Communiqué conjoint : Association des Journalistes Mauritaniens et sites electroniques

Association des journalistes-Site electronique

Suite au communiqué de presse publié par le RPM le jeudi 28 août 2013 portant sur son rejet catégorique de l’arrêté du ministère de la communication et des relations avec le parlement, relatif au choix de la Commission de Gestion du Fonds d’Aide publique à la Presse privée,…

…nous association des journalistes mauritaniens et le regroupement de la presse électronique, tenons à exprimer notre surprise et notre incompréhension face à ce qui frise un manque de respect et de considération à l’égard des confrère désignés au sein de ladite commission et dont certains sont par ailleurs membres de RPM.

Cela est d’‘autant plus surprenant qu’un des membres désignés a manifesté son entière solidarité au RPM allant jusqu’à proposer son retrait de cette commission, ce que le RPM n’a pas accepté. Aussi, en publiant ce communiqué, ses auteurs ont pris une décision unilatérale sans réunir le bureau exécutif, ce qui constitue un précédant grave pour ce regroupement des médias.

Nous regrettons que le RPM soit exclus de ce choix fait par le Ministère mais, nous considérons qu’il faut s’élever au-dessus des considérations individuelles au profit de l’intérêt général.

Considérant que l’escalade n’est pas la meilleure voie pour régler les problèmes, nous association de la presse mauritanienne et le regroupement de la presse électronique deux structures incontournables du paysage médiatique jouissant d’une grande réputation tenons à rappeler qu’il est temps que la presse conjugue ses efforts pour défendre ses intérêts et préserver l’unité dans ses rangs. Dans ce cadre, nous demandons au RPM de :

1- Présenter ses excuses pour cette erreur gravissime, et s’atteler à l’unité et à la défense de l’intérêt général au détriment des égoïsmes et des positions politiques anachroniques.

2- De mettre à l’écart les considérations corporatistes car le plus important dans cette commission c’est moins les individus que l’obligation des résultats. Le moment venu le RPM aura certainement son mot à dire.

3- Nous demeurons convaincus que le défi majeur pour la presse indépendante est d’œuvrer pour une amélioration substantielle et continue de l’aide publique à la presse, qui constitue un atout indispensable pour son développement.

Nouakchott le 29/08/13

L’association des journalistes
mauritaniens
Le regroupement de la presse
électronique

Communiqué de presse conjoint RPM – SJM

rpm-sjm - rimweb.net

Dans un geste marqué par un manque de concertation et portant des indicateurs alarmants sur l’avenir des acquis de la Presse en Mauritanie, le Ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement a publié, hier, l’arrêté portant le choix de la Commission de Gestion du Fonds d’Aide publique à la Presse privée. La liste des membres de la Commission ne contient pas les noms des journalistes proposés au ministère, sur sa propre demande, par deux organisations qui sont pourtant parmi les plus représentatives et les plus crédibles. Il s’agit du Syndicat des Journalistes Mauritaniens (SJM) et du Regroupement de la Presse Mauritanienne (RPM), qui représentent une forte majorité des journalistes professionnels et des organes de presse dignes de ce nom.

Ainsi, les deux organisations:

–        Expriment leur refus catégorique de ce mode opératoire qui constitue une violation flagrante de l’esprit de concertation et une tentative manifeste et malheureuse de diluer le champ médiatique et y implanter la division et la zizanie ;

–        Affirment à l’opinion publique, nationale et internationale, et à tous leurs partenaires qu’ils prendront tous les actes légitimes en vue de préserver les acquis ; dont le Fonds d’Aide publique à la Presse privée en est, malgré sa modestie, un ;

–        Appellent le Ministère à revenir sur cette décision pour l’intérêt général de la Presse,pour la défense des acquis dans le cadre d’un dialogue, et dans le respect de la Démocratie et de l’ État de droit.

Syndicat des Journalistes mauritaniens       Regroupement de la presse Mauritanienne

Source au sein du RPM : Le Regroupement n’a pris aucune position relative à la commission du fonds d’aide publique à la presse privée

Riyadh Ould Ahmed Hadi

Le confrère journaliste Riyadh Ould Ahmed Hadi indique  que « ce qui a été attribué au Regroupement des Journalistes Mauritaniens (RPM), se rapportant à son opposition à la composition de la commission de gestion du fonds d’aide publique  à la presse est dénué de tout fondement ».

 Le confrère estime que le président du Regroupement, le confrère Sy Mamoudou  «  a signé un communiqué préparé d’avance, qui lui a été présenté par le Syndicat des Journalistes Mauritaniens (SJM), sans se référer  au Bureau Exécutif du RPM ; ce qui constitue une violation cruelle et inacceptable des textes du Regroupement ».

 Ould Ahmed El Hadi, qui est membre du RPM poursuit en disant que « le ministère de la communication a entrepris les concertations nécessaires  avec tous les intéressés, lesquelles ont abouti  à la mise en place d’une commission de gestion qui représente tous les bénéficiaires du fonds d’aide publique à la presse privée »

 Ould Ahmed El Hadi conclut en affirmant être dans l’obligation  de geler son adhésion au sein du RPM en guise de protestation contre l’absence de concertation de son président avec l’un des membres du Bureau Exécutif du Regroupement, appelant le président Sy à corriger  « cette décision unilatérale » ou à  convoquer  la tenue d’une assemblée générale pour lui retirer confiance ».

Atlanticmedia 

SOS-Esclaves : communiqué

SOS ESCLAVE-LOGO

communiqué

 

 

SOS-Esclaves, tout en  prenant  connaissance

 

  •       Du rejet par le Ministre chargé de l’Intérieur de la reconnaissance du parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) suivant lettre en date du 04 août 2013
  •       De la date du dépôt des instruments de reconnaissance remis aux services du Ministère chargé de l’intérieur suivant acte en date du 18/4/2013
  •       Des dispositions des articles 12 et 13 de l’ordonnance 91-024 du 25 juillet 1991 relative aux partis politiques  modifiée par la loi 94.014 du 12 juillet 1994 qui édictent toute étude, investigation et enquête nécessaires que le Ministre chargé de l’intérieur doit effectuer par ses services dans un délai de 60 jours à compter de la date de remise du récépissé.

 

S’indigne de voir le ministère de l’intérieur invoquer parmi les motifs de rejet : «  le non respect de la diversité d’origine ethnique des mandataires », que démentirait toute enquête sérieuse.

 

Constate  que la non reconnaissance du parti RAG est un acte d’injustice et de discrimination pris en toute illégalité dans un pays dont le modèle se définit par sa constitution de pluraliste

 

A cette fin, SOS-Esclaves, tout en exprimant sa désapprobation la plus forte,  regrette de telles pratiques d’un autre âge et invite, en conséquence, le Ministre chargé de l’intérieur à ordonner avec toute la célérité requise le retrait de l’acte de non reconnaissance du parti RAG aux motifs qu’il s’agit d’un parti reconnu et qui fonctionne en toute légalité depuis le 18 juin 2013 en application des dispositions des articles 12 et13 de l’ordonnance 91-024 du 25 juillet 1991 relative aux partis politiques modifiée par la loi 94.014 du 12 juillet 1994

 

Nouakchott le 13 août 2013

 LA COMMISSION D’INFORMATION

Union des Travailleurs de Mauritanie : la CGTM en perte de repère

 

 

UTM-LOGO

Nous avons pris connaissance d’un document daté du 28 juillet 2013 dont le contenu ne nous surprend guère, émanant du Secrétariat Général de la CGTM accusant l’UTM de garder le silence par rapport a une soit disante déclaration officielle de la Confédération Internationale des Syndicats Arabes (CISA) lui attribuant la paternité des propos malveillants à l’égard de notre pays.

C’est là, la première fois, que la CGTM se sente concernée par une cause arabe, elle, qui nous a habitué plutôt à s’inscrire sans hésitation contre celle-ci dans tous les forums internationaux.

Elle profite de cette déclaration pour mettre en exergue ses rancoeurs à l’encontre de notre Centrale en faisant usage comme toujours des contre-vérités dont elle seule’ possède le secret.

Sans vouloir pour autant à avoir toujours à répondre à cette Centrale, nous aimerions faire comprendre à cette dernière qu’on ne comble pas la perte de terrain en cherchant de nouveaux vecteurs soit disant porteurs, en instrumentalisant la fibre nationaliste et patriotique des travailleurs.

Contrairement aux allégations de la CGTM, l’UTM à de tout temps et dans tous les forums internationaux oeuvré pour réfuter tout ce qui peut souiller la réputation du pays et dévoiler ses détracteurs qui veulent le vendre à de vils prix et pour des causes inavouées. Cette démarche de défense systématique de l’image de marque de notre Pays nous a valu d’être qualifié par la CGTM de défendre les positions gouvernementales.

Une autre allégation mensongère de cette Centrale syndicale et pour le moins ridicule, consiste à dire que notre Comité Exécutif est désigné par une note de service du parti. De quel parti s’agit-il? A cette occasion, nous défions cette dernière de bien vouloir publier la dite note de service.

Nous sommes par ailleurs réconfortés par le fait que l’UTM n’est pas l’unique Centrale à laquelle s’est attaquée la CGTM car toutes les autres centrales syndicales ont fait l’objet de ses animosités qu’elle distille périodiquement.

Notre Centrale reste convaincue qu’elle sortira renforcée de ces manigances grâce à son unité et par le renforcement de ses relations avec ses partenaires.

En ce qui concerne la CISA, elle n’est plus à présenter aux travailleurs mauritaniens. Nous n’avons pas besoin de répondre à sa place pour les attaques proférées par cette centrale .11suffira de se référer à sa réponse figurant dans sa déclaration n? 208 en date du 31/07/2013 qui a apporté un démenti catégorique à ces allégations.

Par ailleurs, notre position par rapport à la structure en gestation, à laquelle fait allusion la CGTM est un refus catégorique. En effet, cette nouvelle structure pose comme préalable à son affiliation, de quitter la CISA. L’UTM considère que la liberté d’association est largement garantie par les Conventions fondamentales de l’OIT, en l’occurrence, la Convention 87 de 1948 concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical, ainsi que la Convention 98 relative au droit d’organisation de 1949.

Pour ce qui est de la démocratie à l’intérieur des instances syndicales, la CGTM a passé outre le sacré principe de l’alternance en conservant à sa tête la même personne pendant 20 ans!! Qui dit mieux? Cet état de fait a privé notre consoeur de brillants syndicalistes qui ont été obligés de la déserter.

En conclusion, la CGTM gagnerait à mettre tous ses efforts dans la protection des intérêts des travailleurs et de leur unité d’action plutôt que de chercher des concurrents virtuels et d’éviter surtout de faire la confusion entre ses prétentions politiciennes et celles syndicales d’autant plus que son secrétaire générale à diriger l’une des commissions du dernier congrès de l’UFP.

Nouakchott, le 14 août 2013
Le Secrétariat Général

 

Source : UTM

Tasaist Kinross: Les travailleurs appellent la direction à respecter l’accord

tasiast-kinross

Les travailleurs de Tasiast Kinross, en grève depuis trois jours, ont appelé la direction à appliquer les clauses de l’accord entre la société et les délégués des travailleurs, selon une déclaration émise par la Confédération Nationale des Travailleurs Mauritaniens (CNTM).

Les délégués ont procédé à la grève après que la direction a renoncé à appliquer l’accord ainsi que pour son intention de licencier un grand nombre des employés, poursuit le communiqué.

Cette grève décidée en parfaite intelligence entre l’ensemble des délégués avec toutes les centrales syndicales.

Source: Alakbar

Enquête reportage migration

BADIANE EN ESPAGNE-ENQUETE IMMIGRATION

Espagne/Migration : La crise et les migrants subsahariens? (cas des Sénégalais)

La crise économique qui sévit en Espagne depuis 2008 engendre des conséquences néfastes sur la vie des citoyens. Le travail se fait rare et les Espagnols voient leur quotidien menacé par l’effet de cette crise. Ils sont résolus de faire le travail jadis réservés aux migrants.

Aujourd’hui, cette communauté de migrants, ceux venus d’Afrique au Sud du Sahara, vivent des conditions draconiennes liées au manque d’emploi devenu restrictif. D’autre part, beaucoup de migrants n’arrivent pas à avoir des papiers qui leur permettraient de trouver un emploi décent. Ils vivent des difficultés de nourriture, de logement et pour certains se trouvent dans un dilemme. Dans cette enquête effectuée au quartier de  Lavapies à Madrid, QG des Sénégalais notamment, nous avons rencontré une pléiade de migrants vivant différemment, selon qu’ils se trouvent dans telle ou telle autre situation.

Le manque d’emploi, les difficultés de trouver un contrat de travail, les tracasseries policières quotidiennes, les expulsions mani militari… sont le menu quotidien des migrants vivant au pays du Roi Juan Carlos. Plusieurs raisons expliquent qu’aujourd’hui, migrer en Espagne est une opération risquée pour ne pas dire suicidaire. La situation à laquelle sont confrontés au quotidien les migrants notamment ceux d’Afrique au Sud du Sahara, n’augure guère un lendemain meilleur pour eux. Si certains ont pu trouver un travail décent après plusieurs années en quête de régularisation, d’autres par contre (et ils sont nombreux), se trouvent dans une situation alarmante et très difficile.

La problématique de l’emploi

Le premier casse-tête est à priori la recherche de l’emploi après avoir foulé le sol de « l’eldorado espagnol ». Cet emploi, faut-il le souligner, est assujetti à une régularisation en amont qui exige du migrant un contrat de travail, pièce maîtresse du dossier constitutif pour la demande de régularisation. Mais ce sont deux faits liés. On ne peut pas trouver de l’emploi sans être régularisé comme on ne peut pas avoir un contrat de travail sans être employé dans une structure régulière reconnue par l’administration compétente. Toutefois, certains migrants arrivent à contourner ces barrières sous la complicité des employeurs véreux. Il faut monnayer un contrat de travail pourvu que la structure avec laquelle l’opération est effectuée soit en règle vis-à-vis de l’administration. Cependant, le problème c’est que si le premier essai passe, il n’est pas évident que le second, lorsque le migrant devra renouveler son permis de séjour, puisse être accepté. Trop souvent, les autorités découvrent l’astuce et le dossier est purement et simplement rejeté. Conséquence : le demandeur se trouve dans une situation irrégulière. La régularisation en Espagne se fait en quatre phases : une première phase qui octroie le migrant un permis de séjour d’un an, une deuxième phase de deux ans, une troisième de deux ans également et une quatrième phase par laquelle le demandeur peut avoir 5 ans ou 10 ans voire possibilité d’acquérir la nationalité.

Le casse-tête des sans papiers sénégalais

Dans la capitale espagnole, vivent environs 100.000 Sénégalais, selon Mor Kane, président du Conseil Supérieur des Sénégalais de l’Extérieur (CSSE) qui vit à Madrid. Même si ce chiffre n’a pas été vérifié et confirmé officiellement par les services consulaires du Consulat du Sénégal à Madrid faute de pouvoir rencontrer le Consul (en déplacement). A en croire notre interlocuteur, plus de 70.000 Sénégalais sont en situation régulière dont 3000 femmes nationalisées sans préciser le nombre d’hommes ayant acquis la nationalité espagnole. Mais notre interlocuteur pense qu’ils sont moins nombreux que les femmes.

Si certains migrants vivent aisément en Espagne comme ceux ayant acquis la nationalité ou en situation régulière, nombreux sont ceux qui subissent des tracasseries au quotidien pour trouver un emploi ou pour avoir un permis de séjour. D’abord, il y a des problèmes de passeports pour ceux ayant débarqué en Espagne à bord des embarcations de fortune. Toutefois, Mor Kane considère que le consulat devra pouvoir délivrer des procurations pour leur faciliter la régularisation. L’action de la structure qu’il dirige étant limitée aux cas sociaux. « Près de 500 Sénégalais séjournent en prison pour problème de drogue, de viol ou autres délits, 59 sont morts entre 2012 et 2013 dont certains dans des conditions qui restent à élucider » révèle M. Kane qui soutient que «depuis le déclenchement de la crise, les migrants vivent des conditions très difficiles » qui font que la plupart s’adonnent à des activités douteuses préjudiciables pour leur séjour.

Le désœuvrement …

Ibrahima Mbengue, pêcheur et originaire de Kayar au Sénégal (vers la petite côte), a débarqué en 2006 en Espagne par pirogue à l’âge de 15 ans. En situation irrégulière, Ibrahima a été une fois interpellé pour vente de drogue puis relâché. Pourtant, il avait eu une fois un permis de séjour de deux ans qui a expiré il y a de cela trois ans. Depuis lors, «j’ai introduit un dossier pour 5 ans mais il est classé sans suite. Je crois que c’est parce que j’avais des démêlés judiciaires que les services ne veulent pas me délivrer un permis de séjour », regrette-t-il. Il affirme avoir toujours été soutenu par une amie espagnole à Granada où il vivait (5ans) avant de migrer à Madrid surtout lorsqu’il avait un problème de drogue. Mbengue soutient que «les services consulaires ne font rien » pour les aider. Car « des Sénégalais sont expulsés de Malaga et d’Alméria pour défaut de passeport et c’est le consulat qui confirme les expulsions» arguant que l’Espagne vit la crise et qu’il faut rentrer au bercail.

Pour leur part, Ousmane Ndiaye et Moise Sylla tous commerçants, qui vivent en Espagne depuis 10 ans, soutiennent que le problème de papiers avec les lois Schengen, est une « façon de soutirer de l’argent aux migrants». «Actuellement, avec la crise il n’y a pas de travail, nos activités sont vraiment au ralenti » déclare Ousmane. « On n’arrive plus à vendre comme avant, les Espagnols n’ont plus d’argent et cela influe sur nos activités », soutient Moise Sylla. Malgré qu’ils soient en situation régulière, les deux jeunes commerçants sénégalais optent pour le retour au bercail. D’ailleurs, le problème des aciendas (taxes municipales) font que les commerçants même en règle, ne supportent plus la crise. Des impôts allant jusqu’à 6000 euros avec des propositions de règlement par dégrèvement selon la possibilité de l’intéressé. «Avec l’impact de la crise, nous finirons par rentrer chez nous» ont-ils dit. Cas rare. La plupart des migrants rencontrés, bien qu’ils soient en situation irrégulière et sans emploi, soutiennent «qu’il vaut mieux vivre ici (Europe) dans cette situation que de retourner au pays où nous serons humiliés».

Ngoné Diop, vit depuis 11 ans avec son mari Fédior arrivé à Madrid il y a de cela 26 ans. Ils s’adonnent au commerce de sacs, d’effets vestimentaires …  « Depuis que la crise est arrivée, nous n’arrivons plus à vendre comme avant. Nos recettes ont sensiblement diminué et nous faisons la navette entre les villes pour pouvoir vendre un peu, c’est dur » soutient Ngoné. Quant à Fatou Touré, restauratrice à Madrid en compagnie de son mari Diakhaté, elle vit depuis 4 ans sans papier. «Les Espagnols ne viennent plus manger ici comme avant. C’est la crise partout ici en Espagne. Mais nous vivons et faisons avec » lance-t-elle avec un petit sourire. «Avant, nous faisons une recette de 1000 euros par jour mais maintenant, c’est entre 400 et 600 euros à cause de la crise», a-t-elle poursuivi. Adama Diédhiou, artiste, coiffeuse arrivée en Espagne il y a 5ans, se désole de sa situation accentuée par la crise. «J’étais dans un salon de coiffure mais maintenant avec la crise ça ne marche plus et nous avons fermé faute de pouvoir supporter les frais de location » dira-t-elle. « Maintenant, je fais le travail ambulant, c’est-à-dire qu’à chaque fois qu’une Espagnole a besoin de se coiffer, elle m’appelle. Ce sont des clientes du salon » soutient-elle. «J’ai tenté de déposer un dossier mais la boîte qui m’a délivré le contrat de travail n’est pas en règle avec l’administration et mon dossier a été rejeté », déplore-t-elle en précisant : «nous sentons la crise aussi bien que les Espagnols».

D’autres par contre, se réjouissent malgré la crise. Amadou Camara, un mareyeur sénégalais, a débarqué en Espagne en 2006 avec un visa touristique de 15 jours. Après trois ans de galère, il a obtenu ses papiers. Gardien de nuit dans une ville pas loin de Madrid, il vit en regroupement familial. Son fils Adama (16 ans), vient juste d’arriver il y a un mois (3 juillet 2013). Avec un salaire de 1500 euros par mois, Amadou loue un appartement à 600 euros et parvient à envoyer de l’argent à sa famille sans problème. Comme Amadou, Baba Diop (27 ans) est passé par la France avec un visa normal mais a fini par migrer en Espagne. Avec son régime communautaire de 5 ans (permis de séjour Schengen), il peut se déplacer dans cet espace. Sans emploi, il s’active dans le commerce de tout genre. «C’est dur quand même avec la crise mais je parviens à m’en sortir. Je reviens du Sénégal il y a juste un mois » a-t-il confié. Mme Coumba Lo, commerçante, bousculée par la crise, a préféré faire la navette entre l’Espagne et la Suisse allemande (Zurich) pour fructifier son business. A 50 ans, elle maintient un dynamisme après avoir vécu 17 ans en France et aujourd’hui 13 ans en Espagne.

Des efforts soutenus malgré la crise

Lala Konaté, une coiffeuse célèbre vit avec son mari à Madrid au quartier de Lavapies. Journaliste au Sénégal depuis quelques années, elle a migré en France où elle était pensionnaire à l’école de journaliste de Nice. N’ayant pas pu supporter les frais de la formation, elle migre en Espagne où elle a subi une formation d’hôtesse de l’air. Devant les difficultés de trouver un emploi, notamment avec la crise, elle opte pour la coiffure qu’elle faisait jadis à Dakar cumulativement avec sa profession de journaliste.

Aujourd’hui, elle détient l’un des salons de coiffure les plus en vue. Mais elle ne s’est pas arrêtée là. Elle a créé une Ong, «Ndinbeul Diabot» (aider les gens pauvres). «Avec cette Ong, j’ai contribué à la construction d’une école à Thiès (Sénégal), et j’envoie des colis d’habits pour enfants déshérités ». Lala Konaté est aussi volontaire à la fondation « Mujer por Africa » pour former et conscientiser les femmes sur leur avenir. Même si elle reconnaît l’impact de la crise, elle arrive néanmoins à s’adapter. « La crise est partout en Europe, il faut faire avec » soutient-elle. Toutefois, avec la crise, les femmes ont tendance à rester au foyer, soutient, Aminata Sow, coiffeuse ambulante qui voit ses activités au ralenti.

Comme Lala Konaté, Cheikh Tidiane Diop, opérateur économique et homme d’affaires vit depuis 1979 en Espagne. Parmi les anciens migrants, il a acquis la nationalité espagnole depuis 1989. M. Diop contribue au renforcement de la coopération économique entre l’Espagne et le Sénégal en ce sens qu’il facilite le partenariat entre les entreprises espagnoles et sénégalaises. Grâce à ce partenariat, des chaines de froids (entrepôts) de Thiaroye, Yène, Mbour, Ziguinchor et Saint-Louis (Sénégal) ont pu être réalisées. Mr. Diop compte se lancer dans l’agriculture pour soutenir le monde paysan au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

Les espagnols d’abord…

Avec la crise, les Espagnols commencent à changer de mentalité. Le travail avant tout pour les Espagnols qui n’ont plus le choix à cause de la crise. Désormais, les Espagnols ne choisissent pas de job. Ils sont prêts à tout faire pourvu que cela leur rapporte des euros. Alors qu’avant la crise, certains travaux sont réservés aux migrants. Certains migrants rencontrés au cours de l’enquête parlent de sentiment de rejet des Espagnols qui voient le migrant comme celui qui est venu prendre son gagne pain. C’est dire que la crise économique qui sévit en Europe risque, fort malheureusement, de créer une autre situation qui affectera la vie des migrants dans ce continent.

Du racisme pur et dur 

Certains migrants témoignent que « dans les métros (au niveau de Lavapies ndlr), les policiers visent les noirs pour les appréhender alors qu’il y a d’autres étrangers comme des Latinos américains qui n’ont pas de papiers. C’est du racisme pur et dur » soutient Cheikh Faye, interpellé puis relâché. «Les Subsahariens et les Bengladesh sont les plus fatigués » poursuit-il. Tous indexent et condamnent les gouvernements et Etats africains qui signent des accords avec les Etats européens sans mesurer les conséquences. «Tous ne peuvent pas rester au pays», lance Mame Ngor Ndiaye qui vient de quitter le centre de rétention d’Aluché où grouillent près de 500 migrants en situation irrégulière. Autre constat, avec cette crise qui perdure, l’immigration commence à connaître un sens inverse : d’Europe vers l’Afrique même si les services de l’immigration européenne ne veulent pas reconnaître implicitement ce phénomène.

Ibou Badiane Madrid (Espagne)

Des témoignages émouvants

« Nous préférons le calvaire en Europe que la misère en Afrique »

Abdoulaye Guèye, est passé par la France, puis l’Italie. Il vit depuis 8 ans en Espagne dans la galère avec son ami Khadim Barra (artiste) qui a débarqué à bord d’une embarcation de fortune en 2007. Tous les deux, sans papiers et sans emploi, ont fait le centre de rétention d’Aluché. Ils vivent des conditions difficiles. Ces deux sénégalais, ont passé la nuit du 03 au 04 juillet à la belle étoile, médusés, à la recherche du pain quotidien.

Récit : Je suis Abdoulaye Guèye, j’ai duré en Europe mais Dieu merci. Chacun avec son destin. Je suis passé par la France, puis l’Italie en train. Je suis là depuis 8 ans en Espagne dans des conditions très difficiles. Je demande assistance aux autorités sénégalaises. D’ailleurs, c’est notre droit de solliciter le soutien du gouvernement sénégalais. Le 06 juin dernier, 23 Sénégalais ont été expulsés avec l’accord du Consul. L’un d’entre eux, était avec moi au centre de rétention. Il a refusé d’embarquer une fois, la deuxième c’était le 29 juin, il a refusé d’embarquer à l’aéroport de Madrid Barajas. C’est ainsi que trois policiers l’ont menotté, emmené à Calabosa et l’ont frappé jusqu’à cassé 3 côtes. Il urinait du sang et vomissait». Sous le coup de l’émotion, il se fond en larmes. Le passage de la police de l’immigration nous interrompt, puis, le récit se poursuit. «C’est vraiment dur ! J’ai vécu au centre de rétention des conditions inacceptables. Les Espagnols nous font souffrir. J’ai failli être expulsé n’eût été l’intervention de mon avocat. Nous comprenons que la crise pèse sur les Espagnols et nous subissons les conséquences. Les Sénégalais et les Ghanéens en souffrent trop par contre, les arabes qui font du n’importe quoi, ne sont pas inquiétés. C’est de la discrimination».

Son concitoyen Khadim Barro est revenu sur le calvaire qu’il vit. « Les sénégalais sont fatigués ici, la police les acculent parce qu’ils n’ont pas de papiers en plus la crise pèse sur tout le monde. Imaginez celui qui n’a pas de papier encore moins d’emploi, comment pourra-t-il vivre? Ceux qui sont au pays ne savent pas ce que nous endurons ici (Espagne). Chaque dimanche, nous implorons Allah dans notre dahira (association religieuse) pour nous protéger. Quant aux accusations de vente de drogue, c’est vrai, si on n’a pas une possibilité on s’adonne à une autre activité. Mais ce sont surtout ceux qui consomment qui vendent aussi. Grand, c’est dur la vie aujourd’hui en Espagne avec la crise. La majeure partie des Sénégalais que vous voyez ici, vivent dans l’extrême situation. A quand la fin de la crise?» s’interroge-t-il.

Pourtant malgré le calvaire qu’ils vivent, les Sénégalais n’entendent pas retourner au bercail. « Nous préférons le calvaire en Europe que la misère en Afrique » ont-ils conclu visiblement éprouvés par la fatigue. L’ancien président de la Rencontre Africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), Alioune Tine, n’avait-il pas raison de dire que « les travailleurs migrants subissent beaucoup d’humiliations, des arrestations arbitraires et des déportations dans les pays de transit et d’accueil » lors d’une rencontre tenue le 20 juillet à Dakar.

I.Badiane (Madrid-Espagne)

RIMWEB VOUS Y MÈNE EN IMAGES……………

Tasiast : La Direction et les employés apprécient différemment la grève

Ahmed Oud Haki_Le délégué des travailleurs de Tasiast,

Le délégué des travailleurs de Tasiast, Ahmed Oud Haki, a indiqué que 1700 Mauritaniens ont pris part à la grève actuelle, se disant étonné du communiqué que l’entreprise a publié hier prétextant que le travail continue dans la mine.

Dans un communiqué destiné aux médias nationaux, Ould Haki a ajouté que tous les travailleurs de Tasiast ont respecté le mot d’ordre de grève à part 80 à 90 étrangers, révélant que Tasiast a fait venir des transporteurs de Nouakchott pour combler le déficit causé par la grève.

Le délégué des travailleurs de Tasiast a dit qu’ils respecteront la loi dans cette grève qui est la première menée de façon légale, selon la compagnie elle-même précise-t-il.

Notons que la direction de Tasisat avait fait savoir sa disposition à discuter avec les délégués des travailleurs, indiquant cependant que la grève n’a aucune incidence sur ses activités ;

Les réalités d’une grève

Tasiast-travailleurs - rimweb.net

Les employés de la société aurifère ont entamé une grève, selon nos informations les raisons de la grève sont comme suit :

1- La reclassification des employés,
2- Les injustices subites par les employés du département de mine,
3- Refus de promotion pour les employés souvent malades,

4- Refus d’évacuation en cas de maladie,
5- Problème des employés de l’exploration,
6- Refus de payer le bonus de la société comme il se doit aux employés.

Apres plusieurs coups de fil et plusieurs refus, nous avons pu trouver un employé de la société qui nous a fournis les arguments suivants, selon lui ces arguments n’engagent que sa personne et reflètent ce qui se dit tout bas dans les cantines de la société :

1- Tous les employés de Tasiast surtout ceux du département de mine sont endettés auprès des banques à hauteur de 40% de leurs salaires, les 60% restant sont visés avant la fin du mois. Le bonus est la seule bulle d’air qu’ils ont mais est-ce que cela légitime la grève ? Le bonus malgré tout reste une prime qui doit être selon des rendements et des facteurs précis, il est en aucun cas une obligation ou un acquis.

2- Les délègues représentant les employés n’ont aucun niveau d’éducation ou de connaissance de la loi, code et convention ou même des indices économiques. Du coup toute réflexion de leurs parts leurs provient de coup de fils venant des centrales syndicales à Nouakchott, nous sommes a la veille d’élection et tout ce qui peut déstabiliser le pouvoir est le bienvenu aux yeux de l’opposition,

3- Le recrutement à Taziazt est malade. Une seule frange de la population est recrutée d’où tout le problème que nous avons aujourd’hui.

4- Tous les problèmes viennent du département de mines et pourtant si la société effectue des tests sur les employés de ce département, la moitié sera renvoyée pour des raisons d’usage de stupéfiants,

Source : dia.1212

Demandes du SJM au président de la République

sjm-rimweb.net
Lors de sa rencontre avec le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, le président et les membres du nouveau bureau du Syndicat des journalistes de Mauritanie (SJM) ont demandé à ce que l’Etat prenne en charge la location du siège de cette structure, comme c’est le cas partout dans le monde, et la disponibilisation d’un budget de fonctionnement ainsi que la délégation de la délivrance de la carte de presse au syndicat lui-même.

Ils ont également demandé à ce que toutes les institutions de presse soient obligées de délivrer des contrats de travail à leurs employés pour que cela soit une condition essentielle dans la distribution de l’aide de la presse, les publicités et autres avantages.

La plateforme revendicative a aussi demandé au chef de l’Etat à ce que le détenteur d’une carte de presse puisse bénéficier d’avantages matériels et moraux à l’image de ce qui se passe dans les pays voisins du nord et du sud.

Source : Elhourriya