice-président de la FAMAM, Dr Cheikh Tidiane Thiongane estime que l’idée de la création de cette fédération «était une bonne idée. Il fallait se réunir, car les Ouest Africains étaient les plus fatigués parmi les immigrés. On a donc eu un bon départ». Chaque communauté était représentée dans cette instance qui fut la première du genre en Mauritanie. Son action devait englober la promotion des droits des migrants, l’assistance dans les contentieux juridiques, mais surtout une sensibilisation destinée à faciliter leur insertion.

Un docteur d’Etat établi à Nouakchott, qui fut membre de l’Association des ressortissants sénégalais en Mauritanie (ARSM), la première associations du genre dans ce pays, note que le travail à réaliser à l’époque était important. «Il fallait autant lutter contre l’analphabétisme des migrants que contre le manque de représentativité et de crédibilité des présidents d’association». La FAMAM s’était donc organisée «pour avoir un leadership fort et éviter les influences politiques. La Fédération devait aussi se prendre en charge financièrement, en mettant en place des activités génératrices de revenus et éviter la dépendance de la main tendue à nos ambassades».

Mais la FAMAM n’a pu faire toutes ses preuves et peine à rester crédible. Ressortissant malien, laveur de voiture, Oumar trouve que «ces associations ne peuvent résoudre aucun problème, pas plus que l’ambassade. Elles ne sont pas solides. Elles doivent faire respecter les conventions liant nos pays à la Mauritanie, mais avec elles aucun de nos problèmes n’est résolu. Il faut apprendre à se défendre soi-même en cas de soucis. Le principal problème qu’on rencontre tient à l’obtention de la carte de séjour ou à l’appui pour le retour des ressortissants n’ayant pas de moyens ou qui sont malades. Deux problèmes qui sont là, entiers».

Restée longtemps en léthargie,  la FAMAM se meurt. Les réunions se sont arrêtées, ouvrant la porte à la traversée du désert. «Pourtant elle aurait bien pu travailler avec les autorités mauritaniennes pour l’allègement des conditions d’obtention du titre de séjour. Elle aurait pu aussi palier aux problèmes internes des associations ayant souvent des leaders contestés pour manque de confiance», note Ibou Badiane. Pour que le vide ne s’installe pas trop autour des migrants, les laissant sans organisation, l’Association Mauritanienne de défense des Droits de l’homme a créé un Comité de concertation et de communication à travers lequel ils discutent dans des réunions mensuelles. «C’est un créneau à exploiter», témoigne Ibou Badiane. Car, face aux entraves à « la libre circulation des personnes et des biens, quel que soit leur statut, il y a un besoin important de suivi, de plaidoyers et d’assistance juridique ».

La FAGSEM au secours des sénégalais

Faute d’avoir ce regroupement régional à travers la FAMAM, les communautés ne sont pas restées inactives. Des tentatives émergent çà et là. La  Fédération des associations et regroupements des Sénégalais (FAGSEM) existe ainsi depuis février 2014. A sa tête, Assane Guèye. Une des priorités de son organisation est de faire face aux «nombreux problèmes sociaux » qui assaillent la communauté sénégalaise. Les ressources financières proviennent des frais d’adhésion (5000um), des cotisations mensuelles (2000um) et du soutien de bonnes volontés à travers la vente de carte de solidarité, ce qui permet de panser bien des «plaies». «L’ambassade du Sénégal est maintenant  plus à l’écoute», avec des avancées liées à la gratuité de la déclaration de naissance, note la vice-présidente de la FAGSEM chargée de la condition féminine, Yacine Dibo, mais pour le vice président Souleymane Ndiaye il faut rester en veille constante car les urgences se manifestent tout le temps. La dernière en date est relative à l’obtention de la carte d’identité biométrique de la CEDEAO. Elle fait office de carte électeur et permet la circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire.

Malgré tout, pour M. Ndiaye, Sénégalais vivant en Mauritanie depuis 1996, il reste toujours nécessaire « d’amener toutes les associations à se fédérer ». Actuellement, les énergies sont déployées vers la mise en place d’une Fédération des associations des communautés étrangères en Mauritanie. Un comité provisoire existe, sous la direction Soma Coulibaly, un Ivoirien. « On veut d’abord avoir le récépissé, ensuite tenir nos activités, confie-t-il. Ce sera une instance suprême de toutes les associations des communautés étrangères reconnues ». «Aventurier», comme il se définit, depuis sept ans, ex-président de l’Association de la communauté des ivoiriens en Mauritanie reconnue en 2009, il lui parait important de « s’unir pour parler d’une seule voie et plaider en faveur de  la grosse priorité qu’est l’allégement de l’obtention de la carte de séjour».

 Professeur de métier, M. Coulibaly a été à la tête de la communauté ivoirienne durant six ans. Sa mission qui était de « mettre en place une communauté des Ivoiriens et faire en sorte qu’elle soit une des plus vues et des plus actives » lui sert de repère dans ses nouvelles fonctions. A la tête de la communauté ivoirienne, il avait pu faire venir l’humoriste Michel Gohou et a contribué à la tenue du tournoi de football de l’intégration, dont la 4e édition s’est déroulée en août 2016 en collaboration avec l’Association Multiculturelle pour un Avenir Meilleur(AMAM).

Les Mauritaniens ne sont pas en dehors de toutes ces tentatives de regroupement, notamment L’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) qui, selon son secrétaire général Amadou Mbow, intervient notamment à travers  « Migrant en scène », une rencontre d’écoute et d’échange sur les attentes de ces migrants dont l’AMDH fait « remonter les préoccupations auprès des autorités ». Il note cependant une nécessité de « restructuration » de ces associations que  « les querelles de leadership empêchent d’évoluer», notamment avec les crises internes qui surgissent. Pour lui,  «les priorités résident dans la bonne organisation, une vision claire et des principes bien définis. Il faut que les associations se mobilisent pour avoir une influence et interpeller d’avantage la société civile», ajoute-t-il. Car sur le front associatif, il y a des urgences qui ne peuvent attendre plus longtemps. Ils interpellent aussi bien les migrants que les Mauritaniens. Ainsi, «la reconnaissance des associations en Mauritanie qui est régie par la  Loi n°64.098 du 9 juin 1964 est obsolète et a besoin de toilettage. La Stratégie nationale de gestion de la migration  date de 2010 mais elle est mal vulgarisée », note-il. Sur tout cela, il y a du travail à faire.

Awa Seydou Traoré

en collaboration avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest