Mouvement Pour la Refondation (MPR) : Pour un dialogue renforce.


Le Comité Permanent (C.P.) du Mouvement Pour la Refondation (M.P.R.) s’est réuni le 09 Mars 2012 au siège Central du parti sous la Présidence du Dr Kane Hamidou Baba. L’ordre du jour de cette réunion s’articulait autour de la vie du parti (situation de l’implantation à Nouakchott, à l’intérieur du pays et dans la diaspora, l’évolution de la CPM, l’initiative de dialogue renforcé prise entre trois partis de la Majorité (ADIL, RD et MPR) et la préparation des assises du Bureau Exécutif du Parti. Le Comité Permanent a longuement débattu sur les différents aspects de la vie nationale, marquée par : (i) les premières mesures de mise en œuvre du programme Emel 2012 ; (i) des grèves tous azimuts et une situation inquiétante liée à la répression policière de manifestants et à l’arrestation de plusieurs étudiants suivie de tortures et d’atteinte aux libertés syndicales ; (iii) le parachèvement par des mesures législatives des importantes conclusions du dialogue national entre la Majorité présidentielle et certains partis de l’opposition ; et (iv) l’initiative prise par les trois partis de la Majorité (ADIL, RD et MPR) de s’engager sur la voie d’un dialogue renforcé avec tous les acteurs politiques qui le souhaitent.

En ce qui concerne le Programme 
Emel 2012, tout en notant avec satisfaction les premiers effets visant à alléger les souffrances des populations, par la réduction significative des prix de certaines denrées de première nécessité, le Comité Permanent enjoint les autorités publiques responsables de la distribution des vivres d’observer la plus grande transparence et l’équité dans l’accès aux produits alimentaires. Le CP rappelle aux pouvoirs publics la nécessité de tirer les leçons des résultats mitigés du Programme Solidarité 2011, en impliquant les coopératives alimentaires des quartiers périurbains, et en tenant compte de la taille des communes rurales dans l’allocation des boutiques alimentaires.

Le Comité Permanent a exprimé ses vives préoccupations quant à la récurrence des manifestations et à l’escalade de la répression policière contre les étudiants, susceptible de porter atteinte aux libertés syndicales. Le Comité Permanent du Mouvement Pour la Refondation, demande aux autorités compétentes d’engager, sans délai, des discussions avec les étudiants et les syndicats des enseignants, pour trouver des solutions idoines et pérennes à la crise universitaire, en particulier. Le Comité Permanent exige le respect scrupuleux des libertés individuelles et collectives et la prise de mesures rassurantes, de nature à garantir la sécurité des personnes évoluant dans les organisations syndicales.

Le Comité Permanent félicite l’ensemble des acteurs qui ont contribué à la mise en œuvre des conclusions du dialogue à travers les amendements majeurs portés sur la constitution dont la consolidation de l’unité nationale et de la cohésion sociale, la criminalisation de l’esclavage et de ses pratiques associées et l’enracinement de la démocratie à travers le renforcement des pouvoirs du parlement, ainsi que les autres mesures législatives relatives à la création d’une CENI indépendante et la moralisation de la vie politique.

Enfin, le Comité Permanent rappelle que pour « la Refondation », le dialogue n’est pas seulement une nécessité, mais une nouvelle forme de civilisation ; et encourage fortement, de ce fait, l’initiative prise par les partis de la Majorité (ADIL, RD et MPR), tout en lançant un appel à tous les partis politiques pour adhérer à cette quête permanente d’un dialogue inclusif plaçant notre pays sur la voie d’une démocratie forte et apaisée.
La Commission Communication du MPR
Nouakchott le 10 MARS 2012

Coordination de l’Opposition Démocratique : Communiqué.


Nous avons appris ce matin, à la COD, la nouvelle de la libération du gendarme Ely Ould Mokhtar, qui a été kidnappé il y a quelque temps par le réseau Al-Qaïda au Maghreb Islamique.
En exprimant sa joie pour cette bonne nouvelle, la Coordination en félicite le peuple mauritanien tout entier et la famille du gendarme en particulier. Elle félicite également les forces armées nationales et de sécurité, surtout la gendarmerie nationale, tout en adressant ses remerciements sincères à tous ceux qui ont déployé, avec elle, de grands efforts et exercé une pression constante pour la libération de ce citoyen, après que le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz ait décidé, selon son ministre des affaires étrangères, de l’abandonner à son sort.

Nouakchott, 10 Mars, 2012
La Commission de Communication                                                                                                                                                    

Que cherche l’opposition mauritanienne ?


Les partis d’opposition mauritaniens ont prévu de lever la voix contre le gouvernement qu’ils accusent de tous les maux. Mais que veulent – t- ils ?

En dépit d’une crise multidimensionnelle que traversent tous les pays due à l’effondrement de l’économie à l’échelle mondiale, aux effets néfastes de la sécheresse…, on se demande si les attaques de l’opposition sont bien fondées. Surtout quand on sait que cette opposition a catégoriquement refusé les innombrables invites du pouvoir à un dialogue franc incluant tous les problèmes de l’heure : vie démocratique, épanouissement des populations, unité nationale…

En le faisant l’opposition a manqué une occasion d’inscrire une belle page de notre histoire politique qui allait la classer définitivement dans le chapitre de la responsabilité et de la participation constructive. Car elle peine a masqué les réalisations du pouvoir de Ould Abdoul Aziz.

En si peu de temps, notre pays s’est doté d’infrastructures routières modernes, de services de santé équipés, d’un état civil fiable, sans parler d’une sécurité renforcée et la lutte contre la corruption qui a apporté ses fruits… Si le rôle de l’opposition est de critiquer pour pousser à plus de performances, celle – ci ferme les yeux devant l’évidence. Nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut rien voir. C’est connu.

Simplement il faudra essayer de tout faire pour éviter à notre chère Mauritanie de tomber dans l’abîme des conflits politiciens qui ont fait perdre bien de pays africains. Il y a une voie royale de conquérir le pouvoir en assurant la paix civile par le canal des urnes. Au lieu de dresser les citoyens les uns contre les autres, il faudra juste patienter, le temps qu’ils s’expriment.

Sidi Mohamed

Démenti des propos du député Yacoub Ould Moine


Dans un communiqué dont copie nous est parvenue, l’Université de Nouakchott a formellement démenti les propos du député Yacoub Ould Moine concernant les doubles salaires du Ministre d’Etat et du Directeur de Cabinet du Président de la République. Voici dans son intégralité ce communiqué :

« L’Université de Nouakchott a été surprise par les allégations sans fondement du député Yacoub Ould Moine, relayées par certains sites électroniques, le dimanche 04 mars 2012.

Tout en attirant l’attention sur la gravité de tels propos inexacts, l’université de Nouakchott affirme avoir interrompu le paiement des salaires des professeurs Ahmed Ould Bahiya et Isselkou Ould Ahmed Izidbih et ce depuis leur nomination respective aux postes qu’ils occupent présentement, conformément aux textes en vigueur et à l’image de cas précédents… ».

98Dans un document joint à ce communiqué, l’Université de Nouakchott a affirmé que les professeurs Ahmed Ould Bahiya et Isselkou Ould Ahmed Izidbih n’ont plus perçu de salaires depuis leur nomination à leur poste actuel et ce à compter du 30/09/2009 pour le premier et le 31/05/2011 pour le second.

Majorité parlementaire : La crise n’existe que dans l’esprit de ceux qui l’ont imaginée.


Des parlementaires de la majorité ont déclaré que la crise dont parle l’opposition « n’existe que dans l’imaginaire de ceux qui l’ont créée de toute pièce ».

La majorité parlementaire a également souligné l’importance des amendements constitutionnels issus du dialogue, notamment pou la réussite du processus démocratique.
Ils s’agit, ont déclaré les parlementaire, qui s’exprimaient au cours d’une conférence de presse animée, mercredi soir, au siège de l’Assemblée nationale, d’amendement dont le vote ne souffre d’aucun vice juridique.

En outre, les groups parlementaires de la majorité ont qualifié les dernières manifestation de l’opposition devant le parlement de « témoin de faillite de cette opposition rejetée par le peuple et qui refuse d’inscrire son action dans le cadre d’une vraie opposition démocratique ».

Une dépense inutile de 35.000.000 UM.


Comme vous le savez puisque cela nous a été annoncé comme une grande nouvelle, l’arrivée du Président de la République Mohamed ould Abdel Aziz à Nouadhibou le 13 mars 2012, nous avons donc voulu savoir ce que cette opération pouvait bien coûter à nos portefeuilles, nous sommes donc allés prendre des nouvelles des dispositions prises pour cet événement. Bien entendu et comme toujours des contributions, nous ont été royalement attribuées, voyez plutôt : les tribus du sahel 20.000.000 UM, UDP-Nouadhibou 15.000.000 UM, alors loin de nous l’idée de contester l’utilité de cette visite bien que l’intérêt économique reste à démontrer mais bon pourquoi pas, nous ne contesterons pas non plus la
valeur "symbolique" de cette visite, mais enfin en cette période de crise économique sans précédent, les réfugiés maliens, la sécheresse et la famine qui secouent la Mauritanie, vous ne pensez pas que tout cet argent aurait pu être mieux dépensé ailleurs ?
Il n’y a pas un jour sans que l’on nous parle de famine, de chômage et j’en passe et que font nos populations?

Elles dépensent 35.000.000 UM dans une visite de 20 minutes du Président de la République qui certes peut représenter un intérêt politique mais bon il nous semble qu’en ce moment cet argent serait plus adapté plus utile à nos populations. Alors je vous pose la question, c’est quoi le plus important, lutter contre la famine ou les visites Présidentielles ?

Nouadhibou ; l’opposition manifeste contre les amendements constitutionnels.


La coordination régionale de l’opposition a organisé, mercredi, à Nouadhibou, un sit-in de protestation contre les amendements constitutionnel issus dialogue et votés par le parlement en congrès.

Dans une déclaration à l’ANI, le fédéral du RFD à Dakhlet Nouadhibou Mocatar Ould Cheikh, a indiqué que « ce sit-in exprime notre refus pour ces amendements qui constituent, à notre avis , un coup d’Etat contre la constitution de la Mauritanie ».
Il a ajouté que ce sit-in, qui a duré deux heures, a réuni plusieurs membres de la coordination de l’opposition, pour objectif d’attirer l’attention de l’opinion locale et nationale sur « les conséquences néfastes de la politique du gouvernement ».

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Dans le désert de Mauritanie, le roi est un conteur.

Si vous marchez un jour dans le désert de Mauritanie et que vous entendez au loin un rire sonore, surtout ne soyez pas surpris : vous vous apprêtez à croiser la route de Yahya.
Vous apercevrez d’abord sa haute stature drapée d’un majestueux boubou dont l’ampleur lui fait pousser des ailes à chaque mouvement de bras. Puis vous verrez, surplombant son visage, un turban savamment entortillé qui lui donne un air docte et vous demanderez s’il n’y a pas dissimulé quelque formule secrète pour mieux vous envouter.

Vous apercevrez certainement le sourire qui lui tient lieu de signature : simple et franc comme une poignée de main, naturel comme de l’eau fraiche, il vous aura percuté bien avant que vous ne franchissiez la distance qui vous sépare de l’homme.

Et alors, alors seulement, vous croiserez son regard, pétillant comme l’intelligence et la drôlerie qui le caractérisent. Quelques enjambées de plus et vous ne pourrez plus vous tromper : vous venez de faire la connaissance de Yahya Ould Rajel.

Si Yahya connaît aussi bien le désert, c’est qu’il l’a arpenté pendant de nombreuses années en tant que guide officiel de la Somasert, accompagnant des touristes désireux de partager la force authentique des étendues sans limites, la bénédiction d’un puits après une journée de marche et la magie des nuits passées à la belle étoile.

Loin des téléphones portables et de la fureur des villes, il a rapporté de ses escapades dans les dunes une certaine fascination pour la sagesse qu’impose la vie nomade. Il sait la nuit parfaite du ciel immense qui déploie son encre fabuleuse constellée d’étoiles. Il sait le silence de la nuit et le respect qu’on lui doit. Il connaît la mesure du temps qui passe à un rythme bien éloigné du tempo frénétique de nos vies occidentales. Dans ce contexte féerique, il était tout naturel que Yahya devienne conteur.

L’aventure du conte l’a happé comme on attrape une maladie, jusqu’à devenir une facette indissociable de sa personnalité. Écoutez-le une fois et vous comprendrez. L’art du conte est un don, pas seulement celui de raconter une histoire, mais celui de vous la faire vivre comme si vous y preniez part, une manière de vous faire vibrer et de propulser votre imagination vers d’autres cieux.

En Mauritanie, l’art du conteur prend tout son sens car ce pays est marqué par une grande tradition orale de transmission du savoir. La culture éminemment nomade de la Mauritanie foisonne d’histoires, de poèmes, d’anecdotes ou de contes qui tous témoignent avec sagesse, finesse, et très souvent avec humour, des valeurs profondes de tout un peuple. Elles sont généralement porteuses d’une morale universelle qui touche tous les cœurs : tel le roi lion prétentieux qui est puni de n’avoir pas su entendre la voix de ses ouailles, telles les aventures de Joha dont la légendaire naïveté nous tire des larmes de rire, telle l’histoire irrésistible des deux sourds qui n’arrivent à s’entendre… que sur un malentendu.
Parce qu’il fallait protéger cette encyclopédie vivante, il est arrivé ce qui devait arriver : Yahya a créé il y a quelques années l’Association des Conteurs du Désert, et la préside encore à ce jour avec beaucoup de dynamisme. Les Alliances Franco Mauritaniennes et les centres culturels ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, qui lui réservent systématiquement une place de choix lors des manifestations importantes qu’ils organisent.
Yahya Ould Rajel fut l’un des tous premiers guides touristiques de Mauritanie à exercer son métier de façon professionnelle sous l’égide d’un organisme d’état. Cet originaire de Boutilimit exerce toujours sa profession d’accompagnateur car il n’aime rien tant que transmettre sa passion pour son pays aux gens de passage. Plus récemment, c’est en tant que guide historique de la Somasert qu’il contribue également à former la génération de ceux qui prendront un jour la relève. Ayant à cœur de transmettre son expérience des circuits aux plus jeunes, il les initie également au conte, perpétuant ainsi une tradition de tourisme culturel auprès des futurs guides.
Nul ne s’étonnera ensuite que Yahya soit devenu le roi du désert. Un roi modeste, il va sans dire, tant il est plein d’humilité, mais il règne désormais sur tant de cœurs qu’il peut s’enorgueillir de ce titre sans rougir. Le secret de cette reconnaissance est toute simple : de Chinguetti à Nouakchott, des dunes de l’Adrar aux plages du banc d’Arguin, seul ou accompagné, Yahya est un voyageur dans l’âme. Il se déplace dans le monde toutes les fois que l’occasion lui en est donnée pour aller à la rencontre des autres et s’enrichir à son tour de ces échanges réciproques. Et lorsqu’il voyage, il n’oublie jamais de faire voyager toute la culture mauritanienne avec lui, se faisant l’ambassadeur émérite de son pays. Il est souvent invité en France où il vient régulièrement animer des soirées de contes dans les écoles, les MJC, les associations de marcheurs, ou mêmes chez des amis : tout un auditoire pendu à ses lèvres, se délectant par avance de la pertinence de ses saillies ou de ses mimiques.
Yahya n’a pas son pareil pour vous plonger dans les sables mouvants d’une histoire captivante. Il suffit de suivre les inflexions de sa voix, qui passe avec virtuosité du français au hassanya, sa langue d’origine, teintant les paroles d’une musique particulière. Tour à tour profonde, grave et mystérieuse, sa voix s’envole pour mieux libérer votre imagination, puis la rattrape au passage avec une flèche dont la pointe humoristique a été trempée dans le sirop de l’intelligence.
Guide averti, conteur, ambassadeur de la culture mauritanienne, ami, il est de ces hommes que l’on souhaite rencontrer un jour. Et s’il fallait donner un dernier conseil, ce serait de faire le voyage jusqu’en Mauritanie pour goûter au moins une fois au plaisir de marcher à ses côtés dans le désert. Vous croiserez sans doute des nomades, vous vous laisserez bercer par le chant des griots, et lorsque, perdu dans la magie de la nuit mauritanienne, vous partagerez l’émerveillement d’un conte en contemplant la lumière irréelle d’un feu de bivouac, votre souvenir aura le parfum du thé à la menthe.

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