Témoignage : « En complément à l’article de Boolumbal sur le mariage mixte qui va au delà des castes »

 MAMOUT

En complément à l’article de Boolumbal sur le mariage mixte qui va au delà des castes. Je dois vous dire Frère SY rédacteur de ce billet frappant par la fidélité de la photographie que les couples mixtes entre divers castes et pas seulement entre anciens maîtres et anciens esclaves existent mais les réactions n’ont .Dans ma ville natale mon oncle m’a rapporté que le fils d’une famille notable avait été enfermé dans un grenier et expulsé de sélibaby manu militari car ce dernier voulait épouser une fille Harratine ( dont la famille est assimilée soninké) de sélibaby . Il s’est retrouvé en occident à faire des hautes études : pour ce cas chers frères on peut dire que c’est raté. J’ai une de mes tantes qui est marié à un soumaré, elle est Coulibaly : le couple fait profil bas mais accepté car le mari a tenu bon! Un autre de mes cousins un TRAORE a épousé la fille de l’imam l’union est acceptée car les parents ont fait preuve de bon sens ! Notre compatriote Myriam Soumaré athlète française de surcroît a épousé un compatriote de la même communauté mais de caste différent : ils ont tenu bons car les parents ont fait preuve de bon sens! Un autre ami de famille maraboutique du côté du fleuve a épousé une jeune d’une autre caste (somono) : ces grands frères ont dit, séparons les marmites (rires) et lui a rétorqué partageons l’héritage de papa et soudain tout le monde revient à la raison .On peut signaler aussi le cas d’un TRAORE et d’une jeune fille DIABIRA en France. Je peux vous citer aussi d’autres exemples qui se passent en toute banalité : on avait un ami et cousin du village de Gnéléba avait contracté par correspondance un projet de mariage avec une jeune fille issu des familles régnantes de l’autre côté de la rive du fleuve Sénégal ( Demba kani ?).Une fois arrivée en France la fille a compris que son mari est d’une autre caste .Mais elle a eu de la hauteur, elle a dit du moment qu’elle a pris ses bagages pour dire qu’elle viendra rejoindre un mari, elle ne peut plus s’attarder sur ce détail: elle a aimé son mari comme quoi l’amour est plus fort. Mais il y a des scénarios plus cocasses je l’épargne sinon vous tomberiez de convulsions. Ces quelques mots ne sont pas un démenti de l’article de Boolumbal au contraire une contribution, mais les mariages entre castes différents est très mouvementé. On frôle la catastrophe des fois, le ridicule est que même entre esclaves, les esclaves des tunkalenmou(chefs régnants) n’épousent pas une vierge esclave des marabouts: une copie fidèle de la relation entre les marabouts et les familles régnantes car dans la tradition soninké par exemple : un CAMARA ne peut pas épouser la fille de son imam sauf si cette dernière a déjà été mariée et divorcée!

On a du travail c’est pourquoi le concours de tout le monde est vivement souhaité et que personne ne soit heurté par ces quelques mots: Car il est plus facile de dire on est tous pareils que le contraire c’est ma vision .Agir pour l’abolition des castes en milieu soninké ne veut pas dire agir contre la personne des familles régnantes !

NB / J’ai décidé de taire ce qu’il à taire pour parler comme le père de KATOUCHA NIANE, DJIBRIL TAMSIR NIANE, certains témoignages vont dans l’ordre du trop intime merci de votre compréhension!

Gaye Traoré/ SG de ARMEPES

Charte de Kouroukan Fouga de Soundjata Keita : Les droits de l’homme, 550 ans avant la déclaration de 1789


Charte de Kouroukan Fouga de Soundjata Keita : Les droits de l'homme, 550 ans avant la déclaration de 1789

Plus de 550 ans avant la genèse des droits de l’homme en France, (re)découvrez comment Soundiata a légiféré sur des sujets aussi actuels que la prévention des conflits, les droits de la femme, l’environnement, le développement économique. Un document historique essentiel dans une Afrique en quête d’identité.

Portrait de Soundjata Keita

Portrait de Soundjata Keita

La charte de Kouroukan Fouga est l’ensemble des lois édictées par Soundjata lors de l’Assemblée des peuples qu’il convoqua à Kurukan Fuga en 1236 après l’éclatante victoire de Kirina qui lui ouvrit le chemin de l’Empire.Véritable constitution avant l’heure et authentique déclaration universelle des droits de l’homme dès le 13e siècle, la charte de Kurukanfuga aborde les questions de liberté, de décentralisation, et de développement durable. Huit siècles après cette charte, ces questions demeurent d’une brûlante actualité dans le monde, et en particulier en Afrique déchirée par le tribalisme.

Ce qu’en dit l’historien sénégalais Djibril Tamsir Niane

« Les élites africaines réussiront-elles le pari de bâtir leur modernité en partant des prémisses de la culture africaine. L’école post indépendance doit elle fabriquer un africain qui soit la complète négation de l’héritage du passé ? Si modernité signifie rupture totale avec notre passé, notre culture, il y a peu de chance que l’Afrique s’engage dans la voie du développement. Si notre avenir ne prend pas racine dans ce passé, le développement ne sera pas réalité. Nous tournerons en rond, incapable d’aller de l’avant. Nous avons évoqué la Renaissance Africaine mais ce serait une grave erreur que de ne voir que le côté littéraire ou institutionnelle. Il y a la dimension scientifique dont on parle peu. On n’en parle même pas. » Déplore l’historien sénégalais en 2009 à l’occasion d’un colloque scientifique sur la charte de Kouroukan Fouga.

« l’Empire du Mali n’était pas une monarchie absolue. Dirigé par Soundjata KEITA, il respectait les traditions, la dignité humaine, le principe de la diversité culturelle, oeuvrait dans le sens d’une unité dans la diversité ».
De même, le problème des castes a été introduit par une déviation venant des Indes où existent les intouchables, selon l’historien qui évoque plutôt une organisation sociale basée sur le savoir-faire et fondée sur le respect des différences.
Le cousinage à plaisanterie a été introduite dans cette Charte, estime M. NIANE qui reconnaît sa présence dans l’essentiel des sociétés ouest africaines, rendant difficile de remonter à son origine. Mais il insiste sur son rôle pour le maintien de la paix civile et le respect de l’autre.
Elle évoque même l’immunité diplomatique, enseigne Djibril Tamsir NIANE qui signale que le chargé de mission ne risque rien au Mandé. Ainsi les messagers détenteurs d’une déclaration de guerre étaient accompagnés jusqu’à leur lieu de provenance.
Cette Charte n’oublie pas non plus la nature dont la gestion est organisée dans plusieurs de ses énoncés, indique le conférencier qui signale que les fondateurs de cette loi ont pensé aux générations futures auxquelles doit être léguée une terre bien préservée.

« La charte de Kurukan Fuga est l’une des valeurs africaines les plus remarquables ; elle constitue une contribution non négligeable de l’Afrique à l’histoire des droits humains et de la démocratie. Que faire ? Découvrir notre passé c’est bien, en traduire les leçons en force de progrès pour bâtir notre future, tout est là ; voilà le problème à résoudre. » Concluait-il en fin d’intervention.

TELECHARGER CI-DESSOUS LE COMMENTAIRE COMPLET DE LA CHARTE PAR TAMSIR NIANE DJIBRIL

djibril_t_niane_la_charte_kouroukan_fouga.pdf Djibril T Niane-la Charte kouroukan fouga.pdf (128.25 Ko)

INTEGRALE DE LA CHARTE DE KOUROUKAN FOUGA

Portrait de Soundjata Keita

Portrait de Soundjata Keita
Les représentants du mandé primitif et leurs alliés, réunis en 1237 à Kouroukan Fouga (actuel cercle de Kangaba en République du Mali) après l’historique bataille de Kirina ont adopté la charte suivante pour régir la vie du grand ensemble mandingue.
I – DE L’ORGANISATION SOCIALE:
Article 1er: La société du grand mandé est divisée en seize (16) porteurs de
carquois, cinq (5) classes de marabouts, quatre classes (4) de
nyamakalas. Chacun de ces groupes a une activité et un rôle
spécifiques.
Article 2: Les nyamakalas se doivent de dire la vérité aux Chefs, d’être leurs
conseillers et de défendre par le verbe les règles établies et l’ordre sur
l’ensemble du royaume.
Article 3: Les morikanda Lolu (les cinq classes de marabouts) sont nos maîtres
et nos éducateurs en islam. Tout le monde leur doit respect et
considération.
Article 4: La société est divisée en classes d’âge. A la tête de chacune d’elles est
élu un chef. Sont de la même classe d’âge les personnes (hommes ou
femmes) nées au cours d’une période de trois années consécutives.
Les Kangbès (classe intermédiaire entre les jeunes et les vieux) doivent être conviés pour participer à la prise des grandes décisions concernant la société.
Article 5: Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité
physique. En conséquence, toute tentation d’enlever la vie à son
prochain est punie de la peine de mort.
Article 6: Pour gagner la bataille de la prospérité, il est institué le Kön¨gbèn
Wölö (un mode de surveillance) pour lutter contre la paresse et
l’oisiveté.
Article 7: Il est institué entre les mandenkas le sanankunya (cousinage à
plaisanterie) et le tanamanyöya  (forme de totémisme). En
conséquence, aucun différent né entre  ces groupes ne doit dégénérer,
le respect de l’autre étant la règle.
Entre beaux-frères et belles-sœurs, entre grands parents et petits-enfants, tolérance et le chahut doivent être le principe.
Article 8: La famille KEITA est désignée famille régnante sur l’empire.
Article 9: L’éducation des enfants incombe à l’ensemble de la société. La
puissance paternelle appartient en conséquence à tous.
Article 10: Adressons-nous mutuellement les condoléances.
Article 11: Quand votre femme ou votre enfant fuit, ne le poursuivez pas chez le
voisin.
Article 12 : La succession étant patrilinéaire, ne donnez jamais le pouvoir à un
fils tant qu’un seul de ses pères vit.
Ne donnez jamais le pouvoir à un mineur parce qu’il possède des liens.
Article 13: N’offensez jamais les nyaras.
Article 14: N’offensez jamais les femmes, nos mères.
Article 15: Ne portez jamais la main sur une femme mariée avant d’avoir fait
intervenir sans succès son mari.
Article 16: Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes doivent être
associées à tous nos Gouvernements.
Article 17: Les mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme
des vérités.
Article 18: Respectons le droit d’aînesse.
Article 19: Tout homme a deux beaux-parents: Les parents de la fille que l’on
n’a pas eue et la parole qu’on a prononcé sans contrainte aucune. On
leur doit respect et considération.
Article 20: Ne maltraite, pas les esclaves, accordez leur un jour de repos par
semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des heures
raisonnables. On est maître de l’esclave et non du sac qu’il porte.
Article 21: Ne poursuivez pas de vos assiduités les épouses: du Chef, du voisin,
du marabout du féticheur, de l’ami et de l’associé.
Article 22: La vanité est le signe de la faiblesse et l’humilité le signe de la
grandeur.
Article 23: Ne vous trahissez jamais entre vous. Respectez la parole d’honneur.
Article 24: Ne faites jamais du tort au étrangers.
Article 25: Le chargé de mission ne risque rien au Mandé.
Article 26: Le taureau confié ne doit pas diriger le parc.
Article 27: La jeune fille peut être donnée en mariage dès qu’elle est pubère sans
détermination d’âge. Le choix de ses parents doit être suivi quelques
soit le nombre des candidats.
Article 28: Le jeune homme peut se marier à partir de 20 ans.
Article 29: La dote est fixée à 3 bovins: un pour la fille, deux pour ses père et
mère.
Article 30: Venons en aide à ceux qui en ont besoin.
II – DES BIENS:
Article 31: Il y a cinq façons d’acquérir la  propriété: l’achat, la donation,
l’échange, le travail et la succession. Toute autre forme sans
témoignage probant est équivoque.
Article 32: Tout objet trouvé sans propriétaire connu ne devient propriété
commune qu’au bout de quatre ans.
Article 33: La quatrième mise-bas d’une génisse confiée est la propriété du
gardien.
Article 34: Un bovin doit être échangé contre quatre moutons ou quatre chèvres.
Article 35: Un œuf sur quatre est la propriété du gardien de la poule pondeuse.
Article 36: Assouvir sa faim n’est pas du vol si on n’emporte rien dans son sac
ou sa poche.
III – DE LA PRESERVATION DE LA NATURE:
Article 37: Fakombè est désigné Chef des chasseurs. Il est chargé de préserver la
brousse et ses habitants pour le bonheur de tous.
Article 38: Avant de mettre le feu à la brousse, ne regardez pas à terre, levez la
tête en direction de la cime des arbres.
Article 39: Les animaux domestiques doivent être attachés au moment des
cultures et libérés après les récoltes. Le chien, le chat, le canard et la
volaille ne sont pas soumis à cette mesure.
IV – DISPOSITIONS FINALES:
Article 40: Respectez la parenté, le mariage et le voisinage.
Article 41: Tuez votre ennemi, ne l’humiliez pas.
Article 42: Dans les grandes assemblées, contentez vous de vos légitimes
représentants et tolérez-vous les uns les autres.
Article 43: Balla  Fassèkè KOUYATE est désigné grand Chef des cérémonies et
médiateur principal du mandé. Il est autorisé à plaisanter avec toutes
les tribus en priorité avec la famille royale.
Article 44: Tous ceux qui enfreindront à ces règles seront punis. Chacun est
chargé de veiller  à leur application.
Noorinfo

Clin d’Oeil de Beyrouk : Livre, Lecture, Imagination

M’Bareck Ould Beyrouk

Ce sont de jeunes, étudiants des Grandes Ecoles  et qui tiennent à servir. Ils ont décidé donc d’ouvrir une véritable bibliothèque électronique, une sorte de Wikipedia- vidéo ou ils présenteront nos savoirs et notre culture, WikiStage, cela s’appelle. Voilà l’intervention que j’ai faite devant eux. Défense de la Lecture, du Livre et de l’imagination.

Regardez bien cette chose que je tiens à la main. On la voit de moins en moins dans nos foyers. C’est un livre. C’est fort commun et très majestueux à la fois. C’est un livre. C’est Camus. Il a été imprimé il y a plus de cinquante ans. Plus vieux que toute l’assistance. Sauf moi peut être. Il est fripé comme les vieilles choses.  Il  a une odeur,  il a une forme  je le sens, je le touche, Il ne s’efface pas à la faveur d’une touche, il est toujours   présent.  Il vit .Il reste. C’est un livre.Oh, je n’ai rien contre ces trucs électroniques. On ouvre un ordinateur pour tout, pour regarder un film, pour « chatter », pour face-booker, pour twitter (tous mots horribles) pour écouter de la musique, pour calculer, pour revoir ses cours, pour se regarder, se sourire, on ouvre un ordinateur pour tout. Mais un livre, c’est un livre, on l’ouvre seulement pour lire, pour voyager sans bouger, pour émigrer, suivre les lignes, tourner les pages, et ça ce suit et ça a une fin comme tout. Un livre, c’est la vie.
Pardonnez –moi, je m’évade un peu .Car mon propos n’était pas de faire un panégyrique  (désuet peut être, réac,  c’est comme vous voulez) de l’imprimé.  Mon propos est de vous inviter et à  travers vous  les autres à la lecture, pas à la lecture des sous-titres de films ; ni à celle des enseignes, ni à celle des sites électroniques ou des journaux, pas à la lecture des rapports administratifs ni scientifiques, mais bien à la Lecture au sens premier, je vous invite à la littérature. Homère Virgile, El Mouallaqat, Rabelais, Shakespeare Al Mutanabbi , Hugo (Ah Hugo !) Tawfiq Hakim, Balzac, Mura kami  Georges Sand , John Irving,  Ahmedou  Ould Abdelkader, Vargas Llosa  quelque soit votre métier, professeur, mécanicien, fonctionnaire, boutiquier, journaliste, maçon, je vous invite  à  vous pencher sur l’humanité , à chaque jour lire l’humain, à voyager à l’intérieur des cultures et des sensations, à vous retrouver et à retrouver le sens profond des choses.Car qu’est la Littérature sinon l’appréhension diverse, colorée, des différences et de l’unicité ? Elle nous apprend à être humbles, car elle met le doigt sur nos splendeurs et nos misères, elle nous retrace des vies, des aventures, des idées, lointaines, extravagantes mais qui pourraient être les nôtres. Moi, la Littérature m’a appris une chose : à respecter mais aussi à ne pas se laisser abuser par les différences. Je sais bien maintenant qu’entre le charretier de Teyarett et le l’élégant Trader de la City de Londres, il n’ ya comme  barrière qu’une couche peu épaisse de vernis, on gratte un peu et on retrouvera l’homme avec ses peurs ses joies, son intelligence ou son idiotie ses envies, ses petites peurs et ses petites ambition, son cynisme parfois ou ses rêves. Mais ce vernis de culture, de différences, la Littérature seule sait vraiment le saisir, vous l’offrir dans toute sa vérité.
/ Pour connaitre l’âme indienne visitez les poésies de Tagore, pour saisir le fond du latino-américain, allez chez Marques  ou chez  Llosa (je ne cite que les écrivains très connus), pour l’Egypte d’aujourd’hui  Naguib Mahfouz et pour l’Afrique au Sud du Sahara  Labou Tansi peut être.
Mais je ne m’arrête pas là : je ne vous invite pas seulement à lire, à vraiment lire, mais je vous invite aussi à écrire, à vraiment écrire, c’est à dire à vous écrire, écrire pour vous, écrire pour les autres. C’est un travail trop ardu me diront certains. Oui, c’est vrai, c’est barbant parfois, c’est douloureux souvent, mais c’est nécessaire. Parce qu’il faut bien donner quelque chose, parce qu’il faut témoigner.  Et parce que, je vous assure, cela libère des forces cachées en vous. Ecrire, c’est témoigner, c’est  jouer son rôle sur les planches de l’humanité. Comment être présent sur cette scène mondiale où se bousculent les nations ? Comment se faire respecter, présenter sa culture dignement ?  Si on veut perdurer, si on veut que notre culture ne s’efface pas, imprimons la  dans l’esprit  des autres.  C’est par l’écrit que nous resterons.  Et puis c’est avant tout un accomplissement que l’écriture, vous vous sentirez agrandi, et quand vous terminerez un texte, quand vous placerez le dernier signe, vous sentirez une joie immense, celle du paysan, je crois, à l’heure de la moisson.
Mais je veux vous inviter surtout à apprendre à voyager, ça veut dire à vous  libérer, ça veut dire à toujours apprendre à rêver. La vie est un conte, dites le vous bien. Et ce n’est pas le réel qui compte, c’est la poésie qui remplit la vie, ce ne sont pas les équations mathématiques, ce ne sont même pas les « vérités » scientifiques, tout ça c’est fort utile mais tout ça,  c’est pour l’instant, mais la poésie, la spiritualité, l’imagination, c’est l’éternité. N’écoutez pas ceux qui interdisent de rêver, qui vous disent que la poésie, la spiritualité, l’âme profonde c’est des  élucubrations et qu’à la longue la robotique pourrait remplacer tout ça. Non, n’acceptez pas ceux qui  veulent interdire aux gens de rêver d’un ou de beaucoup d’ailleurs, même impossibles, ils veulent tuer l’humanité ces gens, ils veulent enterrer les cœurs ces gens, ce sont des salauds comme dit Breton,  oui, des SALAUDS.

Source : M’Bareck Beyrouk

Des candidats au pèlerinage manifestent contre la non application des accords liés au Hajj

pelerins

Des dizaines de candidats au pèlerinage, cette année, ont manifesté, lundi, devant le palais présidentiel pour protester contre la non-application des accords conclus entre les agences de voyages et le ministère de l’orientation islamique.

Les voyagistes devraient, selon les candidats prendre en charge les candidats qui n’ont pas été retenus au tirage au sort organisé par le ministère. Un manifestant a indiqué, dans une déclaration à l’ANI :

« Nous somme sortis pour exprimer notre mécontentement, après avoir été manifestement négligés par les voyagistes et le ministère de tutelle qui se sont mis d’accord sur 1,2 millions d’ouguiyas pour couvrir les frais de chaque pèlerin.

Les agences de voyages n’ont pas respecté ledit accord au grand dam des candidats au pèlerinage.

Toutefois, le secrétaire général des agences du Hajj Mohamed Ghilli Ould Sadballa a indiqué qu’il revient à chaque partie de respecter l’accord, et que chaque agence devrait recevoir un quota de pèlerins, faute de quoi il ne serait possible d’accorder le visa aux candidats au pèlerinage.

Source : ANI

Entretien avec El Hadrami Ould Meidah : « Sékou Touré était l’un des meilleurs Présidents Africains »

 

HADRAMY OULD MeidahEl Hadrami Ould Meidah, fils du plus grand griot émiral Mokhtar Ould Meidah de Trarza et frère de la célèbre Maalouma Mint Meidah nous parle dans cet entretien de sa riche carrière et de la Mauritanie d’hier.

Votre parcours d’artiste ?

Je suis un artiste issu de la famille « Meidah», j’ai été envoyé en 1967 en Guinée Conakry avec un groupe de jeunes Musiciens Mauritaniens à l’Institut des beaux Arts. Il fallait à la jeune Mauritanie un orchestre National qualifié au lieu de faire venir des musiciens du Sénégal ou d’ailleurs lors de certaines visites officielles de chefs d’état dans notre pays. Nous sommes allés à Conakry où nous avons trouvé l’appui de certaines formations de la musique Guinéenne comme le Bembeya, Bala et autres. C’est particulièrement la formation Bala qui nous a accordé plus de temps dans la pratique et la théorie se passait à l’Institut des beaux Arts avec des formateurs de hauts niveaux et professionnels. Nous avons eu nos diplômes après deux années scolaires dans cet Institut avec tous les honneurs.

Avez-vous rencontré Sékou Touré?

Lors de la cérémonie de remise de diplômes, Sékou Touré que j’ai connu dans sa grandeur et qui était un bon panafricaniste  nous a dit : venez jeunes fils Mauritaniens. Vous venez d’apprendre de très belle chose, si vous la mettez au profit de votre pays vous aurez tout à gagner et si vous la mettez à votre profit personnel et vous oublier votre pays vous n’irez pas loin. C’était un des meilleurs Présidents de l’Afrique en ce moment, certes qui était révolutionnaire par rapport à son temps mais aussi qui était nationaliste et panafricaniste. Quand on est revenu de cette formation, nous avons joué pour la première fois  à la Présidence de la république le 28 Novembre 1968, c’était un événement spécial pour montrer aux Mauritanien la diversité et les potentialités culturelles avec un rythme musical particulier. Nous avons chanté en poular, en wolof, en soninké et en hassania. On a même ramené de Conakry de morceaux de musiques Mauritaniennes orchestrés à Conakry. Je suis devenu chef de cet orchestre entre 1968 et 1975.

Votre orchestre était-il connu en dehors de la Mauritanie?

Nous avons participé pour la première fois à l’échelle internationale au festival d’Alger,

Où nous avons retrouvé la plupart de nos professeurs et collègues des pays Africains

(Sénégal, Guinée, Mali et autres), nous avons eu des médailles et au retour nous avons eu beaucoup de succès. J’ai accompagné aussi en 1973 les chanteurs révolutionnaires au festival de Tunis et d’ailleurs c’est la seule troupe qui a eu dix sur dix et c’est à cause de ça que le Président Habib Bourguiba a invité toute la délégation Mauritanienne chez lui à Monastir avec la médaille que nous avons eu durant ce festival. Il y’avait Bint Chouékha qui a fait feu et flamme et moi j’ai repris des poèmes dédiés aux enfants de la Palestine et vraiment les gens ont odoré.

Comment concevait-on la musique à l’époque?

On avait une vision particulière sur la musique et je crois qu’on était un peu en avance sur notre époque car c’est difficile de pouvoir monter un orchestre national dans un pays où les gens ne sont venus qu’hier de la brousse ou d’un peu partout. Quand on a voyagé la première fois à l’extérieur et qu’on a vu que l’importance que toutes les sociétés accordaient aux musiciens Mauritaniens parmi eux Feu SALL Ibrahima qui était remarquable par ses qualités artistiques. Je me rappelle en 1967, nous étions en répétition à Conakry avec Sekou DIA BATE Dit Docteur Sékou qui jouait à la guitare, Sall est venu lui dire : «Docteur apprenez moi à jouer cet accord je ne le connais pas» et Sékou Diabaté a répondu, «jeune homme c’est à toi de me faire apprendre les grands secrets que tu caches, tu es doigté  j’espère que tu vivras longtemps car ce que tu peux faire de la guitare je n’arriverai jamais à le faire». C’était un jeune talentueux que la Mauritanie a perdu et qui a été assassiné lors d’une tournée de l’orchestre national effectué à Nouadhibou et jusque là on ignore les causes. Je profite pour rendre hommage à toute sa famille de tout mon cœur. C’est aussi grâce à lui que cet orchestre a eu tous les succès du monde. Quand j’ai senti que ça ne marchait pas beaucoup à l’orchestre national, je suis parti en 1975 à la SNI M au service de relations extérieures parce que je ne pouvais pas concevoir que chez moi, on m’ignorait et qu’ailleurs partout dans le monde on m’embrassait en me donnant toutes les faveurs d’artistes. J’ai dit donc qu’il faut se reconvertir en autre chose que musicien dans ce pays où même trouver une salle de répétition était difficile à l’époque. Nous avions des qualités énormes c’est le cas de notre trompettiste Med

Fall qui pouvait reprendre tout son qu’il entendait.

Comment voyez-vous l’évolution de la musique Mauritanienne ?

Je crois que la Mauritanie a suivi une évolution considérable dans le domaine de la musique. Actuellement la musique est démystifiée parce qu’on peut se permettre de faire un enregistrement où le vocaliste peut passer enregistrer seul sa partie, le bassiste passe après pour faire son accompagnement, le guitariste et les autres aussi. La nouvelle technologie a révolutionné la musique tant au niveau de la Mauritanie qu’au niveau international. Nous sommes partis d’une musique traditionnelle très riche, la musique Mauritanienne a eu la chance d’appartenir aux civilisations arabo berbères et aussi à la civilisation négro-africaine. Cet amalgame a fait de nous une spécificité qui n’existe nulle part. Nous avons même des tons et des notes de musiques spécifiques uniquement à la Mauritanie qui n’ont pas été jusque là découvert par les autres et quand ils le découvriront, ils en feront un grand tapage car partout dans le monde on se casse la tête pour créer un ton donné. Essayons donc d’en profiter et d’extérioriser cette diversité musicale et ce culturel afin que le monde entier en fasse quelque chose d’extraordinaire.

Notre musique traditionnelle se marie avec toutes les musiques, seulement les tempos

Lui-même et les notes sont différents de ce qu’il y’a ailleurs. Nous avons un support musical traditionnel extraordinaire qu’il faut sauvegarder et bien sur assurer la relève car tous les pionniers de la musique traditionnelle sont entrain de disparaitre un à un. La nouvelle génération est tellement conditionnée par un ensemble de circonstances, elle a donc tendance de se lancer dans le rap et soul ainsi que d’autres types de musiques. Il faut s’y mettre et beaucoup travailler. Notre génération a eu la chance d’évoluer auprès de grands artistes africains comme Mariam Makéba, sékou Diabaté, Kouyaté Sorry Tandja et d’autres musiciens de grande renommée.

Comment étiez-vous considérés lors de votre formation aux beaux arts de Conakry par les populations guinéennes de l’époque?

Nous étions considérés comme des rois, on était en contact avec l’ancien ministre de la défense Guinéenne à l’époque Mr Keita Fodéba qui faisait parti des plus grands musiciens Guinéens connus dans cette période. On venait le voir à chaque fois, il nous invité et nous avons formé une grande famille de musiciens. En réalité, nous étions pris comme des diplomates, on s’habillait parfois en treillis et parfois en tenue populaire, nous avons même passé la formation militaire. On avait le même mode de vie que la jeunesse révolutionnaire, la jeunesse réelle. J’ai même été rasé par Sekou Touré parce que j’avais des cheveux longs à mon arrivée en Conakry et comme j’étais dans le milieu de cette jeunesse dynamique et révolutionnaire il fallait être comme eux.

Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz vient de créer un institut de la musique, en tant qu’artiste comment accueillerez vous ce geste de valeur ?

D’abord je remercie le Président Aziz parce que c’est une doléance de tous les artistes Mauritaniens et de tous les Mauritaniens dans toutes leur diversité culturelle. La musique est universelle, si elle est bien faite elle sera écoutée partout. Je le remercie aussi d’avoir pensé et concrétisé ce que les autres Présidents n’ont jamais pensé. Je m’en réjouis fortement et d’ailleurs c’était dans son programme Présidentiel. Ce qui reste c’est de créer un cadre adéquat de musiciens, je voudrai que cet institut soit autonome et surtout rester dans un cadre réel d’institut de musique. La phase de recrutement qui est la base doit se faire suivant des critères bien définis. Ne recruter que ceux qui veulent évoluer dans la musique et qui se distinguent. Il faudra y mettre les instruments nécessaires et aussi les formateurs qui sont à la hauteur. J’en suis fier car il y’aura de la relève, tous nos espoirs sont fondés sur cet institut, on y croit et croit aux potentialités culturelles de notre jeune pays. Cet institut permettra aussi de former et de lancer de jeunes artistes surtout qui vont prendre la relève de cette génération qui commence à s’épuiser et à vieillir. Je suis artiste et fils d’un griot émiral et je suis partant pour tout soutien que je pourrai apporter et d’ailleurs après cette initiative de lancement de cet institut j’ai été contacté par de grands amis étrangers qui sont disponibles même à tout mettre en place pour le bon fonctionnement de cette structure. C’est aussi un symbole qui va encourager les musiciens et surtout ‘est une façon de leur donner la parole dans un cadre adéquat. L’état doit aussi accompagner ces jeunes artistes et surtout leurs soutenir à produire et à rentabiliser leur production. Il faut tout faire pour éviter que l’artiste soit dépendant d’un sponsor pour produire un album qui ne va qu’au profit du sponsor ou du bailleur. Nous seront représentés au Caire par une jeune artiste Mauritanienne d’une grande famille griotte et qui a du talent, il faudra l’accompagner et surtout suivre son évolution. Surtout ne pas

se limiter à la médiatiser pendant juste une courte période et la faire passer à l’oublie pendant plusieurs autres longues années. Je crois au fond de moi à ce projet d’institut de musique et je compte beaucoup sur le produit qu’il va mettre sur le marché. Je sais que la Ministre de la culture veut vraiment faire beaucoup de chose dans ce sens, il faut l’accompagner mais surtout qu’elle ne se laisse pas être influencée ni par Bernard, ni par Ahmed, ni par Samba ou autres. Elle doit imposer sa personnalité pour mener à bien ce travail. J’ai eu toutes les occasions pour rester évoluer à l’étranger mais j’ai préféré revenir vivre en Mauritanie. Ensemble épaulons la musique Mauritanienne et faisons de cette musique une arme, une arme qui ne blesse pas mais qui soigne les nostalgiques de ces tempos ou notes afro-arabo berbères classiques et riches. Nous devons aimer la Mauritanie et la musique Mauritanienne et surtout ne pas aimer tout celui qui n’aime pas la Mauritanie et sa musique.

Vous êtes le premier artiste qui a chanté sur la monnaie nationale l’Ouguiya : Oumletna comment vous avez eu cette inspiration ?

Quand on a appris la création de l’Ouguiya, on était en répétition, je crois bien qu’il y’avait un Président qui devrait venir en Mauritanie. J’ai convoqué par la suite tous les artistes du groupe pour leur dire que c’est une occasion solennelle et moi pendant toute la nuit je suis resté à y penser. Musicalement j’avais l’orchestration mais il fallait trouver les paroles. Je pouvais mettre directement mes paroles en tant que compositeur et surtout fils du grand compositeur Moukhtar Ould Meyddah, une référence nationale et internationale qui a même créer des notes musicales qui jusque là ne sont jamais  exploitées. J’avais parmi mes amis clandestins comme on les nommait durant cette époque Ahmed Ould Abdel kader qui venait me rendre visite de temps en temps pendant les périodes de clandestinité. J’ai eu la chance d’être ami à tous les jeunes d’une telle ou telle autre idéologie. Tous se retrouvaient chez moi. Un jour je suis parti à la radio Mauritanie où j’ai trouvé Monsieur Med Ould sidi Brahim, je lui ai dit que j’ai une idée de chanter sur l’Ouguiya, il m’a bousculé de le faire très rapidement et il a même ajouté qu’il est entrain de chercher des gens pour chanter de cette nouvelle monnaie. Je lui ai dit Ould Sidi Brahim j’ai besoin de parole, trouve moi quelque chose dans ce sens et je lui-même orienter en lui disant « Oumletna qui veut dire notre monnaie. On l’a monté très vite et ça fait un boom partout et musicalement parlant c’est impossible d’assembler une chanson en moins de deux heures et nous sommes parvenus. Il fallait par la suite organiser un gala à la maison de jeunes, quand on a chanté le président Mokhtar Ould Daddah m’a appelé, il est même monté sur scène et m’a décoré. Le prochain événement que nous avons vécu et qui a marqué beaucoup les populations est celui de la nationalisation de la Miferma. J’étais chez moi et il y’avais un ami à moi un ancien Ministre des affaires étrangères de la RAS Monsieur Brahim Ould Berrouche qui vient me voir et s’arrêter devant moi et me dit, le Président vient d’annoncer tout de suite la nationalisation de la Miferma. Il avait un 400-4 bleu ciel, on a fait le tour de Nouakchott, toute la population était dehors et les premiers que j’ai aperçu comme clando, terme qu’on utilisé aussi pendant cette époque c’était les « Kadihines » et là je me suis inspiré sur des poèmes traditionnels de Nagi Ould Imam, de Khalil Ould Nahwa et d’Ahmed ould abdoul kader. C’est après que j’ai écrit sur la nationalisation de la Miferma.

 

 Par Dia El Hadj Ibrahima

« www.mauritanies1.mr »

Pèlerinage 2013: Les 684 mauritaniens devant se rendre à la Mecque sont connus sur tirage

mecque-rimweb.net
Les opérations du tirage pour définir les 684 pèlerins mauritaniens qui doivent se rendre aux lieux saints de l’Islam pour l’année en cours ont eu lieu, ce samedi, à 14 heures, dans l’enceinte de la Mosquée Ibn Abass de Nouakchott.

Sur les 1727 inscrits seuls 684 partiront en pèlerinage cette année. Les autorités du pays ont procédé à cette opération suite aux travaux d’extension qui se font dans les environs de la grande mosquée à la Mecque, selon les autorités mauritaniennes.

Après avoir arrêté le nombre défini de pèlerins, 100 seront choisis sur tirage pour la liste d’attente à fin de remplacer ceux qui ont déjà effectué le pèlerinage ou qui renoncent d’y aller.

« Nous avons procédé à cette mesure pour une question de transparence entre les mauritaniens », a déclaré Sidi Mohamed Ould Chewaf, le conseiller chargé des affaires islamiques et du pèlerinage. Il a ajouté que la commission mise sur pied pour le tirage et qu’il préside d’ailleurs est composée de deux imams de mosquée, du directeur de la cellule du pèlerinage, du hakem et du commissaire de police Ksar 2 et des fonctionnaires de son département.

Ould Chewaf a signalé, que le ministère des affaires islamiques a signé un accord avec les responsables des agences du Hadj, qui défini qu’elles peuvent ajouter une marge de deux cents milles ouguiyas aux frais fixés par l’Etat, soit un million quatre cents milles ouguiyas, et pas plus.

C’est devant des centaines de citoyens que l’opération s’est déroulée et en présence d’un impressionnant dispositif de la police.

Source : Tawary

Tagant: irruption de gendarmes dans une mosquée où se déroulait une conférence religieuse

Ould Deddew

Des gendarmes ont fait irruption, Jeudi soir, dans une mosquée à Al Rachid, une ville au Tagant (Centre Mauritanie) et y ont interrompu une conférence religieuse de l’association El mostqbal, dirigée par l’érudit mauritanien, Mohamed Hassan Ould Deddew, rapportent des témoins à Alakhbar.

Les gendarmes ont interrompu le conférencier, Abdallah Ould Zakaria, de façon provocatrice “, selon les témoins qui ajoutent: “Ils l’ont ensuite interrogé sur place “.

Selon ses membres, l’association El-Mostqbal pour la prédiction, la culture et l’enseignement envoie, chaque année, des oulémas pour animer des conférences et mener des activités religieuses dans les villes de l’intérieur du pays.

Source : Point chaud

Mouridisme : 9e édition du Magal de Sar-sara

Sar - Sara 2013
Cette année, la célébration de cet événement religieux-culturel se tiendra du 13 au 24 aout au musée national et à Sar-sara, le lieu de pèlerinage des fidèles mourides. en Mauritanie. La cérémonie de lancement s’est tenue ce mardi en présence de l’Ambassadeur sénégalais en Mauritanie Mamadou Kane, de Sérigne Sidi Moktar Mbacké (petit fils de Cheikh Ahmadou Bamba) , de représentants de ministères mauritaniens et de partisans du mouridisme.

Cette manifestation placée sous « la bénédiction » du khalife général des mourides est consacrée cette année à Cheikh Ahmadou Bamba et ses alliés mauritaniens. Une thématique qui vise à promouvoir les liens de sérigne touba avec la RIM. D’ailleurs le fondateur du mourisme a transmis son 1er wird à un mauritanien à Sar-sara selon Abou Diop, Coordinateur de la fédération de daara Cheikh el Khadim  en Mauritanie.

Ce magal est soutenu par les autorités sénégalaises en Mauritanie comme l’a souligné l’Ambassadeur Mamadou K pour qui « cet événement revêt d’une importance dans le calendrier de l’Ambassade du Sénégal » confie t-il souhaitant une suite à ce magal qui mise sur deux milles visiteurs cette année . Des talibés fidèles financent cette activité qui bénéficie pourtant de l’appui administratif des autorités sénégalaises et mauritaniennes a témoigné Abou Diop qui ajoute que la confrérie est incarnée ici à travers la maison de l’islam ou keur sérigne touba.

Fier d’être mouride, ce dernier estime que : « le monde allait meilleur si tout le monde était mouride » . Une vision partagée par Mahamadou Bachir Kane qui déclara que « le mouridisme n’a aucun problème au vrai sens du terme » précise t-il comme quoi à chacun son remède.

Awa Seydou Traoré

Zouerate: La troupe du Medih Ennebewi enregistre son premier CD – [Telechargement audio]

Troupe Medih Ennebewi de Zouerate-rimweb.net

La sortie du premier CD de la Troupe du Medih Ennebewi de Zouerate est prévue pour le moi prochain. Le CD est composé de 11 titres des chants de Mohamed Ould Mbareck et Mahjouba Sid’Ahmed les deux voix d’or de la troupe.

Il s’agit du premier enregistrement de cette troupe mythique qui a remporté trois fois successives le festival du Medih Ennebewi. L’enregistrement et le mixage sont réalisés par ZAZA Production dirigée par Monsieur Kane Liman dit Monza.

Ce CD qui est produit par la Commune de Zouerate consacre plusieurs années de travail qui visent entre autres la préservation de ce patrimoine culturel et sa modernisation.

Le soir de la fête d’El Id El Vitre, la municipalité a offert une soirée Medih Ennebewi à la tribune officielle durant laquelle deux des 11 titres du CD ont été présentés au public.

Vous pouvez écouter les deux premiers titres

1/ Yenebi Ana Zeret Edkhila.
2/ Kheirou Elwera Mohamedi.
3/ Wellah Ella Mouch Taghinou.
4/ Rassoulou Allah Eski Anou.
5/ Lenebi Malou Gaa Emthil.
6/ Lenebi Tebligh Esselam.
7/ Bismi Lahi Lahi Nemdah.
8/ Yenloud Yenloud.
9/ Weni Benebi Lajehdan.
10/ Dani Dani.
11/ Moulana Anek Chewevni.

 

 

Manuel de conversation par Habib Ould Mahfoudh

Habib Ould Mahfoudh
On parle beaucoup en Mauritanie. On ne fait même que ça. On parle, on parle, on oublie qu’on a parlé. On parle pour savoir si on a parlé et on parle. Parler est une saine activité. D’autant plus saine que c’est la seule que nous ayons. C’est une gymnastique du corps et de l’esprit. Les Mauritaniens ont des langues très musclées, grosses comme des valises. Des langues body-buildées. Le Mauritanien ne doit jamais dire ‘‘je ne sais pas’’.

Cela le mettrait tout de suite au ban de la communauté. Il sera montré de la langue comme un lépreux, mâché et craché, blâmé et agoni d’injures ou ignoré et méprisé. Parce qu’il ose ne pas savoir. Ne pas savoir quoi ? N’importe quoi. Tout. Rien. L’essentiel est de parler. Non pas ‘‘dire’’ mais parler. C’est ici que l’on peut conjuguer le plus exactement et le plus sereinement le verbe parler au présent.

Je parle, Tu parles, Il parle,
Nous parlons, Vous parlez, Ils parlent.

Vous aurez remarqué que personne n’écoute dans tout ça, ni n’entend. Une garantie pour le parleur – le par¬lant – qui n’en sera que plus à l’aise pour parler, étant assuré que la vacuité de ses propos ne sera pas perçue par des oreilles malveillantes. Ce sont les oreilles qui tuent les mots. Un mot prononcé vivra éternellement s’il ne vienne à tomber dans une oreille. Les oreilles sont les cimetières des mots. Il y a, hélas, deux fois plus d’oreilles que de bouches. Un problème urgent à résoudre. On pourra toujours les accuser d’être à la solde de l’Etranger. Ça justifie n’importe quel abus.

En attendant je me permets de donner quelques conseils à ceux qui s’obstinent encore à dire ‘‘je ne sais pas’’ afin de leur permettre de parler normalement en évitant soigneusement d’être entendus. Ces conseils revêtent la forme d’un petit guide classique comprenant les su¬jets les plus courants de notre ‘‘parlement’’ classés de A à Z. Les ‘‘dites’’ correspondent au ‘‘politiquement cor¬rect’’, les ‘‘ne dites pas’’ sont les énormités qu’il faut éviter de proférer pour ne pas paraître fou à lier, idiot ou, pire, ‘‘à la solde de l’Etranger’’.

A – comme Arabe
Dites : La Mauritanie est un pays arabe.
Ne dites pas (NDP) : La Mauritanie est un pays multiracial.

B – comme Baathisme
Dites : Les baathistes voulaient détruire le pays.
NDP : Le pays est déjà en ruine.

C – comme Coca-Cola
Dites : Il y a des distributions automatiques de Coke à Nouakchott maintenant, signe évident de progrès.
NDP : Il était plus urgent d’installer des distributeurs de riz. Et puis le boutiquier est beaucoup plus ‘‘auto¬matique’’ que le distributeur. Il aurait été plus judicieux d’installer des distributeurs de thé. Et ne dites pas que le Coca ‘‘coupe les intestins’’.

D – comme Démocratie
Dites : Par rapport aux autres pays africains et arabes, notre pays a plutôt bien réussi son ‘‘processus démoc¬ratique’’.
NDP : Nous ne vivons pas dans les autres pays afri¬cains et arabes, nous vivons ici. Et si l’on tient tant à faire de la démocratie quelque chose de ‘‘relatif’’, pour¬quoi ne pas nous comparer à des démocraties normales comme la France par exemple, la Suède, la Suisse ou le Canada ? La santé d’une personne ne se juge pas par rapport à la mauvaise santé d’une autre. Ceux qui se contentent de peu ne bâtissent pas les Nations.

E – comme Economie
Dites : Par rapport aux autres pays africains on s’en tire plutôt bien : on paye nos fonctionnaires.
NDP : Il n’y a pas d’économie mauritanienne. Deux ou trois personnes profitent de l’argent prêté à l’Etat. Des voitures tout-terrain, quelques boutiques et des fausses factures ne sont pas ‘‘une économie’’. C’est une fuite en avant.

F – comme Fraude
Dites : Tout le monde fraude.
NDP : Ceux qui sont au pouvoir ont plus fraudé que les autres, parce que, justement, ils sont au pouvoir. La délinquance politique semble être, hélas, la pierre an¬gulaire de notre système qui est si démocratique qu’on en pleurerait.

G – comme Gri-gri
Dites : Une façon comme une autre de se protéger. Même les très rationalistes Européens y font recours.
NDP : Nous avons renoué avec ‘‘la pensé magique’’ avec la fin des années fastes et du poisson roi. Il ne serait pas étonnant que l’on voie, au début du siècle prochain, des marabouts spécialisés en exorcisme in¬formatique.

H – comme Hodh
Dites : Tous les habitants des Hodh votent PRDS.
NDP : On aurait quand même pu leur demander leur avis.

I – comme Impérialisme
Dites : C’est un gros mot et précisez pour que l’on vous comprenne: un gros mot est un mot ‘‘qui ne se dit pas’’, qui ‘‘disperse les assemblées’’.
NDP : Rien n’a structurellement changé depuis le XIXème siècle.

J – comme Journaux
Dites : C’est de la merde.
NDP : La presse est le reflet fidèle de la société.

K – comme Kadihines
Dites : Ces anarcho-mao-stalino-guevaristes, ont tous été récupérés par le système et sont devenus des petits-bourgeois pépères et rondouillards.
NDP : Le mouvement kadihine a été le moment le plus important de l’histoire politique de la Mauritanie avec le mouvement almoravide et la guerre de Charr-Baba . Les kadihines ont fait entrer le pays dans le XXème siècle. Même s’ils étaient plutôt mal rasés.

L – comme Lois
Dites: Il faut respecter les lois (et toussez après ça).
NDP : Personne ne les respecte ici, à commencer par ceux qui sont chargés de les faire respecter et ceux qui les promulguent. On ne peut même pas parler de loi de la Jungle. Pas parce qu’on est au Sahara, mais parce que la loi de la Jungle est, tout compte fait, une loi.

M – comme Messaoud Ould Boulkheir
Dites : C’est un ancien ministre mécontent.
NDP : C’est le leader charismatique des anciens es¬claves qui refusent de rester à la traîne de leurs anciens maîtres. Le problème de l’esclavage reste un problème sérieux en Mauritanie et ne pas en parler, ne pas le re¬connaître, n’arrangera rien. Messaoud est bien le porte-¬parole des Exclus.

N – comme Négro-africains
Dites : Ils sont comme les autres Mauritaniens. Ils sont au PRDS.
NDP : Il y a 60.000 négro-africains qui ont été expulsés de chez eux en 89 et 90 et qui survivent aujourd’hui dans des camps au Sénégal et au Mali. L’Etat maurita¬nien qui les a spoliés, chassés, torturés, bannis, leur re¬fuse jusqu’au statut de réfugiés. Et se fiche de les savoir ici ou ailleurs. Un mépris ‘‘démocratique’’.

O – comme Opposition
Dites : Elle n’existe plus.
NDP: On ne lui donne pas l’occasion de montrer qu’elle existe. Les élections sont truquées, les meetings presque interdits, les média publics interdits d’accès aux non-gouvernementaux. L’Etat distribue les prébendes pour s’assurer une clientèle ‘‘fidèle’’ et écarte tout opposant éventuel des postes significatifs de la fonction publique. Malgré ça, on continue de parler de l’opposition. Une preuve au moins qu’elle existe.

P – comme PPM
Dites : Le Parti du Peuple Mauritanie (PPM) a saigné ce pays à blanc jusqu’en 1978.
NDP : A 80% les dignitaires du PPM sont ceux du PRDS, comme ils ont été ceux des SEM .

Q – comme Qui est-ce ?
Dites : C’est un citoyen mauritanien comme les autres.
NDP : C’est un ministre qui surgit d’on ne sait où et qui retournera au néant après s’être acheté une voiture de service et avoir promu le cousin de sa femme.

R – comme République
Dites : Nous sommes une République démocratique.
NDP : République (du latin res publica, ‘‘chose pub¬lique’’) n’a jamais moins mérité son nom qu’ici. On au¬rait très bien pu l’appeler Réprivée (du latin res privata, ‘‘chose privée’’) et avoir le ‘‘privé’’ contraire de ‘‘public’’ mais aussi le ‘‘privé de tout’’.

S – comme Scandale
Dites : Ce n’est pas un scandale, tout le monde fait comme ça.
NDP : Ce n’est pas vrai, tout le monde n’est pas comme ça, on ne doit pas brûler le troupeau à cause de quelques brebis galeuses.

T – comme Tartufferie
Dites : c’est un dévot sincère, ah, si je pouvais être comme lui.
NDP : C’est un tartuffe qui se laisse passer un bouc et porte la culotte et le chèche blancs pour tromper son monde et avoir l’argent des Saoudiens.

U – comme Union du Maghreb
Dites : C’est indispensable.
NDP : Oui, mais on en a encore pour un siècle avant de pouvoir dire qu’elle est peut-être réalisable.

V – comme Victimes de la répression
Dites : Igassar amarhoum , ces nègres se plaignent tout le temps.
NDP : Ils ont raison de se plaindre : un millier de morts, des milliers de déportés, expropriation, tortures, vexations, purges administratives… Et ils ne sont pas les seules victimes, malheureusement.

W – comme Woodstock
Dites : C’est quoi ça ?
NDP : Le plus grand festival rock des sixties. Mais pas en Mauritanie.

X – comme Xavier Coppolani
Dites : Un salaud de colonialiste.
NDP : Le ‘‘créateur » de la Mauritanie.

Y – comme ‘‘Y-a-t-il un pilote dans l’avion’’?
Dites : Si, si, y en a un…
NDP : Le pilote a raté l’avion. L’avion ne le ratera pas, lui.

Z – comme Zuleikha
Dites : Je ne connais pas cette jeune femme.
NDP : C’est le charmant prénom d’une charmante demoiselle que je connais. C’est aussi le prénom de la femme de Putiphar qui séduisit Joseph.

Voilà très rapidement des choses à dire à chaque fois que l’occasion ne s’en présente pas. Vous pouvez vous-mêmes composer votre petit manuel de ‘‘conversation’’. Vous me l’enverrez. J’en ai vraiment besoin.

Feu Habib Ould Mahfoudh
Extrait des Mauritanides

Noorinfo