Clin d’Oeil de Beyrouk : Livre, Lecture, Imagination

M’Bareck Ould Beyrouk

Ce sont de jeunes, étudiants des Grandes Ecoles  et qui tiennent à servir. Ils ont décidé donc d’ouvrir une véritable bibliothèque électronique, une sorte de Wikipedia- vidéo ou ils présenteront nos savoirs et notre culture, WikiStage, cela s’appelle. Voilà l’intervention que j’ai faite devant eux. Défense de la Lecture, du Livre et de l’imagination.

Regardez bien cette chose que je tiens à la main. On la voit de moins en moins dans nos foyers. C’est un livre. C’est fort commun et très majestueux à la fois. C’est un livre. C’est Camus. Il a été imprimé il y a plus de cinquante ans. Plus vieux que toute l’assistance. Sauf moi peut être. Il est fripé comme les vieilles choses.  Il  a une odeur,  il a une forme  je le sens, je le touche, Il ne s’efface pas à la faveur d’une touche, il est toujours   présent.  Il vit .Il reste. C’est un livre.Oh, je n’ai rien contre ces trucs électroniques. On ouvre un ordinateur pour tout, pour regarder un film, pour « chatter », pour face-booker, pour twitter (tous mots horribles) pour écouter de la musique, pour calculer, pour revoir ses cours, pour se regarder, se sourire, on ouvre un ordinateur pour tout. Mais un livre, c’est un livre, on l’ouvre seulement pour lire, pour voyager sans bouger, pour émigrer, suivre les lignes, tourner les pages, et ça ce suit et ça a une fin comme tout. Un livre, c’est la vie.
Pardonnez –moi, je m’évade un peu .Car mon propos n’était pas de faire un panégyrique  (désuet peut être, réac,  c’est comme vous voulez) de l’imprimé.  Mon propos est de vous inviter et à  travers vous  les autres à la lecture, pas à la lecture des sous-titres de films ; ni à celle des enseignes, ni à celle des sites électroniques ou des journaux, pas à la lecture des rapports administratifs ni scientifiques, mais bien à la Lecture au sens premier, je vous invite à la littérature. Homère Virgile, El Mouallaqat, Rabelais, Shakespeare Al Mutanabbi , Hugo (Ah Hugo !) Tawfiq Hakim, Balzac, Mura kami  Georges Sand , John Irving,  Ahmedou  Ould Abdelkader, Vargas Llosa  quelque soit votre métier, professeur, mécanicien, fonctionnaire, boutiquier, journaliste, maçon, je vous invite  à  vous pencher sur l’humanité , à chaque jour lire l’humain, à voyager à l’intérieur des cultures et des sensations, à vous retrouver et à retrouver le sens profond des choses.Car qu’est la Littérature sinon l’appréhension diverse, colorée, des différences et de l’unicité ? Elle nous apprend à être humbles, car elle met le doigt sur nos splendeurs et nos misères, elle nous retrace des vies, des aventures, des idées, lointaines, extravagantes mais qui pourraient être les nôtres. Moi, la Littérature m’a appris une chose : à respecter mais aussi à ne pas se laisser abuser par les différences. Je sais bien maintenant qu’entre le charretier de Teyarett et le l’élégant Trader de la City de Londres, il n’ ya comme  barrière qu’une couche peu épaisse de vernis, on gratte un peu et on retrouvera l’homme avec ses peurs ses joies, son intelligence ou son idiotie ses envies, ses petites peurs et ses petites ambition, son cynisme parfois ou ses rêves. Mais ce vernis de culture, de différences, la Littérature seule sait vraiment le saisir, vous l’offrir dans toute sa vérité.
/ Pour connaitre l’âme indienne visitez les poésies de Tagore, pour saisir le fond du latino-américain, allez chez Marques  ou chez  Llosa (je ne cite que les écrivains très connus), pour l’Egypte d’aujourd’hui  Naguib Mahfouz et pour l’Afrique au Sud du Sahara  Labou Tansi peut être.
Mais je ne m’arrête pas là : je ne vous invite pas seulement à lire, à vraiment lire, mais je vous invite aussi à écrire, à vraiment écrire, c’est à dire à vous écrire, écrire pour vous, écrire pour les autres. C’est un travail trop ardu me diront certains. Oui, c’est vrai, c’est barbant parfois, c’est douloureux souvent, mais c’est nécessaire. Parce qu’il faut bien donner quelque chose, parce qu’il faut témoigner.  Et parce que, je vous assure, cela libère des forces cachées en vous. Ecrire, c’est témoigner, c’est  jouer son rôle sur les planches de l’humanité. Comment être présent sur cette scène mondiale où se bousculent les nations ? Comment se faire respecter, présenter sa culture dignement ?  Si on veut perdurer, si on veut que notre culture ne s’efface pas, imprimons la  dans l’esprit  des autres.  C’est par l’écrit que nous resterons.  Et puis c’est avant tout un accomplissement que l’écriture, vous vous sentirez agrandi, et quand vous terminerez un texte, quand vous placerez le dernier signe, vous sentirez une joie immense, celle du paysan, je crois, à l’heure de la moisson.
Mais je veux vous inviter surtout à apprendre à voyager, ça veut dire à vous  libérer, ça veut dire à toujours apprendre à rêver. La vie est un conte, dites le vous bien. Et ce n’est pas le réel qui compte, c’est la poésie qui remplit la vie, ce ne sont pas les équations mathématiques, ce ne sont même pas les « vérités » scientifiques, tout ça c’est fort utile mais tout ça,  c’est pour l’instant, mais la poésie, la spiritualité, l’imagination, c’est l’éternité. N’écoutez pas ceux qui interdisent de rêver, qui vous disent que la poésie, la spiritualité, l’âme profonde c’est des  élucubrations et qu’à la longue la robotique pourrait remplacer tout ça. Non, n’acceptez pas ceux qui  veulent interdire aux gens de rêver d’un ou de beaucoup d’ailleurs, même impossibles, ils veulent tuer l’humanité ces gens, ils veulent enterrer les cœurs ces gens, ce sont des salauds comme dit Breton,  oui, des SALAUDS.

Source : M’Bareck Beyrouk

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