Communiqué de presse à l’occasion du 3ème anniversaire de TPMN

touchepasnationalite

Le jeudi 30 juin 2011 Touche pas à ma nationalité organisait son premier sit-in pour dénoncer le caractère raciste et discriminatoire de l’opération d’enrôlement initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. Trois ans après, force est de constater que la volonté de doter le pays d’un fichier biométrique fiable invoquée par les autorités pour justifier l’enrôlement n’est qu’un prétexte pour exclure une grande partie de la population noire du pays de l’état-civil. L’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS) se livre en effet à une véritable dénégrification des fichiers de l’état-civil par le rejet quasi systématique des candidats noirs à l’enrôlement. Dans le même temps, elle ouvre ses registres à des ressortissants du Sahara occidental et du Mali dont le seul mérite est d’appartenir à la communauté arabo-berbère. Le taux de croissance exponentiel que connait la population de Bir Moghrein dans le nord et celui des localités frontalières du Mali en disent long sur la volonté du système raciste et esclavagiste qui nous gouverne de faire de la Mauritanie un pays exclusivement arabe. Les récriminations de Touche pas à ma nationalité et des autres organisations de défense des droits de l’homme, superbement ignorées au tout début de l’opération d’enrôlement, ont fini par trouver écho auprès de bon nombre de formations politiques. En effet, certains partis politiques n’ont pas hésité à condamner l’enrôlement dans les mêmes termes que TPMN.

Les sit-in et marches réprimés dans le sang et qui auront emporté la vie de Lamine Mangane, jeune adolescent de 16 ans, froidement assassiné par la gendarmerie à Maghama, n’y auront rien fait. Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz persiste et signe, comme il l’a clamé haut et fort pendant la campagne pour l’élection présidentielle : il ne changera rein à l’ANRPTS.

Face à l’entêtement des autorités à poursuivre ce qu’il est convenu d’appeler le génocide biométrique et en l’absence de toute possibilité de recours au niveau national, Touche pas à ma nationalité tout  aentamé des consultations pour porter l’affaire devant des juridictions internationales, dont la Cour africaine des droits de l’homme, basée à Addis-Abeba en Ethiopie.

Touche pas à ma nationalité continuera à s’opposer à ces pratiques éhontées et d’un autre âge qui visent à diviser les Mauritaniens. Notre combat ne s’arrêtera qu’avec l’émergence d’une Mauritanie une et plurielle qui mettra l’ensemble de ses filles et fils sur un même pied d’égalité.

Nouakchott le 30 juin 2014-06-30

Pour le Bureau Exécutif,

Le Président,

Alassane DIA

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