Mauritanie – Maroc : Excellente coopération en matière de lutte contre le terrorisme

Dans une récente interview accordée à la chaine de télévision française, France 24, et diffusée dimanche, 16 avril, le Directeur du Bureau central des investigations judiciaires du Maroc, M. Abdelhak El Khiam, a souligné que la coopération avec la Mauritanie en matière de renseignement est irréprochable et a toujours été fructueuse.
Selon le Directeur marocain du BCIJ, » La lutte contre les groupes terroristes passe par le renforcement de la coopération régionale », appelant les autorités algériennes à renforcer leur coopération avec le Maroc en matière de lutte antiterroriste.
Interrogé sur le nombre de Marocains ayant rallié les rangs d’organisations terroristes, M. El Khiam a indiqué que 1.623 individus ont rejoint des foyers de tension, dont environ 400 ont trouvé la mort. Et d’ajouter que 78 d’entre eux sont retournés au Maroc où ils sont soumis à des interrogatoires avant d’être déférés devant le parquet compétant.
Evoquant la coopération du Royaume avec ses alliés occidentaux, M. El Khiam a cité l’exemple de la collaboration franco-marocaine en matière de renseignement qui avait permis, notamment, la localisation et la maîtrise du terroriste Abdelhamid Abaaoud, l’un des commanditaires des attentats de Paris.

 

 

Source : M21

Entretien avec M. Sy Mamoudou, président du Rassemblement de la Presse Mauritanienne: ‘’Nos rapports avec le ministère, qui tente de marginaliser notre association, sont difficiles’’

RPM_Sy Mamoudou, président du RPM_ rimweb.net

1°) Pouvez-vous nous expliquer pourquoi le Regroupement de la Presse Mauritanienne (RPM), l’un des syndicats de la presse indépendante mauritanienne est exclu du comité de gestion du fond d’aide à la presse dont la composition vient d’être rendue publique ?

En somme c’est une longue histoire que je vais résumer succinctement; Le17/03/2013, je reçois un courrier de la tutelle qui me demande trois choses : la proposition de notre représentant au sein de la Commission de gestion du fond d’aide à la presse pour l’année 2013 ; la liste des journaux et sites affiliés au RPM en 2013 ; et des suggestions pour améliorer le travail de la dite commission à la lumière de sa 1ère expérience.

Je réponds positivement tout en esquissant certaines propositions. Un document publié par Le RPM, en 2012, sur la forme et le contenu de cette gestion à la lumière des expériences d’autres pays et les critères d’attribution de l’aide, avait été remis au département.

En outre, en s’inspirant de l’expérience d’une année de la commission, il est nécessaire de faire une évaluation du travail, pour voir les insuffisances, améliorer les critères, et revoir à la hausse le montant de cette aide. En outre, avec une autre association, nous avons élaboré des propositions qui ont été renouvelées dans la synthèse de notre atelier tenu à l’hôtel Atlantic, à l’occasion de la commémoration de la journée internationale de la liberté de la presse.

Le 30 mai dernier, après moult difficultés, je rencontre le ministre de la Communication avec un membre du Bureau exécutif du RPM, pour lui signifier notre inquiétude pour le retard de la désignation des membres du comité ; ce dernier nous rassure, en indiquant que «dans une semaine la commission sera mise en place et va débuter ses travaux». Suite à cette déclaration du ministre, nous publions le même jour un communiqué interne pour informer tous les sites et journaux membres du RPM.

C’est seulement au mois de juillet que je suis convoqué par le SG de ce Département ministériel qui m’explique qu’il va falloir (re-)voir la composition de la commission avec l’avènement des radios et télévisions privées ; J’estime que c’est un problème réel, mais que cela ne devrait pas être un prétexte pour exclure le RPM qui est malgré tout une organisation qui représente des entreprises qui ont des charges concrètes.

Mieux, je fais la genèse de l’obtention de cette aide qui a été une de nos revendications. Ensuite je signale, qu’au cours d’une rencontre du Bureau Exécutif avec le Président de la République, la nécessité de cette aide, ainsi que d’autres questions essentielles portant sur le renforcement des capacités de nos entreprises de Presse.

Enfin, je souligne au SG que nous sommes ouverts à toutes les propositions, à l’élargissement, et à des concessions, pourvu que le RPM demeure membre à part entière de ladite Commission.

Quelques jours plus tard, le SG me fait signe au téléphone pour me suggérer de procéder au tirage au sort, je rétorque, qu’il n’est pas question pour moi d’entrer dans ce jeu, qui décrédibilise d’ailleurs le Département, et n’apporte pas de solution pérenne à une question qui ne pourra se résoudre qu’à travers un dialogue constructif et des concertations.

Après cet échange toutes mes tentatives de rencontrer le ministre de la Communication sont restées vaines. C’est la politique de la « porte fermée », avec une tutelle avec laquelle nous avons eu pourtant un fructueux partenariat.

Par ailleurs, j’ai appris comme vous le choix de la composition de la commission par voie de presse, alors qu’une certaine courtoisie aurait pu pousser le département à nous convoquer pour dire comment cette désignation a été faite, quels sont les critères qui ont présidé à ce choix, c’est d’ailleurs ainsi qu’on a travaillé avec le ministère à chaque fois qu’une décision importante est prise.

2°) Qui a désigné les membres de ce comité. Connaissez-vous les critères de désignation ou d’élection ?

Je crois avoir déjà répondu à cette question. Je profite de cette occasion pour lever un amalgame et une certaine confusion savamment entretenus dans certains milieux et officines. Le RPM n’a jamais prétendu – et ne peut le prétendre d’ailleurs – être l’organisation ou l’association de presse la plus importante dans ce pays. Il respecte et entretient des relations de coopération et de collaboration avec la plupart des structures, et estime que toutes ont leur place dans le paysage médiatique du pays.

Pour revenir sur la composition de la commission de gestion de l’aide à la presse, nous respectons ses membres et n’avons aucun problème avec eux, ni avec leurs organisations respectives. Par contre nous protestons et ne comprenons pas l’exclusion du RPM par le Département ministériel de la Communication. C’est une pure aberration et c’est là tout le nœud du problème !

Je rappelle que nous sommes parmi les organisations qui ont initié la première tentative d’un cadre de concertation des organisations et associations professionnelles des Médias, en 2011 à l’hôtel Khatter. Encore une fois, nous n’avons aucun problème avec ces structures, mieux nous allons davantage travailler à renforcer l’unité et la cohésion entre les organisations. Vous savez souvent, on prend prétexte du fait que les journalistes ne s’étendent pas pour prendre des mesures inappropriées.

Quelquefois, c’est de bonne guerre, les pouvoirs politiques et certains lobbies utilisent les structures les unes contre les autres. Dés lors, il doit y avoir une grande solidarité et une vigilance entre toutes nos organisations et associations professionnelles des Médias.

C’est Nelson Mandela qui déclarait, en juin 2007, à Cape Town, lors d’une rencontre de l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA) et du Forum des éditeurs africains (TAEF) : «Sauvegardez votre indépendance, votre solidarité, puisque nous les politiques et autres, cherchons et chercherons à vous utilisez et à vous manipulez».

3°) Quels rapports entretient le RPM et le nouveau ministre de la communication ?

En ce qui concerne nos rapports avec ce Département, il faut dire que j’avais cru, avec l’arrivée du nouveau ministre, à une continuité de l’administration comme on dit ; malheureusement aujourd’hui, je suis au regret de vous l’annoncer, nos rapports sont difficiles et je constate également une tentative de marginalisation de notre organisation par ce Département.

Depuis fin mai, je demande à rencontrer le ministre, c’est impossible !!! Il y’a tout juste une semaine, j’ai également appelé le Secrétariat particulier du ministre, pas de réponse ! Je rappelle qu’au lendemain de sa nomination une délégation du Bureau Exécutif du RPM, composée de trois membres, a rencontré le ministre pour lui dire que nous allons poursuivre notre partenariat tout en lui formulant tous nos meilleurs vœux de réussite à la tête de ce Département.

Par ailleurs, nous avons formulé des propositions au ministre : la maison de la presse, l’instauration d’une journée de réflexion sur l’information et la communication avec tous les partenaires et acteurs des médias. Avec l’AJM nous avons suggéré le relèvement du fonds alloué à l’aide de la presse et sa transformation en fonds d’appui et de promotion des Médias, ouvert à d’autres partenaires, la régie publicitaire, une messagerie, etc.

Mieux, nous avons proposé la tenue d’un atelier sur la dépénalisation des délits de presse pour plus de responsabilité et de compréhension. Bref, c’est toujours l’immobilisme au sein du département de la communication !!!! Mais malgré tout, nous gardons toujours bon espoir que les choses évolueront positivement.

4) Quelles sont les perspectives pour votre Organisation ?

Je demeure optimiste pour le RPM et pour les autres organisations. Personnellement, je quitterai bientôt la présidence du RPM, même si mon mandat de 2 ans n’est point encore arrivé à son terme. Je devais, en effet, me retirer depuis fin mai 2013. Mais deux engagements importants ont retardé ma décision : le premier d’ordre international a trait à la mise en place d’une Fédération des Éditeurs Magrébins avec les confrères de l’UMA où nous pensons pouvoir jouer un rôle pivot. Mais certaines contingences ont retardé la création de cette structure.

Le deuxième engagement est lié à l’agenda national. Nous avons entamé avec le gouvernement, lors du passage de notre confrère M. Kanouté de l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA), la signature de la DTM. Il ne restait plus que la date. J’ai l’impression que ce projet est remis aux calendes grecques.

Je voudrais profiter de la tribune que vous m’offrez pour remercier tous les membres du RPM, et toutes les organisations et associations professionnelles des journalistes et les exhorte à consolider davantage leur unité et leur solidarité. «Je suis et je reste un éternel optimiste» (dixit une consœur).

 

Source : Le Calame

Interview avec le président de la CUN

Hamza-CUN

De l’enrôlement, en passant par le retour des flam, les perspectives des élections prochaines, le Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott a abordé, dans notre magazine, des questions d’intérêt national, en apportant des réponses on ne peut plus exhaustives qui pourraient bien lever des zones d’ombres sur des sujets d’actualité.

Monsieur Ahmed Hamza a aussi porté un regard critique qui tranche avec la langue de bois pour livrer son opinion sur les grandes préoccupations mauritaniennes devant lesquelles les acteurs politiques ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Autant de réponses qui invitent à un débat franc et constructif. Mais, à chaque fois, se dégage, au fil des idées, une volonté de traduire, par les mots et un ton libre, une vision sur ce que doit être le rôle de l’Etat dans la préservation des droits de ses citoyens et ses responsabilités dans la conduite des affaires politiques du pays.

Ahmed Hamza qui parle en homme de conviction dispose d’une expérience qu’il veut constamment mettre au service de la construction d’un Etat égalitaire qui doit faire une rupture avec le passé et ses anachronismes pour se tourner vers l’avenir.

Cette interview a été réalisée en mai 2013. Nous la publions telle quelle pour sa valeur intemporelle. Nous nous excusons auprès de la CUN

Question : Vous êtes un acteur politique de l’Opposition de longue date. Vous parvenez à assumer ce statut tout en vous ouvrant aux autres hommes politiques. Comment vivez-vous, aujourd’hui, dans votre conscience la situation du pays, notamment, sous le magistère du Président AZIZ ? Vous ne trouveriez pas comme certains que c’est un dictateur qui gouverne sans partage ?

Réponse : Certes, comme vous l’avez dit, j’ai toujours, été un opposant, mais cela ne m’a jamais empêché de tendre la main à tous ceux qui veulent participer à la construction de la Mauritanie, sans exclusion aucune. J’ai opté pour une opposition constructive qui œuvre à l’amélioration constante des conditions de vie de mes concitoyens. Je m’opposais non pas à des personnes, mais à des systèmes.

Aussi, je vous dirai, qu’en tant que démocrate, je me suis toujours opposé à toute dictature militaire et à tout régime issu de putsch militaire ne pouvant déboucher, lui également, que sur un régime totalitaire. Le régime actuel de AZIZ ne fait pas exception à cette règle, car issu d’un putsch militaire, même s’il y a eu des élections par la suite.

En effet et en dépit des réalisations non négligeables qu’on lui reconnaît, et malgré le fait que mot dictateur que vous lui attribuez soit un peu trop fort, il faut reconnaitre quand même que la liberté de la presse indépendante est une réalité visible et que les revendications quotidiennes des citoyens dénotent d’un désir de liberté, ce qu’on ne connait pas dans les dictatures. Mais je conçois avec vous que le Président dirige le pays sans partage. Il est le seul maître à bord.

Sur un autre plan, je rappellerai que, bien qu’élu président de la CUN sous la bannière de l’Opposition, je n’ai, soucieux de l’intérêt de mes administrés, cessé de tendre la main au régime actuel ; main qui n’a rien pu recueillir. Enfin et toujours dans le cadre de la réponse à votre première question, je vous dirai, qu’en tant que démocrate convaincu, je me suis toujours ouvert aux autres acteurs politiques dont je respecte les points de vue même s’ils ne recoupent pas les miennes.

Question : Etes –vous parmi ceux qui pensent, de nos jours, que la Mauritanie est un pays ingouvernable, faute d’hommes de conviction ?

Réponse : Oui, je partage, en partie votre réflexion en affirmant que ce sont bien les grands dirigeants qui font la grandeur d’un pays. Il n’en demeure pas moins que, dans l’absolu, il n’ ya pas un Etat qui ne soit pas gouvernable. Mais cette possibilité reste conditionnée par l’existence de dirigeants qui , tout d’abord , disposent de la légitimité nécessaire , de l’engagement suffisant , du gabarit adéquat , et des compétences indispensables pour relever les nombreux défis qui attendent tout Chef d’Etat , surtout , d’un pays en développement comme le nôtre .

Pour étayer cette argumentation revenons-en peu en arrière, à l’histoire de l’Etat moderne en Mauritanie. L’on se rendrait facilement compte de la véracité de nos propos ? En effet , si l’on prenait l’exemple du premier Président mauritanien , feu Moktar OULD DADDAH , l’on découvrirait que celui-ci , avec le peu de moyens humains et de ressources financières et économiques dont disposait le pays à l’époque , a réussi , sur le plan extérieur, à placer la Mauritanie à une position que beaucoup d’autres Etats lui enviaient .

Au plan intérieur et en dépit du système du parti unique, les grands fondements du développement socio-économique du pays ont été mis en place.

Aujourd’hui , alors que la Mauritanie dispose de plus de moyens humains et de plus de ressources financières et économiques , d’une expérience en matière de démocratie de plus de 20 ans , le pays piétine et s’enfonce , chaque jour , davantage dans la crise . A cela plusieurs causes dont , en particulier , l’absence de légitimité et d’assise populaire chez les régimes successifs ( militaires) qui se sont succédé en Mauritanie depuis le coup d’Etat de juillet 1978 , exception faite du bref intermède du régime civil démocratique ( même si ce n’était qu’en apparence ) de Sidi OULD CHEIKH ABDALLAHI .Tous ces régimes ont , également souffert de l’absence de maturité politique , de la mauvaise gouvernance ( mauvaise utilisation des ressources économiques et des compétences humaines disponibles ).

Il devient indispensable de concevoir un système dans lequel les membres du gouvernement soient scindés en deux groupes de ministères issus, l’un, de vote populaire ayant une légitimité ( députés ou maires) pour pouvoir peser dans la décision gouvernementale, quant au deuxième groupe , il serait composé de techniciens apolitiques, si c’est possible, reconnus au niveau national pour leur compétence et leur dévouement .

Aussi, pour occuper certains départements techniques, est-il inadmissible de nommer des personnes qui n’ont jamais occupé des responsabilités, sans expérience aucune et qui brûlent toutes les étapes pour se retrouver ministre. C’est ainsi qu’on se retrouve face à des situations de blocage dans lesquelles des responsables n’osent pas prendre des initiatives et tout le monde attend des instructions. Et quand l’initiative est tuée, on n’avance nulle part. C’est comme si un caporal aller gérer un Etat major alors que dans l’armée il faut un plan de carrière et une évolution de grade.

En fait, privilégions les nominations qui rassurent et cela à travers les promotions internes comme le cas du trésorier général et son ministre qui sont un pur produit de leur département.

Question : Bien que la Mauritanie ne soit pas encore sortie de l’impasse politique, des élections sont en vue. Trouvez-vous cela logique ?

Réponse : Oui, il s’agit d’une impasse politique qui n’a que trop duré et qui est, principalement, le fruit du manque de concertation et de dialogue politiques entre Opposition et Pouvoir.

Je rappellerai, dans ce cadre, qu’il revenait au Président AZIZ et à son Régime de prendre les mesures nécessaires pour décanter la situation, au lieu de continuer à gérer la continuité de la crise.

Je reproche aussi à l’Opposition sa position radicale allant jusqu’à réclamer le départ de AZIZ et son maque de réceptivité. Ce qui n’arrange pas les choses. S’agissant des prochaines élections parlementaires et municipales, laissez-moi vous dire, d’emblée, que le Parlement et les conseils municipaux issus des dernières élections ont dépassé largement leur mandat légal.

Devant ce constat regrettable, je pense sincèrement qu’il faille prendre toutes les précautions nécessaires pour garantir la crédibilité et la transparence des futurs scrutins , même si cela imposait leur report de quelques mois supplémentaires par rapport à la date fixée par la CENI et, pourquoi pas, en profiter pour organiser en même temps et les présidentielles et les législatives. Cela coûtera moins cher pour un pays pauvre. Car il s’agit de délai très rapproché ne pouvant pas faciliter le consensus politique indispensable dans ce domaine. Rien de grave dans un tel report si c’était pour mieux faire et si l’on sait que l’on a déjà patienté près de deux ans pour aller à des élections crédibles, transparentes et susceptibles d’être acceptées par tous les concurrents.

Mais la garantie d’un scrutin crédible et transparent passerait, selon mon point de vue par :

a- Le dépassement par tous les acteurs politiques de leurs actuelles querelles stériles pour s’asseoir autour d’une même table pour entamer un dialogue franc, sincère et inclusif ; il y va de l’intérêt général de tous les mauritaniens ;

b- La mise en place d’un Gouvernement d’union nationale chargé de gérer une période de transition pas trop longue mais suffisante pour bien gérer les prochaines élections qui doivent être crédibles, transparentes et reconnues par toutes les parties impliquées, serait une bonne chose, cependant , cela ne doit pas être une source de blocage pour aller aux élections ;

c- La prise des mesures nécessaires pour faciliter et accélérer l’enrôlement de tous les Mauritaniens de l’intérieur et de l’extérieur pour obtenir un fichier électoral fiable et crédible pour tous ;

d- La mise en place d’une CENI consensuelle.

Ces suggestions rejoignent, en partie, les grandes clauses de l’Initiative du Président Messaoud OULD BOULKHEIR dont je suis membre, en ma qualité de représentant des maires de Mauritanie , sans renier ma position de membre de la COD et de mon parti, le RFD. Une initiative que j’appuie entièrement, en tant que patriote, soucieux de l’avenir de son pays et que doivent soutenir tous ceux qui veulent du bien pour la Mauritanie pour la faire aboutir le plus tôt possible.

Question : Le visage de la CUN a considérablement changé depuis votre arrivée à la tête de cette institution .Cela vous encourage-t-il à briguer un second mandat ?

Réponse : Malgré un état des lieux déplorable de la CUN à mon arrivée ( fort endettement , personnel pléthorique avec d’importants arriérés de salaire , locaux délabrés , etc.) , cette institution se trouve aujourd’hui dans une situation relativement confortable avec un bilan de gestion positif (dettes épongées , existence d’un personnel de qualité et en quantité suffisante , un solde créditeur au trésor public de plus de 3,5 milliards d’UM ,nombreuses réalisations sociales : construction de routes ; adduction d’eau , éclairage public , tec .) dont je ne peux qu’être fier .

En dépit de ces sources de satisfaction, je suis quelque peu déçu. Car comme on dit chez nous « une seule main ne peut pas applaudir ». La CUN a, certes, pu faire ce qu’elle pouvait faire à son niveau, mais elle ambitionnait plus et pouvait mieux faire et faire plus si elle avait bénéficié de l’appui conséquent des Pouvoirs publics. Beaucoup d’opportunités de nature à servir nos populations nous ont échappé. Plusieurs financements extérieurs obtenus par la CUN n’ont pu aboutir faute simplement de terrains de construction pour l’implantation des projets objet de ces financements .C’est le cas, notamment, de la construction d’un marché moderne, l’aménagement d’espaces verts et d’une esplanade.

Pour ce qui est de l’éventualité pour moi de briguer un second mandat à la tête de la CUN, ma candidature n’est pas évidente dans les conditions actuelles. En effet, le statut actuel de la ville de Nouakchott avec 9 communes autonomes est un réel frein à sa bonne gouvernance. Nouakchott avec une mairie centrale est plus appropriée. Aussi, faut-il renforcer la décentralisation, en élargissant le pouvoir et les prérogatives des élus. Gérer une ville tentaculaire comme Nouakchott, dans ces conditions, n’est pas chose aisée. J’aurai donc préféré un mandat parlementaire.

Néanmoins, l’Opposition doit reste soudée, en rang serré pour remporter un second mandat à la tête de la CUN.

A ces considérations d’ordre général, il faudrait ajouter d’autres considérations, cette fois-ci, d’ordre personnel. Non seulement , je suis un peu fatigué , car il s’agit d’un travail difficile et absorbant qui ne me laisse que très peu de temps pour m’occuper de mes affaires personnelles que j’ai quelque peu négligé faute de temps disponible . Affaires que je voudrais reprendre en main pour mieux m’en occuper. Par ailleurs, sur le plan politique, je ne suis pas le seul à en décider, il y a, notamment, mon parti, le RFD et, éventuellement, la COD.

Cela dépendra aussi de l’évolution future de la situation politique dans le pays.

En tout état de cause, candidat ou non à un autre mandat à la CUN, je ne regrette pas cette riche expérience et les importants sacrifices que je crois avoir consentis dans l’intérêt des populations nouakchottoises en particulier, et mauritaniennes, en général. Je réitère ma disponibilité à servir mon pays et mes concitoyens sous la forme qui conviendrait le mieux.

Question : Vous avez obtenu plusieurs distinctions en Afrique et dans le Monde. A quoi tiennent ces succès ?

Réponse : permettez-moi de vous rappeler que j’avais déjà répondu à cette question dans un entretien que j’ai eu à accorder au journal « Le Calame ».

Question : Ma question est mienne et je voudrais lui obtenir une réponse, à moins que vous ne vouliez pas y répondre.

Réponse : Je ne voulais pas me répéter, mais si vous y insistez, je ne vois aucun inconvénient à vous répondre. La réponse à cette question me donne l’opportunité d’exprimer ma fierté pour ces distinctions qui, à travers ma modeste personne, honorent d’abord mon pays, la Mauritanie.

Pour revenir à votre question, je ne vous surprendrais pas en vous disant que l’obtention de ces décorations est la consécration de la présence mauritanienne partout dans les forums regroupant les principales cités africaines, arabes, musulmanes francophones et des autres continents. Forum au sein desquelles notre pays occupe d’importants postes : de vice-présidence ou de membre du Bureau exécutif.

Ces distinctions sont le fruit de notre dynamisme dans le cadre de la diplomatie des villes et du rôle que nous avons joué pour promouvoir les grands espaces culturels, comme c’est le cas, notamment, de la francophonie.

Aussi ces titres honorifiques décernés par sa Majesté le Roi du Maroc, les Présidents français, sénégalais et du Congo Brazzaville témoignent-ils de l’estime que ces dirigeants portent à mon pays et à son dynamisme sur le plan international, par le biais de ma modeste personne.

Question : Pensez-vous que ces distinctions sont de nature à donner une image de la Mauritanie comme exemple de démocratie en Afrique ?

Réponse : A priori, rien n’empêche la Mauritanie de devenir un exemple de démocratie en Afrique. Il suffit pour y parvenir que les Mauritaniens, en général, et, plus particulièrement, leur élite politique en aient la conviction et la volonté. Que, tous sans exclusivité aucune, y travaillent, la main dans la main, avec sincérité et engagement. Qu’ils acceptent, enfin, les règles du jeu démocratique.

Question : Est-il vrai que l’Organisation des travailleurs Mauritaniens en France vous avait soumis certaines de leurs doléances pour que vous interveniez en leur faveur auprès des pouvoirs publics mauritaniens. Cela concerne, en particulier, la facilitation de leur enrôlement. Que pouvez-vous répondre à ce syndicat ?

Réponse : J’ai effectivement reçu des doléances de la part des membres de cette Organisation ; doléances que j’ai aussitôt transmises au Directeur du Cabinet du Président de la République, tout comme j’en ai fait parvenir une copie au ministre de l’Intérieur dont relèvent les services de l’Etat civil. C’est tout ce qui était en mon possible de faire. Et si ce problème dépendait de moi, il aurait était résolu illico-presto, malgré que l’Etat ait enlevé aux élus la qualité d’officier d’Etat Civil, ce que je trouve anormal dans une démocratie.

Bien que les documents biométriques infalsifiables soient une grande évolution, mais il faut le dire parmi les agents dans les bureaux de recensements on trouve beaucoup de chauvinisme et il est évident que certains de ces agents ont un comportement raciste et font obstruction pour certains citoyens.

Toutefois, je trouve anormal que des Mauritaniens se trouvant en France, sans carte de séjour parce qu’ils sont soit étudiants sans bourse, soient des travailleurs émigrés sans papiers ou enfin des malades se soignant dans l’Hexagone, ne puissent pas bénéficier de l’appui de leur gouvernement.

Notre Ambassade et notre Consulat en France se devaient de porter assistance à ces citoyens mauritaniens au lieu de chercher à leur compliquer la vie. Cela est d’autant plus vrai qu’il s’agit, pour la plupart, de réfugiés économiques qui malgré, leurs conditions de séjour assez difficiles, aident leurs familles restées au pays.

Nos diplomates ne doivent pas se substituer aux services d’immigration français, l’exigence de carte de séjour est illégal car n’étant pas un document mauritanien et mettra beaucoup de Mauritaniens en situation irrégulière et contribuera à leur éventuelle expulsion. Il est vrai que, par le passé, des étrangers ont eu recours à des documents mauritaniens pour bénéficier de carte de séjour ou de naturalisation. Ces personnes ayant atteint leurs objectifs n’ont plus besoin de s’enrôler. Mais quand d’autres, plus sincères, font le rang, sous la pluie et le froid, devant un centre d’enrôlement, cela veut dire qu’ils sont bien Mauritaniens et qu’ils tiennent à leur mauritanité.

L’Etat mauritanien doit être au service de tous ses citoyens où qu’ils se trouvent et quels qu’ils soient.

Question : Avez-vous rencontré des dirigeants du mouvement des FLAM ? Que pensez-vous de leur redéploiement au pays ?

Réponse : Non, je n’ai, malheureusement, pas eu l’occasion de rencontrer des responsables de ce mouvement. Concernant le second volet de votre question, je pense que le redéploiement des FLAM au pays est une bonne chose dont il faut se féliciter. En effet, tous ces compatriotes qui ont choisi de retourner au pays doivent y être accueillis à bras ouverts. L’on doit également les aider et essayer de leur faire oublier leur calvaire pendant leur exil. Ce sont nos frères avec qui nous devons, ensemble, s’atteler à construire une Mauritanie unie, démocratique, prospère et fière de sa diversité culturelle.

Question : Par ailleurs quelle est votre appréciation de deux autres organisation comme le mouvement « touche pas à ma nationalité » et l’IRA ?

Réponse : il est incontestable que la donne du combat change et aujourd’hui, il y a une nouvelle génération qui se trouve à travers ces deux entités. Certes, je n’ai, malheureusement, jamais rencontré les dirigeants qui animent le « MTPN », mais je tiens à dire que j’apprécie et respecte leur combat. Je trouve, en effet, qu’ils sont admirables et courageux. Je leur demande de continuer ce combat juste.

Quant à l’IRA, je connais très bien son président qui est un frère et je confirme qu’il a réalisé en peu de temps ce qu’on a essayé de faire depuis plusieurs années. Il est manifeste également que sa popularité est en nette croissance. Ce qui prouve que son combat est apprécié car les populations ne vont pas spontanément chez quelqu’un, sauf s’ils approuvent ce qu’il fait. En fait, je pense que ceux deux organisations deviennent incontournables dans le paysage politique actuel.

Question : Certaines personnes trouvent que, lors des forums régionaux ou internationaux, vous êtes trop proches des Sénégalais et des Marocains, à telle enseigne qu’on vous croirez membre des délégations marocaine et sénégalaise ou porte-parole de celles-ci. Aussi, certains de vos collègues pensent-ils que vous en faites plus qu’il ne faut, dans le soutien du Maroc et du Sénégal .Que répondez-vous aux uns et aux autres ?

Réponse : Permettez-moi de vous dire, d’emblée, que ces jugements ne sont faits que d’amalgame et de manque de lucidité. En effet, ce rapprochement avec les Sénégalais et les Marocains n’est, somme toute, qu’une conséquence logique de l’appui sans faille que ces derniers m’ont apporté, à moi-même, mais surtout à la Mauritanie ; appui qui m’a permis d’accéder aux titres et postes internationaux que vous connaissez.

C’est donc grâce au lobbying que j’ai pu mettre en place avec les représentants de ces deux pays que mon cher pays, la Mauritanie, a pu accéder, à travers ma modeste personnalité, à plusieurs hautes responsabilités dans les instances régionales et internationales concernées par les activités des collectivités décentralisées. Ce qui doit être, pour tous les Mauritaniens, source d’honneur et de fierté.

Sur un autre plan , appartenant à l’ensemble tribal des OULAD BOU SBA qui a ses lointaines racines au Maroc et à une famille qui s’est installée au Sénégal depuis plus d’un siècle et demi et où plusieurs de ses membres ont continué à y vivre ( y compris mes parents directs et moi-même qui y ai passé toute ma jeunesse et ayant une culture sénégalaise ) , en parfaite harmonie jusqu’après l’indépendance de la Mauritanie en 1960 , je ne vois aucune raison qui me pousserait à ne pas aimer ces deux pays qui font partie de moi-même .

Mais cet attachement est réciproque et si j’ai rendu service au Maroc et au Sénégal, je ne leur ai pas fait plus que ce que je leur dois, à titre personnel, mais également au nom de la Mauritanie. Par ailleurs, je ne me suis jamais senti un étranger dans ces pays

A ces considérations que je crois légitimes s’ajoute le grand respect et la très grande admiration que je voue à ces chourava feu le Roi Hassan II pour sa vision politique et son intelligence et à son fils, l’actuel Roi Mohamed VI pour son ouverture démocratique et les grandes réalisations qu’il a faites pour son pays et son peuple.

Mais , en dépit de cet attachement particulier au Maroc et au Sénégal , j’ai , toujours , eu à l’esprit le souci de servir , d’abord , ma patrie-mère , la Mauritanie , mais également celui de rapprocher les peuples frères de Mauritanie , du Sénégal et du Maroc dans leur intérêt réciproque . Tout comme je considère d’une grande nécessité géopolitique et sécuritaire pour le développement des pays de la sous-région le raffermissement des relations de la Mauritanie avec tous ses voisins.

C’est ma façon de voir les choses et personne ne devrait m’en vouloir. Je me sens un africain tout simplement

Question : En votre qualité de président de l’Association Mauritanienne de la Francophonie-une structure qui n’a rien à voir avec l’Alliance franco-mauritanienne de Nouakchott que vous présidez-quel est votre point de vue par rapport au recul, de plus en plus notoire, dans les écoles et universités mauritaniennes ?

Réponse : Nonobstant le statut de l’arabe comme langue officielle de la Mauritanie, il n’en demeure pas moins que le français est encore une langue essentielle de travail et de partage des expériences dans le pays. Ainsi, exception faite des départements de la Justice, de l’Education nationale et des affaires Islamiques, toutes les autres administrations, en plus du secteur privé dans sa globalité, l’essentiel des dossiers est traité en français.

Au-delà de cette réalité, le problème des langues me paraît être un faux débat qui doit être dépassé au moment où les langues qui ont tendance à s’imposer sur le plan international, économique, en particulier, sont désormais, le chinois, le portugais (pour le Brésil) et l’hindou.

Ceci étant, il y a lieu de rappeler que nos premières générations postindépendance apprenaient en arabe et en français. Ce bilinguisme ne posait aucun problème. Quant aux réformes éducatives successives dans notre pays elles n’ont eu comme résultat que la baisse continue des niveaux scolaires, en plus des nombreux problèmes que vous connaissez.

Aujourd’hui et au moment où l’on envisage une énième réforme de notre système éducatif, nous croyons à la nécessité pour cette réforme d’accompagner les mutations en cours dans le Monde et cela si l’on voudrait plus de performance pour ce système.

Ainsi, au fondamental, nos enfants devraient-ils apprendre l’arabe et le français et nos langues nationales pour pouvoir se parler et échanger entre eux dans les langues du pays. L’exemple du Maroc où l’on commence à enseigner le berbère dans les écoles est un exemple édifiant dont on pourrait s’inspirer largement.

A partir du secondaire, pourra être introduit, de façon obligatoire et en plus de l’arabe et du français, l’enseignement de l’anglais, langue principale au niveau mondial. Et pour quoi pas une quatrième langue vivante (espagnol, allemand) ?

Cette ère de globalisation des échanges au plan international nous impose, comme elle impose aux autres pays, de parler le plus grand nombre de langues possibles. C’est l’un des grands défis qu’il faut relever. Le reste n’est qu’atermoiements stériles.

Question : Si, un jour, vous étiez amené à diriger la Mauritanie, comment vous vous y prendriez ?

Réponse : Rire, j’ai l’impression que vous me cherchez des problèmes, mais laissez moi tranquille, je n’arrive pas déjà à régler les problèmes de Nouakchott.

Bien que votre question soit prématurée, cela ne m’empêche pas d’énumérer ce que je peux considérer, comme à l’image des dix commandements, une feuille de route aux futurs candidats pour bien gérer un pays comme le nôtre.

En effet toute bonne gestion ou bonne gouvernance passe par :

1 – L’égalité et la justice pour tous les citoyens ;

2 – La défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du pays ;

3 – La préservation et le renforcement de l’unité et de la cohésion nationale ;

4 – Assurer l’accès des mauritaniens aux services de base que sont, l’éducation, la santé, l’eau potable et l’éclairage à travers une gestion de proximité qui passe bien sûr par une vraie décentralisation en renforçant les pouvoirs locaux ;

5 – Garantir l’autosuffisance alimentaire par la revalorisation de nos ressources agro-pastorales et halieutiques ;

6- Donner à la femme mauritanienne la place qui lui sied dans une société démocratique.

7 – Assurer l’intégration de l’économie mauritanienne à l’économie internationale, tout en conciliant préservation des intérêts nationaux et Mondialisation

8 – Restaurer au pays son rôle de charnière et de trait d’union entre les deux mondes africain et arabo-musulman ;

9 – L’ancrage d’une réelle culture démocratique basée sur les principes de la citoyenneté et du respect de l’autre ;

10 – La valorisation de notre patrimoine culturel et de notre diversité culturelle et linguistique ;

11- Assurer la promotion de la jeunesse par les activités culturelles, sportives et de divertissement ;

Cette liste de mesures/engagements qui s’apparenterait à un programme électoral intègre tout ce qui peut contribuer au mieux-être des populations mauritaniennes et pourrait faire de la Mauritanie un pays de référence , où il fait bon de vivre et où tous les citoyens sont égaux en droits et devoirs .

Propos recueillis par CID et OFM

Source : Le Magazine de l’économie/ Synergies n°001 septembre-octobre 2013. /via cridem

François Hollande : «La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents»

HOLLANDE 27-08-2013

Hollande : « La France est prête à punir ceux qui ont gazé des innocents en Syrie »

Le président français a affirmé, lors de la Conférence des ambassadeurs à l’Élysée ce mardi, que « la France était prête à punir « les responsables du « massacre chimique » près de Damas. D’autres pays occidentaux pourraient abonder dans ce sens.

• Lors de la Conférence des ambassadeurs français, le président François Hollande a affirmé, mardi 27 août, que le « massacre chimique » de Damas ne pouvait pas rester sans réponse, clamant que la France était prête à « punir » ceux qui ont « gazé des innocents ».

« J’ai décidé d’accroître notre soutien militaire à la coalition nationale syrienne », a, en outre, indiqué le chef de l’État français, en annonçant par ailleurs la tenue d’un Conseil de défense mercredi.

Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a déclaré, mardi 27 août, dans une interview à la BBC, que les États-Unis étaient « prêts » à mener une action militaire en Syrie, si le président Barack Obama donnait son aval.

« Nous sommes préparés. Nous avons positionné des éléments pour être capables de répondre à toute option choisie par le président », a lancé le chef du Pentagone, actuellement en tournée en Asie du Sud-Est. « La Syrie a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple », a-t-il par ailleurs affirmé, avant d’annoncer : « Nous allons avoir très bientôt plus d’informations à présenter ».

Le président américain, Barack Obama, n’a pas encore pris de décision sur d’éventuelles frappes militaires contre les forces gouvernementales syriennes après les attaques chimiques présumées qu’elles auraient conduites dans un faubourg de Damas la semaine passée, a cependant déclaré un haut responsable de l’administration américaine, mardi.

• En Syrie, l’opposition au régime de Bachar al-Assad a affirmé qu’une intervention militaire était attendue dans les prochains jours. Elle a par ailleurs affirmé avoir discuté avec les pays alliés des cibles à frapper, dont des aéroports, des bases militaires et des dépôts d’armes.

• À Londres, le Premier ministre britannique, David Cameron, qui a écourté ses vacances, a rappelé les membres de la chambre des Communes, actuellement en congé parlementaire, pour débattre jeudi de la situation en Syrie.

Entretien exclusif avec… D.D., la domestique violée à Nouakchott

 FILLE VIOLEE

L’OBS – Tabassée, torturée et violée, D.D ne se promène presque plus seule à Nouakchott. Elle se plaint toujours de souffrances physiques : maux de tête et autres nausées. Ses yeux sont rouges et portent les stigmates de sa mésaventure «sexuelle». Accompagnée de «son» frère, Mohamed  Najir Thiam, la native de Kaolack rembobine, pour L’Obs, le film de son viol.

 

Que s’est-il réellement passé la nuit de lundi 19 au mardi 20 août 2013 ?

J’ai quitté la demeure de ma cousine aux environs de 23 heures pour me rendre à mon lieu de travail, à la Cité Place. Sortie de la maison, je me suis engouffrée dans un taxi après avoir convenu de lui payer la somme de 500 Ouguiyas (soit 1 000 FCfa) comme frais de transport. C’est ainsi que j’ai rappelé mon «frère» (Mohamed Najir Thiam) pour lui dire que je suis en train de rejoindre mon lieu de travail. Et il (Mohamed Najir) m’a dit avec insistance : «Ne raccroche surtout pas ton téléphone ! Nous allons continuer à parler jusqu’à ce que le chauffeur de taxi te dépose devant la maison de ton patron à la Cité Place.» Mais je lui ai demandé de raccrocher le téléphone, chose qu’il a accepté sans problème. Je ne pourrai pas identifier mes bourreaux. Ce dont je suis sûre, c’est qu’ils étaient au nombre de 4  et que j’ai été kidnappée, tabassée et violée.

 

Dans quel hôpital êtes-vous partie pour vous faire consulter ?

Accompagnée de «ma» cousine, je suis allée à la clinique Kissi, mais les infirmières nous ont laissé entendre qu’elles ne peuvent rien faire pour moi tant que je ne leur ai pas apporté une réquisition émanant d’une autorité de la police. Et c’est ainsi qu’une personne, présente dans les locaux de la clinique Kissi, nous a indiqué le siège d’une association de droits de l’Homme (Afcf) à quelques mètres de la clinique Kissi. Nous nous y sommes rendues. Nous avons été chaleureusement accueillies par les assistantes sociales, y compris la Coordinatrice du projet des domestiques mineures, Aminata Coura Ly.  Ensuite, les  assistantes sociales de l’Afcf sont parties avec le policier, qui est venu me déposer chez ma cousine, pour avoir une réquisition de la police afin que je puisse être enfin consultée.

Les policiers sont-ils partis sur les lieux du viol ?

Oui, nous sommes retournés sur les lieux où j’ai été violée. Nous nous sommes rendus sur place avec les éléments de la police et des assistantes sociales de l’Afcf. Les enquêteurs de la police de Dar Naïm n°3 ont vu sur les lieux des traces de combats et y ont trouvé un turban, une chaussure abandonnée et la perruque que je portais cette nuit-là.

PROPOS RECUEILLIS PAR MAMADY CAMARA

Aminetou Mint El Moctar Ely, présidente de l’Afcf

 

«D.D ne pouvait rien voir, car elle a reçu plusieurs coups de poing sur la figure»

«Après la consultation, le médecin lui a prescrit un repos de 21 jours, puis nous sommes reparties à la police pour les besoins de l’enquête. Après une série d’interrogatoires, D.D a fait comprendre aux policiers qu’elle ne peut identifier ni ses agresseurs-violeurs, ni la marque et le numéro d’immatriculation de la voiture. Autant donc vous dire qu’il ne serait pas facile de suivre son dossier tant que l’un des violeurs n’est pas arrêté. Mais je peux dire que les éléments du commissariat de police de Dar Naïm n°3 sont en train de rechercher les violeurs de D.D. Et ce n’est qu’après l’arrestation de l’un d’eux que le dossier pourra être instruit et envoyé devant le parquet de Nouakchott. Les assistantes de l’Afcf ont accompagné les enquêteurs de la police pour aller voir là où D.D a été violée. Ils ont constaté sur place un véritable champ de bataille et trouvé un turban, la perruque que la jeune femme portait et une chaussure abandonnée sur ces lieux. Puis, elle est retournée à l’hôpital pour des soins afin qu’elle ne contracte  pas une grossesse après son viol. Elle s’est défendue, mais ne pouvait rien faire contre quatre solides garçons. Regardez sa figure, elle ne pouvait rien voir, tellement, elle a reçu de coups. Ses yeux en portent encore les stigmates. Elle a été complément mise K.O. Le médecin lui a donné des cachets et, mardi prochain, elle ira faire des tests du Vih/Sida».

 

C.M

Source : ActuRim

Interview du maire de Bababé

Abdoulaye Mamadou Bâ-maire de bababe-rimweb.net

« Si l’intérêt des populations, c’est de poursuivre ce qui a été fait, et bien qu’elles le poursuivent ! Si leur intérêt, c’est de faire mieux que ça, qu’elles fassent mieux que ça ! ».

Abdoulaye Mamadou Bâ est un jeune cadre Mauritanien qui a fait son entrée en politique à la faveur de la démocratisation en 1991. Ancien haut cadre de la défunte Société Mauritanienne de Commercialisation des Produits Pétroliers (SMCPP) devenu NAFTEC après la privatisation. Plus tard, il militera à l’UFD avant de rejoindre le PRDS en 1996 et deviendra DG de la puissante société ENER en 2003.

Il a dirigé aussi la SOMIR en 2007 avant de devenir ministre secrétaire général du gouvernement en 2008. Actuellement, il dirige la SMCP (société mauritanienne de commercialisation du poisson) et il a été élu maire de la commune de Bababé en 2006 sous l’étiquette indépendante.

Aujourd’hui, il est membre du conseil national de l’Union Pour la République (UPR). Il a accepté de nous accorder une interview pour revenir sur son bilan à la tête de la mairie de Bababé.

Le Terroir : monsieur le maire, le terroir est honoré aujourd’hui de vous interroger à Bababé. Depuis 5 ans vous êtes placé à la tête de la mairie de Bababé grâce à la confiance des populations de cette commune. Le mandant tire à sa fin. Quel bilan faites-vous à l’heure qu’il est ?

Abdoulaye Mamadou Bâ : je vous remercie d’abord de venir à Bababé pour vous enquérir de nos nouvelles et vous intéressez aux infrastructures communales. Je vous souhaite personnellement plein de succès dans l’entreprise que vous avez initiée qui est une entreprise noble. Comme vous le savez, j’ai toujours soutenu la presse indépendante et je souhaite simplement qu’elle puisse faire son travail dans les meilleures conditions. Vous avez une grande Responsabilités d’éducation, d’orientation et d’information de nos populations. Nous comptons sur votre objectivité, votre sérieux, votre rigueur à vous et à tous vos confrères pour que l’information soit traitée toujours de façon sérieuse et responsable.

Bon, ceci étant dit, alhamdoulillahi je remercie mes concitoyens de Bababé pour la confiance qu’ils ont placé en moi. Je m’efforce de faire ce que je peux pour mériter cette confiance. Je sais que les choses et les défis sont nombreux, les problèmes sont importants, les gens sont pressés et les préoccupations sont nombreuses et essentielles. Parceque , ce sont des préoccupations de survie, de santé publique, d’éducation, de développement. Ce sont donc des préoccupations essentielles. Je sais que nous avons une jeunesse impatiente, dynamique qui attend beaucoup. Nous essayons de faire ce que nous pouvons.

C’est vrai qu’il y’a donc tous les défis à relever mais Alhamdoulillahi, beaucoup de chose ont été faites durant ce mandant. Mais tout de suite, je m’en vais corriger ce que vous avez dit en indiquant que nous sommes à la tête de la mairie depuis cinq ans, en réalité nous y sommes depuis 7 ans, il y’a deux ans de plus, nous avons un mandat bonus (rires). Et c’est donc tant mieux si cette « prolongation » peut raffermir davantage la démocratie, et permettre à tous les fils de ce peuple d’aller vers des élections sereines, apaisées, consensuelles, transparentes et démocratiques !

Lorsqu’on est arrivé à la tête de la commune, nous avons hérité une situation un peu difficile. Il y’a eu des efforts qui ont été faits auparavant par les équipes précédentes mais je sais que compte tenu des moyens d’alors et la situation d’alors, les choses n’avaient pas beaucoup évoluées, en tout cas il y’avait beaucoup de choses urgentes. Nous nous sommes attelés tout de suite aux urgences et aux choses essentielles.

Il y’a eu d’abord l’hôtel de ville qui menaçait de tomber. Des fissures étaient visibles partout dans le bâtiment. Et nous l’ avons tout de suite réhabilité pour sauver le bâtiment et permettre aux services municipaux de fonctionner. J’ai fait appel aux services d’un cameraman de Bababé du nom de Laye DIA pour filmer les dégâts.

Il y’a aussi l’école 1 de Bababé où on a tous fait nos études, une école qui a formé l’essentiel des cadres de la ville. Une école qui a une valeur symbolique qui était dans un état de dégradation avancée. Il n’y avait ni portes, ni fenêtres, les sols des salles étaient complètement foutus, des fissures partout sur les bâtiments qui menaçaient de s’effondrer sur les enfants ! Dieu m’est témoins ! Nous avons rénové cette école, refait la maçonnerie, la menuiserie et la peinture,la cloture et la dalle ; je vous invite à y aller pour la visiter. En plus, nous avons équipé l’école en tables bancs car les éléves s’asseyaient par terre.

Idem pour l’école 3 de Bababé située vers la colline. Je rappelle que l’école 2 de Bababé est inscrite cette année dans le budget municipal pour être réhabilité.

A Dioudé Dièri, nous avons , en partenariat avec l’association Karamoko Alpha, une organisation sociale très dynamique, pu construire deux salles de classes. Nous y avons participé à hauteur de 1 million d’ouguiyas. Actuellement, nous avons initié avec l’ADP World Vision de Bababé, un ambitieux projet qui est presque achevé; Tout ce travail a été fait en équipe, le conseil municipal de Bababé s’est soudé comme un seul homme pour l’intérêt général derriere moi, les adjoints au maire et l’équipe municipale assurent la pérennité du service en mon absence. Si je n’avais pas la confiance des conseillers municipaux et de mes adjoints qui travaillent avec moi, je n’aurai pas pu le faire.

Vous savez comment les majorités ont été constituées et les choses sont extrêmement fragiles mais nous avons pu travailler dans le consensus. On n’a jamais procédé au vote, on s’est toujours entendu sur l’essentiel. Je veille toujours à la mise en œuvre scrupuleuse des investissements mis à la disposition de la commune. Je suis intransigeant et ferme la dessus.

Je profite de l’occasion pour remercier les ressortissants de Bababé qui sont à l’extérieur (en France, au Canada et aux USA , Belgique …) qui ont aidé la commune dans la réhabilitation de 4 salles de classes au niveau de l’école 1 de Bababé. En résumé par rapport aux écoles, nous avons, avec l’appui du Wali du Brakna, réussi à équiper toutes les écoles en tables bancs. J’affirme que toutes les écoles de Bababé disposent de tables bancs à l’heure actuelle ; alors qu’à notre arrivée à la mairie, il y’avait un déficit criant de tables bancs dans toutes nos écoles.

Je remercie au passage l’UNICEF pour son appui pour équiper les écoles et même le lycée ! Je remercie également les ressortissants de Fondé qui sont à l’extérieur qui ont construit une belle salle de classe que j’ai inauguré avec le défunt Hakem de Bababé.

Du point de vue de la santé, nous avions à Bababé un centre médical très délabré, il était devenu impraticable surtout en période d’hivernage. Nous avons introduit une requête avec un dossier à l’appui auprès du ministère de la santé pour une réhabilitation du centre. Le gouvernement a débloqué environ plus de 24 millions d’ouguiyas, ce qui a permis de rénover ce centre. Mieux, il est protégé par une clôture en dur.

Ses équipements médicaux entièrement renouvelés (literie, chaises dentaires). Il a été doté d’une ambulance neuve que nous avons receptionné aupres du ministere de la santé fin 2011. Toujours dans le même registre, nous avons pris en charge le personnel paramédical des cases de santé de Dioudé et de Fondé pour une période de quatre ans. Depuis le début de cette année le ministère de la santé nous a déchargé de la prise en charge de ce personnel.

Je profite de l’occasion pour remercier nos partenaires de Cesson qui nous aidé à équiper ces deux cases de santé et pour tout ce qu’ils ont fait pour la commune de Bababé. Nous pensons réaliser d’autres cases de santé à Darto Thioubalel et Matigoum qui sont des zones très enclavés pendant l’hivernage.

En partenariat avec l’ENER et le ministère de l’équipement et des transports, nous avons réalisé des ralentisseurs sur la voie qui ont réduit considérablement ou même enrayé ce danger. Je ne me souviens plus depuis la construction de » ces dos d’ânes » d’un accident au cœur de la ville, sur la chaussée.

A Dioudé Dandé Mayo, nous avons financé la clôture du périmètre rizicole du village. A Fondé, Wane Wane, Wouro Dialaw, Hothiéré Thioubalel, il y’avait un sérieux problème d’eau. Nous avons mobilisé des ressources propres à la mairie et confié le travail à un opérateur qui a achevé les travaux et réaliser des bornes fontaines implantées dans le village.

Dans le village de Abari, nous avions pensé au problème d’eau qui se pose sérieusement dans ce village. Mais les villageois ont opté pour qu’on vire la subvention au profit de leur mosquée. Ça été fait pour respecter leur choix.

Concernant le volet culturel et la Jeunesse, c’est une priorité pour nous car la jeunesse est l’avenir de demain. Je souhaite qu’elle soit une jeunesse engagé pour le développement d’une façon sincère et que ce ne soit pour des considérations partisanes. Il faut aller dans le sens de la responsabilité, du sérieux comme le font beaucoup de jeunes aujourd’hui à Boghé ou à Thilongne, partout où on voit des jeunes engager des projets, interpeller les élus, leur présenter des projets cohérent , sérieux et qui peuvent avoir des retombées pertinentes. C’est ça le rôle de la jeunesse. Ils doivent chercher à s’épanouir mais aussi à créer et à innover. Grâce à l’appui de nos partenaires européens et le PERICLES, nous avons pu réaliser un stade à Bababé , les travaux sont quasiment achevés et je vous invite à une visite du chantier .

Le Terroir : quel est le montant de ce financement ?

Abdoulaye Mamadou Bâ : disons 18 140 000 millions d’ouguiyas et notre a participation a atteint 4 millions , L’attribution s’est faite dans la transparence totale.

Nous avons aussi réalisé la maison des associations, une infrastructure réalisée sur fonds propres de la commune. Permettez-moi de saluer au passage l’entrepreneur Ali Sawa qui a été chargé de la réhabilitation de l’école 1, la Maison des Associations (érigée dans l’enceinte de l’école1) et d’autres ouvrages. D’ici peu, nous réceptionnerons l’ouvrage. Et je me suis engagé à équiper sur mes moyens personnels la maison des associations en outils informatique et la connection à l’internet pour permettre à tous les étudiants et chercheurs à en tirer profit. Car, une maison des associations est un cadre qui doit permettre aux associations, aux intellectuels de se retrouver. C’est pourquoi on l’a installé à proximité de la population .

Il y’a l’abattoir moderne qui est aussi réalisé avec l’aide de nos partenaires de PERICLES . Nos projets ne se limitent pas là. J’ai des financements PDU pour la construction d’une écoles et d’un marché, mais je ne sais même pas où je vais les mettre. Parce que nous n’avons pas d’espaces et malheureusement le plan de lotissement de Bababé n’a pas tenu compte du développement de la ville .

Je n’oublierai pas de rappeler que nous avons aussi réhabilité tous les puits de la commune après la soif qui s’est emparée des populations en 2011 lorsque le forage est tombé en panne’à la vielle de la fête de Tabaski. A l’époque, nous avons joué un rôle majeur dans la résolution de cette crise.

Le Terroir : vous n’avez pas de réserves foncières donc?

Abdoulaye Mamadou Bâ : Nous n’avons pas de réserves foncières. J’ai du acheter un terrain ici à Bababé pour le compte de la commune mais je l’ai acheté pour les jeunes. Au cas, ils voudraient y ériger une maison des jeunes ou autre chose. Bref, M. Diop, nos réalisations sont modestes certes et nous espérons qu’elles auront inchallah un impact positif et durable sur la vie des populations. Aucun segment de la société (les femmes, les jeunes, l’éducation, la santé, l’eau, l’agriculture, le commerce, la religion) n’a été oublié durant notre mandat. C’est certes peu mais très important pour les bénéficiaires.

Le Terroir : monsieur le maire vous exposé un bilan très important et très détaillé qui montre quoiqu’on dise qu’il y’a eu beaucoup de réalisations qui ont faites au grand bonheur des populations. Maintenant quel est votre dernier mot à l’endroit des populations et dites nous si vous comptez vous représentez pour un deuxième mandat ?

Abdoulaye Mamadou Bâ : je vous remercie une fois de plus. Le dernier mot, c’est de remercier les populations pour la confiance qu’elles ont placées en moi pendant ces longues années et la considération et l’appui qu’elles ont toujours apportées pour notre action. C’est un appel pour que les gens privilégient l’intérêt général. Il faut toujours privilégier l’intérêt général, car l’intérêt des populations vient avant toute chose. Je souhaite que tout le monde soit conscient de cela. Si l’intérêt des populations, c’est de poursuivre ce qui a été fait, et bien qu’elles le poursuivent !

Si leur intérêt, c’est de faire mieux que ça, qu’elles fassent mieux que ça ! Si leur intérêt, c’est davantage de vigueur de développement, je souhaite toujours que ce soit cet intérêt qui soit placé au dessus des intérêts partisans, particuliers ou personnels. La commune est une structure peut être politique mais elle est beaucoup plus sociale, locale. On peut ne pas être d’accord sur une philosophie politique mais rester d’accord sur ce qu’on partage au niveau local.

Il faut préserver ce qu’on a de plus cher, c’est notre unité, c’est notre entente, c’est notre cohésion. Car, c’est ce que j’ai l’habitude de dire, il y’a des choses qui font que nous ne pouvons pas nous séparer, nous avons énormément de choses en commun. Il y’a des liens sacrés, des liens chers de sang, de lait qu’il faut préserver.

L’autre chose que nous avons en commun, c’est nos mosquées, les écoles, les infrastructures de santé, l’eau, les cimetières, le marché. Personnellement, je m’inscris sur cette ligne et je continuerai sur cette voie là. Je me battrai pour ça. En direction de la jeunesse, je dis que les jeunes doivent apprendre, rechercher le savoir d’abord, les connaissances avant de rentrer ou de s’occuper de quoique ce soit. Ils doivent accepter un minimum de « stage ». Ils sont importants pour nous.

Nous avons , durant cette période , essayé de poursuivre ce que nos prédécesseurs ont fait. Feu Doudou Bâ, Boubou Sall et les autres. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient faire et nous aussi nous poursuivrons leurs œuvres inchallah. Les femmes sont dynamiques, je les encourage car elles sont aujourd’hui le support des ménages. Pour le reste, je vous dis que ce qui m’importe c’est l’intérêt de Bababé.

Si on me dit aujourd’hui que l’intérêt de Bababé réside dans le soutien d’une autre personne, je le fais. Moi je ne suis demandeur de rien du tout. Seulement, il ne faut pas oublier que je suis un homme politique, je suis dans un parti politique et je reste derrière mon parti, je suis discipliné et je respecterai le choix de mon parti. Ce que mon parti choisira, je le suivrai. Je n’ai pas d’état d’âmes. Alhamdoulillahi, il y’a beaucoup de compétences et souhaitons que la meilleure option soit choisie.

En tout état de cause, que ce soit l’intérêt de Bababé, de ses populations et de son département et que ce ne soit pas fils de X ou de Y car cela importe peu pour les populations de Bababé. Ce qui importe pour les populations de Bababé, c’est de les aider à sortir des difficultés, c’est de venir les voir, de les écouter, c’est de passer le temps avec eux et de partager le peu qu’on a avec eux. Il ne faut pas être élu et oublier qu’on est élu par les gens.

Je finirai par ces mots et j’ai répété à plusieurs occasions « tout ce que Dieu me donne en responsabilités qui me sert tout seul ,que Dieu ne me l’accorde pas ; tout ce que Dieu me donne que je partage avec les populations, mes parents, que je partage avec le terroir, que Dieu me l’accorde».

Le Terroir : je vous remercie monsieur le maire.

AMB : c’est moi qui vous remercie monsieur Diop.

Propos recueillis par Daouda Abdoul Kader Diop
et transcrit par Habsatou Bâ (stagiaire)

Source : cridem

« La convocation du collège électoral est illégale» selon Ould Waghef ex-Pm

Waghef-ex pm
L’ancien premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waqef a déclaré dans une interview accordée au site Deyloul que les conditions techniques et politiques ne sont pas réunies aujourd’hui pour l’organisation d’élections en Mauritanie.

Selon le président du parti ADIL, l’organisation d’élections non consensuelles aura des dégâts considérables. Pour lui, le pays vit une crise profonde et multiforme.

Ce qui exige de tous les acteurs de la scène politique nationale de se concentrer et impose la nécessité d’arriver à un consensus national qui évite au pays les dangers.

Dans l’interview, Ould El Waqef a évoqué les points de vue de la CAP et de la Rencontre Nationale sur les élections prochaines et les conditions de leur participation.

Il a aussi parlé des relations de son parti et de son pôle politique avec la coordination de l’opposition démocratique et les réserves qu’ils portent sur la commission électorale indépendante.

Au cours de l’entretien, l’ancien PM a dénoncé l’usage par le pouvoir des moyens de l’Etat à des fins politiques et l’a qualifié du pire que le pays ait connu, qualifiant le slogan de lutte contre la gabegie de mensonge.

Alors que le phénomène gangrène plus que jamais le pays. Le président d’Adil a minimisé l’importance des projets que le pouvoir prétend entreprendre et critiqué la gestion des relations avec les pays voisins.

Ould Ahmed El Waqef a aussi évoqué dans l’entretien des erreurs que l’ancien Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi aurait faites et parlé des perspectives de l’avenir de la région à la lumière des événements qui se déroulent en Egypte, en Tunisie, en Libye et au Mali.

Source : Le Calame (Mauritanie)

Yahya Ould Ahmed El Waghf, président du parti ADIL, dans une interview exclusive

waghef-rimweb

Le Calame :   La CENI poursuit activement les préparatifs en vue des prochaines élections. Pensez-vous que les Mauritaniens voteraient à la date fixée par la commission électorale ?

Yahya Ould Ahmed El Waghf: Le chronogramme que la CENI a présenté à la commission chargée du suivi du dialogue, il y a environ deux mois, prévoyait l’organisation du premier tour des élections au premier octobre. Au vu de l’état actuel de préparation, il me semble que la date fixée par la CENI peut difficilement être respectée. Il faut souligner que cette date n’est pas un objectif en soi. Nous avons reporté les élections pour pouvoir les organiser dans des conditions qui permettent qu’elles soient libres, sincères et transparentes. Ces conditions ne sont pas encore réunies. La CENI doit continuer à préparer les conditions techniques de la façon la plus professionnelle et la plus consensuelle possible, pour gagner la confiance de toutes les parties. Parallèlement à l’action de la CENI, les acteurs politiques doivent continuer leurs efforts pour trouver une issue à la crise politique. Une élection qui n’est pas largement consensuelle ne peut qu’aggraver la crise politique.

 

Sans ce consensus auquel vous appelez tous au niveau de la CAP – AP, l’alliance ira-t-elle aux élections avec la majorité, sans la COD?

Le consensus politique est souhaitable, particulièrement dans notre contexte actuel. Il n’est cependant pas indispensable. Nous ne pouvons pas conditionner notre participation aux élections au consensus de toutes les forces politiques. La participation aux élections doit être liée aux conditions dans lesquelles elles sont organisées. Les conditions de transparence sont-elles garanties ? L’égalité des chances est-elle assurée ? La volonté des électeurs sera-t-elle respectée ? L’Etat est-il instrumentalisé par l’une des parties ? Si toutes les conditions sont réunies, tous les partis politiques participeront aux élections. Au terme du processus de préparation des élections, les partis politiques et les groupements de partis politiques décideront de participer ou non aux élections, en fonction des réponses qu’ils apporteront aux précédentes questions.

 

L’initiative du président Messaoud que vous soutenez au niveau de l’AP a été officiellement lancée, le 23 juin. Quelle sera alors la prochaine étape ?

L’initiative du Président Messaoud Ould Boulkheir continue de bénéficier d’une large adhésion de la part du peuple mauritanien. Elle est aujourd’hui perçue comme l’unique solution à la crise politique que vit notre pays. Comme nos politiques ont perdu leurs « muses », il faut de l’inspiration pour les exhorter à être plus sage et à placer l’intérêt du pays au dessus de leurs ambitions personnelles. L’initiative du Président Messaoud, « la Mauritanie d’abord », s’est donnée cet objectif. Après avoir gagné la confiance des deux protagonistes, la majorité présidentielle et la coordination de l’opposition démocratique, elle envisage organiser des concertations entre les différentes parties en vue de construire un consensus national de nature à permettre l’organisation d’élections libres et transparentes avec la participation de tous. Le soutien de cette initiative rassemble des forces politiques et des organisations de la société civile qui entendent œuvrer pour s’élargir à tous les mauritaniens et persévérer dans cette démarche de recherche du consensus jusqu’à ce qu’une solution à la crise politique soit obtenue avec l’accord de tous les protagonistes.

 

En dépit des réponses qualifiées de positives de la COD et de la majorité présidentielle, les deux camps continuent la surenchère qui ne favorise pas la mise en œuvre de cette initiative. Pensez-vous que le président Messaoud ira jusqu’au bout de sa démarche ?

Le Président Messaoud a demandé aux deux parties d’arrêter la surenchère et d’accepter de se retrouver autour de la table avec le Rassemblement pour l’Initiative de Messaoud pour une concertation de nature à construire un consensus de toutes les forces politiques. Toutes les démarches initiées par le RIM jusqu’à maintenant prouvent que ce rassemblement est sérieux et qu’il ira jusqu’au bout.

 

Dans cette atmosphère marquée par la surenchère, que peut faire le président Messaoud, malgré sa détermination, pour convaincre la COD et la CMP de la nécessité de s’asseoir autour d’une table ?

Au début, personne n’avait imaginé que cette initiative pouvait avoir la moindre chance de succès, étant donné le fossé qui séparait les deux protagonistes. Les réponses positives des deux parties, exprimant leur disponibilité à la participation à une concertation autour de l’initiative, leur participation au meeting de Nouakchott et les fortes mobilisations à Nouakchott et à Nouadhibou en faveur de l’initiative montrent que le Président Messaoud parviendra à convaincre la COD et la CMP à s’asseoir autour de la table et à trouver un consensus. Il en a la volonté et dispose de l’appui de tout le peuple mauritanien.

 

A votre avis, en quoi un gouvernement d’ouverture de quelques trois mois pourrait-il garantir la transparence des élections ?

Beaucoup ont tendance malheureusement à identifier l’initiative au gouvernement de large consensus. L’initiative constitue une analyse objective des problèmes structurels et conjoncturels du pays. Elle considère que la priorité première est l’organisation d’élections libres et transparentes avec la participation de tous. Pour atteindre ce premier objectif, un consensus est nécessaire. Ce consensus concerne le cadre institutionnel et juridique de l’organisation de ces élections et son schéma de mise en œuvre. Le gouvernement constitue l’un des instruments pour une supervision consensuelle du processus. La question de la durée fait partie des questions à discuter et le délai minimal consensuel doit garantir la transparence des élections. Il faut un consensus sur le calendrier électoral, un consensus sur le cadre juridique et institutionnel et consensus sur la formation des institutions en charge de la supervision des élections (gouvernement, CENI, médias publiques).

 

Après Dakhlet Nouadhibou et Rosso, le président Aziz est annoncé du côté des régions de l’Est. Direz-vous qu’il est déjà entré en campagne ?

Je dirai qu’on n’est jamais sorti de la campagne. Je pense qu’avec les visites et les nominations, aussi bien des notables que des jeunes, la campagne prend une nouvelle allure.

 

Certains observateurs suspectent l’opposition ne pas vouloir réellement aller aux élections. Etes-vous de cet avis ?

Je n’ai pas vu beaucoup de partis qui veulent réellement aller aux élections, tant du coté de l’opposition que du coté du pouvoir. Tous les partis sont conscients du danger que présentent des élections non consensuelles.

 

A Nouadhibou le président a réaffirmé sa volonté de poursuivre la lutte contre la gabegie. Pensez-vous que la manière dont-il la conduit est   la meilleure ?

La lutte contre la gabegie suppose la mise en place d’institutions crédibles et disposant des compétences requises pour lutter contre un fléau qui compromet le développement du pays. Jusqu’ici la lutte contre la gabegie n’a jamais dépassé le discours politique, un discours qui devient de plus en plus inaudible et de moins en moins crédible.

Propos recueillis par Dalay Lam

 

Source : Lecalame

Entretien avec Biram Dah ABEID, Président d’IRA- Mauritanie

Entretien avec Biram Dah ABEID, Président d’IRA- Mauritanie

Afrikum@.org–Dans cet entretien exclusif avec le Président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) de Mauritanie, Biram Abeid Dah revient sur son engagement, les difficultés rencontrées par son mouvement et le dernier manifeste des hratines. Qu’en est-il de sa rencontre avec Obama à Dakar ?

« Le Hartani et le Bidhani racontent deux destinées différentes, opposées, que seule l’égalité parfaite concilierait un jour. »

Votre présence à Dakar coïncide avec celle d’Obama, Ira s’investit-elle dans la diplomatie?

La diplomatie d’Ira s’est développée dans un environnement d’adversité très particulier. Dans ce contexte, Ira a marqué des points importants car notre résistance juridique basée sur le droit international a impressionné les mauritaniens des couches défavorisées, des intellectuels. Elle a acquit le respect des organismes internationaux, des ONG, des représentations diplomatiques. Ma présence ici à pour objet d’animer le symposium organisé par IRA, section Dakar, et d autres agendas dont la présence du président américain qui est aussi importante.

Y a-t-il audience avec le président américain ?

Je pense qu’au stade actuel des choses je préfère garder le silence jusqu’ à la fin de la visite du président Américain.

Quelles sont les difficultés rencontrées par Ira sur le terrain aujourd’hui ?

Ira rencontre plusieurs difficultés sur le terrain. Mais heureusement l’étau s’est desserré autour d’Ira. De fait, l’organisation a gagné haut la lutte autour de la sacralité du code noir, du code négrier, des livres esclavagistes en Mauritanie. Cette bataille qui a été dure , nous a imposé un régime de détention, de privation de libertés et d’isolement, qui est l’ un des plus durs ; c’est une arrestation très violente qui a mis en scelle des forces d’élites, de la police et de l’armée, mauritaniennes qui ont cerné tout un quartier, ils ont arrosé le quartier où j’habite, de grenades lacrymogènes et de bombes assourdissantes, parfois de balles réelles. Ainsi, ils ont procédé à une opération musclée, pour faire douter les humbles populations de voir l’espoir poindre à l’horizon à travers l’engagement et l’activisme d’IRA. Je pense que cette bataille a mis en branle une campagne de diabolisation internationale de la part de l’Etat Mauritanien, par média interposés ; cette campagne de terreur sans précédent a été déjouée par notre détermination. Or, la bataille, nous avons fini par la gagner avec le prix internationaux dont le dernier est le prix Front Line Defenders qui m’a été décerné le 3 mai dernier par le président Irlandais. Cette distinction est l’une des plus prestigieuses qu’un militant des droits de l’homme puisse obtenir. C’est une reconnaissance internationale, le jury aussi est international, les bailleurs de fonds et les soutiens comme l’EU et les grandes puissances démocratiques, tout cela n’est pas peu. Je peux dire que l’étau s’est vraiment desserré autour d’IRA. Malgré tout cela et surtout notre forte popularité à travers le monde, Ira reste toujours interdite par les autorités mauritaniennes et nos activités restreintes ; notre coopération avec les organismes Biraminternationaux et les Etats dans le monde demeure fortement limitée à cause de notre défaut de reconnaissance. Les difficultés sont énormes en Mauritanie en ce sens que les groupes dominants qui ont fondé leur mode de vie sur l’esclavage, la prédation des droits de l’homme, impriment, à l’Etat, un cachet raciste et esclavagiste. Ce système maintient une grande partie de la population dans les chaînes de l’esclavage et/ou de la marginalisation, du fait de la couleur de la peau et de la naissance. Tout ce que je viens de dire représente, entre autres, des difficultés énormes qu’il faudrait dépasser un jour. Pour ce faire, il y a un travail à mener au quotidien ; C’est ce qu’Ira fait. Aujourd’hui, le groupe minoritaire arabo-berbère détient tous les pouvoirs politique, économique, militaire, intellectuel et religieux en Mauritanie. Cette entité factice n’a pas rompu la chaîne de solidarité des pratiques esclavagistes, malgré notre activisme destiné à ce groupe et à tous les autres …Cet agglomérat compact est toujours dopé par les privilèges illicites qui découlent de l’état de fait, de nature raciste ; de telles faveurs sont taillées par le feu, le sang et la terreur sur le flanc ensanglanté des hratines et des noirs de Mauritanie.

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Vous dites souvent qu’il faut couper les têtes du serpent, l’opposition classique et le pouvoir. Pensez-vous qu’il y a une troisième voie ?

Bien sur. Ira à inventé la troisième voie. Je considère que l’opposition et le pouvoir sont issus d’un même système. Ce sont deux faces d’une même pièce de monnaie. Leur contradiction est pour nous une querelle d’enfant gâté autour d’un héritage illicite. Je pense qu’ils utilisent les mêmes instruments, la même rhétorique, par exemple leur unanimité à élever à la sacralité des livres que nous avons incinérés le 27 avril 2012. Cet acte symbolique à suscité, en leur sein, puis contre eux, une véritable levée de bouclier, comme disent les journalistes. Il y a des passages et des routes qui sont déblayés avec ce courage et la détermination des membres d’IRA à braver les obstacles, afin de briser les chaînes de l’esclavage des consciences. Dans les grandes lignes, l’Etat mauritanien sert encore les intérêts des esclavagistes et obscurantistes du XXI siècle, autour de dogmes religieux dont le détournement initial, voire la fabrication, porte la volonté manifeste d’instaurer l’inégalité entre les musulmans. Il n y a de différence : l Etat mauritanien reste au service, quasi exclusif de la minorité arabo-berbère ; le négationnisme de l’esclavage, les préjugés ethniques contre les noirs, l’assimilation forcée des hratines, ce sont les manifestations quotidiennes, banalisées, de cette préférence ; Je pense que le partage entre le pouvoir et l’opposition partisane relève d’une complicité nécessaire par delà les divergences de forme, pour que le système se perpétue. C’est bonnet blanc et blanc bonnet. A y regarder de près, tous ceux qui sont reconnus et réputés liés à la pratiques du racisme et de l’esclavage se trouvent dans les deux camps, celui de l’opposition et celui du pouvoir. Idéologiquement le rapport entre opposition et pouvoir en Mauritanie, est synonyme de contradiction sur l’accessoire et de consensus sur le fond : l’autorité matérielle et le leadership moral appartiennent, de droit et de fait, à l’ethnie des Bidhanes ; qu’elle soit minoritaire n’y change rien.

Quelle est la position de Biram en ce concerne le dernier manifeste des hratines du 29 avril dernier, vous aurez quitté la salle, pour divergence avec certains passages qu’en est-il vraiment?

Au nom d’Ira, j’ai participé à la rédaction du document ; on l’a rédigé selon la vison qui peut être une rupture, une nouveauté. Mais à notre grande surprise lorsque le document se lisait dans la salle, il s’est avéré qu’il a subi des modifications, il a été travesti, on a tordu le coup à la substance du message. Et de manifeste hratine, il s’est transformé en manifeste bidhane. C’est donc un manifeste des groupes dominants, parce que j ai senti puis vu, dans mon dos, l’empreinte des plus brillants laudateurs du système Ould Abdel Aziz ; ce sont des gens reconnus pour leur faux témoignage et introduits comme faire-valoir parmi les hratines, pour combattre ceux qui luttent contre l’esclavage et semer la discorde ; j ai vu devant moi un peloton de la Coordination de l’opposition Démocratique(COD), des pseudo militants de la lutte abolitionniste et pourtant prompts à s’afficher, en concurrence avec le pouvoir du moment, dans le soutien aux esclavagistes, quant il le faut. Donc je reproche à un tel document d’avoir neutralisé la charge réformatrice contre le rite esclavagiste, les dogmes esclavagistes, contre les livres négriers et racistes, ceux que nous avons brulés.

Je reproche à ces pages attiédies de ranger les hratines, dans la communauté arabe de Mauritanie ; pour nous, notre identité plurielle, à la fois africaine, arabo-berbère et islamique, nous résume moins que le legs spécifique, exceptionnel de notre oppression à travers les siècles ; en cela, il est une insulte et une infamie de nous réduire à figurer dans l’histoire des maitres, nous figer comme appendice de leur anthropologie. Le Hartani et le Bidhani racontent deux destinées différentes, opposées, que seule l’égalité parfaite concilierait un jour.

Nous n’acceptons guère, une identité par décret politique de la part de nos anciens bourreaux qui veulent toujours reconduire une majorité artificielle en Mauritanie pour justifier l’accaparement du pouvoir et la sujétion des autres communautés. Nous refusons que les hratines soient instrumentalisés que leur identité soit manipulée. Et c’est vraiment dommage que le document ait entériné ce grand dogme du pouvoir et des groupes dominants qui exploitent les hratines ! Nous reprochons à ce document le fait qu’il n’ait pas mis l’accent sur l’esclavage. C’est finalement un document qui se focalise sur les séquelles de l’esclavage, donc opportuniste ; cette déviation porte la marque de cadres et de mouvements hratin opportunistes, des activistes et cadres tout simplement instruits qui se sont trop vite rêvés révolutionnaires. Certains d’entre eux nourrissent, depuis des décennies, le terreau de l’opportunisme en Mauritanie. Vraiment là ou le bas blesse c’est l’élite qui marchande au nom des autres en brisant ainsi l’espoir des couches défavorisées, sans défenses …Je considère que la lutte des hratines ne peut pas être abrégée à la production de documents. Si vraiment c’est un document des hratines, il devrait mettre l’accent sur les luttes des hratines sur le terrain et reconnaître, par exemple, le rôle insigne de Ira et d’autres organisations abolitionnistes et antiracistes en Mauritanie ; la démarche de rupture doit être réelle et théorisée…À mon humble avis, il n y a rien d’autre à faire que de devoir lutter contre toute forme de domination…Je ne puis admettre que des cadres et organisations se prennent pour des portes- parole d’une communauté alors qu’ils n’ont rien donné de leur temps, consenti aucun sacrifice pour défendre l’idéal tapageusement revendiqué. Je dis que le document à été détourné par les groupes dominants qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition et c’est pourquoi je me suis retiré et j’ai dit bon vent à ces continuateurs s’ils peuvent réussir la lutte au profit des plus humbles, sans arpenter, pour autant, les vrais chemins qui mènent vers la liberté.

De plus, le document à entériné une propagande relative au coup d’Etat de 1987 fomenté par les FLAM, selon la version officielle. Alors, cela relève plutôt du mensonge éhonté d’un système inique qui va nier jusqu’à l’existence d’une communauté et justifier la répression contre les négro- africains durant les années 87-89. En 1987, il n y’a pas eu de début d’exécution d’un coup d’Etat, soyons justes ! Certains officiers noirs ont pensé prendre le pouvoir, un point c’est tout! Et je considère que les FLAM étaient loin de ce putsch programmé.

Vous pensez que les mauritaniens doivent être livrés à une thérapie sociale?

Absolument, il nous faut une thérapie sociale dans le sens plein du terme. Il nous faut la refondation de l’Etat mauritanien. Tous les corps doivent être reconstruits, le corps des administrateurs, des officiers de la police judiciaire, des oulémas qui sont des vecteurs de la suprématie, de la vision d’une société archaïque. Il y a également les entités traditionnelles, les tribus, les clans dépositaires de l’idéologie de domination, dépositaire de systèmes de valeurs contraires aux normes des droits de l’homme et de démocratie, qui sont encore un trésor puissant et s’allient avec l’Etat pour sauvegarder leurs intérêts. Il nous faut guérir les descendants maîtres du complexe de supériorité généalogique, briser la mémoire tribale et ce, par le métissage, les unions exogamiques, un concept qui effraie tant parmi les Bidhanes, parce qu’il tend à briser la base eugénique de la domination.

Propos recueillis par Moulaye Ismaël KEITA et Ismaël Aidara à Dakar.

Mariem Mint Bilal, députée Nationale du RFD: Assemblée Nationale

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La COD ne participera pas à des élections dont la préparation technique n’est pas transparente et qui ne se dérouleront pas sous une supervision politique crédible’

Mariem Mint Bilal est une des voix féminines de notre l’Assemblée Nationale, élue en 2006 sous les couleurs du RFD. A la chambre basse du Parlement, ses interventions sont très pertinentes et pondérées. Elle prend le soin, comme tout député normal, d’étudier ses dossiers avant les plénières. Rien d’anormal puisque ce cadre de la SOMELEC dispose d’un important background.

Titulaire d’un master en gestion- administration des projets de l’Université Internationale de la Francophonie (Université Senghor d’Alexandrie, Egypte) et d’une maîtrise en Informatique de gestion de l’Institut Supérieur Scientifique (ISS) de Nouakchott, Mint Bilal dispose d’une solide formation dans les thématiques de pointes : mondialisation et marché du travail, économie politique et gestion des compétences.

Des formations suivies au Canada, en Italie et en France. La députée du RFD a accepté de répondre cette semaine aux questions du Calame.

Le Calame : Depuis quelques temps, Ould Abdel Aziz fait des tournées à l’intérieur du pays que les observateurs assimilent à une campagne électorale avant l’heure. Ne pensez-vous pas qu’il a démarré déjà sa campagne?

Mariem Mint Bilal : En réalité, la campagne électorale de Ould Abdel Aziz ne s’est jamais arrêtée depuis son accession au pouvoir en 2008. Souvenez-vous qu’après son deuxième coup d’état, il a mis en marche une campagne à candidat unique pendant une année. Ensuite, après avoir fixé unilatéralement la date des élections présidentielles au 6/6, il a continué sa campagne avec les moyens moraux et matériels de l’Etat avant de reprendre sa troisième campagne après les accords de Dakar.

Il s’agit évidemment de trois campagnes pour une même élection ; des campagnes ne coûtant qu’au trésor mauritanien et aux efforts des fonctionnaires de l’Etat. Aujourd’hui, l’administration s’est transformée, dans toutes ses dimensions (régalienne, coercitive, financière), un outil de chantage aux mains du pouvoir actuel pour continuer la confiscation du pays. A la fin d’un premier mandat de populisme caractérisé, je ne suis point surprise de voir Ould Abdel Aziz reprendre les mêmes pratiques.

-Gardez-vous l’espoir de voir l’opposition et le pouvoir parvenir à un consensus autour de l’initiative du président Messaoud ?

Je tiens à rappeler qu’aujourd’hui, plus que jamais, les Etats ne peuvent être gérés dans la paix et la concorde qu’à travers des consensus permettant d’éviter l’exclusion et l’unilatéralisme.

Pour cette raison, au RFD, nous sommes toujours ouverts à la réalisation d’un consensus national susceptible de sortir le pays de la crise multiforme née de la gestion militaire et patriarcale de l’Etat. Toutefois, nous constatons que le pouvoir rejette toutes les initiatives et propositions visant ce consensus.

-Si le pouvoir et l’opposition se mettent d’accord pour organiser des élections consensuelles, Mariam Mint Biial serait-elle candidate pour une deuxième législature ?

En cas de consensus, mon éventuelle candidature – comme celle de 2006- dépend des décisions des instances de mon parti, le RFD.

-Sans un accord politique entre les différents acteurs politiques, le pouvoir aurait-il un quelconque intérêt à organiser, seul, des élections à la date fixée par la CENI ?

Quand un pouvoir se cantonne dans le court terme et ne possède pas de vision intégrant les dangers de l’exclusion, des combines stériles et des démocraties de façade, il privilégie des résultats escomptés à travers des élections faites sur mesure. Quant à nous, nous ne cesserons de tirer la sonnette d’alarme sur les risques graves rattachés à cette option ; risques amplifiés par un contexte géopolitique régional profondément sensible.

– A votre avis, quelle pourrait être la réaction de l’opposition démocratique dans ce cas ? On a évoqué un boycott actif. Pensez-vous que l’opposition a les moyens de se mesurer au pouvoir ?

La COD ne participera pas à des élections dont la préparation technique n’est pas transparente et qui ne se dérouleront pas sous une supervision politique crédible dotée d’institutions électorales fiables et assorties de garanties de la neutralité de l’Etat et des attributs de la puissance publique.

Si Ould Abdel Aziz décide d’organiser des élections sans tenir compte de l’opinion nationale, la stratégie de résistance de la COD vous sera communiquée au moment opportun.

-En cas d’accord politique, les élections en vue pourraient-elles se tenir à la date prévue ? Sinon, que faudrait-il faire ?

-L’accord lui-même devra trancher cette question relative à la date consensuelle qui sera retenue.

-L’accord politique intervenu, en octobre, 2011, entre le pouvoir et des partis de l’opposition prévoit une liste nationale de femmes. Est-ce le résultat d’un combat des femmes ou simple discrimination positive ?

Ni l’un ni l’autre car, ni le combat politique des femmes ni la discrimination positive ne peuvent expliquer la régression du quota de représentation des femmes aux postes électifs, notamment parlementaires. En effet, la liste nationale de 20 femmes sur un total de 153 députés (càd 13%) est venue se substituer au quota des 20% consacrés depuis 2006.D’ailleurs, les femmes sans distinction de leur appartenance politique ont dénoncé cette régression.

-Que vous inspire la publication, en avril dernier, du Manifeste du Haratine qui ressemble fort à celui du négro mauritanien opprimé de 1986 ?

Il est important de souligner que toutes les composantes politiques du pays reconnaissent qu’il existe un problème de marginalisation d’une frange de la société qui est les Haratines.

L’appréciation de cette marginalisation passe de la reconnaissance de l’existence de l’esclavage en tant que pratique courante à ceux qui ne reconnaissent que les séquelles de cet esclavage. Vous conviendrez avec moi qu’il y a un problème réel lié à la question Haratine et qui doit être analysé pour obtenir des solutions définitives.

Les cadres Haratines, principaux concernés, devant l’adoption des différents pouvoirs de mesures inappropriées et inadéquates, ont décidé de décrire la situation et de suggérer des solutions concrètes qu’ils soumettent à l’appréciation de toute l’opinion nationale.

Le manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines est donc une contribution pour résoudre un problème structurel qui freine le développement, la concorde et l’épanouissement de notre pays depuis sa création.

-Ce document, comme celui de 86, met l’accent sur la cohabitation entre les différentes communautés du pays. Quelles mesures doivent prendre les pouvoirs publics pour solder définitivement les problèmes de la cohabitation des communautés des pays ?

Solder définitivement les problèmes de cohabitation des communautés de la Mauritanie est un programme non seulement légitime et ambitieux mais aussi impératif.

Nous avons besoin d’un seul système d’éducation accessible à tous, d’une égalité réelle devant la justice, d’une discrimination positive au profit de ceux qui accusent de grands retards dus à l’exclusion, d’une égalité des chances d’accès à l’emploi et à la promotion professionnelle, de l’élargissement du système de protection sociale. Ce sont les agrégats obligatoires pour renforcer l’appartenance à une nation unifiée.

Les Haratin, comme les négros africains sont sous représentés dans l’armée et les forces de sécurité. L’instauration d’un service militaire obligatoire que l’AJD/MR réclame ne devrait-elle pas, à vos yeux permettre de corriger ces dissonances et partant renforcer l’unité nationale ?

Je ne sais si le service militaire obligatoire contribue à réaliser l’unité nationale. Toutefois, je crois que des mesures isolées ne sont jamais productives. L’unité nationale dont l’importance n’est pas à démontrer, doit faire l’objet d’une approche globale et concertée.

En ce qui concerne le Haratines, leur sous représentation ne se limite pas au niveau de l’armée ou des forces de sécurité. Elle est remarquée dans les secteurs publics et semi-publics de manière générale. Leur intégration complète et équitable devrait s’effectuer à tous les niveaux de l’Etat pour mettre fin à toute forme d’exclusion.

-Où en sont les investigations de la commission parlementaire de l’opposition sur les présumés « scandales financiers » dont elle suspecte le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz ?

Je voudrais ici dire que toutes accusations portées contre le président ou des membres du gouvernement et qui sont sous-tendues par des éléments de preuve tels que des dossiers ou des éléments sonores doivent susciter des réponses convaincantes de la part du président ou du gouvernement. Ils doivent ces éclaircissements aux mauritaniens qu’ils gouvernent et à la justice qui aurait dû être dans son rôle et entamer les enquêtes nécessaires.

Devant le mutisme et l’indifférence du pouvoir exécutif et de la justice par rapport à ces scandales, les parlementaires de l’opposition, respectueux quant à eux de l’opinion nationale, ont pris sur eux la responsabilité de rechercher la vérité compte tenu du danger qu’il y a à être dirigé par des personnes qui font l’objet d’accusations aussi graves.

La commission d’investigation sur les biens mal acquis travaille sur un ensemble de dossiers liés au trafic de drogue, à la corruption, à la gestion irresponsable des ressources du pays (marchés conclus au mépris de l’intérêt général et pillage des finances publiques) ainsi qu’aux enregistrements sonores relatifs au blanchiment d’argent. Elle ne ménagera aucun effort pour établir la vérité dans la mesure du possible.

Propos recueillis par Dalay Lam