Ces gens-là : A propos de ‘ Dignité à vendre ‘

contributionJ’ai lu ici un bel article. Il y était question de chefs africains (remarquez que je n’ai pas dit : leaders) qui se réunissaient là-bas, quelque part dans le golfe. Un article clair et rigoureux, sauf sur un point, cependant.

Mais je présume que ce point « noir » est à mettre sur la philosophie altruiste de l’auteur qui, en dépit de leurs tares, voit en nos chefs des êtres humains à part entière alors qu’à nos yeux ils n’en sont qu’une image fragmentaire. Autrement dit, il faut en additionner jusqu’à 15, voire 20, pour pouvoir enfin obtenir un leader digne de ce nom.

Comment, en effet, si ce n’est pas humanisme, peut-on seulement songer à « Dignité » quand il est question de l’Etat africain ? Si « la dignité », « l’autorité », « la ruse » ou « l’expérience » était un habit pour se draper le corps, l’Etat africain aurait incontestablement circulé à poils ! Reprenons.

Le pauvre homme est plus à plaindre qu’à blâmer. Ainsi, il a beau se concentrer, beau retenir votre souffle, beau se faire pousser dans le dos, beau foncer sur un objectif, en plus d’avoir l’air grave, sourcils joints, dents, mâchoires, poings et fesses serrés, rien ne se passe. Il ne se passe jamais rien, avec cet homme-là ! Il est toujours à la traîne, toujours en retard, en retard par rapport à quelqu’un, à quelque événement, en retard par rapport à quelque chose. La précarité, le chaos, la stagnation, en somme, la déficience dans le fonctionnement de tout ce qu’il approche, touche ou entreprend lui vient de son immaturité. Où est donc l’expérience ?

Il ne produit pas ce qu’il mange, et il mange à tous les râteliers, battant les trottoirs de Chine ou de l’Union Européenne, la main tendue ! Un mode de vie bon marché ! En fait, la philosophie de notre « foudre de guerre » tient en deux mots : « resquillage et grivèlerie » ! C’est cet homme-là, et lui seul, qui a fait de nous des pauvres diables, prompts de chair et faibles d’esprit. Depuis lors nos esprits se sont renfermés dans le besoin de consommer, et tels criquets, nous consommons, peu importe où, peu importe quoi et peu importe de la part de qui ! Passons sous silence de mort l’indifférence qu’affiche le chef face aux noyades de jeunes africains sur les côtes européennes. Où est la dignité ?

Malversation et gabegie par ici, dictature et persécution par là, bourrage des urnes, mascarade et enfumage de l’autre côté… Comble de paradoxe, à défaut de l’avoir en dernier, l’homme blanc a toujours, et peut-être plus qu’hier, son mot à dire. Où est l’autorité ?

En échange d’une case de santé, d’un terrain de foot, d’une bretelle bitumée, il laisse piller nos sous-sols, forêts et océans ! Et monsieur, grand économiste, appelle ça « partenariat gagnant-gagnant » ! On le roule copieusement dans la farine, et il croit cependant gagner ! Où est l’intelli, euh, pardon ! Ce serait trop attendre de lui ! Où est, demandais-je, la ruse ?

En conclusion, nous pouvons dire sans l’ombre d’une hésitation que l’Etat africain n’est qu’une illusion. Et à propos d’illusion, comme de coutume, je réclame une parenthèse. J’ouvre.

D’où vient-il que l’Etat africain (surtout le bidasse) en soit venu à croire qu’il suffit d’être au pouvoir pour devenir, comme par enchantement, prompt d’esprit, perspicace et, Ô miracle, visionnaire ? Arrêtons de nous tromper : il est des tares dont l’improbable guérison réside plus dans les bras du marabout ou du sorcier que dans ceux du pouvoir politique, économique ou militaire. Je referme.

 

 

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