Comment s’en sortir : la vérité ne se dit pas et le mensonge est haram…

7812r1s0Il y a quelques années, une jeune femme a écrit un livre pour rappeler scientifiquement aux arabo-berbères leur métissage. Elle échappa de peu à la mort car elle faillit être lynchée tellement elle toucha au cœur du fantasme identitaire de beaucoup qui se prennent pour des purs arabes comme si au-delà de cette arabité tout serait vulgaire alors que les géants perses, qui ont le plus pratiqué les arabes, pensent des arabes ce que ces derniers pensent des berbères qui eux-mêmes en pensent autant de tel et tel.

C’est là, l’exemple typique de cette maladie nationale qui consiste à ne jamais supporter ni miroir, fût-il proprement innocent même si son reflet est incontestablement scientifique, ni la moindre critique qui touche à notre légendaire orgueil maladif que nous prenons pour la quintessence de la fierté la plus noble.

En Mauritanie, tout prouve que chacun vivant dans son monde sans commerce intellectuel de bonne foi avec quiconque, chacun vit dans un univers où toute vérité est fantasmée, fruit d’une sorte de tonneau des chimères où chacun serait tombé comme Obélix étant petit. De là que rien n’est plus amusant pour un étranger que d’écouter tel ou tel parler de sa tribu et de celle de l’autre. Pour chacun, bien entendu, sa tribu, ses faits d’armes sont la bravoure même, la grandeur d’âme, l’érudition et tout ce qu’on voudra quand celle de l’autre sera toujours sujette à caution.

Pour dénigrer l’autre, le mauritanien dispose d’un arsenal très sophistiqué car il ne sait d’ailleurs que ça : dénigrer ou glorifier par les mêmes excès, la vérité au milieu de tout ça appartient toujours à la fable.

Gare à celui qui ferait la moindre critique constructive publiquement…

Ce serait déclarer une guerre ouverte à la famille, à la tribu, au clan qui se croiraient alors obligés de se lancer dans l’opération «  sauvetage des apparences » par tous les mesquins moyens qui ne manquent pas. Celui qui est l’auteur de la critique se verrait subir l’hypocrite dédain des soi-disant imperturbables gardiens du temple de l’imposture, sous lesquels gravite une armada de pauvres soldats n’ayant pour toute arme que dénaturer les faits, les propos grâce au téléphone arabe et à l’instinct précaire d’enfumage du clan qui tire toujours dans le même sens, à cela s’ajoute le reste de l’attirail du parfait détestable défenseur  aussi infâme par sa ligne de conduite que fier du résultat escompté : salir toujours, traiter de jaloux, d’aigri quiconque aura tendu un miroir au héros de la clique.

De là qu’en Mauritanie les critiques restent derrière le dos, toujours hypocritement. De là que tout le monde critique tout le monde dans le dos à base des remarques les plus sordides, les plus perfides, les diffamations les plus éhontées, les confidences les plus dégueulasses ou se noie par inadvertance une vérité improbable noyée au milieu des flots abjects comme l’exception qui confirme la règle.

Tout cela pour protéger le voleur, l’ignorant, l’imposteur, le criminel, le Tartuffe qui se trouve être un parent, un cousin ou même un ami puissant sur le compte duquel on espère toujours gratter quelque chose à condition qu’il entende parler de notre ligne de défense de l’indéfendable.

De là qu’en Mauritanie, il n’y a aucune vérité acceptée par tout le monde sinon l’hypocrisie publique qui met tout le monde d’accord sur le procédé culturel de maquillage. Le plus dramatique, c’est qu’à force d’exercer pareille politique, chacun finit par être persuadé qu’il détient la vérité sur tel ou tel événement, tel ou tel fait historique ou l’histoire du pays tout simplement, et ce, avec d’autant plus de force qu’il ne trouvera personne pour le contredire car chez nous, la vérité ne se dit pas et le mensonge est haram.

De là, qu’à part l’inestimable livre du Frèrejean, pas un livre sur une portion de notre histoire qui puisse s’approcher d’une quelconque vérité historique sinon ces diverses versions que chacun reçoit de son cercle sans jamais les croiser avec celui de son voisin de peur  d’être humilié ou d’humilier car là encore, c’est tout le fond de l’affaire.

Source : Vlane

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