Climat: la Niña de plus en plus souvent, de plus en plus fort

Une famille pakistanaise dans les inondationsRFI : Entre sécheresses et inondations catastrophiques, le phénomène climatique La Niña va s’accentuer si on en croit une étude parue dans la revue spécialisée Nature Climate Change. Ces événements météorologiques, regroupés sous l’appellation de La Niña, devraient se produire plus souvent et être plus violents avertissent les spécialistes.

La Niña (petite fille) est un phénomène climatique qui affecte l’Amérique du Sud et l’Asie. Quand La Niña prend son essor depuis la côte pacifique de l’Amérique du Sud pour balayer l’océan jusqu’en Asie, les météorologues sont aux aguets. Tout se passe comme si cette vaste étendue des eaux équatoriales du globe prenait un « coup de froid ». A l’inverse, un épisode d’El Niño et c’est le « coup de chaud » pour l’immense réservoir d’eau superficielle depuis le centre de l’océan Pacifique jusqu’aux côtes du Pérou et de l’Equateur.

Le pire est devant

Au XXe siècle, El Niño s’est produit 25 fois alors que La Niña ne s’est manifesté que 17 fois. Ce rythme de survenue entre les deux phénomènes appartient dorénavant au passé. En effet, selon les évaluations menées par des scientifiques chinois, ces épisodes vont devenir à la fois plus fréquents et plus violents. Pour l’établir, les chercheurs ont basé leurs calculs sur le scénario le plus pessimiste du réchauffement climatique qui repose sur des émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel.

Dans l’étude qui vient d’être publiée par la revue spécialisée Nature Climate Change, faute de changement à la baisse dans l’émission des gaz à effet de serre, il faut s’attendre à ce qu’un phénomène « extrême » de La Niña se produise en moyenne tous les 13 ans au lieu d’une fois par 23 ans comme c’était le cas par le passé. Les passages particulièrement dévastateurs de la Niña de 1998-1999 qui ont fait des milliers de morts et des millions de déplacés pourraient ainsi être deux fois plus fréquents au XXIe siècle qu’ils l’ont été au siècle dernier.

Sécheresses et inondations

En creusant l’écart de température entre la surface de l’océan et la terre des pays du Pacifique ouest, El Niña menace directement l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, le Bangladesh et le Vietnam. Ce contraste pourrait encore être beaucoup plus marqué avec le réchauffement climatique estiment les chercheurs. Et cela aura une conséquence directe pensent-ils, sur le flux d’air atmosphérique et les précipitations. Autrement dit, il risque de pleuvoir beaucoup (trop) dans les pays du Pacifique ouest alors qu’au même moment les Amériques manqueront d’eau.

C’est ce qui s’était produit en 1998-1999 avec La Niña exceptionnelle qui suivait un El Niño d’anthologie en 1997-1998. Le manque d’eau avait alors succédé aux inondations dans les pays du Pacifique ouest alors que le sud-ouest des Etats-Unis passait du temps humide à une grave sécheresse sous l’influence successive des deux phénomènes climatiques.

Ces événements ne sont certainement pas à classer aux oubliettes assurent les chercheurs climatologues de la Ocean University of China. Selon leur étude réalisée à l‘aide de 21 modèles climatiques, ils projettent qu’entre 2000 et 2099, nous devrions avoir huit épisodes extrêmes de La Niña.

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