CGTM : Déclaration.


Le dernier communiqué du Conseil des ministres a publié le jeudi 14 septembre 2012, un projet de décret portant sur la suppression de la location de la main d’œuvre qui était devenue une pratique courante observée par l’Etat lui-même, dans son administration tant centrale que territoriale, les secteurs miniers et industriels.

Le secteur des BTP réalisait quant à lui une forme de sous-traitance dans une désorganisation totale et assujettissait les travailleurs à une surexploitation qui frisait l’esclavage.

La CGTM, tout en saluant cette mesure prise par le gouvernement car elle émanait de l’une de nos plus vieilles revendications, met en garde contre les risques liés à son application et à sa mise en œuvre.

Il est de notoriété publique que toutes les velléités prises dans ce sens durant les années 1980, jusqu’à celles de mars 2011 pour les journaliers de la SNIM, ont été bloquées par des résistances fortes de la part de certains entrepreneurs véreux qui trouvaient en cette location de main d’œuvre non seulement une forme de blanchiment de certaines pratiques néfastes, mais aussi une fuite vis à vis des charges fiscales et sociales ainsi que des assurances maladies.

Par ailleurs, nous rappelons que dans certains commentaires faits par les membres du gouvernement et relatifs à cette mesure, il a été fait cas des dispositions du code de travail qu’il faut revoir et réajuster, et à ce sujet, une certaine confusion a été faite car cette pratique de la location de la main d’œuvre n’est pas concernée par ce texte.

D’autre part, en vue de garantir la réussite de ce projet, le gouvernement se doit de revoir sa politique de gouvernance vis-à-vis des partenaires sociaux pour créer une dynamique de concertation avec les organisations syndicales représentatives et dont les décisions engagent les travailleurs concernés par cette mesure. A cet effet, il ya lieu de revoir la composition des instances sociales consultatives dont la CGTM a été délibérément exclue, situation qui ne favorise pas un véritable dialogue social.

Il est temps que l’on prenne le taureau par les cornes et que l’on reconnaisse aux travailleurs le droit de choisir librement leur appartenance syndicale et de la respecter. C’est à ces conditions que l’on peut disposer et mettre en place des mécanismes fiables de gestion, de contrôle et de suivi des mesures rectificatives qui concernent les travailleurs.

La CGTM estime que la mise en place d’un observatoire pour le pilotage de cette mesure est de nature à lui garantir une meilleure application et un respect scrupuleux. Cette instance doit être composée de tous les acteurs concernés en particulier des organisations syndicales les plus représentatives des travailleurs.

Ampliations :

– Confédération Syndicale Internationale (CSI)

– Bureau International de Travail (BIT)

Nouakchott, le 10 septembre 2012.

Le comité exécutif de la CGTM

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge