SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE La communauté maure vote Macky Sall

La communauté maure regroupée au sein du Mouvement national des maures sénégalais (MNMS) s’engage à élire le candidat de la coalition Benno book yakaar, Macky Sall. L’annonce a été faite lors d’un point de presse organisé ce jeudi 22 mars au quartier général de la coalition Macky 2012. Cette décision fait suite au constat qu’après un compagnonnage de plusieurs années avec Me Abdoulaye Wade, «la communauté maure n’a rien gagné, même pas un petit poste de gardiennage, alors que les discriminations d’ordre général continuent». En atteste «le Hassanya est la seule langue codifiée au Sénégal (depuis 1985) qui n’a pas de journal télévisé à la Radio diffusion télévision sénégalaise (Rts), ni classe d’alphabétisation encore moins de journée dans l’agenda culturel du Sénégal», se désole le Secrétaire général national MNMS, le Docteur Maouloud Dieng. Selon lui, «aujourd’hui les maures ont pris leur destin en main à travers une forte structuration représentative de toutes les localités où habitent les maures Sénégalais pour faire barrage à ces marchands d’illusions et défendre leurs intérêts et leur survie», lance à nouveau M. Dieng, précisant que, dans leur démarche, ils ont reçu la bénédiction de toutes les familles religieuses. A la question de savoir pourquoi attendre jusqu’à quelques jours du scrutin du 25 mars pour se ranger derrière Macky Sall, le Docteur Maouloud Dieng répond que «conscients du potentiel électoral des maures, des collaborateurs proches du candidat Macky Sall se sont rapprochés de notre mouvement depuis des mois pour nous enrôler dans l’Alliance pour la République (Apr) sans succès… Ce n’est qu’après discussion avec des émissaires du candidat Macky Sall que nous avons accepté de nous fusionner avec la coalition Benno Book Yakaar… ». En effet la communauté maure du Sénégal forte de plus de deux millions de personnes à joué un rôle central dans l’histoire du pays et dans son développement économique, social et culturel. «Cette communauté qui a islamisé le Sénégal, qui lui a donné son nom, est présente dans toutes les grandes familles islamiques et confrériques du pays», déclare Cheikh Fall, un des membres de ce mouvement. Moubarack Lo, le préposé aux questions économiques de la dite coalition a profité de ce point de presse pour souligner que la communauté maure est un trait d’union entre le Sénégal et la Mauritanie. Il a ajouté que le Sénégal est un pays de diversité culturelle, que Macky Sall entend renforcer parce qu‘étant lui-même issu d’un métissage Toucouleur et Sérère.

Source: sudonline

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Mali : «On ne sait pas ce que ces militaires ont en tête»

Reportage ◊ A Bamako, les habitants sont partagés après le coup d’Etat qui a déposé dans la nuit le président Amadou Toumani Touré.

Dans une rue de Bamako, ce jeudi. (Photo AFP)

La capitale malienne a vécu ce jeudi son premier jour sous l’autorité du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (appelé CNRDR, sans le «E», par la junte). Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, des militaires armés en uniformes ont sillonné Bamako toute la journée en tirant en l’air, debouts à l’arrière de pick-up ou sur des scooters. Pendant ce temps, la télévision publique rediffuse les communiqués de la junte entrecoupés de programmes musicaux.

Le couvre-feu décrété par les putschistes s’avère assez peu respecté. Toutes les administrations, les écoles et la plupart des commerces sont fermés, mais des taxis et des véhicules collectifs circulent. Dans les rues, les vendeurs de cartes téléphoniques croisent des conducteurs de moto en panne, surpris par la fermeture des stations d’essence où se ravitaillent tout de même les militaires. Des habitants manifestent par moments leur sympathie à l’égard des militaires. «Vive l’armée s’exclame à un feu rouge un conducteur de deux-roues qui se réjouit du coup d’Etat. Sur la rive sud du fleuve Niger, à la sortie de l’un des trois ponts, des enfants et des adolescents acclament les militaire qui passent en trombe. Quelques mètres plus loin, des adultes applaudissent avec moins de vigueur les hommes armés.

«Risques de débordements»

«On s’attendait à ça. C’était la seule solution. On ne pouvait pas attendre les élections», estime Mamadou Traoré, chauffeur de taxi, qui ne voit «aucun homme de la situation» parmi les candidats à l’élection présidentielle prévue le 29 avril.

Les sentiments sont cependant partagés. «Je n’ai jamais aimé Amadou Toumani Touré ni sa façon de gérer le pays, mais un coup d’Etat ne va pas améliorer les choses», estime Ousmane. «On ne sait pas ce que ces militaires ont en tête.»

Les Français ont reçu dans la matinée par SMS et courriel un «rappel impératif» à rester chez eux. Un second courriel plus alarmiste envoyé à 14h46 évoquait la «nécessité absolue de rester chez soi» en raison de «la montée des exactions». Les établissements scolaires français seront fermés ce vendredi. Aucune évacuation n’est à l’ordre du jour. «On n’en est pas là, commente-t-on à l’ambassade. On conseille aux gens de ne pas sortir car il y a toujours des risques de débordements. La junte a invité les Maliens à reprendre le travail mardi, le temps sera long.»

Source: liberation.fr – 22 mars 2012 (Par FABIEN OFFNER, Bamako)

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Mauritanie : jusqu’où peut aller l’opposition ?

Voilà des mois que le président mauritanien multiplie des visites à l’intérieur du pays. Son dernier meeting populaire dans la capitale économique ressemble fort à un discours de programme pré électoral pour les législatives prochaines et en même temps une réponse à l’opposition mauritanienne sur ses principales réformes engagées depuis juillet 2009.

Les multiples références à la poursuite de la lutte contre la gabegie et la corruption, aux programmes de lutte contre la pauvreté, à la réforme de l’éducation nationale et enfin à la fermeté du régime contre les terroristes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique sont autant de points forts qui ont marqué l’étape de Nouadhibou.

La visite du chef de l’Etat dans la capitale économique revêt une grande importance pour les populations du Nord du pays qui l’attendaient depuis longtemps. Ould Aziz était accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires, des membres du gouvernement et de hauts responsables de l’UPR.

Une façon pour le président mauritanien de muscler davantage ses interventions sur la lutte contre la gabegie et la corruption en particulier pour répondre à l’opposition mauritanienne qui avait manifesté à Nouakchott la veille de son déplacement pour demander son départ.

Les références aux « nouveaux vieillards révolutionnaires », la construction prochaine dans la région de Nouamghar d’une station de dessalement de l’eau de mer et d’une usine de fabrication de glace pour garantir aux pêcheurs et habitants une conservation de poissons et sa commercialisation constituent un démenti cinglant aux critiques des principaux chefs de partis de la COD.

En effet les principales réformes économiques commencent à porter leurs fruits avec des recettes publiques 2011 qui avoisinent plus de 183 milliards d’ouguiya grâce à une politique de recouvrement de tous les contribuables mauritaniens. De même les dépenses publiques ont été ramenées en 2011 à 51 milliards d’ouguiya soit une diminution de 14 pour cent du budget de l’Etat.

Ce qui a permis de relancer in extrémis les programmes d’urgence pour les populations démunies comme en témoigne le programme EMEL 2012 pour lutter contre la hausse des prix des denrées alimentaires. Autre souci pointé par le président des « pauvres », le taux élevé de mauritaniens pauvres dû au pillage systématique pratiqué par les élites gouvernantes de ses prédécesseurs selon ses propres termes.

Il a surtout durci le ton à propos des barbus de l’Aqmi qui « seront chassés partout où ils se trouvent et sans relâche ». Nul doute que les critiques de l’opposition sont fondées notamment sur la mal gouvernance économique par exemple les scandales sur la pêche, la non transparence des marchés publics, la politique laxiste agricole etc… C’est surtout la mal gouvernance démocratique qui est pointée du doigt avec l’usage de la répression contre les manifestants étudiants, ouvriers, jeunes pacifiques et militants anti- esclavagistes. Cette répression policière n’a même pas épargné les jeunes filles étudiantes.

Pour la COD l’objectif de la marche cette semaine qu’elle qualifie de rupture est de déclencher une nouvelle offensive contre le locataire de la Maison brune. Cependant les observateurs s’interrogent sur la crédibilité des opposants qui exigent impérativement le départ du président. Et pourtant c’est d’abord eux qui avaient signé les accords de Dakar de 2008 qui ont permis au général Aziz d’aller et puis ensuite de gagner les présidentielles.

Ce triomphe de Ould Aziz réside dans l’ambition personnelle de certains leaders qui ont mis au second plan les questions de principe. Pas étonnant que 3 ans plus tard qu’ils aient refusé d’aller au dialogue « national » mettant en avant les dits accords. Et c’est cette même incohérence qui a conduit certains chefs de partis à demander aujourd’hui une phase 2 du dialogue national.

L’opposition doit se prendre à elle-même historiquement et s’engager maintenant dans d’autres batailles celles du terrain en s’opposant aux idées et programmes de la majorité présidentielle. Elle ne devra tirer son épingle du jeu qu’en participant à toutes les élections mais à des élections libres et transparentes. La politique de chaise vide ou de boycott relève de vieilles recettes et n’arrangent que le pouvoir en place et son parti l’UPR majoritaire.

Par conséquent ce vide pénaliserait la représentation parlementaire. Que valent aujourd’hui les déclarations de l’opposition ? Les campagnes de dénigrement n’ont de sens que si les populations y adhèrent et si elles sont durables et surtout si elles portent sur les questions d’intérêt national.

Par exemple sur la réconciliation nationale ou le règlement du passif humanitaire, la résurgence de l’esclavage, l’impunité des coupables des évènements de 89 à 92, l’opposition n’est pas descendue dans la rue une seule fois. Et sur le système éducatif et l’égalité entre tous les mauritaniens que propose t-elle? Où était l’opposition pour la marche d’Inal de 2011 ?

Heureusement que le président de l’IRA Ould Abeid n’a pas oublié préférant renvoyer l’ascenseur aux organisateurs en posant ses conditions pour participer à la marche de Nouakchott et en rappelant qu’il avait lancé à l’époque un appel pour la création d’un Conseil National de Transition.

Autant de vérités qui fâchent et qui montrent que l’opposition ne peut pas aller plus loin que ce qu’elle a déjà montré. A moins d’un revirement qu’une partie plus soudée se radicalise davantage en tenant compte des leçons du passé avec une plate forme de cohésion sociale et d’unité nationale pour bousculer le régime de Ould Aziz. Face à un président requinqué par les populations d’une des plus importantes villes du pays il faut plus qu’une marche de rupture.

Source: cridem

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