Cecil est mort, vive Mugabe

Cecil-est-mort-vive-MugabeLa nouvelle passe en boucle, nuit et jour, sur les chaînes de télévision du monde entier. Oublié le nourrisson palestinien de Cisjordanie brûlé vif par des extrémistes juifs. L’événement est tombé comme une aubaine pour les israéliens et israélites, pour que personne n’apprenne qu’il puisse exister un extrémisme, autre que celui des musulmans, appelés, pour le besoin de diabolisation « les islamistes ».

On ne parle plus des Opérations Kamikazes, invention macabre, à l’origine  ‘’brevetée’’ par les Tigres Tamoul, adoptée ensuite à grande échelle par des cinglés robotisés à laTerminator, et qui se réclament, prétendument, de l’Islam.

Au moment où des milliers de femmes, d’enfants et d’innocents vieillards se font massacrer, à longueur de journée, et dans tous les ‘’quartiers’’ du « village planétaire », voilà qu’un événement de ‘’portée mondiale’’ vient éclipser cette triste réalité.

Le  lion, Cecil, est mort ! Il était la « star », autrement dit le  « Roi », du parc national de Hwange au Zimbabwe ! Il aurait été tué par erreur, le 01 juillet 2015, par un riche dentiste américain du nom de Walter Palmer. Mais la réalité des faits n’a été connue que le 27 juillet. Et depuis lors, nous vivons ce qui ressemble à une fin du monde. Les médias et les associations de défense des animaux se sont emparés de la question et semblent déterminés à lui donner l’envergure d’un véritable scandale international.

L’animal est indéniablement d’une haute importance, eu égard aux recherches dont il était le vecteur principal au sein du parc qui l’abritait. Sa perte perturbera, à n’en pas douter, le travail des scientifiques qui le suivaient. En effet, mâle dominant du parc,Cecil, remarquable par sa crinière noire, mais peu connu des Zimbabwéens, était équipé d’un collier émetteur, dans le cadre de recherches universitaires sur la longévité des lions. Lui, il était relativement, et avait, probablement, un bel avenir devant lui. Il était seulement âgé de 13 ans révolus.

Le dentiste américain, venu du Minnesota pour s’adonner à sa passion de la chasse à l’arc, l’a tué sur une réserve de chasse privée où, selon l’organisateur du safari, le lion s’était aventuré sans avoir été appâté. Walter Palmer a affirmé s’être aperçu qu’il s’agissait d’un spécimen protégé seulement une fois l’animal mort, quand il s’est approché et a découvert le collier GPS.

Il est reparti aux USA avant que le scandale n’éclate, tout en prenant des dispositions pour qu’on lui expédie son trophée, la tête de l’animal débarrassée de son collier.

Palmer aurait déboursé 55 000 dollars (50 000 euros) pour tuer Cecil, versés à une société organisatrice de safaris, la Bushman Safaris Zimbabwe, qui a confirmé l’implication de l’homme auprès des autorités. «D’après ce que j’ai compris, Walter pense qu’il pourrait être celui qui a tué le lion appelé Cecil. Il vous dira qu’il avait le permis légal requis et qu’il avait engagé plusieurs guides professionnels pour le faire. Il ne nie donc pas être probablement la personne qui a tué le lion. C’est un chasseur de gros gibier ; il chasse partout dans le monde», a déclaré au Guardian un de ses proches.

Le Zimbabwe a réclamé vendredi 31 juillet l’extradition du chasseur incriminé, pour répondre de l’acte dont il est présumé coupable : avoir tué Cecil, spécimen protégé.

De la part des autorités zimbabwéennes, le comportement est hautement responsable et parfaitement légitime et louable.

Par contre, si on prend connaissance des péripéties qui ont marqué la célébration le 28 février 2015 du 91 ème anniversaire de Robert Mugabe, l’inamovible Président duZimbabwe, on ne peut s’empêcher de considérer qu’il y a un dysfonctionnement, ou une incompréhension, quelque part.

En effet, pour sa 91 ème bougie, le président du Zimbabwe Robert Mugabe avait vu les choses en grand: cette année, il avait invité pas moins de 20.000 personnes à festoyer le 28 février dernier dans un hôtel hyper luxueux situé non loin des chutes Victoria.

Au menu, notamment: deux éléphants, deux buffles, cinq impalas et un lion, pour la somme de 78.000 livres, soit 105.000 euros, avait révélé le quotidien britannique The Guardian.

Ces animaux ont été livrés par un fermier local. «Pour le moment nous sommes en train de nous arranger avec l’autorité de gestion des parcs et de la faune pour que les animaux soient abattus quelques jours avant la fête. Nous sommes également en liaison avec l’hôtel qui conservera la viande», expliquait alors le fermier au journal zimbabwéen Chronicle. Condamné par les défenseurs de la vie sauvage, son geste l’était aussi par les habitants de son village, qui l’accusent d’exploiter leurs précieuses ressources sans contrepartie financière pour eux. Sans compter que les animaux offerts au président sont comptabilisés dans leur quota de chasse annuel et que le don va ainsi les priver de revenus indispensables.

Ce n’est pas la première fois que Robert Mugabe, qui dirige le Zimbabwe d’une main de fer depuis son indépendance en 1980, organise une fête gargantuesque pour son anniversaire, dans un pays où une majeure partie de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

L’an dernier, pour ses 90 ans, indiquait alors RFI, 90 ballons avaient été lancés et 90 vaches offertes pour un repas ponctué d’un gigantesque gâteau de 90 kilos. Une fête qui aurait coûté dans les 41 millions de dollars. Et la fête célébrée cette année 2015 risque de ne pas être la dernière. Si l’on en croit le président Robert Mugabe qui a déjà prévenu qu’il finirait centenaire, et la Constitution zimbabwéenne lui permet théoriquement de rester au pouvoir jusqu’à 99 ans.

En cas d’extradition, très peu probable, du braconnier de Cecil, son procès sera-t-il élargi à Robert Mugabe et son entourage ? Rien n’est moins sûr.

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