Commentaire. Que fait notre police?

Tous les Dakarois ont déploré ce matin du 22 octobre l’absence des forces de police sur le trajet des vandales qui ont détruit tout ce qu’ils ont trouvé sur leur passage aux alentours du centre ville.

Ces talibés de Serigne Béthio Thioune, détruisaient véhicules, étals, et magasins, en vociférant que soit libéré leur guide incarcéré dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de deux de ses talibés à l’intérieur de sa résidence de Médinatoul Salam à Mbour, meurtre pour lequel la justice le soupçonne d’avoir joué un rôle dans la dissimulation et l’inhumation des cadavres. Certes, il n’est pas encore jugé et condamné, et demeure donc présumé innocent. Mais c’est à la justice seule de déterminer son degré de culpabilité et de le relâcher s’il est innocent. Il faut donc le juger. Mais il se trouve que Béthio Thioune est malade. C’est ce qu’affirment ses avocats. L’administration pénitentiaire dispose de médecins qui peuvent confirmer cela et demander son transfert vers une structure sanitaire appropriée ou demander son évacuation si elle est jugée nécessaire. Mais il ne faut pas oublier que Béthio est un justiciable comme tous les autres et qu’aucun sénégalais ne peut faire les frais de cette ségrégation judiciaire, en voyant ses biens détruits par ses disciples ou voir son intégrité physique mise à mal par ses talibés qui se conduisent en vandales. La presse a été menacée, en l’occurrence les journalistes du groupe Futurs Médias, dont un élément a été réveillé à 4 heures du matin par des thiantacounes menaçants qui l’ont pris à partie. La question que de nombreux sénégalais se sont posés est celle-ci : Pourquoi n’a-t-on vu nulle part la police, alors que des menaces avaient été proférées par voie de presse, par ces allumés qu’ils devaient manifester leur courroux jusqu’à ce que leur guide soit libéré. L’autre question est adjacente à celle-là, et concerne cette bévue administrative de transfèrement du détenu Béthio Thioune, dont on aurait pu prévoir les conséquences désastreuses. L’a-t-on voulu ainsi, en attendant que le procureur qui instruit cette affaire s’en aille juste à la Mecque pour effectuer ce transfert ? N’a-t-on pas mis en branle ce processus pour pouvoir dire que ce maintien en détention ne valait ce désordre et ces troubles? Nous a-t-on manipulé pour en arriver à un retournement de l’opinion qui dans son ensemble et dans sa majorité a été choquée par ce double meurtre de Médinatoul Salam? Veut-on programmer une libération, qu’on ne s’y prendrait pas autrement, que de laisser une ville entière être mise à sac, sans que la police n’intervienne, pour créer les conditions d’un chaos. Que des manifestants aillent brûler des véhicules à 30 mètres du commissariat central est plus qu’inquiétant. C’est incroyable pour un esprit sensé. Ne nous prenez pas messieurs pour ce que nous ne sommes pas, c’est à dire des citoyens idiots. La police avait le pouvoir et la capacité d’intervenir. Elle ne l’a pas fait. Notre intelligence nous indique de noter juste cela. Manipulation? Ce serait hasardeux et vain comme idée. Un dangereux boomerang.

Source:Dakaractu

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