Cameroun: Ahmed Abba, correspondant de RFI, condamné à dix ans de prison ferme

Au Cameroun, le tribunal militaire de Yaoundé a prononcé, ce lundi 24 avril, une peine d’emprisonnement ferme de 10 ans à l’encontre du correspondant de RFI en haussa. La défense de Ahmed Abba qui clame toujours l’innocence de notre confrère a déjà annoncé qu’elle fera appel.

Ahmed Abba a été condamné à 10 ans de prison ferme, peine assortie d’une lourde amende de près de 56 millions de francs CFA. La décision du tribunal est tombée à 18h30, heure locale, au bout d’une longue journée d’attente dans l’enceinte du tribunal militaire de Yaoundé.

Le cauchemar a commencé en juillet 2015, au moment de son arrestation, à Maroua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Il y a eu ensuite plusieurs mois de détention au secret, à Yaoundé, durant lesquels il a été torturé. Ahmed Abba a dû attendre quatre mois pour enfin parler à son avocat et deux de plus avant que son procès ne commence.

La procédure s’est longtemps limitée à une série d’audiences de forme et d’innombrables reports. Ahmed Abba n’a été entendu par les juges qu’en mars dernier et la sentence est tombée la semaine dernière. Le tribunal militaire l’a jugé coupable de non-dénonciation et blanchiment du produit d’un acte terroriste.

Les preuves apportées par RFI ont en revanche permis de faire tomber l’accusation d’apologie. Les juges ont reçu une copie de tous les travaux produits par Ahmed Abba et nulle part on ne trouve de traces de propagande.

Le journaliste risquait la peine de mort. Ses avocats ont réussi à ramener la peine à dix ans de détention – le minimum dans les cas de blanchiment – en mettant en avant la conduite exemplaire d’Ahmed Abba depuis son arrestation et le fait qu’il n’ait jamais été impliqué dans la moindre affaire.

Ahmed Abba a commencé à travailler en 2010 dans cette région très sensible qu’est l’Extrême-Nord du Cameroun – une zone régulièrement visée par Boko Haram – mais le journaliste n’envisageait pas de travailler ailleurs. D’abord cameraman, il est devenu en 2014 correspondant de RFI en langue haoussa et durant toutes ces années, il n’a rien fait d’autre que son travail de journaliste.

■ Communiqué de RFI

Condamnation d’Ahmed Abba: RFI consternée, les avocats font appel

RFI est consternée par le verdict du tribunal militaire de Yaoundé qui vient de condamner Ahmed Abba, son correspondant en langue haoussa au Cameroun, à 10 ans de prison ferme. Il s’agit de la peine minimale pour le motif de « blanchiment de produits du terrorisme » retenu contre lui. L’accusation d’« apologie du terrorisme » avait été écartée en raison des preuves irréfutables fournies par RFI (la traduction de l’ensemble des productions d’Ahmed Abba sur son antenne en haoussa).

Les avocats d’Ahmed Abba font appel de cette décision incompréhensible.

Alors qu’aucune preuve n’a été apportée au dossier, cette condamnation est celle d’un journaliste qui n’a fait qu’exercer son métier.

Au-delà de la condamnation d’Ahmed Abba, c’est la liberté d’informer et d’être informé qui est mise en cause. RFI en appelle à la mobilisation générale de tous ceux qui dans le monde se battent pour défendre ce droit fondamental.

Source: RFI

Libye : mandat d’arrêt de la CPI contre l’ex-chef de la sécurité de Khadafi

La Cour pénale internationale (CPI) a rendu public lundi un mandat d’arrêt lancé contre l’ex-chef de la sécurité du défunt leader libyen Mouammar Kadhafi, l’accusant de crimes de guerre en 2011.

Le mandat, qui date de 2013 mais était scellé, accuse Mohamed Khaled al-Touhami, ancien chef du service de sécurité intérieure libyen, de sept chefs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, comme torture, emprisonnement et persécution « afin d’écraser par tous les moyens l’opposition politique au régime de Kadhafi« , selon un communiqué de la Cour, basée à La Haye.

AFP

 

Source : L’Orient-Le jour

Le DG de Radio Mauritanie accusé de corruption

Des sites électroniques accusent le Directeur général de Radio Mauritanie de corruption en ce sens qu’il aurait soudoyé plusieurs journalistes, contre le retrait sur leur page électronique, du communiqué diffusé par le Conseil scientifique des deux stations, « Mahdara » et « Quran karim ».

Ce communiqué accuse le directeur général d’avoir sabordé ces deux importantes stations de Radio Mauritanie depuis son arrivée à la tête de l’institution. Dans la foulée, le DG est accusé de dilapider les ressources de la radio pour soi-disant préparer la visite du président Mohamed Abdel Aziz à Nouadhibou.

Ainsi, la grogne serait aujourd’hui à son summum à Radio Mauritanie où le personnel déclare que jamais dans la vie de l’institution les conditions de travail et la qualité de la production n’ont atteint un tel état de délabrement et de concupiscence.

Trafic d’influences, marginalisation des compétences, perte des valeurs morales et des normes administratives seraient actuellement les traits dominants dans la gestion du personnel dans cette direction.

Ahmed. B

Source : L’Authentique

RDC : Kinshasa dévoile une vidéo présentée comme celle de l’assassinat des experts de l’ONU

Le gouvernement et la police de RDC ont montré ce lundi à la presse une vidéo présentée comme celle de l’assassinat de Michael Sharp et de Zaida Catalan, deux experts de l’ONU tués en mars au Kasaï, dans le centre du pays.

« C’est à titre pédagogique » que cette vidéo d’au moins cinq minutes a été dévoilée, ce 24 avril, à plusieurs responsables de presse à Kinshasa, selon Ivan Vangu, conseiller au ministère congolais de la Communication et des médias.

Selon l’AFP, qui a visionné ladite vidéo, on y voit un homme et une femme blancs, qui correspondent au signalement des deux experts onusiens, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan. Ils sont entourés par sept personnes parlant tshiluba, la langue dominante au Kasaï, coiffés de bandeaux rouges et armés de machettes, de bâtons, et pour l’un, d’un fusil hors d’âge.

Par le biais d’un interprète hors champ, les hommes en armes promettent d’indiquer aux deux experts de l’ONU l’emplacement de fosses communes dans la brousse. Apparemment inquiet, l’homme blanc demande à l’interprète, dans un français avec un fort accent anglophone : « Pourquoi sont-ils armés et nerveux ? »

La vidéo montre l’exécution des deux experts

Rapidement, les deux étrangers sont contraints de s’asseoir par terre. Un coup de feu tiré par une arme hors champ part et atteint l’homme à la poitrine. Une voix ordonne en français « Tirez ! ». La femme se jette vers l’homme comme pour le protéger mais une balle l’atteint dans le dos. La voix hurle « Tirez ! ». Trois autres coups partent.

La même voix hors champ ordonne alors en tshiluba : « Ne gaspillez plus les munitions, coupez la tête. Coupe d’abord les cheveux qui vont renforcer mon pouvoir. » On voit alors un adolescent couper la tête de la jeune femme.

Nous n’avons pas pu voir les visages de ces présumés miliciens Kamwina Nsapu.

« Visiblement, la machette n’était pas bien aiguisée. Sur la vidéo, on voit le bourreau demander une autre [machette] pour continuer son acte », explique à Jeune Afrique un journaliste qui a visionné la séquence. « Mais, nous n’avons pas pu voir les visages de ces présumés miliciens Kamwina Nsapu« , précise-t-il.

Kinshasa accuse les miliciens Kamwina Nsapu

« Voici comment opèrent les hommes de Kamwina Nsapu », a expliqué devant la presse Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Pour les autorités de la RDC, il n’y a donc plus de doute : « Ce sont bien ces terroristes de Kamwina Nsapu qui ont tué les deux experts de l’ONU, mais aussi les 39 policiers congolais tombés, eux, fin mars dans une embuscade dans le Kasaï », soutient Lambert Mende, appelant à l’éradication de ce terrorisme « par tous les moyens ».

Selon le porte-parole du gouvernement, un de quatre accompagnateurs congolais de deux experts de l’ONU a été également tué. « Nous continuons à chercher les trois autres », a-t-il dit à Jeune Afrique, soulignant que certains miliciens ayant participé à ces assassinats ont été arrêtés.

Le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise, a de son côté indiqué à la presse que les autorités avaient mis la main sur cette vidéo « grâce à la perspicacité de la police scientifique », sans en préciser les modalités.

« La vidéo a été envoyée à un des contacts des terroristes pour qu’elle soit diffusée sur les réseaux sociaux. Nos services l’ont interceptée et, grâce à la géolocalisation, nos services ont pu remonter la filière pour arrêter des terroristes, auteurs de l’assassinat des experts de l’ONU », a ajouté Lambert Mende.

Source: jeuneafrique.com

Tension entre le Maroc et l’Algérie à propos d’un groupe de migrants

Nouvelle montée de tension entre le Maroc et l’Algérie. Cette fois, à propos d’une cinquantaine de migrants syriens qui auraient été acheminés à la frontière marocaine par des soldats algériens depuis une semaine, selon des ONG de ce pays, notamment le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem). Le ministre marocain des Affaires étrangères a convoqué, il y a deux jours, l’ambassadeur algérien à Rabat pour lui faire part de la « profonde préoccupation » du royaume. Et ce dimanche, le ministre algérien des Affaires étrangères a, à son tour, convoqué l’ambassadeur du Maroc pour lui signifier « le rejet catégorique » par Alger des accusations portées par Rabat.

Source: RFI

Les auteurs du ‘’ hold up’’ de l’agence BMCI de Tevragh Zeina arrêtés

La police nationale a appréhendé trois (3) des auteurs suspectés d’avoir commis le 7 avril courant un vol à main armée au niveau de l’agence de la Banque Mauritanienne pour le Commerce et l’Investissement (BMCI) de Tevragh Zeina au quartier dit du centre émetteur à Nouakchott.

S’agissant des faits, l’officier Ali Ould Limam, commissaire de la police judiciaire a précisé que le vendredi 7 avril courant un gang criminel crapuleux composé de quatre éléments armés a commis un vol à main armée au niveau de l’Agence BMCI du quartier dit du Centre émetteur à Nouakchott et a pu voler, sous la menace des armes, un montant de 29 millions 870 mille ouguiya avant de prendre la fuite.

Une fois informée, la police s’est rendue immédiatement sur les lieux pour faire le constat de la situation. Une enquête a été ouverte sous l’autorité du Parquet général et sous la supervision directe de la direction générale de la sûreté nationale et de la direction régionale de la sûreté de Nouakchott Ouest.

A l’issue de 15 jours d’investigations, soit vendredi 21 avril précisément, nous avons appréhendé, dit l’officier Ould Limam, trois des membres de la bande, qui ont reconnu leur forfait. Le montant volé a été récupéré et les armes et le véhicule qui ont servi pour l’opération ont été confisqués.

Les auteurs présumés se trouvent actuellement sous enquête sous l’autorité du Parquet général au commissariat et seront déférés au terme des procédures de cette enquête. Un seul des membres du gang demeure encore en fuite. Mais son identité est connue et son arrestation n’est qu’une question de temps.

Le commissaire Abdallahi Ould El Moubarak, directeur de la sureté régionale de la wilaya de Nouakchott Ouest a, dans une déclaration à la presse, indiqué que l’opération, du point de vue sécuritaire ne mérite pas tout le battage médiatique dont elle a fait l’objet car ce genre de crime se produit dans les grandes villes et nous ne sommes pas à l’abri de ce qui se passe dans le monde.

Il a précisé que la ville de Nouakchott a connu une grande extension ces dernières années au regard du développement des infrastructures. C’est pourquoi l’appareil sécuritaire s’attend à ce que de telles opérations puissent se produire mais reste prêt pour y faire face et a pu assumer correctement sa mission par rapport à cette affaire.

 

Source: AMI

Sahel : sur la piste des jihadistes… comment Barkhane traque Ag Ghaly, Belmokhtar et les autres

Malgré la traque acharnée des services de renseignements français, américains et ouest-africains, les groupes islamistes sont toujours actifs dans la sous-région du Sahel. Et se paient même le luxe de narguer les autorités.

«Si on le trouve, on le liquide ! » Depuis le déclenchement de l’opération Serval, au Mali, en janvier 2013, cette phrase lapidaire, toujours prononcée off the record, revient régulièrement dans la bouche de hauts responsables français, dès qu’il est question du Touareg Iyad Ag Ghaly. « Il nous faut juste le dénicher… », ajoutent-ils souvent.

Voilà en effet des années que le chef d’Ansar Eddine, tel un fennec connaissant le moindre terrier de l’immensité saharienne, parvient à déjouer toutes les tentatives de neutralisation. Le 2 mars, après plusieurs mois de silence radio, il s’est même payé le luxe d’apparaître dans une vidéo aux côtés des principaux chefs jihadistes opérant au Mali.

Il ne doit son salut qu’au soutien des services algériens

Les cinq hommes y annonçaient la fusion de leurs katibas respectives sous son commandement et sous la bannière noire d’Al-Qaïda. Avec son chèche sombre et sa barbe broussailleuse, le Ben Laden malien, visiblement peu affaibli par des années de clandestinité, y clame en arabe qu’il ne laissera aucun répit aux « croisés » et à leurs alliés.

Beaucoup de figures recherchées

Une énième provocation, mais surtout une nouvelle occasion manquée de lui mettre la main dessus. « Il ne doit son salut qu’au soutien des services algériens », souffle-t-on au ministère français de la Défense, où l’on pense que l’ex-séparatiste touareg converti au jihadisme pourrait se cacher, avec sa famille, à Tinzawaten, une localité algérienne frontalière de son fief d’Abeïbara, dans l’extrême nord-est du Mali.

Protégé par Alger, Iyad Ag Ghaly ? En tout cas, ce notable respecté de la tribu des Ifoghas échappe toujours aux services de renseignements occidentaux, maliens et à ceux de la sous-région, comme tant d’autres figures du jihadisme sahélo-saharien : Abou Yahya Al Hamman, l’émir d’Aqmi pour le Grand Sahara ; Hamadoun Koufa, le chef de la katiba Macina d’Ansar Eddine ; ou encore Abou Hassan Al Ansari, le leader d’Al-Mourabitoune au Mali – tous présents sur la vidéo du 2 mars aux côtés d’Ag Ghaly.

Sans oublier Abou Walid Al Sahraoui, l’émir de l’État islamique au Sahara, Ibrahim Malam Dicko, qui sème la terreur dans le nord du Burkina Faso, et le plus célèbre d’entre eux, responsable de nombreuses attaques meurtrières dans plusieurs pays de la sous-région : Mokhtar Belmokhtar, dont personne n’est en mesure d’indiquer aujourd’hui s’il est mort ou vivant.

Frappes aériennes

Réfugié en Libye, Belmokhtar, alias le « Borgne », a été visé par deux frappes aériennes en deux ans. La première, le 13 juin 2015, a été menée par des bombardiers F15 américains contre une ferme de la région d’Ajdabiya, à quelque 150 km au sud-ouest de Benghazi. « Les services de renseignements américains détenaient des clichés montrant qu’il était sur place deux jours plus tôt », assure une source militaire française.

La seconde, le 14 novembre 2016, a ciblé des maisons dans la région de Sebha, dans le Sud-Ouest libyen, et aurait été effectuée par des Rafale français, bien que Paris se soit toujours refusé à confirmer cette opération. « Nous n’avons plus aucune information sur lui depuis le bombardement d’Ajdabiya. Et lorsque nous interrogeons des membres d’Al-Mourabitoune, ils prétendent ne rien savoir à son sujet », poursuit la même source.

Opération Serval

D’autres, avant lui, ont bel et bien été éliminés : Abou Zeïd, Omar Ould Hamaha (dit « Barbe rouge »), Ahmed Al Tilemsi, Abdelkrim Al Targui… Au cours des premiers mois de l’opération Serval, plusieurs chefs jihadistes majeurs ont ainsi été « neutralisés » par les militaires français. La plupart étaient étiquetés « High Value Individuals » – « individus de haute valeur » –, selon le vocable militaire occidental.

Le 7 mars 2014, un document de la Direction du renseignement militaire (DRM), révélé par Le Monde, recensait dix-sept HVI au Sahel, au premier rang desquels Iyad Ag Ghaly. Si de hauts responsables au ministère de la Défense affirment qu’un tel listing relève du « fantasme », des exécutions ciblées de jihadistes ont pourtant été reconnues par François Hollande lui-même dans le livre Un président ne devrait pas dire ça, des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Manque de moyens

Quatre ans après le déclenchement de l’opération Serval, la traque du chef d’Ansar Eddine et de ses « frères » jihadistes reste d’actualité. En raison du manque de moyens de leurs alliés africains, les services de renseignements occidentaux, en particulier français, en demeurent le principal fer de lance.

 L’objectif n’est pas de tuer pour tuer, mais avant tout d’éliminer X ou Y parce qu’il constitue un rouage essentiel de l’adversaire

Dans cette vaste zone couvrant plusieurs millions de kilomètres carrés, de Bamako au sud libyen en passant par l’Adrar des Ifoghas et le Niger, Paris peut compter sur le soutien de Washington en matière de collecte d’informations. Mais lorsqu’il s’agit de frapper, les forces françaises sont presque toujours seules à la manœuvre, à l’exception notable de la Libye, où les Américains mènent régulièrement des opérations.

Agents infiltrés

Pour mener cette vaste chasse à l’homme à travers le Sahara, les responsables français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ont repris à leur compte la doctrine militaire américaine des 3F (find, fix, finish) – traduite par les 3T (traquer, trouver, terminer). Une conceptualisation des exécutions extrajudiciaires plus ou moins assumée. « L’objectif n’est pas de tuer pour tuer, mais avant tout d’éliminer X ou Y parce qu’il constitue un rouage essentiel de l’adversaire », tempère un bon connaisseur des questions de défense dans la sous-région.

Avant de pouvoir cibler un chef jihadiste, encore faut-il le localiser. Pour cela, les services de renseignements français et américains disposent de plusieurs moyens ISR (intelligence, surveillance, reconnaissance) survolant quotidiennement le désert à la recherche d’indices : des satellites, des drones, mais aussi des petits avions légers équipés de capteurs audio et vidéo.

Chaque téléphone, ordinateur ou carnet de notes saisi est minutieusement disséqué et exploité

La France dispose ainsi de drones Reaper à Niamey et fait souvent atterrir ses avions de surveillance à Gao ou à N’Djamena (où se trouve le QG de l’opération Barkhane), tandis que les États-Unis devraient bientôt disposer d’une nouvelle base pour leurs drones à Agadez, dans le centre du Niger. D’importants moyens d’écoute, permettant notamment d’identifier la voix des personnes ciblées, sont également utilisés.

La collecte d’informations se fait aussi au sol. Par du renseignement humain, bien sûr, à travers les interrogatoires de suspects et le travail des agents infiltrés sur le terrain, mais aussi grâce aux indices retrouvés lors d’opérations menées contre les groupes jihadistes. Chaque téléphone, ordinateur ou carnet de notes saisi est ainsi minutieusement disséqué et exploité. Ces trophées contiennent parfois des informations capitales, comme les coordonnées GPS de caches d’armes ou des numéros prometteurs, qui sont alors rapidement placés sur écoute.

Diversion

Les services de renseignements doivent œuvrer discrètement pendant des mois, voire des années, avant de repérer une cible. Ce fut le cas pour Abdelkrim Al Targui, l’un des chefs de katiba d’Aqmi, et Ibrahim Ag Inawalen, le bras droit d’Iyad Ag Ghaly, tous deux abattus par les forces spéciales françaises dans la nuit du 17 au 18 mai 2015, au nord-est de Kidal.

Début 2015, après avoir identifié un suspect qui les conduit à une réunion de hauts dirigeants d’Aqmi dans la zone de Boghassa, les services français acquièrent la certitude qu’Al Targui se trouve à proximité. Un dispositif de surveillance étroit est alors mis en place dans le périmètre. Des opérations de diversion sont montées pour ne pas éveiller sa méfiance, et d’autres pour le pousser à se dévoiler.

Commando surentraîné

Le 16 mai, Al Targui quitte une rencontre avec une dizaine de ses lieutenants. Dans son véhicule ont pris place Ag Inawalen et leurs deux gardes du corps. Pris en filature par des commandos français, les deux chefs jihadistes seront finalement abattus dans une cache rocheuse où ils avaient trouvé refuge après plusieurs heures de combat.

Comme la quasi-totalité des missions similaires menées dans la bande sahélo-saharienne ces dernières années, cette opération de « neutralisation » a été conduite par les militaires français du Commandement des opérations spéciales (COS).

Depuis Serval, les Forces spéciales françaises ont généralisé le recours aux escouades spéciales de neutralisation et d’observation pour éliminer les chefs terroristes

Depuis 2009, plusieurs dizaines de ces soldats d’élite (issus de différents régiments de l’armée de terre, de l’air et de la marine) sont basés en permanence à Ouagadougou dans le cadre du dispositif Sabre, le bras armé de l’Hexagone dans la région. Une fois qu’une cible d’importance a été repérée par les services de la DRM ou de la DGSE, ce sont eux, le plus souvent, qui interviennent pour la « traiter ».

Surentraînés, équipés d’un armement ultra-sophistiqué, ces hommes nomadisent au gré de leurs missions, en avion, en hélicoptère ou à bord de véhicules terrestres. Spécialisés dans les opérations nocturnes, ils mènent régulièrement des « infiltrations sous voile », approchant discrètement leur objectif à l’aide d’un petit parapente.

« Depuis Serval, les Forces spéciales françaises ont généralisé le recours aux Esno [escouades spéciales de neutralisation et d’observation] pour éliminer les chefs terroristes, explique le journaliste Vincent Nouzille, auteur du livre Erreurs fatales, consacré aux coulisses la lutte antiterroriste française. Il s’agit de petites équipes très mobiles et adaptées à ce genre de missions. Elles sont composées de deux à cinq personnes, dont un sniper. »

Silence

Malgré cette redoutable task force, aucun chef de premier plan n’a été neutralisé depuis la mort d’Al Targui et celle d’Ag Inawalen, il y a près de deux ans – le sort de Belmokhtar demeurant incertain. « C’est normal, explique-t-on à l’Hôtel de Brienne, le ministère français de la Défense. Pendant Serval, nous étions dans le cadre d’une guerre frontale, avec la volonté d’éradiquer tous ceux qui menaçaient le Mali. Nous les ciblions tous azimuts, en adoptant une posture très offensive.

Avec Barkhane, nous ne sommes plus dans cette logique mais dans celle du contrôle de zone, pour empêcher la recomposition de l’ennemi. » Selon différents spécialistes des questions militaires, cette traque des chefs terroristes sahéliens, qui nécessite des ressources considérables, aurait également pâti du transfert progressif des moyens français et américains sur les théâtres libyen, puis irako-syrien.

Vigilance constante 

De leur côté, Iyad Ag Ghaly et ses troupes sont parfaitement au courant des techniques de leurs ennemis et redoublent de vigilance pour passer au travers des mailles du filet. Plus aucun chef ne se risque à utiliser un téléphone portable, encore moins un téléphone satellitaire. Pour communiquer, ils ont recours à des émissaires en qui ils ont pleine confiance.

Rares sont ceux, au sein de leurs propres groupes, à connaître leur localisation. Ils veillent aussi à se déplacer le moins possible. Quand ils doivent le faire, ils se montrent très prudents, par exemple en roulant de nuit, phares éteints, ou en mobilisant différents véhicules pour brouiller les pistes – aidés en cela par leur parfaite connaissance du terrain.

S’ils bivouaquent, les pick-up sont soigneusement dissimulés, et des bâches à revêtement thermique sont déployées afin de contenir la chaleur humaine, repérable par les moyens de surveillance aériens. Quant à la logistique, principalement l’approvisionnement en eau, en carburant et en nourriture, elle est sous-traitée à des groupes non jihadistes pour ne pas éveiller les soupçons.

Perceptions relatives

Dans ce jeu mortel du chat et de la souris, les jihadistes peuvent aussi compter sur la complicité, ou du moins la passivité, de certaines populations locales. Entre le sentiment, de plus en plus aigu, d’hostilité envers les soldats français (ou les Casques bleus de la Minusma, au Mali), les vexations des forces de sécurité locales contre les civils et surtout les représailles qu’ils infligent à ceux qu’ils suspectent de coopérer avec l’ennemi, les islamistes radicaux n’ont souvent aucun mal à bénéficier du silence des riverains.

Sans oublier la différence de perception frappante qui oppose parfois Occidentaux et Sahéliens sur le sort à réserver à certains chefs jihadistes, à commencer par Iyad Ag Ghaly. Alors qu’à Paris les dirigeants ne cachent pas leur désir de le liquider au plus vite, au Mali certains réclament l’ouverture de « vraies » négociations de paix à la table desquelles lui et ses compagnons prendraient place.

La Conférence d’entente nationale, qui s’est clôturée le 2 avril à Bamako, a ainsi recommandé au gouvernement d’engager des discussions avec l’ennemi public numéro un et son lieutenant Hamadoun Kouffa. Une position défendue depuis des mois par plusieurs opposants au gouvernement malien, comme Tiébilé Dramé, leader du Parti pour la Renaissance nationale (Parena), ou l’influent imam Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique (HCI).

Tous estiment qu’Ag Ghaly est incontournable et qu’aucune paix ne sera trouvée s’il n’est pas associé au processus. Un dilemme cornélien pour Ibrahim Boubacar Keïta, aujourd’hui écartelé entre les intentions guerrières de ses alliés français et l’appel au dialogue lancé par une partie de ses compatriotes.


Avec les moyens du bord

«Le rôle des services de renseignements des pays de la sous-région est fondamental, glisse un responsable français. Ils n’ont pas nos capacités techniques, mais eux seuls peuvent obtenir certaines informations sur le terrain. » Ces dernières années, notamment grâce aux efforts du G5 Sahel (qui regroupe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, et le Tchad) et au soutien de leurs partenaires occidentaux, les services de renseignements locaux sont montés en puissance.

Chacun de nous fait ce qu’il peut avec peu de moyens

Leur coopération s’est aussi nettement améliorée depuis l’attentat de Bamako, en novembre 2015. « Je suis en contact régulier avec mes homologues, explique un responsable antiterroriste de la sous-région. Quand nous disposons d’informations susceptibles d’intéresser nos voisins, nous les prévenons systématiquement. » Mais le chantier reste immense.

« Chacun de nous fait ce qu’il peut avec peu de moyens », admet une source sécuritaire malienne. Manque de personnel, de formation, d’équipement… Les services de renseignements et les forces spéciales des pays sahéliens dépendent encore largement de leurs alliés français et américains dans la traque des principaux chefs jihadistes.

 

 

 

Source: jeuneafrique

Soutien aux jeunes détenus et condamnation de leur arrestation

Ce dimanche 16 avril 2017, nous avons appris l’arrestation d’un groupe de jeunes dont le seul tort a été d’avoir participé à la « Marche Pacifique de la Jeunesse Mauritanienne » dont l’objectif était d’attirer l’attention des autorités sur les problèmes de la jeunesse.
La marche a été dispersée par les forces de l’ordre qui ont fait usage, avec une rare violence, de matraques et de grenades lacrymogènes. Les jeunes interpellés, au nombre de treize, sont : Ouguiya DIALLO, Ozmo DIA, Elhadj Malick DIA, Sidik SALL, Oumou KANE, Ousmane SOW, Maimouna BA, Mozbi NIASS, Manni M’BOW, Mamadou Alpha BA, Demba SILEYE, Papa SARR, Oumar Djibril BA, Mariam PAM.
Dès le lundi, ils ont comparu devant le parquet et dix parmi eux ont été envoyés en prison pour « participation à une manifestation non autorisée » et leur procès en flagrance est prévu pour le jeudi 20 avril 2017.
Par ces arrestations et ces poursuites, comme à l’accoutumé, des autorités mauritaniennes aux abois cherchent à intimider pour étouffer toute expression d’opposition.
IRA-Mauritanie, attachée aux principes protecteurs de la liberté d’expression :
○ Condamne avec vigueur la détention des jeunes qu’elle juge arbitraire et contraire à l’esprit de la constitution mauritanienne,
○ Exprime son soutien sans réserve aux jeunes détenus, à leurs familles et à leurs camarades auxquels elle souhaite courage et détermination face à ce qui n’est rien d’autre qu’une tentative vaine d’intimidation,
○ Appelle toute la jeunesse mauritanienne à la mobilisation pour une prompte libération et sans condition des jeunes détenus,
○ Rend les autorités responsables de l’intégrité physique et morale des jeunes prisonniers, connaissant la propension de la police politique mauritanienne à la torture et à l’atteinte à la dignité de ceux qu’elle arrête,
○ Et enfin, exige la libération rapide et sans condition des jeunes détenus.
Nouakchott, le 18 avril 2017

La Commission de communication

 

 

Source : IRA-Mauritanie

Mauritanie : 10 jeunes d’un mouvement citoyen, sous mandat de dépôt

En Mauritanie, dix jeunes (10) membres d’un mouvement citoyen ont été placés sous mandat de dépôt, lundi.

Les dix, accusés de violence à l’égard des forces de l’ordre et rassemblement non autorisé, devront être présenté jeudi devant une cour correctionnelle

Ces jeunes ont été arrêtés dimanche lors d’une manifestation. Ils réclamaient entre autres la réforme de l’état civile, de la Santé et du système éducatif ainsi que de l’emploi pour les jeunes qui constituent la majorité de la population mauritanienne. La manifestation a été dispersée à gaz lacrymogène

L’Observatoire Mauritanien des Droits de l’Homme a condamné la « répression » de ces jeunes qui tenaient une marche « pacifique ».

 

 

 

 

Source: ALAKHBAR

Procès en flagrance des dix jeunes activistes, ce jeudi 20 avril

Dix jeunes (4 filles et 6 garçons), arrêtés lors de la violente répression de la marche non autorisée du dimanche dernier, comparaitront ce 20 avril devant le tribunal des flagrants délits de Nouakchott Ouest pour « participation à une manifestation non autorisée ».
Déferrés le lundi 17 avril sous la procédure de flagrance délit, les dix jeunes activistes, après quelques heures de détention au commissariat de police de Tevragh Zeïna 1, avaient été placés sous mandat de dépôt à la prison civile de Nouakchott et celle des femmes à Sebkha.
Les forces de l’ordre ont fait usage, avec une rare violence, de bombes lacrymogènes et de coups de matraques pour réprimer au carrefour BMD, la marche des jeunes. Ces protestataires entendaient remettre leur cahier de revendications au Chef de l’Etat.
26 activistes avaient été arrêtés, seize d’entre eux seront libérés tard dans la soirée. Des blessés graves  parmi les jeunes activistes avaient été admis au CHN. Cette répression a soulevé un tollé général au sein de l’opinion nationale qui y voit «une atteinte grave à  la liberté d’expression et de manifestation ».
Les organisateurs de la marche du dimanche dernier, qui font de la libération de leurs camarades, une « urgence» appellent leurs sympathisants à « bien vouloir garder leur calme et leur sang froid». Pour l’heure, le seul mot d’ordre qui vaille est, indiquent-ils, celui d’une descente massive au tribunal de Nouakchott pour soutenir davantage nos frères et sœurs détenus et réaffirmer notre détermination.
« En faisant appel à la jeunesse mauritanienne pour la Marche Pacifique du 16 avril, nous avons choisi une voie, celle de la non-violence alors nous devons l’assumer et ne jamais nous en départir», font-ils remarquer.
Pour rappel, cette marche pacifique s’inscrivait, selon les organisateurs, « dans une logique de contestation citoyenne. Les conditions d’existence des jeunes mauritaniens sont aujourd’hui si difficiles, que nul épanouissement ne semble envisageable pour eux ».
Ils entendaient attirer l’attention des autorités mauritaniennes sur les problèmes liés entre autres à l’enrôlement, à la cherté de la vie, à l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé…

 

Source: Le calame