CENI : la montagne est –elle en train d’accoucher d’une souris ?

CENI
Nous avons tous jubilé quand à l’issue du dialogue politique entre la majorité présidentielle et quelques partis poids lourds de l’opposition, on nous a annoncé que désormais, les élections dans notre pays ne seront plus organisées encore moins supervisées par le ministère de l’intérieur, que c’est une commission électorale nationale indépendante consensuelle qui aura en charge l’ensemble des aspects relatifs aux différentes opérations de vote en Mauritanie.

La décision est vraiment à saluer parce qu’elle est digne des plus grandes démocraties du monde, d’autant plus que dans certains pays à tradition démocratique plus ancrées, on n’est pas encore arrivé à notre innovation démocratique en matière d’organisation d’élections.

Au début, les choses se sont allées très vite et comme prévues .Bref, on a choisi parmi « les sages du pays » et on en a constitué la CENI.

A la surprise générale, quand il a fallu procéder à la sélection du personnel de l’institution, très vite les vieux réflexes de mauritaniens qui empêchent encore l’émergence de notre pays, se sont resurgit, sans souci de rassurer leurs compatriotes qui portent de grands espoirs en eux quant à la pérennité de nos institutions par l’instauration d’un climat de confiance entre les différents protagonistes de notre scène politique nationale.

Ces Messieurs de la CENI ont tout simplement fait appel aux maux qui gangrènent la pauvre Mauritanie : le népotisme, le clientélisme, le favoritisme et j’en passe, malgré les cris de détresse qui fusent de partout, les sages restent sourds et aveugles, comme s’ils avaient envie de dire à leurs détracteurs : « le chien aboie, la caravane passe ».

Mais et surtout, l’autre signe qui ne rassure pas, c’est le fait que la CENI depuis qu’elle a vu le jour, semble ne rien faire ou ne rien entreprendre pour désamorcer la crise politique consécutive au putsch de 2008 que vit le pays jusqu’à ce jour. Pire, certains même l’accuse d’aligner ses positions et décisions sur celles du pouvoir et de ses soutiens. D’ores et déjà, la préoccupation de ces hommes âgés serait de conserver à tout prix les privilèges qu’offrent leurs nouvelles fonctions.

Pou redorer son blason prématurément terni, la commission électorale indépendante doit d’abord prouver qu’elle est effectivement indépendante ce qui doit se manifester par une volonté de gagner la confiance des différentes formations politiques nationales dont elle va arbitrer les confrontations électorales qui les opposeront.

Ensuite, notre CENI avant de convoquer à des élections, à mon humble avis devait se pencher sur certaines pratiques récurrentes chez nous et qui empêchent encore nos élections d’être réellement libres et transparentes. Parmi ces pratiques on peut citer, sans être exhaustif, le transfert des populations, c’est-à-dire que des politiciens inscrivent des citoyens dans une circonscription électorale pour simplement déséquilibrer les choses en leur faveur.

Mais aussi, éviter ou simplement empêcher qu’il y ait dans le pays des circonscriptions électorales tribales ou ethniques. On voit souvent des personnes d’une même tribu ou d’une même ethnie pour des calculs politiques se créer un ou des bureaux et c’est toute la communauté où qu’elle se trouve qui vient s’y inscrire.

Mais également, la CENI doit travailler à bannir des compétitions politiques le recours exagéré à l’argent, au trafic d’influence et l’usage des moyens de l’état. Tout cela, on peut y parvenir si on a la volonté, mais et surtout si tout de suite la CENI propose une feuille de route précise aux acteurs politique autour de laquelle, ils vont se retrouver et à laquelle bien sûr ils pourront apporter des amendements.

Car le fond de la crise politique que vit le pays, est un problème de confiance. Si les conditions véritables d’une confiance sont réunies, rien n’empêchera les élections de se tenir et chacun acceptera que ce qu’il aura obtenu car il est conscient que c’est ce qu’il représente sur l’échiquier politique national.

Maintenant, je ne sais pas si cela est politiquement correct, la CENI peut s’inspirer de l’initiative du président de l’assemblée nationale pour réunir autour d’une table les protagonistes politiques. A mon avis, elle me paraît être une bonne base de dialogue ; d’autant plus que les différents pôles politiques semblent l’approuver.

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