( Chapitre II) – Le 10 Juillet 30ème anniversaire du coup: Moustapha Ould Mohamed Saleck parle à Ould Kaïge

Dans votre deuil, ou dans votre mémoire et vos appréciations diverses du putschiste ou de l’homme, je tiens à vous dire mes chaleureuses pensées, mes voeux pour votre union nationale et votre conquête consensuelle d’une démocratie encore à inventer.

Vous trouvez ci-joint l’entretien que le président du premier Comité militaire m’avait accordé avec confiance en Avril 2006, ainsi que l’hommage rétrospectif que constitue un papier rédigé au moment de l’élection présidentielle de 1992, par un de vos universitaires les plus talentueux et sagaces.

 Avec vous tous.

II

 

 Qu’est-ce que la légitimité ?

 

 

La réunion a été désastreuse ?

 

Absolument. Absolument. Absolument (voix de plus en plus basse)… mais d’un autre côté, elle a été édifiante pour moi… je savais désormais ce que je pouvais attendre des pouvoirs publics.

Alors que vous l’aviez pensée comme une solution de décision collective, et un peu un sauvetage ?

Je pensais plutôt que le Président avait des solutions de rechange … que cela l’amènerait lui-même, le ministre de la défense et l’ensemble des officiers à réfléchir sur ce que l’on pouvait faire pour sortir de cette situation. C’est-à-dire tel et tel moyen, ou s’entendre dire : écoûtez, tenez bon ! jusqu’à telle date, nous allons voir de quelle manière politiquement, diplomatiquement nous pourrons mettre fin à cette guerre .

Y avait-il une stratégie ? une doctrine et un dispositif de défense ? ou bien une stratégie de contre-attaque, même de suite. Et y avait-il une conduite politico-stratégique, à la fois civile et militaire, de la guerre ? une espèce de cabinet de guerre ou de comité de guerre ?

Il n’y avait rien, sur le plan national, de particulier à la Mauritanie. Entre le Maroc et nous, il y avait la Commission de défense, qui était présidée à tour de rôle par le Président ou le Roi. On y faisait le point de l’évolution de la situation sur le terrain. Il y avait débat sur l’utilisation des moyens du Maroc. Ou les unités marocaines étaient là, et elles étaient intégrées aux unités mauritaniennes, et elles devaient donc répondre aux ordres du commandement mauritanien. Sans autre forme de procès, il n’y avait pas de procédure. Le Maroc, ou le Roi, l’entendaient plus ou moins comme çà, mais naturellement le grand obstacle, c’était le commandement militaire marocain, et il y avait les troupes marocaines, sur le terrain à côté de nous, qui ne voulaient pas du tout être manipulées quotidiennement, recevoir nos ordres. Ils étaient bien enterrés. Ils préféraient que leurs unités soient utilisées comme des bouchons de défense, et non comme unités opérationnelles.

Le Polisario est un ennemi commun : leurs combattants ne visent pas seulement la Mauritanie, mais tout le monde, et comme par hasard quand il sont en territoire mauritanien, ils cherchaient à retrouver les points de défense des Marocains?

Nous, nous avions donc double tâche : défendre les unités marocaines telles qu’elles sont, là au point de bouchon, et aller au-devant du Polisario quand il se met en attaque. Les unités marocaines, finalement, devenaient une charge pour nous, en tout cas une raison d’éparpillement des moyens, et nous ne profitions pas beaucoup de la présence des Marocains.

N’eût été la présence des Jaguar, de l’aviation qui est intervenue avec beaucoup d’énergie, qui a donné du souffle, qui a donné du courage aux unités mauritaniennes, nous aurions été très fatigués. Très très fatigués.

 

La décision

 

Alors, nous revenons à cet après-réunion…?

 Evidemment, les contacts continuaient, plutôt dans la clandestinité… je ne peux pas vous parler d’une véritable organisation. Ceux qui ont participé, vous diront qu’il s’agissait d’abord d’une préparation psychologique… qui n’a d’ailleurs pas dépassé le stade des contacts.

On dit même que le Président était au courant. Cela m’importait peu. J’arrivais à contenir les officiers qui s’impatientaient et personne ne pouvait soupçonner quoi que ce soit. Pendant ce temps-là, les attaques sur la voie ferrée se multipliaient…un certain nombre d’officiers, mais aussi des civils, étaient là derrière et poussaient. Ceux-là, je les connaissais tous. Il fallait avoir un regard sur tout le monde. Les civils d’ailleurs étaient beaucoup plus acharnés que les militaires.

Tout cet ensemble de mouvements ont fait que pratiquement, j’avais presque vidé Nouakchott, d’unités. Tous ces officiers se trouvaient en dehors – tous étaient sur les frontières. Ceux qui qui revenaient encore à la charge, c’étaient les civils. Je sais que beaucoup d’entre eux ont déclaré avoir été associés à ce qui se préparait. En réalité, il y avait une demi-dizaine de jeunes cadres, civils, qui étaient dans ce vent. Je n’en voyais qu’un ou deux , de temps à autre, mais tous voulaient précipiter les événements.

Il fallait faire cela, sinon je n’aurais pas su quand éclateraient les choses ni dans quelles conditions. Pratiquement, Nouakchott a été vidée de tous ceux qui pouvaient agir. Il n’y avait plus d’unités. Et finalement, ceux qui ont fini par exécuter l’intervention, l’arrestation du président Moktar… n’étaient pas du tout dans le coup. Ils ne faisaient pas partie de ceux qui étaient au courant.

Nous avions – simplement – une espèce de petit plan de défense à organiser, une veille au désordre pour qu’il n’y ait pas de fausse note… que rien ne bouge… une sécurité devait être assurée au-devant des portes des différentes formations militaires et autres endroits stratégiques.

Personne n’a su à quel instant, cela devait se déclencher … jusqu’au moment, où certains ont reçu la convocation d’être présents à Nouakchott. Voilà un peu comment c’est arrivé.

Ce qui fait que ce n’est  pas vous qui, finalement,qui avez pris l’initiative… qui avez contacté des officiers, de vous-même.?

Tout le long et sur le plan militaire, rien ne s’est fait en dehors de mon initiative propre. Je n’ai jamais convoqué de réunion spéciale à ce sujet. Les officiers concernés pouvaient se voir entre eux en dehors de Nouakchott. Toutefois, au cours de leur passage à Nouakchott, ils profitaient du temps qui leur était réservé par le chef d’état major pour faire part de leurs idées sur le sujet.

Les seuls que j’avais convoqués finalement, ce sont les deux qui ont eu à superviser l’exécution et assurer la sécurité.

En assumant la responsabilité … pour que les choses se fassent techniquement le mieux, vous avez également assumé, parce que seul devant l’Histoire, une rupture de légitimité et un autre ordre des choses – ce qui n’était pas votre but premier?

J’estime très franchement que ce n’est pas une rupture de légitimité parce que celle-ci a cessé depuis que la conduite des affaires de l’Etat s’est arrêtée. La légitimité demeure, tant que l’acteur principal est à même de prendre les choses en mains et de les faire évoluer dans l’intérêt général. Or, à partir d’un certain moment, il était clair aussi bien au niveau du fonctionnement de l’administration, qu’au niveau du Bureau politique du Parti, que la paralysie était devenue totale. La majeure partie du peuple vivait mal cette situation et le faisait savoir.

Il n’y avait plus d’acteur qui fasse fonctionner… Déjà, en Février 1966, je m’étais trouvé avec une délégation des responsabilités du fonctionnement de l’Etat et de la sécurité du pays. Et j’ai passé un mois à régler toutes sortes de problèmes, même les litiges mineurs. Et le ministre de l’Intérieur a même déclaré : le pouvoir n’est plus entre nos mains, il a été confié  à untel. Et il a fallu que, moi-même, de ma propre initiative, je décide que tel jour je devais organiser la tenue d’un meeting populaire auquel seront présents le Président et ses différents ministres etc… pour qu’ils prennent la parole…

 C’est le meeting au ksar, le 14 ou le 15. Et vous dites qu’à une seconde occasion, vous vous êtes trouvé dans la même situation de responsabilité. Laquelle ?

A trois reprises, des événements graves ont éclaté à Zouerat et à Fdeirick. La première, devait être en Février 1965, on en a peu parlé. Il s’agissait de différends entre personnels de la mine. Les dégâts humains et matériels étaient importants. J’y ai été appelé de ma base d’Atar et pendant plusieurs semaines, nous avons essayé de contenir l’ensemble des problèmes et de favoriser la reprise du travail dans les meilleures conditions. Les problèmes se posaient entre la société et son personnel ; entre personnel étranger et personnel mauritanien ; entre société et syndicats… [1]

La deuxième fois, en 1967 ou en 1968, je ne me rappelle plus exactement, j’ai été mis à contribution alors que je me trouvais en mission à Nouadhibou. J’avais déconseillé l’envoi de renforts, persuadé que seul le dialogue était efficace [2].

 En 1971, alors que j’étais Gouverneur à Atar, de nouveaux incidents ont encore éclaté à Zouerate [3]. J’ai du me rendre sur place, et Dieu merci, la situation a été rétablie à la satisfaction de tous et sans incidents majeurs.

 

Le scenario

Le Président a été au courant… vous l’avez vu dans son livre – le samedi midi ou le samedi une heure, que du coup vos projets se sont arrêtés, que Ahmedou Ould Abdallah qui devait être – peut-être – l’exécutant, ne l’a plus fait, que Jiddou l’a peut-être fait, et que le samedi-dimanche vous avez – semble-t-il – été perplexes. Et est-ce que le président Moktar aurait pu… avait un moyen de réagir et de vous neutraliser, sans en même temps paralyser l’armée. Comment ? si vous vous mettez dans les deux rôles…?

Ce sont effectivement les personnes-mêmes que le Président a citées dans son livre qui étaient les plus impliquées autour de moi. Le colonel Ahmedou Ould Abdallah s’était effectivement porté malade… c’était lui qui devait exécuter… ou en tout cas son unité. Il n’a pas pu se lever : à l’époque il avait commencé à avoir des problèmes de santé, qui ont fini d’ailleurs par se compliquer : il a fallu qu’il aille se soigner à Dakar. Mais son unité a été celle qui a exécuté le plan conçu. Lui-même a pu être tenu au courant.

Mais je crois que le Président savait très bien qu’il n’avait pas de possibilités d’intervenir sinon de faire agir une ou deux personnes, peut-être des fidèles, … mais qui n’auraient pas osé sortir la tête à ce moment là.

J’étais pratiquement seul  à l’état-major, j’étais en train de suivre les mouvements du Polisario sur la frontière, et le ministre de la Défense, accompagné d’un officier de gendarmerie, qui était de son voisinage, sont venus me voir dans la salle d’opérations…  le samedi soir, parce qu’il y avait une réunion du Bureau politique. Le report s’est fait ce soir là car le colonel Ould Abdallah était indisponible. La nuit suivante, tout était en place et le ministre … tout seul, est revenu me voir dans la salle d’opérations. Et il n’y avait pas de Jiddou sur place – il était sur la voie ferrée, et il n’y avait pas Haidalla non plus… ce sont ceux-là qui étaient avancés comme étant si, vous voulez, les plus proches de moi

… ce sont ces trois-là qui ont compté comme les germinateurs ?

Disons que ce sont ceux-là avec lesquels l’idée du changement a été conçue.

Est-ce que le président Moktar pouvait contre-carrer votre plan ?

Personnellement, je ne vois pas comment. A moins d’un retour à la raison et d’un engagement ferme d’apporter des solutions adéquates. Il ne pouvait pas le contrecarrer, parce qu’il n’y avait pas d’unités disponibles. A Nouakchott, la seule unité qu’il y avait, c’est la 6ème région qui était à l’époque commandée par Ahmedou. Lequel s’était déjà engagé.  Franchement, à moins d’une intervention extérieure, préparée à l’avance, je ne vois pas ce que le Président pouvait faire.

Et alors votre scenario était plutôt de capturer le Bureau politique que de réveiller le Président dans son lit ?

C’est un peu cela … on voulait surtout éviter qu’il y ait une réaction… nous n’avions l’intention de capturer qui que ce soit, nous voulions surtout les prendre pour les amener dans leur maison, leur demander de rester tranquilles là où ils sont, et de ne rien tenter jusqu’à ce que la situation soit totalement sous contrôle. Evidemment, le Président serait également mis quelque part en sécurité mais, moi, je ne voulais pas du tout que çà prenne l’aspect d’une poursuite quelconque. Mes instructions dans ce sens étaient fermes. Malheureusement certains ministres ont été arrêtés le lendemain car j’ai reçu des informations sur certains agissements particuliers.  Nous avons préféré cela pour ne pas envenimer la situation.

Vous étiez dans votre pensée, rétrospectivement, plus un chef nominal qu’un chef d’opération ? et les autres vous débordaient un peu, ou vous avez… vous dirigiez quand même l’ensemble ?

 Je tenais surtout à conserver le contrôle d’une situation jusqu’à son exécution.. Et je n’ai jamais accepté qu’il y ait une initiative, ni une action  quelconque, avant le moment. Mon souci était de faire que la seule responsabilité – s’il devait y en avoir –  soit la mienne parce qu’on ne sait jamais… et surtout je craignais qu’il y ait une intervention extérieure que je ne pouvais pas totalement exclure. Je connaissais le roi du Maroc, et son esprit très éveillé. Sa rapidité d’instruction, d’intervention sont telles que … il n’était pas impossible de le voir faire des parachutages sur Nouakchott, ou dans les environs de Nouakchott, que moi j’avais pratiquement vidée de toutes les troupes mauritaniennes, je n’avais aucun élément d’intervention sur place, si ce n’est de petites unités pour assurer la sécurité de l’ensemble. Je ne pensais pas à une action nationale quelconque.

 Par rapport aux autres officiers qui n’étaient pas associés dans la préparation, ils ont été mis au courant de l’idée et ils y ont adhérés. Pour ce qui est du déclenchement de l’opération, j’avais dit qu’aucun moment précis ne pouvait être arrêté ; discrétion oblige.

 Et vous avez décidé presque du jour pour le lendemain ?

 C’est exactement cela. Mais cela s’est fait conformément à nos prévisions.

 
 Les conséquences

 

… évidemment dans l’immédiat, vous n’aviez ni une idée sur la question saharienne et le Polisario, ni non plus une idée du sort de Moktar, ni non plus une idée du scrutin. C’était trop proche…?

Pour nous, il n y avait pas de mystère. La direction nationale que le pays se sera choisi devait examiner les deux options suivantes :

– soit la poursuite de la guerre et dans ce cas il faudrait y mettre les moyens qu’il faut…quitte à organiser une consultation sur la partie du territoire qui revenait à la Mauritanie.

– soit un arrêt négocié des combats.

Quant au Président Moktar, tout le monde ne lui voulait que du bien, en particulier celui que vous vous plaisez à appeler le ‘Putschiste’. J’avais dit que sa volonté serait respectée quant au rôle qu’il voudrait bien jouer dans la poursuite de la construction nationale. Lui, était suffisamment raisonnable pour savoir que la Mauritanie appartient à tous les Mauritaniens, censés dans leur majorité, savoir quoi en faire et lui réserver le meilleur des sorts.

L’évolution des choses ne s’est pas faite dans le sens que je voulais. J’ai préféré m’éclipser après plusieurs tentatives de conciliation plutôt que d’assumer l’inauguration d’un nouveau mode de querelles irresponsables autour du Pouvoir. J’aurai pu agir de la manière la plus forte mais cela ne correspondait pas à ma vision des choses. Le premier cap, celui de la stabilité, de l’absence de violences et de tiraillements internes, m’a paru plus convenable à la situation que vivait le pays.

Et maintenant que le temps a passé, quand vous faites le bilan et notamment de cette responsabilité énorme que vous avez prise de prendre acte de ce qu’il se passait en 1978 et d’opérer ce changement, qui a provoqué finalement plutôt des désastres. Parce que l’évolution vous a échappé et le pays – on sent pendant la période Haïdalla la pluie de complots et la tension de tout le monde, à commencer par lui, Haïdalla – et alors ensuite les souffrances de vos compatriotes, un certain avilissement des gens. Moi, je le sentais en 2001… on sentait presque des gens qui avaient honte d’être Mauritaniens dans ce régime, mais qui ne pouvait pas faire autrement. Donc, ils avaient un discours d’âme dans leur salon particulier, et ils étaient obligés de plier devant Maaouyia, et cela devenait infernal. Et tout çà a été une évolution qui vous a échappé à partir de Juillet 1978 ?

Il y a un peu de cela, je le reconnais. Mais le raccourci que vous faites tend à trop simplifier les choses, qui sont, en réalité, beaucoup plus complexes.

 Trente ans après…?

Les trente années qui ont suivi, sous les différents régimes militaires et civils, n’ont certes pas été des plus glorieuses et la Mauritanie y a connu malheureusement beaucoup d’agitations et d’instabilité inhérentes à l’incertitude et l’inexpérience des différents acteurs.

Mais je continue de penser que le coup d’Etat de 1978 a sorti la Mauritanie d’une période sanglante qui a engendré énormément de victimes.

 … vous les estimez à combien ? à peu près, parce que cela n’a jamais été dit ?

Malheureusement, je n’ai pas souvenir des statistiques de cette période. Je sais que les victimes sont très nombreuses. Je suis resté quelque temps sur le terrain, et j’ai quelquefois assisté à des carnages terribles.

Des hécatombes ?

Absolument. Les attaques de Ouadane d’abord, de Chinguetty ensuite ont été très violentes. Des pertes importantes ont été enregistrées. J’y ai perdu beaucoup d’hommes ; surtout à Ouadane. Du côté du Polisario, aussi, les pertes ont été importantes.

… que vous n’avez jamais analysés comme des mercenaires ? vous les avez analysés comme des combattants ?

Non ! qu’ils soient mercenaires ou combattants, ils n’ont jamais en tout cas essayé d’agir comme une armée organisée. C’était le fait de se lancer comme çà contre des troupes mauritaniennes qui, au passage, n’avaient même pas occupé la parcelle qui revenait au pays

Cela a été une présence très symbolique à Dakhla ?

Bien sûr, à Dakhla, il n’y avait pas tellement de présence militaire. C’était surtout un pouvoir civil qui s’est installé. Nous n’avons fait qu’assurer une certaine administration abandonnée. Le Polisario n’aurait jamais pu y accéder. Et les gens n’auraient jamais pu opérer, à partir de Dakhla, s’ils ne traversaient le territoire mauritanien. Il a fallu qu’on dise : ou bien vous trouvez un chemin par lequel vous passez vers le Maroc si vous voulez, en tout cas par le territoire mauritanien vous ne passerez pas. Nous n’avions comme tension avec eux que çà, parce que le reste n’est qu’un terrain vague où il n’y a pas grand chose.

Enfin, vous avez en tout cas, une énorme responsabilité devant l’Histoire…?

… Je ne regrette pas du tout ce que j’ai fait et j’estime que la Mauritanie en est sortie réconfortée, tant sur le plan humain que sur celui des perspectives de développement. La base de tout cela est la paix.

Et psychologiquement, si le Président, une fois sa santé rétablie en France – parce qu’il était quand même… il est arrivé fatigué, et puis il y avait ces calculs rénaux, sa vie était en danger – était revenu, comme çà. Il prend l’avion avec son baluchon, son haouli, il arrive un matin comme çà, au début des années 1980, vous n’êtes plus au pouvoir d’ailleurs, quelle est la réaction du pouvoir militaire ? et quelle est la réaction des Mauritaniens ?

 Je voyais très bien le président Moktar rentrer dans son pays en disant : écoutez, ma période, je l’ai faite. Je préfère garder ma grandeur et mon estime, si ces pouvoirs ont besoin de mes conseils, je suis là et je les mets à leur disposition. Et si non… en tout cas, je me mettrais à travailler… j’écrirais … par la presse, à travers certaines personnes en particulier. Moktar, sa personnalité, sa vocation religieuse, et logiquement sa maîtrise de soi par rapport à sa vie personnelle, loin de sursauts politiques lui auraient permis de s’installer plus rapidement en Mauritanie.

 Cela aurait été fort utile…?

Fort utile, absolument. S’il acceptait d’être le représentant, le porte parole de son pays auprès des institutions internationales, servir dans les médiations internationales. Il avait énormément de talents dans ce domaine et il aimait profondément la Mauritanie.


[1]8-13 Février 1965 à Zouerate, rixes entre personnels mauritaniens et européens de MIFERMA : une grève s’ensuit qui motive le licenciement de nombreux agents européens – NDLR

[2] – 27 Mai 1968 à Zouerate, grève générale du personnel de MIFERMA : la troupe est requise pour maintenir l’ordre, des renforts sont dépêchés, un protocole d’accord est signé entre la Société et les représentants syndicaux, mais le travail ne reprend pas – 29 Mai 1968 à Zoueratte, menacée d’être débordée par la foule, la troupe ouvre le feu : 7 morts et 22 blessés – NDLR

[3] – 30 Août 1971 début d’une grève à Zouérate : l’extraction et l’acheminement du minerai sont bloqués jusqu’au 8 Septembre – NDLR

 

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Source : BFF dit Ould Keige

 

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