César : « Timbuktu » fait beaucoup d’heureux « gagnants »: la Mauritanie, la France, le Mali, l’Afrique

Abderrahmane SissakoRapideInfo: Timbukti, le film d’Abderrahmane Sissako rafle 7 César sur 8 : meilleur film, meilleur scénario, meilleur montage, meilleure photo, meilleure musique, meilleur réalisateur, meilleur son.

C’est d’abord un véritable triomphe pour l’auteur de ce que les critiques qualifient de « fable » inspirée de la réalité : l’occupation de la ville malienne de Tombouctou par les groupes extrémistes islamiques. Bravo donc à Abderrahmane Sissako pour ce coup de génie. Il permet à la Mauritanie d’être citée aujourd’hui comme le pays de l’auteur à succès dans le domaine du cinéma, alors que, dans l’histoire récente, elle a toujours figuré dans l’actualité comme le pays des crises, des coups d’Etat à répétition.

Sans doute aussi que c’est une aubaine pour les médias publics mauritaniens qui trouvent là matière à prolonger la propagande profitant au pouvoir en place à Nouakchott. Après le succès à la tête de l’Union africaine, la Mauritanie va également surfer, plusieurs semaines durant, sur les lumières que projettent les César à un pays en crise.

Et je commence à croire, comme beaucoup de mauritaniens, que le président Mohamed Ould Abdel Aziz est béni. Surtout qu’il a apporté un précieux soutien à Abderrahmane Sissako  – son conseiller culturel à la Présidence – dans la réalisation de Timbuktu, en lui permettant de faire le tournage à Oualata, ville de l’est mauritanien et en lui assurant la protection d’une unité de l’armée mauritanienne.

On peut dire donc, que, sans ce soutien, Abderrahmane Sissako, aurait eu des difficultés certaines à réaliser son film dans la ville même théâtre des évènements qu’il cite dans son œuvre. Pour le reste, disons aussi que Timbuktu, en course aussi pour les Oscars, est un succès pour l’Afrique tout entière. Car jamais un film africain n’a eu de tels succès sur le plan international.

C’est également une fierté pour le Mali, pays d’origine du père d’Abderrahmane Sissako, qui y a passé une partie de sa jeunesse et en a fait le cadre de son autre film à succès « Bamako ». Timbuktu, c’est le triomphe de la France, patrie d’accueil d’Abderrahmane Sissako, sans laquelle il ne serait probablement  pas devenu le grand cinéaste qu’il est aujourd’hui.

Ce film est, enfin, le triomphe de l’humanité car il dit, avec de beaux mots et de belles images, « Non » à l’extrémisme  et à une image dégradé de l’Islam.

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