Claude K avait de quoi faire exploser plusieurs fois la république…

demineurs A

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Que sont devenus tous les secrets de la république que tenait Claude K ? C’est le grand mystère… Beaucoup de gens puissants doivent trembler à cette heure car Claude K n’effaçait rien et enregistrait tout : mails, Skype et autres. Tout était enregistré or il y a de quoi compromettre beaucoup de gens, c’est peut-être ce qui a sauvé Claude K car peu de gens peuvent imaginer la pression qui fut sur les épaules du célèbre webmaster qui a  quasiment connu 4 régimes : Taya effleuré depuis la France, la transition, Sidioca et Aziz.

Pour Taya et la transition, Claude K était en France mais dès Ely, le pouvoir a voulu mettre la main sur Cridem, en vain car Claude K cherchait naïvement des mécènes, là où sous nos cieux il n’y a souvent que la corruption ou presque car les grands seigneurs désintéressés chez nous sont soit inexistants soit aussi discrets que l’inexistence. D’ailleurs à propos d’Ely, Claude K disait toujours avec le sourire du vieil ami : « il est gentil, te parle toujours avec considération mais il a des oursins dans les poches ». Curieux les rapports d’Ely avec l’argent. Il encaisse plus facilement qu’il ne décaisse apparemment… 

Un célèbre journaliste-géographe rapporte qu’à Paris, après une interview, Ely, a sorti le plus naturellement du monde, une liasse de billets de 50 euros et qu’il a voulu lui en donner un  » pour le taxi ». Le journaliste a bien sûr refusé mais il a été choqué. C’est ainsi que les contacts de Claude K avec la Mauritanie n’ont vraiment commencé qu’avec la fin de la transition. Tous les pouvoirs qui se sont succédés ont mis la pression sur les épaules du webmaster qui, étant français, savait qu’il n’était pas à l’abri d’être mis dans l’avion s’il dépassait les bornes tracées par chaque pouvoir surtout en matière d’information…

Claude K connaissait quasiment tout le monde ou du moins, il avait des sérieuses connaissances partout, du pouvoir à l’opposition en passant par la société civile comme tout journaliste qui se respecte ou qui compte. Beaucoup de gens ont voulu le manipuler, beaucoup ont réussi mais il a fini aussi par apprendre à se protéger et s’entourer de quelques protecteurs sérieux qui lui ont évité plusieurs fois la prison dans cette guerre des gangs où il est impossible d’être toujours neutre dès qu’on a un organe d’influence quelconque surtout en matière d’information.

Face à la santé qui le poignarda dans le dos, le plus grand génie de l’homme fut d’avoir sauvé sa peau au milieu de ce panier de crabes. A chaque grande période politique, parmi celles qu’il a connues, Claude K a eu, pour survivre, certaines affinités avec tel et tel car Cridem en changeant de signification a aussi changé de vocation. Dès l’instant que Cridem n’était plus la Convergence Républicaine pour l’Instauration de la Démocratie en Mauritanie mais le Carrefour de la République Islamique de Mauritanie, Cridem eut aussi la vocation de servir la communication de ceux qui souhaitaient bénéficier de ses services.

Ce volet communication était clairement écrit sur la carte de visite du webmaster car c’est d’ailleurs son premier métier et il n’y a pas de crime en cela sinon Cridem n’aurait pas changé de nom. Au titre de cette communication Claude K a connu certaines personnes très puissantes et la confiance faisant, beaucoup d’échanges se passaient par écrits ; chacun tenant l’autre par la barbichette. Mais personne n’imaginait que le pauvre Claude K allait partir si vite, ndeyssane.

A-t-il eu le temps d’effacer toutes ces informations ? Il faut le souhaiter. C’est mieux pour tout le monde car sinon, certaines personnes peuvent déjà commencer à avoir des sueurs froides à propos du Big Data…

Un jour peut-être, avec l’accord de sa veuve, le soutien de ses amis et collaborateurs qui le désirent, il faudra peintre le personnage aussi entièrement qu’accessible, côté ombre et lumière, pour dire ce qu’il fut dans ce pays où il a mené des combats dangereux pour lui notamment contre les islamistes, le tout téléguidé par le fameux Babaghoura, qui avait deux passions, Cridem et Alakhbar qu’il fit rimer un jour en commentaire avec bobards… On a toujours su qui s’était mais il fut démasqué depuis par des gens hors du cercle des initiés. Claude K lui en a voulu longtemps pour l’avoir trahi après lui avoir promis monts et merveilles pour qu’il sorte la tête de l’eau car Cridem, de tout temps, a vécu au rythme des promesses de soutiens et sans certains amis, très certainement qu’il aurait mis la clé sous la porte ou Cridem allait perdre sa distance précaire entre tous les camps car à l’impossible nul n’est tenu et la Mauritanie est par excellence le pays de l’exploitation de l’homme par l’homme à tous les niveaux, dans tous les milieux et à chaque occasion. C’est un vice culturel qui a prospéré car comme le bon sens chez d’autres, c’est la chose chez nous la mieux partagée…

Un jour peut-être, il faudra écrire son aventure chez nous et je crois avoir quelques crédits pour cet exercice difficile puisque j’ai passé des années, jour et nuit, avec Claude K, de 9H du matin à 2h du mat sur Skype. On se connaissait très bien, on a été complices souvent, on s’est fâchés beaucoup mais cela ne durait pas longtemps jusqu’à la dernière fois où la ligne jaune a été franchie car Claude k a laissé passer sur son site un article d’un monsieur qui s’est servi de mon fils pour m’atteindre. Venant de Claude K qui a lui-même une affaire difficile avec ses enfants, c’était presque impardonnable d’où ma terrible réponse, dont je ne suis pas si fier, accompagnée d’une déclaration de paix armée même si silencieusement j’ai toujours espéré que le temps faisant,  j’allais pardonner et que lui aussi allait pardonner mais le destin en a décidé autrement. 

Claude K est parti sans que j’aie pu le revoir pour lui dire adieu et simah car je ne savais pas qu’il était à l’article de la mort l’ayant perdu de vue depuis plus d’un an et ses plus proches collaborateurs et amis me disaient, jusqu’à ce que j’apprenne sa mort par hasard sur cridem, que ce n’était rien et qu’il se remettait très bien de cette petite opération sinon Dieu sait, que je serais passé le voir qu’il l’eût voulu ou non mais inchallah, un jour, je raconterai son histoire en toute amitié, vue de mon côté car je suis peut-être la seule personne, qui comme lui et avec lui, a passé toutes ces années-là devant un écran d’ordinateur quasiment H24 pour encaisser une réalité difficile et un avenir incertain avec pour seule  issue qu’aller de l’avant au nom de la liberté d’expression dans un pays où la neutralité est vécue comme un danger pour tous.

Voilà par exemple deux anecdotes parmi des milliers : un soir, deux jours avant les décrets de Sidioca pour limoger Aziz, Amal Mint Cheikh Abdallahi l’appelle et lui donne rendez-vous à côté de l’hôtel Mouna qui se trouve à côté de la maison de Bouamatou. Claude K arrive un peu inquiet par tant de cérémonial. Une petite voiture l’attend et on lui indique de la suivre. Ils iront dans un terrain privé pas encore construit et là Amal lui demande ce qui arriverait si d’aventure Sidioca limogeait Aziz. Je revois encore Claude K répondre le plus naïvement du monde : « je lui ai dit qu’à la minute où il ferait ça, il y aurait un coup d’état ».

La suite on la connaît. Sidioca et son clan ne pouvaient pas imaginer Aziz oser renverser un président si démocratiquement élu même s’il était militairement soutenu au départ en sortant de nulle part car même s’il le faisait, Sidioca croyait que les vieilles démocraties, si puissantes et si donneuses de leçons, n’accepteraient pas…

L’autre anecdote qui nous a fait bien rire à l’époque tous les deux in media res, c’était quand un wogave d’un puissant homme d’affaires fut mis au trou pendant que le pouvoir s’attaquait à tous les biens de son patron. Le captif organisait sa défense en lâchant tel et tel pershmergas qui écrivaient sur leur site et Cridem faisait ensuite la revue presse étant entendu qu’en la matière il est de toute façon difficile de ne pas tomber sur un peshmerga. Le problème fut qu’à un moment il y avait apparemment un problème de liquidité et le puissant wogave payait les peshmergas en sacs de ciment lol qu’ils allaient ensuite revendre… Puis le pouvoir a retiré l’appareil au captif qui n’a plus pu organiser sa défense.

Moi-même j’ai sorti Seydou Kane de prison avec comme collaborateur actif maître Bouhoubény, son avocat dans cette sombre affaire ; ce même bâtonnier qui a fui ses responsabilités, comme ses confrères d’ailleurs, devant l’affaire du jeune forgeron toujours captif quelque part sans avocat… En effet, le prisonnier Seydou Kane organisait sa défense depuis la prison où il avait internet via son téléphone. C’est ainsi d’ailleurs qu’il m’a un jour appelé car je le connaissais comme sa famille et comme un jeune de Tevrag-zeina : «  bonjour Vlane, C’est Seydou Kane je t’appelle de prison, je te lis souvent etc. ». En sortant, il m’a raconté toute l’affaire à propos de l’histoire de drogue. Article qui fut repris même par le Calame version papier.

http://chezvlane.blogspot.com/2012/02/synthese-de-5h-dentretien-explosif.html

Tout ça pour dire qu’à ce rayon, ce que Claude K a fait, nous l’avons tous fait car dans ce monde, on rencontre des gens qui demandent de l’aide, comment refuser quand cela ne nous coûte rien sinon les laisser s’exprimer ?

Claude K a été pendant des années activement au cœur des luttes de pouvoir en Mauritanie et cela mérite un jour d’être connu pour l’histoire car au nom de la liberté d’expression pour une Mauritanie plurielle apaisée, il a mené ce combat ingrat avec une subtile intelligence qui fit qu’il « se prêtait à autrui et ne se donnait qu’à lui-même ». Il a mené ce combat avec beaucoup de générosité car nous sommes tous de la génération Cridem qui nous a donné notre premier public malgré nos différences et nos exigences souvent intempestives. Il a mené ce combat avec aussi une crainte constante de finir aux yeux des cridémiens en pershmerga, ce à quoi il a échappé, les mauvaises langues diront de justesse. Il a mené ce combat avec une féroce fidélité envers ses partenaires contre vents et marées face à un pouvoir qui ne fait pas toujours de quartier car au fond, ce que Claude K n’a jamais perdu de vue, c’est la trajectoire de son bébé : Cridem. Il savait qu’après tant de sacrifices, il avait créé, soutenu et raffermi quelque chose parti de rien, de loin mais qui est désormais un média incontournable en Mauritanie.

Il avait raison d’y croire.
Longue vie à Cridem.
Source : Vlane

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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