CGTM : Déclaration

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Nous avons appris à travers la presse électronique nationale que l’Union des travailleurs de Mauritanie (UTM) s’est encore une fois de plus permise de s’en prendre à la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), dans une correspondance qu’elle avait adressée au Bureau international du travail (BIT), dont une copie est publiée par ses organes de presse.

Nous notons que pour la nième fois, notre consœur s’illustre dans cet exercice pour le moins regrettable consistant à vouloir prendre la défense du gouvernement à chaque fois que la CGTM expose les motifs de ses divergences avec les pouvoirs publics sur des questions de relations professionnelles, comme ce fut le cas lors de notre dernière exclusion de la délégation officielle devant prendre part à la Conférence internationale du travail (CIT) de Genève de juin 2013.

La réalité de la motivation de l’ire de l’UTM dans cette correspondance au BIT, est que le comité ad-hoc mis en place par la Conférence et comprenant les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, a fini de démasquer la duplicité des rapports entre le gouvernement et l’UTM, duplicité qui se traduit par une reconduction permanente et annuelle de celle-ci, en qualité de déléguée titulaire pour les travailleurs mauritaniens à la CIT.

Devant les allégations du ministère du travail qui justifiait notre exclusion par une rotation entre les organisations syndicales des travailleurs, le comité n’a pas retenu ce motif pour la simple raison qu’il ne s’est jamais appliqué à l’UTM.

D’autre part, le comité a demandé expressément au gouvernement de tenir en compte les dispositions de la constitution de l’Organisation internationale du travail (OIT) dans la représentation des organisations syndicales de travailleurs et d’employeurs, pour que lors de la prochaine session de la CIT de 2014, les plus représentatives d’entre elles soient associées aux modalités de leur participation et incluses dans la délégation officielle.

Il est nécessaire par ailleurs de rappeler à l’UTM que non seulement les élections professionnelles de représentativité des organisations syndicales ne font pas encore partie du corpus juridique national, et que seul le gouvernement assume l’entière responsabilité du retard dans leur organisation, mais que d’autres mécanismes sur la représentativité des organisations professionnelles existent dans la Loi 017/2004 portant Code de Travail en Mauritanie, en ses articles 265 et 90.

Pour savoir que la CGTM est l’une des organisations qui est éligible au titre des dispositions précitées, le gouvernement a toujours fait en sorte d’esquiver celles-ci, pour continuer ainsi à violer délibérément la Loi en vue de favoriser les syndicats à sa dévotion.

En outre, l’UTM n’a pas manqué de scrupules pour prétendre être détentrice des acquis historiques capitalisés par les travailleurs durant les années où les pluralismes syndical et politique n’étaient pas inscrits dans la Constitution, et de ce fait, seule l’UTM qui réunissait tous les travailleurs avait droit de cité.

Cependant, l’UTM a omis d’évoquer, les raisons des divisions dans les rangs des travailleurs, surtout depuis celles apparues après les massacres des ouvriers de la société des mines de fer de Zouerate, la Miferma, en mai 1968, par la soldatesque du gouvernement d’alors.

Les courants qui incarnaient la lutte pour la satisfaction des revendications légitimes des travailleurs ont toujours trouvé devant eux les autres courants qui applaudissaient les pouvoirs publics pour lesquels ils constituaient des caisses de résonance.

Toutes les avancées du mouvement syndical mauritanien, comme les révisions des conventions de travail, les affiliations nationales et internationales et la protection sociale, ont été réalisées par les travailleurs qui avaient porté l’étendard d’une ligne de lutte syndicale véritable, que malheureusement, la direction de l’UTM actuelle a finie d’abandonner depuis belle lurette.

La CGTM est l’héritière naturelle des martyrs de Zouérate en raison de la perpétuation de la ligne syndicale qu’ils avaient suivie et de laquelle tous les statuts tirent leur légitimité. Cette ligne promeut l’indépendance du mouvement syndical, la liberté, la démocratie et la promotion et la défense des intérêts professionnels, matériels et moraux des travailleurs et des travailleuses.

D’autre part, il est de notoriété publique que l’inféodation de l’actuelle direction de l’UTM aux pouvoirs successifs est sans équivoque et reste d’actualité,

si l’on se rappelle que non seulement cette centrale ne respecte pas sa démocratie interne car voilà déjà dix (10) ans que le dernier congrès de cette centrale s’était tenu, mais que son bureau exécutif avait été désigné par une notre de service du parti au pouvoir d’alors, ce qui a permis à un employeur d’en devenir le secrétaire général, au grand dam des travailleurs dont les voix étaient étouffées.

La CGTM, dont les structures socioprofessionnelles sont élues par leurs membres, compte en son sein tous les travailleurs dans leur diversité, avec ou sans une appartenance politique individuelle à tout le microcosme politique national, et que son congrès ordinaire se tient tous les quatre ans (1995, 2001, 2005, 2011).

Par ailleurs, en voyant dans ses rêves les effectifs de la CGTM diminuer, l’UTM semble ne pas mettre à profit dans ses statistiques, toutes les luttes syndicales de toutes les branches socioprofessionnelles, mais également des résultats des élections des délégués du personnel de tous les secteurs d’activités à haute intensité de main d’œuvre.

Les effectifs syndicaux se comptabilisent à partir de l’adhésion des travailleurs des branches socioprofessionnelles à une organisation syndicale A titre d’exemple, les branches comme des bâtiments et des routes, appelé communément (Infra), les télécommunications, les industries agro-alimentaires, les banques, les industries chimiques, les manutentions portuaires, les mines et le pétrole, pour ne citer que ceux-là sont majoritairement affiliées à la CGTM.

L’UTM n’ a cité que comme preuve de sa prétendue représentativité que des secteurs partiels ou certaines positions dans des élections parcellaires. En tout état de cause, la CGTM n’utilise et n’utilisera jamais l’influence des dirigeants des entreprises publiques et/ou parapubliques pour recruter les travailleurs ou saper leurs rangs en vue de conforter ses effectifs syndicaux.

La CGTM est très embarrassée de devoir répondre à chaque attaque dont elle est victime de la part de l’UTM, mais par respect à l’opinion nationale et internationale, nous ne pouvons pas ne pas rétablir la vérité des faits.

La CGTM appelle l’UTM, en tant qu’affiliée de la Confédération syndicale internationale (CSI) au même titre qu’elle, à une solidarité dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de nos braves travailleurs et travailleuses dont le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader. Les principes au nom desquels l’affiliation de l’UTM à la CSI a été obtenue en valent la peine.

Ampliations :

- Bureau international du travail (BIT)
– Confédération syndicale internationale (CSI)
– CSI Afrique
– CSI Amman

Nouakchott, le 07 juillet 2013.

Le comité exécutif de la CGTM

Confédération générale des travailleurs de Mauritanie CGTM
BP 6164 Tél : 0022245258057, Fax : 0022245256024
Site : www.cgtm.org; mail : cgtm@cgtm.org
Nouakchott Mauritanie.

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Commentaires

  1. K.O a écrit:

    Bonjour
    je pense que si la CGTM conteste ses statistique , alors , elle doit :
    1-La CGTM n’a qu’a nous fournir des statistiques qui prouve contraire de ce que dit l’UTM.
    2- Il n’est pas raisonnable de dire qu’un syndicat ne peut se rapprocher de l’état ou le gouvernement si celui-ci fait respecter le droit des travailleurs dans ses rangs.

    vive les travailleurs

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