chronique d’un rendez-vous avec Aziz en suspens !


Depuis la blessure par balles de leur président M. Mohamed Ould Abdel Aziz les Mauritaniens ont été abreuvés d’une longue liste de versions qui, officielles ou non, ne dissipent pas l’écran de fumée qui entoure cette histoire. L’affaire prend des proportions d’autant plus inquiétantes que la dernière image animée que les Mauritaniens ont de leur président remonte au 14 octobre 2012.

M. Ould Abdel Aziz s’exprimait alors devant les caméras de la télévision nationale. Alerté par des sources dont la fiabilité n’est plus à prouver, KASSATAYA a révélé à l’opinion le lieu d’hospitalisation de M. Ould Abdel Aziz. L’objectif n’en était pas de livrer le chef de l’Etat aux visiteurs. Toujours est-il qu’un défilé incessant s’en était suivi au point de précipiter un déménagement du patient. Grace à ses sources, KASSATAYA fut le premier média à annoncer l’information. C’était le 24 octobre 2012, soit 10 jours après son admission à l’hôpital militaire de Percy.

Depuis, plus aucune nouvelle hormis celles diffusées par une cellule de communication (qui sont-ce d’ailleurs ?), officieuse ou non, en tout cas désorganisée et manifestement dépassée par la complexité et le caractère inédit de la situation. Reprenant à son compte les inquiétudes légitimes des Mauritaniens, KASSATAYA décidait de mettre sur pied un dispositif exceptionnel pour en savoir davantage. Différentes adresses firent l’objet d’enquêtes sans succès. Plus de dix jours d’investigations nous conduisirent sur une piste qui s’avéra fructueuse. Comme nous l’avons déjà annoncé, notre objectif n’était pas de livrer au public le lieu où se trouve Ould Abdel Aziz mais juste de recueillir ses propos et dissiper le brouillard sur une situation d’incertitudes qui nourrit toutes sortes de spéculations.

Mais voilà que les promesses fermes données par l’équipe présidentielle n’ont pas été honorées même si les portes n’ont pas été définitivement closes. Les lecteurs doivent savoir que l’entourage du président ne s’est pas spontanément adressé à KASSATAYA. C’est le résultat des investigations de KASSATAYA qui a ouvert cette perspective. Les choses ne sont pas simples, et c’est un truisme que de le dire. Nous ne nous attendions pas à ce qu’on nous ouvre toutes les portes tout de suite en nous proposant d’entrer avec enregistreur, caméras, appareils photos et microphones. Nous ne demandions pas à interviewer le président au bord de la piscine ou pendant un jogging. Nous avions bien conscience de la gravité de la situation. Jusqu’à la minute où nous écrivons ces lignes, des tractations ont cours pour que la promesse soit tenue. Devant l’impatience de nos lecteurs et de nos auditeurs, nous n’avions pas d’autre choix que de revenir vers eux comme promis.

La communication autour de cette question laisse les Mauritaniens livrés à eux-mêmes. Ceux-ci n’ignorent rien des intrigues de palais qui ont entouré la disparition de Omar Bongo (disparition cachée aux Gabonais plusieurs jours au moins) ou de Laurent Désiré Kabila, blessé par balles dans des circonstances à ce jour floues. Il n’est donc pas surprenant que les spéculations aillent bon train au sujet de la situation de M. Ould Abdel Aziz. Quel intérêt celui-ci a-t-il de ne pas communiquer avec les Mauritaniens si rien de vraiment sérieux ne s’y oppose ? Si son état de santé ne s’y prête pas, c’est tout à fait son droit et les Mauritaniens seraient en mesure de le comprendre. Sinon, qui a intérêt à ce qu’il ne s’exprime pas ?

La communication présidentielle, qui collectionne les perles, sous-estime-t-elle l’aptitude des Mauritaniens à comprendre qu’un homme, qui n’est ni extraterrestre ni superman, puisse avoir besoin d’un suivi médical qui impose qu’il soit, ne serait-ce que momentanément, éloigné de ses obligations après avoir reçu des balles ? A titre d’exemple, après avoir été lynché et laissé pour mort, le président intérimaire malien a longuement séjourné en France pour ses soins et sa convalescence. Pendant tout ce temps, il a continué à recevoir ses collaborateurs et les citoyens maliens n’ont jamais été privés de nouvelles. Le président Mauritanien lui reste isolé de son cabinet et les ministres de passage à Paris ne peuvent le voir. La dernière visite qu’il a reçue (information KASSATAYA de source non mauritanienne) est celle de M. Manuel VALLS il y a plus de dix jours et le ministre français n’a pas souhaité que la visite soit rendue publique. La communication présidentielle peut multiplier les annonces de date de retour et enchainer autant de fois les reports. Elle ne fera que conforter l’opinion dans sa certitude que rien ne va vraiment. Et tout ce qui pourra être dit désormais ne prendra au mieux que la forme d’une nouvelle opération d’enfumage de l’opinion.

Dans ce genre de situation dont la complexité est extrême, KASSATAYA a voulu se donner tous les moyens afin de mettre à la disposition des lecteurs une information qui aide à clarifier la situation. La rédaction, qui a géré cette affaire de façon consensuelle, n’a pas souhaité faire dans la précipitation et la course au scoop. Tout en respectant son engagement à ne pas aller au-delà de ce qu’autorisent la loi et la déontologie -s’arrêter à la porte de la chambre à coucher, de la résidence ou de la chambre d’hospitalisation-KASSATAYA informe ses lecteurs et auditeurs que l’endroit où se trouve M. Ould Abdel Aziz est suffisamment particulier pour nécessiter la présence d’une équipe susceptible d’assurer au moins une veille médicale permanente. L’équipe mauritanienne rencontrée a assuré à KASSATAYA que le patient se remettait de ses blessures et se rendait à intervalles réguliers dans un hôpital de la région parisienne pour des contrôles de routine. Soit ! Après tout pourquoi pas ? KASSATAYA -qui n’a pas surveillé l’endroit que pendant une journée- ajoute que les informations en sa possession ne sont pas de nature à accréditer la thèse d’un retour imminent de M. Ould Abdel Aziz en Mauritanie. A moins d’un miracle qui reste toujours possible. Autrement on sacrifierait la santé à la politique.

Dès lors, sauf à voir une preuve irréfutable (allocution audio, vidéo sur un média indépendant, que ce soit KASSATAYA ou un autre), les Mauritaniens imagineront le pire. Il n’est pas exclu que la situation actuelle connaisse un rebondissement dans les heures ou les jours qui vont suivre.

Jaloux de son indépendance, KASSATAYA refuse d’être l’otage de quelque camp que ce soit, y compris ceux qui ne lui ont ménagé aucune pression depuis plusieurs jours. KASSATAYA fera son travail dans le respect de sa Charte. Que chacun reste dans son rôle. La Mauritanie a des institutions ; à elles de prendre leurs responsabilités.

La rédaction de KASSATAYA à qui rien n’a été épargnée : filatures (Coucou aux « anges-gardiens » de la 307 vert-fluo immatriculée DK-08..-92, de la Yaris grise. On s’est tout le temps senti en sécurité avec eux), les lignes téléphoniques sur écoute. Puissent-ils continuer encore longtemps à manquer de discrétion.

Écrit par kassataya

Source : kassataya


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