Clin d’oeil au clin d’oeil de Beyrouk sur l’économie

Votre théorie économique se résume à l’indépendance, dites-vous. Eh bien laissez-moi vous dire que l’époque de l’indépendance, même relative, est expert-eleveune époque révolue. Je ne suis pas plus économiste que vous, seulement il suffit d’ouvrir les yeux. Nous sommes dans un monde d’intégration sous-régionale et régionale, et même globale.

Le salut de notre pays réside dans son intégration dans son ensemble sous-régional. Notre pays devrait s’intégrer à la fois à l’ensemble Maghrébin mais aussi à l’ensemble de l‘Afrique de l’Ouest. En étant un élément commun au deux ensembles, la Mauritanie jouerait ainsi son véritable rôle de trait d’union entre ces deux groupes.

Il est dommage de faire l’apologie de l’ignorance en affirmant que les idées et les convictions sont d’autant ‘plus vraies qu’elles ne sont pas savantes’. Il s’agit certes d’une boutade pour davantage de modestie, mais dans notre pays le savoir, en particulier le savoir scientifique, est si mal en point que toute critique supplémentaire l’enfonce encore plus.

Comme si nous étions gouvernés par des savants et que cela nous a mené à l’impasse actuelle. Non, nous sommes gouvernés par des ignares et nous avons besoin du moindre savant que nous puissions trouver.

Le monde avance et les sociétés avancent avec lui. Il n’y a pas de retour en arrière. Surtout pas un retard programmé par le haut, par les politiques, les intellectuels et les cadres. Nos cultivateurs ne peuvent plus continuer à ignorer la modernité et à s’échiner dans les champs une houe à la main. La seule solution viable est l’introduction de la mécanisation et des intrants agricoles au niveau des cultures traditionnelles comme le sorgho et le niébé.

Le savoir ne se décrète pas. nous avons tous vu les résultats peu glorieux de la politique du livre. Politique qui a produit une belle chanson, il faut au moins lui reconnaître ce mérite. Une société ne peut développer le savoir qu’en lui donnant de la valeur. Or dans notre cher pays, le savoir et la compétence sont, au contraire, un handicap majeur. Vous savez pourquoi? Il y’ a plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord c’est que ceux qui nous dirigent sont ignares et incompétents. Toute personne ayant un minimum de savoir ou de compétence leur ferait de l’ombre. Ils ne peuvent pas la supporter. Il faut donc commencer par cela. Le jour ou nous aurons des leaders cultivés n’ayant peur de personne, les jeunes verront l’utilité du savoir et voudront prendre le chemin qui y mène.

Ensuite, le savoir ne mène son porteur nulle part dans notre beau pays. Par exemple, les nominations se font sur la base du clientélisme et du népotisme le plus abjecte. Je me souvient d’un conseil des ministres récent où la sœur d’un haut responsable a été nommé à un poste élevé. J’ai dû aller au toilette pour vomir un bon coup. Je n’ai rien contre cette fille mais sa seule qualification pour le poste était le fait d’être la sœur de quelqu’un de bien placé. Or il n’y a pas besoin de faire des études supérieur pour cela. Votre sort est scellé le jouir de votre naissance.

L’idée d’une contribution de chaque citoyen à l’effort nationale est certes belle sur le papier. Mais dans la pratique comment voulez-vous qu’un pauvre quidam aille verser ses 100 Ouguiyas au impôts pour engraisser davantage les chats qui nous gouvernent et qui sont déjà bien gras? Comment voulez-vous qu’un petit commerçant soit obligé de payer ses impôts alors que les Milliardaires qui se sont fait en un clin d’œil passent à travers les mailles du filet? Comment voulez-vous vouloir être citoyen d’un pays et contribuer à son budget lorsque les comptables des institutions, y compris l’institution militaire, jouent avec les centaines de Millions pour se remplir les poches? Et cela au vu et au su de toute la hiérarchie, pour ne pas dire avec sa bénédiction?

Ce dont nous avons besoin avant tout c’est de JUSTICE. Nous avons besoin de construire un véritable état de droit. Un pays où tous les citoyens sont égaux devant la loi. Un pays où les nominations se font sur la base de votre compétence individuelle et non pas selon votre naissance. Un pays où les citoyens ne sont pas emprisonné selon le bon vouloir du prince. Un pays où les prisonniers ne sont pas relâché, encore une foi, selon le bon vouloir du prince. Un pays où les gens payent pour leurs actes qu’ils soient fils du président de la république ou du charretier de la Gazra. Un pays qui … vous m’avez compris, j’espère.

Tant que ce pays n’est qu’un rêve et que la réalité est celle que nous connaissons. Je n’ai aucune envie de le soutenir. Non, je n’ai aucune envie de verser ne serait-ce qu’un Khoums au trésor d’un tel pays. Non, je n’ai même pas envie d’être citoyen de ce pays. Non et mille fois non .

ajana.rim@gmail.com

Source : Ajana-rim

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