COD contre CAP : La guerre des initiatives qui va gagner ?.


Alors que Messaoud Ould Boulkheïr attend réponse à son initiative de sortie de crise, proposée récemment aux différents acteurs de la scène politique nationale, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) contre-attaque en faisant circuler sa propre initiative pour une sortie de crise. Un concours d’animosité qui vient se greffer sur une scène truffée d’antagonismes et qui compte désormais autant de chiens de faïence qui se surveillent au millimètre près.

Entre les frères d’armes d’hier, c’est désormais la guerre ouverte, sans fioriture ni simagrée. Selon des voix indiscrètes au sein de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) qualifiée de radicale, c’est Messaoud Ould Boulkheïr qui a ouvert les hostilités. Il est reproché au président du parti APP, membre de l’autre coalition de l’opposition dite modérée (Coalition pour une alternance pacifique ou CAP) d’avoir fait le jeu du pouvoir à la veille de leur première grande sortie. Messaoud aurait en effet accepté, selon la COD, de convoquer la presse pour apporter de « bonnes nouvelles sur l’état de santé du président Mohamed Ould Abdel Aziz et annoncer son retour imminent » à la veille du meeting que la COD devait organiser pour invoquer l’urgence d’une transition politique afin de combler le vide politique et institutionnel en vigueur depuis le 13 octobre dernier.

Du coup, la proposition de sortie de crise de Messaoud Ould Boulkheïr, que la COD étudiait pour y apporter probablement une réponse favorable, fut compromise par cette sortie. Depuis, la COD a adopté sa propre ligne de conduite et proposé un plan de sortie qu’elle est en train de soumettre aujourd’hui aux différents protagonistes de la scène politique.

L’opposition radicale n’a fait que reprendre certains points saillants de l’initiative de Messaoud, assure les partisans du président de l’Assemblée Nationale. Ils citent la demande formulée pour la tenue de larges concertations nationales, la mise en place d’une phase transitionnelle avec un gouvernement de larges consensus, sorte de compromis politique qui devrait déblayer le terrain pour des élections législatives, puis présidentielles.

Proposition Messaoud contre Proposition COD, laquelle a plus de chance de passer aujourd’hui ? Côté majorité, un silence de marbre continue de planer, même si pour des affinités politiques, Messaoud serait aux yeux des partisans du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, plus fiable que les irréductibles opposants de la COD. De là cependant à accepter un quelconque partage du pouvoir, le président Aziz et après lui sa majorité, ont depuis longtemps apposé un niet catégorique. Aussi, le clan au pouvoir multiplie les scénarios pour maintenir vivace l’image du chef en convalescence et qui va rentrer bientôt pour poursuivre son mandat et en briguer, pourquoi pas, un deuxième.

La COD cherche pour sa part à centrer ses attaques sur l’impossible retour de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir. Ils tentent, à partir de leur théorie sur la vacuité du pouvoir et des institutions républicaines, de démontrer le danger qui menace le pays. L’objectif est de convaincre le reste de la classe politique, notamment les indécis du pouvoir, les mécontents frileux et les frustrés de la République.

A terme, le fauteuil vacant à la présidence de la République attise les convoitises et suscite une guerre psychologique qui se joue sur les nerfs. Reviendra, reviendra pas ? Le doute reste de plus en plus entretenu sur le retour à moyen terme du président Mohamed Ould Abdel Aziz, renforcé par cette campagne tous azimuts du « J’ai parlé au président de la République ». Est-ce un nouveau modus operandi pour entretenir l’illusion ?

Cheikh Aïdara.

 

Source : Lauthentique


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