Attaque terroriste à Londres: des Français blessés

nombreux services de secoursTrois personnes ont été tuées dans l’attaque survenue au Parlement britannique et à ses abords, mercredi après-midi dans le centre de Londres. Plusieurs blessés – une vingtaine – sont dans un état très grave. Parmi eux se trouvent trois lycéens français.

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L’essentiel :

  • Quatre personnes sont mortes. Parmi elles, un policier et l’assaillant présumé
  • Environ vingt personnes ont été blessées, dont trois lycéens français
  • Theresa May s’est entretenue avec Donald Trump et présidera ce soir une réunion de crise ; François Hollande a réagi en apportant son « soutien » aux Britanniques

Deux lieux d’attaque : le déroulement des faits

Les faits se sont produits à deux endroits différents. Le scénario qui se dessine, résume notre correspondante sur place Muriel Delcroix, est celui d’un homme à bord d’un 4×4 noir qui s’est lancé à vive allure sur le pont de Westminster, le pont qui traverse la Tamise entre la gare de Waterloo et le Parlement. Il est environ 14h45.

Royaume-Uni: Témoignage de Quentin Letts du Daily Mail22/03/2017

Le conducteur a fauché plusieurs passants sur le trottoir avant que son véhicule n’aille s’écraser contre les grilles de sécurité qui protègent le Parlement.

L’homme est alors sorti de la voiture et a pénétré en courant dans une des cours du bâtiment, la plus proche de Big Ben, attaquant les policiers qui gardaient l’entrée. Un agent de sécurité a été poignardé avant que son agresseur ne soit rapidement abattu par les autres policiers armés.

La Première ministre britannique, Theresa May, est saine et sauve, a annoncé un porte-parole. Selon The Independant, la cheffe du gouvernement n’était qu’à 30 mètres du terroriste.

Le Parlement de Westminster ainsi que Downing street, la résidence de la Première ministre, ont été bouclés pendant plusieurs heures, tout comme le London Eye, la grande roue près de Westminster dont les cabines se sont immobilisées avec leurs occupants pendant un long moment. Les médias britanniques rapportent la panique qui s’est emparé du coeur de Londres durant l’après-midi.

Des lycéens bretons parmi les blessés

Solidarité avec nos amis britanniques terriblement frappés, plein soutien aux élèves français blessés, à leurs familles et leurs camarades.

Selon un interne de l’hôpital Saint-Thomas interrogé par Press Association, les blessures de certaines personnes seraient « catastrophiques ». Un officier a été touché à la tête, il a été réanimé par l’ancien secrétaire aux Affaires étrangères et député conservateur, Tobias Ellwood. En outre, une femme a été repêchée de la Tamise, a communiqué le Port de Londres.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a confirmé sur Twitter des informations du Télégramme, à savoir la présence parmi les blessés de trois jeunes garçon Français du lycée Saint-Joseph de Concarneau (Finistère). Deux d’entre eux seraient dans un état critique, selon Ouest-France. Il y avait 36 élèves de cet établissement en voyage scolaire.

A 18h30, le décès d’un policier a été confirmé par les médias britanniques.

Selon les premiers éléments, la police britannique évoque une attaque « terroriste ». « Des policiers, et notamment des policiers armés, restent sur place et nous traitons (ces faits) comme un incident terroriste jusqu’à preuve du contraire », a dit la police dans un communiqué. Les services du contre-terrorisme de la Couronne sont saisis.

Dans une courte allocuation aux médias à 17h45, un responsable de police londonienne a déclaré que le nombre de victimes est encore incertain. Il a cependant confirmé plusieurs blessés, dont des officiers de sécurité.

Un blessé est soigné sur le pont de Westminster à Londres, le 22 mars 2017.REUTERS/Toby Melville

Le quartier est bouclé et des députés sont confinés dans le Parlement. Certains d’entre eux twittent en direct, comme George Freeman, qui souligne notamment l’incroyable travail des policiers.

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Les Parlements écossais et gallois ont suspendu leurs séances par solidarité avec celui d’Angleterre.

La Première ministre conduira une réunion de crise ce soir au 10, Downing Street. Elle s’est d’ors et déjà entretenue avec le président américain Donald Trump.

Depuis Villepinte (Seine-Saint-Denis), François Hollande a fait part de « tout (son) soutien au peuple britannique ». « Le terrorisme nous concerne tous. La France, qui a été si frappée ces temps derniers, peut savoir ce que le peuple britannique a comme souffrance aujourd’hui », a ajouté le chef de l’Etat, soulignant que « c’est au niveau européen qu’il faut s’organiser » pour affronter la menace terroriste.

Selon la BBC, plus de vingt tentatives d’attentat ont été déjouées depuis 2013.

Police et services d’urgence se pressent à proximité du Parlement après des incidents, Londres, le 22 mars 2017.
Source: RFI

Un marin sénégalais et un autre marocain portés disparus au large de Barcelone

au large de BarceloneUn marin sénégalais et un autre de nationalité marocaine sont portés disparus dans une collision survenue lundi entre un bateau de pêche et un navire marchand russe au large de Barcelone, rapportent des sites d’informations marocains.

Selon le site de l’hebdomadaire « La nouvelle Tribune », « les ressortissants marocain (34 ans) et sénégalais (37 ans) se trouvaient à bord du bateau de pêche dénommé +El Fairell+ ».

Ce bateau a « coulé suite au choc avec le navire marchand qui s’est produit durant l’après-midi à près de trois milles nautiques du port de Barcelone », précise-t-il, sur la foi d’une autorité portuaire de Barcelone, citée par les médias.

Selon le site du quotidien L’Economiste qui évoque également cet accident, « l’équipage du cargo russe a réussi à sauver le capitaine du bateau de pêche et un autre marin ».

Source: Seneweb.com

Londres : au moins un mort et plusieurs blessés dans une attaque «terroriste»

LondresUne attaque à caractère «terroriste» a frappé cet après-midi le centre de Londres, près du Parlement britannique. Au moins dix personnes auraient été blessées par un véhicule sur le pont de Westminster, tandis qu’un policier a été poignardé dans l’enceinte du Parlement.

Une femme morte et plusieurs blessés graves
Selon l’agence de presse Press Association,  une femme serait décédée suite à ses blessures et plusieurs autres personnes seraient blessées, dont certaines très gravement, selon un médecin de l’hôpital St Thomas.

Le portail du Palais de Buckingham Palace fermé par précaution

La police a pris la décision de fermer le portail de Buckingham Palace, où réside la reine d’Angleterre, Élisabeth II, par précaution.

Seneweb.com

Syrie: une trentaine de civils tués dans un raid aérien

Immeuble de RaqqaSelon l’OSDH, au moins 33 civils auraient péri en Syrie dans un raid aérien mené le 21 mars par la coalition internationale antijihadistes sous commandement des Etats-Unis sur une école servant de centre pour les déplacés. Le Pentagone a indiqué que la coalition allait enquêter sur ce raid.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une frappe a fait 33 morts au sud d’Al-Mansoura, une ville tenue par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans la province de Raqqa, au nord du pays.

C’est un bilan toujours provisoire car selon l’OSDH, des secouristes sont toujours à l’oeuvre pour tenter de retrouver des survivants. L’OSDH, qui dispose d’un vaste réseau d’informateurs en Syrie, affirme que le bombardement s’est déroulé dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 mars et qu’il a visé une école abritant des déplacés venus de Raqqa mais aussi de Homs et d’Alep.

Selon l’OSDH, l’école abritait une cinquantaine de familles à 20 kilomètres environ de Raqqa. L’organisation a indiqué pouvoir déterminer qui avait mené les raids par le type d’appareils, leur localisation et les munitions employées.

Offensive contre Raqqa

Raqqa est le fief en Syrie des jihadistes de l’EI qui contrôle également une bonne partie de la province du même nom. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition internationale, mènent actuellement une offensive pour reprendre la ville.

La coalition internationale, qui mène aussi des frappes contre les jihadistes en Irak, a reconnu début mars avoir causé la mort d’au moins 220 civils dans les deux pays depuis 2014. Ce chiffre est largement sous-estimé aux yeux de nombreux observateurs qui s’inquiètent du nombre élevé de victimes civiles depuis le début du mois de mars et l’intensification des bombardements dans la région de Raqqa.

Le Pentagone a annoncé vouloir enquêter sur ces frappes. « Comme nous avons mené plusieurs frappes près de Raqa nous donnerons ces informations à notre équipe qui enquête sur les victimes siviles pour des plus amples investigations », a déclaré ce mercredi un porte-parole militaire américain.

(avec AFP)

Source: RFI

Difficile progression des forces irakiennes dans l’ouest de Mossoul

L’armée irakienneL’armée irakienne bute toujours contre les défenses des jihadistes à l’entrée de la vieille ville de Mossoul. Les forces irakiennes ont déployé des francs-tireurs sur des immeubles de la vieille ville pour cibler les jihadistes. Des milliers d’hommes, soutenus par la coalition internationale sous commandement américain, ont lancé le 17 octobre l’offensive pour reprendre la deuxième ville d’Irak et dernier grand bastion de l’EI dans le pays.

Les combats sont violents, mais les lignes restent figées. La vieille ville est impénétrable. L’armée irakienne jette toutes ses forces dans cette bataille. Forces spéciales, divisions d’intervention rapide et police fédérale n’arrivent toujours pas à briser les défenses ennemies. La vieille ville est un véritable labyrinthe doublé d’un champ de mines. Les blindés ne passent pas. Les ruelles font souvent moins d’un mètre de large.

Les jihadistes se sont retranchés dans cette vieille ville et avec eux des milliers de civils sont pris en otage. Difficile d’estimer le nombre exact de cette population prise au piège. Ce qui est certain, c’est que la vie de ces civils n’a aucune valeur pour le groupe Etat islamique. Ils servent de boucliers humains aux jihadistes. Le seul moyen de les préserver est d’utiliser le moins souvent possible les frappes aériennes. Les bombardements de la coalition internationale surpuissants se limitent généralement à l’interception de véhicules piégés. Durant les six derniers jours, deux bulldozers pigés ont réussi à traverser la ligne de front. Ils ont pénétré dans les secteurs de l’armée. L’un d’eux a explosé. Plusieurs soldats irakiens ont été tués. Leurs blindés calcinés.
Le second a été détruit par une frappe de l’aviation. Nous étions à 300m.

Les plus féroces combattants étrangers du groupe EI

La vieille ville située dans la partie ouest de Mossoul a à la fois une importance stratégique et symbolique. Stratégique, car elle fait office de fortification. Ici un colonel de l’armée irakienne explique : « moi aussi à la place des jihadistes j’aurais choisi la vieille pour me replier. C’est la meilleur tactique ». Symbolique ensuite : car c’est là où tout a commencé. Dans la vieille ville se trouvent la fameuse mosquée Al Noree, identifiable de loin grâce à son minaret penché. Une sorte de tour de Pise locale. C’est à cet endroit que le chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr Al Bagdadi, apparait en public quelques jours après la proclamation du califat durant l’été 2014.

Dans cette vieille ville l’organisation terroriste a rassemblé la plupart de ses divisions de combattants étrangers. Les meilleurs et les plus féroces affirment ici des sources du renseignement irakien.

La bataille de Mossoul est aussi une bataille de tireurs embusqués. Les deux camps ont des tireurs de précision. Leur double mission : combat et renseignement. De part et d’autre ils excellent dans l’art de la dissimulation. Un tireur d’élite de l’armée irakienne rencontré ici raconte : « je traverse les lignes ennemies, je m’installe dans une planque, communique ma position satellite à mon commandement pour éviter d’être ciblé par mon propre camp ». Le doigt sur la gâchette, l’œil rivé sur la lunette de son fusil, il est certain d’abattre sa cible jusqu’à 700m autour de lui.

«Les balles ricochent au-dessus de nos têtes»

Dans un ancien hôtel sur les rives du Tigre, les soldats irakiens tiennent leur position mais ils le savent, un tireur embusqué du groupe Etat islamique guette leur déplacement. Souvent les balles ricochent au-dessus de nos têtes, confie un sous-officier.

Les lignes sont proches. Moins de 10m séparent les positions des deux camps. « Parfois il nous arrive de nous retrouver dans une même maison » raconte un autre soldat. Cette semaine, dans la confusion les jihadistes ont même enlevé un officier. Exécuté, la photo de son cadavre a été publiée sur internet par l’agence Amaq, l’organe de propagande de l’EI.

Plus au sud dans Mossoul, les civils des quartiers libérés retrouvent un semblant de vie ordinaire. Mossoul en ruines est une ville dévastée. Dans certaines rues, une odeur nauséabonde flotte à proximité des cadavres de jihadistes en décomposition. C’est là que vivent les habitants de Mossoul qui ont refusé d’abandonner leur maison pour rejoindre les camps. Pour se nourrir, ils dépendent des aides extérieurs. Chaque jour, des camions d’aide humanitaire arrivent ici. La distribution a lieu généralement dans la matinée.

Cette population est encore terrifiée, marquée par presque trois années de vie sous le règne du califat autoproclamé. Fini le calvaire, mais pas la menace jihadiste. Ils le savent, la ligne de front est à 2km. De plus, les jihadistes ont certainement infiltré la population.

Source: RFI

Syrie: avant les négociations, les combats s’intensifient à Damas

Damas1Nouvel assaut de la rébellion syrienne dans les faubourgs de Damas : deux jours après une première offensive stoppée par les forces du régime, les combats ont repris mardi 21 mars au matin à l’est de la capitale syrienne. Des affrontements très violents qui se déroulent à moins de dix kilomètres du centre-ville.

Tout a débuté mardi matin très tôt avec une très forte explosion, problablement une attaque à la voituré piégée contre une position du régime. Depuis, les rebelles avancent sur les positions dont ils s’étaient emparés ce week-end avant de devoir se replier face à la contre attaque de l’armée syrienne et de ses alliés.

Autoroute stratégique

Cette offensive a pour objectif une autoroute qui sépare deux quartiers rebelles assiégés par le régime. En s’en emparant, les rebelles, soutenus par le groupe jihadiste Fatah Al Sham, remporteraient une victoire stratégique importante. Outre cet objectif militaire, la rébellion envoie un message politique au régime mais aussi à la communauté internationale.

Les rebelles, assez forts

Malgré la défaite subie à Alep en décembre 2016, malgré leur isolement croissant, les rebelles veulent montrer qu’ils restent assez forts militairement pour lancer ce genre d’opération. Et ce n’est sans doute pas un hasard si cette offensive est lancée à quelques jours seulement de la reprise des négociations de paix à Genève, sous l’égide des Nations unies.

Source: RFI

Somalie : puissante explosion à Mogadiscio

à MogadiscioUne puissante explosion a secoué mardi après-midi la capitale somalienne Mogadiscio, provoquant une épaisse colonne de fumée noire au dessus de la ville, a-t-on appris de source policière et auprès d’un témoin.

« Il y a eu une forte explosion près du théâtre national», a indiqué à l’AFP un responsable policier, Mohamed Adan. «Il y a des victimes mais je n’ai pas encore de précisions», a-t-il ajouté, évoquant un attentat à la voiture piégée.

Source:  Liberation.fr

Le pêcheur blessé par les garde-côtes mauritanien est décédé

peche_en_ar_d010x2Bara Guèye, le pêcheur originaire de Guet Ndar atteint par balle par les garde-côtes mauritaniens vient de rendre l’âme, informe la Rfm.

Bara Gaye en compagnie de Maguette et Doudou Ndiaye Guèye avaient été atteints le 27 janvier 2017, alors qu’ils avaient franchi les frontières mauritaniennes. Ses compagnons qui ont eu plus de veines, ont échappé à la mort.

Cet acte avait suscité l’émoi des populations sénégalaises, poussant les autorités étatiques à dépêcher des émissaires en Mauritanie.

Ousmane Demba Kane

Source : Pressafrik

Migrants : des ministres européens et nord-africains étaient à Rome pour s’entendre sur un plan visant à couper la route libyenne

migrants_mamadou_gambie_chaos_libye-592x296Les ministres de l’Intérieur du groupe de contact sur la Méditerranée centrale se sont réunis lundi à Rome pour discuter d’un plan visant à stopper les flux migratoires depuis la Libye.

« L’attention doit maintenant se porter sur des efforts conjoints pour mieux gérer la situation en Méditerranée centrale. Cela nécessite des actions efficaces », affirme sans entrer dans les détails la déclaration d’intention signée par les ministres de l’Intérieur italien, français, allemand, autrichien, slovène, suisse et maltais côté européen, libyen et tunisien côté africain.

« L’objectif est de gouverner les flux migratoires » et non plus les subir, a expliqué à la presse le ministre italien de l’Intérieur, Marco Minniti, à l’issue de cette réunion à laquelle le chef du gouvernement libyen, Fayez al-Sarraj, a brièvement participé.

Chaos dans le pays

Un an après l’accord conclu avec la Turquie pour stopper les flux vers la Grèce, l’UE cherche toujours à établir un arrangement similaire avec la Libye, d’où sont partis quelque 20 000 migrants en direction de l’Italie depuis le début de l’année. Mais les négociations sont compliquées par le chaos qui règne dans le pays et par l’impact économique du trafic de migrants dans certaines zones côtières.

Selon le quotidien italien Corriere della Sera, le gouvernement d’union nationale (GNA) libyen a demandé ces derniers jours des radars, des embarcations, des hélicoptères ou encore des véhicules tout terrain, pour un total de 800 millions d’euros, pour contrôler ses frontières sud et ses eaux territoriales.

Formation des garde-côtes

Mais beaucoup s’inquiètent de voir des milices armées s’emparer d’une partie du matériel. Et il faudra s’assurer que les garde-côtes « qui ont été formés remplissent précisément leur mission », a estimé le ministre français de l’Intérieur, Bruno Le Roux.

Quelque 90 garde-côtes libyens sont actuellement en train d’achever leur formation sous l’égide de l’UE, et l’Italie s’apprête à leur rendre 10 vedettes libyennes saisies en 2011. Ils devraient être opérationnels fin avril-début mai, selon Marco Minniti.

« Des conditions à la limite du mépris humain »

L’objectif est d’intercepter les migrants avant qu’ils n’atteignent les eaux internationales et de les conduire dans des camps en Libye garantissant des conditions dignes et un respect des droits, ce qui représenterait « un grand pas en avant » par rapport aux « conditions à la limite du mépris humain » en cours maintenant dans le pays, a expliqué Mario Minniti.

Les migrants n’ayant pas droit à la protection internationale seraient renvoyés dans leur pays, a ajouté le ministre italien de l’Intérieur, sans préciser le sort des autres, qui représentent actuellement 40% des demandeurs d’asile en Italie.

Source: jeuneafrique.com

En Afrique, les villes explosent mais créent peu de richesse

à BamakoHabitats précaires, petites rues engorgées, décharges sauvages par dizaines : Bamako illustre les périls de l’urbanisation galopante en Afrique. Un phénomène d’une ampleur historique, qui engage une bonne part de l’avenir du continent, ont prévenu des experts réunis dans la capitale malienne.

Déjà surpeuplées aujourd’hui avec moins de 500 millions d’habitants, les villes africaines en hébergeront un milliard en 2040. Un Africain sur deux sera alors un urbain.

« Une telle croissance n’a jamais été vue dans le monde, et elle ne le sera probablement plus jamais », résume Somik Vinay Lall, principal expert en urbanisation à la Banque mondiale, un des invités d’un séminaire organisé récemment sur ce thème par le Forum de Bamako, un club de réflexion panafricain.

Avec 1,8 million d’habitants, la capitale malienne est loin des mégapoles africaines – Lagos, Le Caire, Kinshasa dépassent largement les 10 millions. Mais Bamako connaît la croissance urbaine la plus rapide du continent (5,5% par an), avec la perspective de devoir faire vivre 3,6 millions de personnes en 2030, selon les autorités municipales.

Où en sera alors la « colline de Lafiabougou » ? En plein centre de la capitale, c’est le surnom du dépôt d’ordures qui montait récemment à 20 mètres de haut, faute de carburant pour les camions-bennes censés transporter ensuite ces déchets en périphérie.

L’année dernière, pour obtenir le redémarrage du chantier d’évacuation, « on a manifesté, brûlé des pneus, coupé des routes, parce que ça joue sur la santé des populations riveraines », explique à l’AFP Djiri Nimaga, 38 ans, président du « Groupe d’action et de réflexion des Jeunes » de l’ACI 2000, quartier d’affaires de Bamako.

Le désordre urbain provoque même des accidents catastrophiques, à l’image de l’immense éboulement d’ordures dans la plus grande décharge d’Ethiopie, en périphérie d’Addis Abeba, qui a fait au moins 113 morts le 11 mars.

De tels dysfonctionnements sont légion dans les villes africaines, gonflées par l’exode rural, qui « se comportent souvent comme une suite de villages collés ensemble », quasi stériles économiquement, s’inquiète M. Lall.

Cercle vicieux

« Tant que les villes africaines n’auront pas mis en place des marchés fonciers et des réglementations efficaces et procédé à des investissements précoces et coordonnés dans les infrastructures, elles demeureront des villes locales, inaccessibles aux marchés régionaux et mondiaux, tributaires de la production de biens et services échangeables uniquement à l’échelle locale et limitées dans leur croissance économique », prévient la Banque mondiale dans un récent rapport.

Contrairement aux idées reçues, le prix du travail est relativement élevé en Afrique – trois fois plus à Djibouti qu’à Bombay – parce que la ville africaine est chère, en frais de transport, de logement et de nourriture, dissuadant les entrepreneurs et créant un cercle vicieux de non-compétitivité, souligne ce rapport (« Ouvrir les Villes Africaines au Monde »).

« 23% de la superficie d’Hô-Chi-Minh-ville est occupée par des activités industrielles et commerciales, contre 5,9% à Nairobi et 1,1% à Addis Abeba », relève M. Lall.

L’emprise des bidonvilles a certes reculé en Afrique du Nord (8% de la population urbaine en Tunisie), mais en Afrique subsaharienne, 60% de la population urbaine y vit toujours.

« Et seuls 12 des 54 Etats africains ont une esquisse de plan d’urbanisation », déplore Alioune Badiane, président du centre de réflexion Urban Thinktank Africa et infatigable pourfendeur de la misère urbaine.

Le Malien Ousmane Sow, de la municipalité de Bamako, est justement chargé de préfigurer une « agence d’urbanisation » de la capitale malienne. Encore faudrait-il que les arrêtés municipaux soient appliqués.

« Le voisin a une autorisation pour faire 1+1 (rez-chaussée + 1 étage), et il fera 1+4. Il y a beaucoup d’effondrements d’immeubles. Il ne faut pas s’improviser architecte, vous mettez en danger la vie des gens. Et derrière tout ça, il y a l’impunité, le vrai mal de ce pays », fustige-t-il.

Avec un m2 désormais à 1 million de CFA (1.500 EUR) à Abidjan ou Douala, le chaos urbain permet aussi de bâtir de belles fortunes.

Secrétaire général de l’association panafricaine de collectivités locales CGLU, le Camerounais Jean-Pierre Elong Mbassi dénonce ces acteurs publics ou privés « qui adorent le désordre urbain car c’est une spéculation foncière. Ils ne sont pas intéressés au bon fonctionnement de la ville tant qu’ils peuvent obtenir de si hauts rendements, précisément parce que la ville ne fonctionne pas ».

Devant la décharge de Lafiabougou, une dizaine de camions-bennes attendent de charger les ordures ménagères déversées par une noria de charrettes à ânes. « Dès que le ramassage s’interrompt, les ordures s’accumulent de nouveau. L’évacuation tarde à se terminer, c’est trop long », peste M. Nimaga.

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