Chef de file de l’opposition démocratique : l’Etat libère le budget 2013 à Ahmed Ould Daddah et les Islamistes grincent des dents

AHD

Alors que les Islamistes de Tawassoul piétinent d’impatience pour exercer leur droit en tant que Chef de file de l’opposition démocratique, pour être devenue la première force parlementaire, l’Etat vient de libérer les fonds destinés à l’institution et bloqués depuis 2013, au titulaire sortant, Ahmed Ould Daddah. Certains analystes croient voir dans la situation confuse actuelle relative au poste de Chef de file de l’opposition, une subtile manœuvre du pouvoir pour semer la zizanie au sein de l’opposition.

Le ministère des Finances vient de donner son accord pour la libération du budget de 300 millions d’UM destiné à l’Institution de l’opposition démocratique, bloqué depuis 2013. Un apport qui vient à point nommé et qui permettra à Ahmed Ould Daddah, titulaire du poste, d’éponger certaines factures et payer les agents recrutés pour assurer le fonctionnement d’une institution qui ne remplit plus cependant toutes ses missions depuis la rupture entre ses leaders et le pouvoir actuel. Alors que le Chef de file de l’opposition, considéré dans les textes comme la troisième personnalité de l’Etat, doit au moins rencontré deux fois par an le Président de la République, être consulté dans les grands dossiers de l’heure et assisté aux cérémonies officielles, la tradition n’est plus respectée depuis le renversement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et l’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. La relation exécrable qui s’est installé entre lui et Ahmed Ould Daddah, Chef de file de l’opposition, a beaucoup nui ainsi au bon fonctionnement de l’institution.

Si Aziz a superbement ignoré Ould Daddah tout au long de son premier mandat , ce dernier le lui a bien rendu, en séchant toutes les cérémonies officielles auxquelles il a été invité.

Aujourd’hui, les Islamistes devenus la plus grande force politique de l’opposition représentée au Parlement, à l’issue des élections législatives et municipales de 2013, boycottées par la plupart des partis de l’opposition, dont le RFD d’Ahmed Ould Daddah, réclament le poste de Chef de file de l’opposition qui leur reviendrait de droit. Pour l’instant, le pouvoir se refuse à signer le décret leur assurant ce privilège et qui leur donnerait le Chef de file de l’opposition démocratique, une fonction dont le détenteur reçoit un salaire pouvant atteindre un peu plus de la moitié de celui du président de la République qui perçoit mensuellement 7 millions d’UM, alors que les membres de son cabinet, touchent presque la moitié du salaire des ministres (3 millions d’UM).

Certains analystes n’ont pas hésité ainsi à voir dans la libération des fonds bloqués depuis 2013, à Ahmed Ould Daddah, un moyen d’approfondir davantage les dissensions au sein de l’opposition, en cherchant à attiser la tension entre les Islamistes de Tawassoul qui se croient aujourd’hui détenteurs légitimes du poste et le RFD qui considère que le poste revient toujours à son leader en l’absence d’élections libres et consensuelles. D’autres semblent percevoir dans la libération des fonds, un signe de bonne volonté du pouvoir à renouer le fil interrompu du dialogue politique.

Peut-être même que le refus à céder le fauteuil de Leader de l’opposition aux Islamistes cacherait des intentions non encore exprimées, de la part du pouvoir, à organiser des élections locales anticipées où tous les partis politiques pourront participer.

MOMS pour l’Authentique

 

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