ATTENTION: Menace de déguerpissement du périmètre maraîcher des rapatriées de Sinthiane Diama.

[Reportage Photos] – Après leur rapatriement du Sénégal, les femmes rapatriées de la localité de Sinthiane Diama, village située dans la commune de Darel Barka et distant de 68 kilomètres de Boghé (chef lieu du même département) ont bénéficié d’un don de matériel agricole offert par l’Agence Nationale d’Accueil et d’Insertion des Rapatriés (ANAIR).

Ce don est composé d’une motopompe d’eau, de rouleaux de grillage, de fils barbelés, de piquets et de semences. Avec les populations d’accueils trouvés sur place, les femmes décident d’implanter leur projet maraîcher à environ 3 kilomètres de leur village dans un domaine foncier qui a été attribué aux villageois de Sinthiane le 04 juin 1930 par l’administration coloniale.

La paternité des villageois de Sinthiane sur le domaine foncier en question est attesté également par arrêté de justice rendue la même année voire peu avant par le tribunal du Cadi dirigé par feu Amadou Moctar Sakho, juge assermenté par les colons en Afrique Occidentale Française (AOF).

La superficie qui s’étend sur 450 hectares couvre la zone agricole appelé Thinembara et Boîdy. Une fois l’exploitation du jardin maraîcher sur une superficie de 2 hectares entamée par les femmes qui ont installées la clôture, puis réalisées l’aménagement de leurs propres efforts physiques et même mis les semis en terre, l’autorité administrative locale, le chef d’arrondissement en l’occurrence convoque le chef du village pour sommer les villageois dans un délai de 72 heures d’enlever toute la clôture ainsi que tout le matériel agricole (motopompe, tuyau etc…) selon Sidy Ly, le chef du village de Sinthiane Diama.

Ce dernier affirme avoir été menacé d’emprisonnement par l’autorité administrative de Darel Barka qui l’a traité de tous les noms d’oiseaux s’il refusait d’obtempérer à la fin de l’ultimatum. Le terrain n’est pas leur propriété lui a notifié verbalement le chef d’arrondissement en présence du commissaire de police, du commandant de Brigade et de Maguèye, un proche collaborateur du maire de Darel Barka qui assurait la traduction a ajouté le chef du village.

Dans leurs conversations, le chef d’arrondissement l’a manqué de respect en le traitant de menteur a-t-il affirmé. Et dans la foulé, il dira « comment un Halpular peut avoir une terre ici » rapporte Sidy. Le chef d’arrondissement détient avec lui des documents attestant l’appartenance de ces terres aux populations de Sinthiane et qui lui ont été remis par le Hakem du département à en croire toujours Sidy.

Le domaine serait selon l’autorité administrative la propriétde Darel Sidy. . signifié e vous Sur le terrain (jardin maraîcher) où nous nous sommes rendus hier (jeudi 22 Mars), nous avons rencontré une foule immense de villageois (jeunes, vieux, femmes) qui ont clamé leur détermination à défendre leurs terres au péril de leur vie. Sur place, les plantes (oignons, tomates, salades) tout justes repiqués il y’a une semaine commencent à s’assécher si elles ne le sont déjà. Et une femme de s’écrier du fond de la foule « le chef d’arrondissement n’a qu’à nous rembourser nos semences qu’il a délibérément voulu détruire ».

Hawo Bachir Thiam, présidente de la coopérative des femmes bénéficiaires du projet qui regroupe 224 adhérentes s’étonne de l’attitude des autorités locales dans cette situation. Les villageois persistent et signent, cette terre est la notre et nous l’exploitons depuis des siècles et personne ne nous fera déguerpir d’ici sauf Allah.

Quant au chef d’arrondissement que nous avons ensuite interrogé dans son salon au sujet de cette affaire, il nous a simplement répondu brièvement en ces termes « vous savez, nous les autorités administratives, on est astreint à un droit de réserve et nous ne pouvons pas parler sans être autorisés par nos supérieurs hiérarques». Mais, il nous demandera par la suite d’aller interroger le plaignant, un certain Mohamed Mahmoud O Bilal qui habite la localité Dakhle non loin de Darel Barka et de consulter les responsables du Bureau des Affaires Foncières du Brakna.

Ces derniers joints au téléphone ont affirmé être actuellement en voyage mais qu’à leur retour, il nous parlerons à ce sujet. A l’heure qu’il est, les nerfs des villageois de Sinthiane sont très tendus et nous pensons que les autorités administratives doivent aborder ce litige foncier entre les deux parties qui revendiquent cette propriété foncière avec beaucoup de sagesse et de mesure pour éviter des lendemains qui fâchent.

Il ne servira pas à grand-chose de faire usage de la force brutale pour trancher cette affaire si cette option reste bien sûr envisagée par les autorités telle que nous l’a fait croire le chef du village de Sinthiane Diama où toute la population serait prête visiblement à en découdre avec ceux qui tenteraient d’user de la force pour enlever la clôture. Les évènements de 2001 qui avaient éclatés suite à une tentative d’expropriation des terres de la collectivité tribale des Oulad Seyid, Iralé restent encore frais dans les mémoires.

L’actuel député de Boghé Kebad O N’Déyé et d’autres membres de cette tribu avaient affronté violemment la police dans cette zone. Il s’en est suivi des arrestations et des emprisonnements. Les évènements de N’Diorol et de Donaye restent encore frais dans les mémoires des populations de la vallée du fleuve.

Il faut rappeler qu’avant et après les évènements de 1989, le régime de Ould Taya avaient procédé à des expropriations à grade échelle des terres des populations déportées et qui vivaient dans cette zone pour ensuite les céder à des proches de sa tribu et d’autres. Ces expropriations n’ont pas épargnés même des cimetières. Les preuves sont là quand sait que les villageois de Donaye enterrent leurs morts au Sénégal faute d’espace.

Thierno Souleymane

Diop Mohamed Abou dit Hamadi Bodiel
Cp Brakna Le Véridique

Source; cridem

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info

 

Wade au bureau de vote 2em tour

Wade au bureau de vote 2em Tour 

La dernière bougie de l’alternoce

La dernière bougie de l’alternoce L’alternance fête ses 12 ans aujourd’hui. Le pape du Sopi accédait au sommet de l’état après un quart de siècle de combat. Il doit avoir un petit pincement au coeur, lui qui mobilisait les foules au moyen d’un seul claquement des doigts fait aujourd’hui le tour des maisons religieuses pour quémander des «ndigël» afin de se faire réélire…pour «terminer ses chantiers». Pendant ce temps, ses anciens collaborateurs sont passés de l’autre côté et sont plus que déterminés à corriger l’alternance. Cette douzième bougie sera-t-elle la dernière de l’«alternoce»?

Par afreecartoon.com

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info 

SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE La communauté maure vote Macky Sall

La communauté maure regroupée au sein du Mouvement national des maures sénégalais (MNMS) s’engage à élire le candidat de la coalition Benno book yakaar, Macky Sall. L’annonce a été faite lors d’un point de presse organisé ce jeudi 22 mars au quartier général de la coalition Macky 2012. Cette décision fait suite au constat qu’après un compagnonnage de plusieurs années avec Me Abdoulaye Wade, «la communauté maure n’a rien gagné, même pas un petit poste de gardiennage, alors que les discriminations d’ordre général continuent». En atteste «le Hassanya est la seule langue codifiée au Sénégal (depuis 1985) qui n’a pas de journal télévisé à la Radio diffusion télévision sénégalaise (Rts), ni classe d’alphabétisation encore moins de journée dans l’agenda culturel du Sénégal», se désole le Secrétaire général national MNMS, le Docteur Maouloud Dieng. Selon lui, «aujourd’hui les maures ont pris leur destin en main à travers une forte structuration représentative de toutes les localités où habitent les maures Sénégalais pour faire barrage à ces marchands d’illusions et défendre leurs intérêts et leur survie», lance à nouveau M. Dieng, précisant que, dans leur démarche, ils ont reçu la bénédiction de toutes les familles religieuses. A la question de savoir pourquoi attendre jusqu’à quelques jours du scrutin du 25 mars pour se ranger derrière Macky Sall, le Docteur Maouloud Dieng répond que «conscients du potentiel électoral des maures, des collaborateurs proches du candidat Macky Sall se sont rapprochés de notre mouvement depuis des mois pour nous enrôler dans l’Alliance pour la République (Apr) sans succès… Ce n’est qu’après discussion avec des émissaires du candidat Macky Sall que nous avons accepté de nous fusionner avec la coalition Benno Book Yakaar… ». En effet la communauté maure du Sénégal forte de plus de deux millions de personnes à joué un rôle central dans l’histoire du pays et dans son développement économique, social et culturel. «Cette communauté qui a islamisé le Sénégal, qui lui a donné son nom, est présente dans toutes les grandes familles islamiques et confrériques du pays», déclare Cheikh Fall, un des membres de ce mouvement. Moubarack Lo, le préposé aux questions économiques de la dite coalition a profité de ce point de presse pour souligner que la communauté maure est un trait d’union entre le Sénégal et la Mauritanie. Il a ajouté que le Sénégal est un pays de diversité culturelle, que Macky Sall entend renforcer parce qu‘étant lui-même issu d’un métissage Toucouleur et Sérère.

Source: sudonline

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info 

Dagana : une fille de 17 ans déférée pour tentative de meurtre

Une fille de 17 ans a été arrêtée et déférée à Saint-Louis pur avoir tenté de tuer son bébé de sexe masculin, a appris l’APS auprès de la Brigade de Dagana.

‘’Une mineure de 17 ans a été arrêtée et déférée à Saint-Louis vendredi pour tentative de meurtre’’, selon un gendarme qui a dit l’affaire a été portée à la gendarmerie par l’hôpital’’.

Selon la gendarmerie, la jeune fille travaillait comme bonne à Rosso Mauritanie chez un policier. Elle soutient avoir été violée dans sa cuisine par son l’employeur ceci après avoir cité deux autres prétendants’’.

Rentrée à Gae, elle cache l’identité sa grossesse. C’est le jeudi dernier qu’elle a accouché d’un enfant de sexe masculin.

Mercredi, vers 3 heures du matin sa tante s’est rendu compte que le bébé avait disparu. Après des recherches, elle trouvé ‘’le bébé à moitié enterré en dehors de la maison avec un bâton dans l’œsophage’’, renseigne la gendarmerie.

Acheminé à l’hôpital départemental de Dagana, l’enfant a été sauvé mais est sous soins intensifs.

Source: seneweb

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info

 

Entretien : André Bourgeot, spécialiste du Mali, analyse le coup d’Etat en cours à Bamako

 

 Les militaires se sont mutinés mercredi 21 mars 2012. Gagnés par le ras-le-bol, ils ont pris possession de la radio nationale à Bamako. Ce jeudi 22 mars, les mutins ont annoncé avoir fermé toutes les frontières, après avoir renversé le président malien Amadou Toumani Touré. Les origines du malaise au sein de l’armée malienne sont multiples, comme le souligne André Bourgeot, spécialiste du Mali au CNRS, et responsable du programme « Nouveaux enjeux dans l’espace saharo-sahélien » de la Maison des sciences de l’homme. Il est interrogé par Nicolas Champeaux. RFI : Quelle est votre analyse de ce coup de sang chez un groupe de militaires maliens, hier ? André Bourgeot : Dans un premier temps, j’aurais tendance à dire que cela s’inscrit dans une continuité graduelle qui renvoie à la marche des femmes sur Koulouba, il y a de cela à peu près cinq semaines. Des femmes de militaires qui étaient mécontentes de la situation qui prévalait au nord et qui étaient mécontentes surtout de l’absence d’informations sur la situation au nord du pays. Donc cela s’inscrit dans cette continuité. Cela s’appuie aussi sur un mécontentement profond au sein de l’armée, qui n’est pas une entité homogène et qui est traversée par des contradictions non négligeables. Il y a une tendance de l’armée relevant de « faucons » qui veut absolument en découdre avec la rébellion du nord Mali parce qu’elle considère que ces rébellions répétitives ont suffisamment duré et qu’il faut éradiquer cette situation. Pour ce faire, il faut des moyens et ces moyens leur manquent. Ecoutez l’entretien André Bourgeot, spécialiste du Mali, au CNRS. Invité Afrique du 22 mars 2012 22/03/2012 par Nicolas Champeaux Écouter (04:14) Plus RFI : Oui, et dans le nord Mali les rebelles touaregs ont déployé une impressionnante force de frappe. A.B. : Absolument… Avec un armement lourd, en provenance de Libye. Il y a donc une revendication de moyens – de moyens matériels : « Il nous faut de la nourriture, il nous faut surtout des munitions… » – mais là aussi, ce n’est pas une situation nouvelle. Il y a deux ans, on m’a cité des cas où des hommes en uniforme pourchassaient des trafiquants de drogue et qui étaient obligés d’arrêter la poursuite parce qu’ils n’avaient pas suffisamment de carburant. On m’a cité aussi d’autres cas : lorsqu’il y avait des affrontements, cette fois-ci de nature militaire, avec des trafiquants ou avec des sous-traitants d’Aqmi, eh bien ils étaient obligés de cesser l’assaut parce que, là aussi, ils manquaient de munitions. Donc ce ne sont pas des situations nouvelles. En revanche, ce qui est nouveau, c’est qu’il y a des phénomènes de ras-le-bol. D’où cette mutinerie à laquelle vous faites référence. RFI : Faut-il pointer également des problèmes d’encadrement au sein de cette armée ? A.B. : Effectivement, je pense qu’il y a aussi des problèmes d’encadrement que je caractériserais comme étant une crise de l’autorité militaire au sein de l’armée nationale. Il y a eu des phénomènes liés à différents trafics qui ont fait que, probablement, des militaires ont été impliqués dans l’acheminement de drogues illicites. Cela a donc produit un mécontentement non négligeable. Un autre mécontentement porte sur le fait que des anciens rebelles aient été intégrés avec des grades importants, y compris au niveau du grade d’officier, et qu’on leur ait donné comme affectation des lieux de leur pays d’origine, à savoir le nord Mali. En revanche, les militaires Bambara du sud, ou autres, ne peuvent pas revendiquer immédiatement une affectation qui satisferait leur vœu. Cela a donc déjà créé des clivages à l’intérieur de cette armée, qui a déjà commencé à ne plus être une armée nationale dans sa conception républicaine et qui actuellement apparaît sous forme de crise violente. Cette crise a également des relais au niveau de la population civile malienne qui dit : « Ca suffit ! La patrie est en danger ; il faut soutenir nos militaires ; il faut qu’on donne les moyens à nos militaires ; on va faire des cotisations pour renforcer les moyens matériels de l’armée. » RFI : L’armée, n’est pas homogène, vous le disiez. Il y a aussi la corruption et les trafics, dont vous faisiez mention, au sein de certaines sphères de l’armée, qui n’arrangent rien. A.B. : Absolument. Comme ce sont des phénomènes connus et qui ne sont pas sanctionnés, cela crée les conditions de l’impunité. Et l’impunité, c’est la porte ouverte à tous les abus, d’où toute cette série de violences qu’il peut y avoir actuellement au nord. Le nord est confronté à un ensemble de trafics – drogues illicites, cocaïne, cannabis -, trafic d’armes, trafic d’otages, trafic de marchandises, avec la présence d’Aqmi qui est centralisée au nord du Mali ; trafic aussi d’êtres humains. Donc c’est un ensemble de choses qui fait en sorte que, maintenant, c’est une situation que je caractériserais comme étant une situation chaotique. RFI : Le manque de communication au sein de l’armée n’est-il pas une autre raison du malaise ? A.B. : Pas simplement à l’intérieur de l’armée. L’absence de communication entre les appareils d’Etat – les responsables des appareils d’Etat – peut venir aussi de la part du chef de l’Etat qui ne sait peut-être pas suffisamment communiquer avec la population. Cette absence de communication, lors de contextes de turbulence et d’affrontements militaires, crée un peu les conditions de la suspicion. Il y a effectivement un problème de communication qui n’est pas négligeable. tags: Mali

 

Source: RFI

 

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info 

‘Emel 2012’ : Les populations dénoncent.

Le plan d’urgence  » Emel 2012 « , mis en œuvre par le gouvernement pour faire face à l’impact négatif de la sécheresse sur la vie des populations est en train de se retourner, paradoxalement, contre le pouvoir : des protestations fusent de toutes parts, pour fustiger le manque d’efficacité de ce programme ou les agissements dans son exécution suivant des critères qui ne répondent pas aux exigences d’équité et de transparence. C’est au niveau des wilayas de l’est et du centre (Hodh Chargui, Hodh Gharbi, Assaba, Tagant, Brakna) que les autorités font le plus face à la contestation. Après le limogeage, il y a moins de deux semaines d’un hakem, sur présomption de mauvaises pratiques, dans l’exécution du programme  » Emel 2012 « , c’est au tour d’autres localités de dénoncer ce qu’elles considèrent comme le retour des vieilles pratiques et des vieux démons. A Oueïnatt Ezbel, localité relavant du district de Djiguenni, à 90 kilomètres à l’Est d’ Aïoun, les habitants n’ont pas hésité à sortir dans la rue pour dénoncer la manière dont le programme est mis en œuvre. 39Dans la journée d’hier, ils ont mis des barrages sur la route de l’Espoir brûlant des pneus, en guise de protestation contre ce qu’ils appellent la « distribution inéquitable » du Programme Emel 2012. Et comme à Aleg, c’est encore le hakem qui est pointé du doigt par les protestataires qui l’accusent d’avoir procédé – mercredi dernier- à la vente à prix réduits,  » sans se référer de la liste des vrais bénéficiaires établie par la commission technique du programme « . Résultats : seule une quarantaine de personnes ont pu bénéficier de la distribution évoquée, ont affirmé des habitants aux correspondants locaux de certains médias. Dans la moughataa de Timbedra, une notabilité de la ville aurait été arrêtée par la police pour avoir dénoncé les mêmes exactions et soulever la question de la distribution suivant des critères peu orthodoxes. Mohamed Ould Zeine, qui aurait été choisi pour faire partie d’un groupe devant recenser le nombre d’éleveurs dans la localité de  » Twil « , a mis en doute la conformité de la liste  » sortie  » par le hakem avec celle qui avait été préalablement remise aux autorités et devant servir de tableau de bord pour la distribution ou la vente des aliments de bétail aux éleveurs. Ces disfonctionnements observés sur le terrain constituent, en réalité, une sorte de prolongement  » naturel  » pour ceux souvent évoqués par la Coordination de l’opposition démocratique (COD), quant à l’inefficacité même de ce plan d’urgence pour lequel le gouvernement dit avoir mobilisé des ressources conséquentes ! Quand la politique s’en mêle Un constat de non empressement dans la mise en œuvre du fameux programme d’urgence  » Emel 2012  » a même été fait et lié à une manœuvre du gouvernement pour se donner le temps nécessaire. Même au niveau des pouvoirs publics, l’on avait remarqué qu’à part la couverture de la cérémonie de lancement, présidée par le Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf, la tendance est à ne pas trop attiré l’attention sur un programme parti pour être un vrai fiasco politico-social. Questions de moyens, bien sûr, mais aussi de mauvaises prévisions.  » Emel 2012  » doté théoriquement d’une enveloppe financière de près de 45 milliards d’ouguiyas n’a pas commencé sur les chapeaux de roue. Les éleveurs, censés être les premiers bénéficiaires de ce programme d’urgence, peinent à s’assurer qu’il permettra à aider à la survie de leur cheptel, dont une bonne partie est déjà en transhumance au Sénégal et au Mali. La question mérite d’être posée quand on constate la frilosité avec laquelle le gouvernement procède dans la mise en œuvre de ce plan d’urgence destiné à atténuer l’impact de la sécheresse sur les populations, notamment en milieu rural. A moins de quatre mois de la période d’hivernage, les autorités font preuve de fainéantise pour voler au secours des victimes d’une sécheresse dont les conséquences ont commencé à se faire ressentir depuis plusieurs mois déjà. Cette frilosité est même ressentie dans une ville comme Nouakchott où les boutiques ouvertes par la Sonimex dans le cadre du programme  » Emel 2012  » n’attire pas grand-monde. La grande campagne de matraquage qui suit généralement ce genre d’opérations, avec les  » témoignages  » sélectifs de citoyens aux nues pour avoir bénéficiés d’un tel soutien des autorités, fait défaut et montre qu’il y a bien, quelque part, des choses qui clochent. Et l’on se demande même si l’Etat a vraiment les moyens de sa politique dont l’objectif, non avoué, est de parvenir à gagner le cœur de citoyens qui commencent à désespérer de voir que le grand changement promis par Ould Abdel Aziz n’était, en fait, qu’un leurre.  » Emel  » sur les traces de  » Solidarité  » Sans vraiment être parti sur les chapeaux de roue,  » Emel 2012  » risque bien d’être une réédition des erreurs et couacs de  » Solidarité 2011 « . Avec déjà un manque de visibilité – et de lisibilité – dans les chiffres, opérations et allocations destinés à chacun des volets de ce plan d’urgence. C’est ce qu’on ressent quand l’on apprend qu’à l’intérieur du pays, notamment dans les wilayas de l’Est, les populations rechignent à accepter une aide insignifiante et qui arrive trop tard pour sauver ce qui peut encore l’être. C’est aussi ce qui découle d’une action censée soulager les éleveurs en leur permettant de vacciner, à moindres frais, leur bétail, grâce à une action qui s’inscrit dans le  » plan d’urgence  » alors qu’elle a un caractère tout à fait routinier. Comme d’ailleurs la plupart de celles programmées par  » Emel 2012 « , notamment quand il s’agit des interventions du ministère du Développement rural ou du Commissariat à la Sécurité Alimentaire ! Un mélange des genres qui fait dire à certains observateurs que, dans cette opération de  » Emel 2012 « , le gouvernement est encore en train de tricher. Il pourrait même payer cash cette propension à trop faire de promesses, à dire que tout va, quand les problèmes l’assiègent de toutes parts, et à ne pas traiter, avec méthode, les cas de gabegie, supposée ou réelle, qui apparaissent de plus en plus en cette période de  » rédemption  » réellement sans repères. La moindre des choses, pensent certains observateurs, serait d’opérer une  » restructuration  » au niveau du CSA pour que le montant énorme, de 45 milliards d’ouguiyas engagés dans cette opération, et dont une partie doit passer par les actions du CSA, soit  » sécurisés  » contre les détournements qui, à cause de la lutte contre la gabegie entreprise par le pouvoir du président Aziz, utilise des moyens de plus en plus sophistiqués.

Sneiba Mohamed.

Source: cridem

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info 

Mali : «On ne sait pas ce que ces militaires ont en tête»

Reportage ◊ A Bamako, les habitants sont partagés après le coup d’Etat qui a déposé dans la nuit le président Amadou Toumani Touré.

Dans une rue de Bamako, ce jeudi. (Photo AFP)

La capitale malienne a vécu ce jeudi son premier jour sous l’autorité du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (appelé CNRDR, sans le «E», par la junte). Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, des militaires armés en uniformes ont sillonné Bamako toute la journée en tirant en l’air, debouts à l’arrière de pick-up ou sur des scooters. Pendant ce temps, la télévision publique rediffuse les communiqués de la junte entrecoupés de programmes musicaux.

Le couvre-feu décrété par les putschistes s’avère assez peu respecté. Toutes les administrations, les écoles et la plupart des commerces sont fermés, mais des taxis et des véhicules collectifs circulent. Dans les rues, les vendeurs de cartes téléphoniques croisent des conducteurs de moto en panne, surpris par la fermeture des stations d’essence où se ravitaillent tout de même les militaires. Des habitants manifestent par moments leur sympathie à l’égard des militaires. «Vive l’armée s’exclame à un feu rouge un conducteur de deux-roues qui se réjouit du coup d’Etat. Sur la rive sud du fleuve Niger, à la sortie de l’un des trois ponts, des enfants et des adolescents acclament les militaire qui passent en trombe. Quelques mètres plus loin, des adultes applaudissent avec moins de vigueur les hommes armés.

«Risques de débordements»

«On s’attendait à ça. C’était la seule solution. On ne pouvait pas attendre les élections», estime Mamadou Traoré, chauffeur de taxi, qui ne voit «aucun homme de la situation» parmi les candidats à l’élection présidentielle prévue le 29 avril.

Les sentiments sont cependant partagés. «Je n’ai jamais aimé Amadou Toumani Touré ni sa façon de gérer le pays, mais un coup d’Etat ne va pas améliorer les choses», estime Ousmane. «On ne sait pas ce que ces militaires ont en tête.»

Les Français ont reçu dans la matinée par SMS et courriel un «rappel impératif» à rester chez eux. Un second courriel plus alarmiste envoyé à 14h46 évoquait la «nécessité absolue de rester chez soi» en raison de «la montée des exactions». Les établissements scolaires français seront fermés ce vendredi. Aucune évacuation n’est à l’ordre du jour. «On n’en est pas là, commente-t-on à l’ambassade. On conseille aux gens de ne pas sortir car il y a toujours des risques de débordements. La junte a invité les Maliens à reprendre le travail mardi, le temps sera long.»

Source: liberation.fr – 22 mars 2012 (Par FABIEN OFFNER, Bamako)

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info  

Putsch au Mali: «C’est une évolution qu’on craignait»

 

Putsch au Mali: «C’est une évolution qu’on craignait»

INTERVIEW – Les militaires maliens ont pris le pouvoir à Bamako, la capitale du pays. Des événements prévisibles selon Hugo Sada, spécialiste du Mali…

La situation pourrait évoluer dans les prochaines heures. Contacté par 20 minutes, le spécialiste du Mali Hugo Sada, par ailleurs délégué à la paix, aux droits de l’homme et à la démocratie, fait le point sur le putsch actuellement en cours dans le pays.

Les militaires maliens ont investi Bamako, mercredi 21 mars — AP/SIPA

Comment expliquer ce qui vient de se passer au Mali?

C’est une évolution qu’un craignait ces dernières semaines. Les combats dans la région nord du pays, contre les mouvements Touareg, ont beaucoup déstabilisé le Mali et l’armée malienne. On a senti monter un ras le bol et une frustration. L’armée se plaignait notamment d’un manque d’équipement et espérait obtenir des réponses de la part du gouvernement. Elle ne les a visiblement pas obtenues. C’est donc un certain ras-le-bol qui s’exprime à travers ce putsch, qui n’a pas l’air vraiment structuré.

Comment la situation peut-elle évoluer?

Il y a deux hypothèses très simples: la première serait que les éléments de l’armée restés loyaux au pouvoir ne rejoignent pas ce mouvement. Pour le moment, il est conduit par des militaires assez jeunes. La question est maintenant de savoir ce que les haut-gradés vont faire, mais il est encore trop tôt pour le dire. Et nous ignorons, pour le moment, si des contacts ont été noués entre le pouvoir et les militaires. Et puis, il faudrait un cessez-le-feu avec les Touaregs, ce qui permettrait d’apaiser la situation. La deuxième hypothèse serait que le coup d’Etat soit consolidé.

Quels seraient alors les risques pour le Mali?

Le premier risque, c’est une rupture brutale de l’ordre démocratique. Ce putsch n’est donc pas une bonne chose pour le Mali, cité en exemple depuis 20 ans. L’autre risque, c’est qu’un coup d’Etat exclut le Mali des programmes d’aides internationaux. Tout cela ne serait pas bon pour un pays qui a besoin de stabilité. La population malienne est déjà très inquiète et très marquée par les conflits contre des mouvements Touareg, dans le nord. Et depuis le début de ce putsch, c’est même la grosse angoisse à Bamako. J’espère que la situation ne va pas basculer trop vite du mauvais côté.

Par Mathieu Gruel
Source: maliweb
Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info

 

Mali: le président Touré est dans un camp militaire

Le président malien Amadou Toumani Touré, que des militaires ont affirmé avoir déposé, est à Bamako, dans un camp militaire, entouré de soldats loyalistes de sa garde présidentielle, ont indiqué jeudi à l’AFP une source militaire loyaliste et un membre de son entourage.

« Le président est bien à Bamako, il n’est pas dans une ambassade. Il est dans un camp militaire d’où il dirige le commandement », a déclaré la source militaire loyaliste sous couvert d’anonymat. Un membre de l’entourage de M. Touré a confirmé ces informations, précisant qu’il était avec des Bérets rouges de la garde présidentielle). Aucune des sources n’a fourni de détails.

Auparavant, un autre responsable militaire loyaliste avait affirmé jeudi à l’AFP qu’Amadou Toumani Touré allait « bien » et était « en lieu sûr, de même que les ministres de la Sécurité (Natié Pléa) et de la Défense (le général Sadio Gassama) » cibles de militaires mutinés qui ont annoncé jeudi avoir renversé le pouvoir.

Certains membres du gouvernement ont été arrêtés, « mais pas tous », avait ajouté ce responsable, sans être en mesure d’en donner le nombre, et sans indiquer leur lieu de détention. A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a appelé au « respect de l’intégrité physique » du président Touré. « Nous appelons au respect de l’intégrité physique du président Amadou Toumani Toure comme de l’ensemble des personnes retenues qui doivent être libérées », a déclaré le porte-parole adjoint du ministère Romain Nadal.

L’aéroport de Bamako était fermé jeudi, et les vols annulés « jusqu’à nouvel ordre » au départ et à destination de la capitale malienne, a affirmé à l’AFP une source aéroportuaire malienne, après l’annonce par des militaires du renversement du régime d’Amadou Toumani Touré. « L’aéroport est fermé depuis ce (jeudi) matin, et il n’y a pas de vols jusqu’à nouvel ordre », a déclare cette source, qui n’était pas en mesure de fournir plus de détails.

A Bamako, des tirs sporadiques de sommation étaient entendus dans plusieurs quartiers, selon un journaliste de l’AFP et des témoins. La circulation était très fluide, quelques automobilistes et des motocyclistes étaient visibles sur les principales artères. « Beaucoup de gens sont terrés chez eux. Il y a des crépitements (d’armes) de temps en temps, mais la situation est floue », a témoigné un habitant d’un quartier de l’ouest de la capitale joint par téléphone.

Des militaires s’étaient mutinés mercredi contre la faiblesse des moyens pour la guerre que mène l’armée depuis mi-janvier contre des rebelles touareg et des groupes islamistes dans le nord du pays. Puis, au nom d’un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), ils ont annoncé tôt jeudi matin le renversement du régime du président Touré, en l’accusant d’incompétence. Ils ont annoncé un couvre-feu jeudi à compter de 06H00 (locales et GMT), sans en préciser la durée.

Source seneweb

Toute reprise partielle ou totale de cet article  devra faire référence à  www.rimweb.info