Cheikh Bounana Ould Sidi : C’est lui « Somelec Dar-Naïm », mais attend depuis des années son embauche

Cheikh Bounana Ould Sidi - C’est lui Somelec Dar-NaïmC’est lui « Somelec Dar-Naïm », mais attend depuis des années son embauche
Il s’appelle Cheikh Bounana Ould Sidi et il travaille depuis une quinzaine d’années sans embauche à la Société mauritanienne d’électricité (Somelec) à Dar Naïm. Ce jeune homme, la quarantaine, vit avec sa mère, une vieille femme dont il est fils unique. Bounana, et tout Dar Naïm le sait, représente à lui seul, la Somelec à Dar Naïm. Qu’il vente ou qu’il pleuve, de jour comme de nuit, il est l’un des rares interlocuteurs que les abonnés du centre sont sûrs de retrouver au poste, souvent seul. Pendant des années, il multiplie les démarches pour se faire régulariser en vain. Dans un pays où tout repose sur les relations, de pauvres bougres comme lui, n’ont aucune chance.

J’ai personnellement choisi de parler de Bounena aujourd’hui, par solidarité mais ausis par écœurement devant sa situation. En me présentant lundi 6 janvier dernier au centre de la Somelec à Dar Naïm, j’ai retrouvé plus d’une dizaine d’abonnés, factures au bout du bras. Aucune des caissières n’était sur place et le chef de centre, convalescent, n’avait, comme d’habitude, que Bounena comme « chien de garde » pour la boutique. Il tentait, comme de coutume, d’éteindre le feu de la contestation, alors que les services coupures, travaillaient avec acharnement pour couper des lignes et emporter des compteurs. Bounena qui flottait dans un modeste ensemble que je lui connais depuis quelques années, était au four et au moulin. « Tu vois ce travail ingrat que je mène seul, alors que les contractuels de la boîte sont tous absents » me lança-t-il.

Je connais le bonhomme depuis maintenant une dizaine d’années, depuis que j’ai déménagé dans la Moughataa. Chaque fois que je me rendais à la Somelec, parfois très tôt le matin, parfois tard dans l’après-midi, je le retrouvais, souvent seul gardien du temple. Il m’a toujours demandé de l’aider à faire connaître son calvaire. Mais ce jour du lundi 6 janvier 2014, la coupe me semblait pleine. Presque au bord des larmes, il me confia « la direction vient de nous envoyer une jeune femme comme contractuelle pour la caisse ; elle serait fraîchement embauchée ». Pour lui, « le comble, c’est qu’elle n’est jamais montée au travail depuis trois mois ». Des Bounana, il en existe certainement des dizaines, voire des centaines ici comme ailleurs, dans d’autres secteurs du service public. Ames éplorées qui font toujours le travail des autres, à la seule différence qu’eux, ne sont pas recrutés, ils travaillent presque par abnégation et par l’amour du travail qu’ils accomplissent pour le bien de la collectivité. Pendant qu’ils triment pour une reconnaissance quelconque, les gens bien nés ou bien pistonnés, sont balancés, embauchés et titularisés sur un simple coup de fil.
Pourvu que cette situation prenne fin

Cheikh Aïdara

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Commentaires

  1. sy alassane a écrit:

    je confirme votre articule je vis la situation plus pire je ne suis pas le seule sa fait 23ans je suis dans la boite de la somelec je suis toujours temporaire pourtant le travail qu-ont fait les . titulaires ne font t memme pas le quart. mais nous ont gnagne pas le 1/1O emme de leur salaire comment pouvez vous imaginer un électricien qui passe de 8h jusqua 20h entrien de monter sur ces pottos Electrique sens protection on risque notre vis avec un salaire de 30000 mille ouguiya parfois avec 12000 mille ouguiya comme heure supplémentaire chaque centre somelec de nouakchotte les 8O pourcent
    de effectif ce son des tanporaire

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