Communiqué de presse: Assemblée de Travailleurs Expatriés en Mauritanie

Basta-migrant

Devant la mort violente des personnes migrantes à la frontière de Sebta

Le 6 février passé un grand groupe de migrants sub-sahariens ont essayé de traverser la frontière hispano-marocaine par l’entrée de Ceuta, avec l’unique objectif d’échapper à la pauvreté et à la recherche d’une vie digne, une intervention, présumée illégale et violente de la part de la Guardia Civil, sous la conduite du Délégué du Gouvernement et du Ministère de l’Intérieur, qui a été soldée par la mort de 15 personnes.

Les témoins, et les images filmées, parlent de nombreuses illégalités auprès des migrants: des décharges de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène contre les personnes, une violence physique démesurée et des expulsions illégales à la frontière marocaine

Les 15 personnes mortes avaient des noms (Ibrahim Keita, Larios, Armand, Blasie, Yves, …) et des histoires de vie qui nous parlent d’une injustice, de pauvreté, d’effort et d’un énorme désir de liberté et de dignité pour leurs familles.

Ces morts se joignent aux milliers de migrants qui sont décédés aux frontières, une conséquence directe de certaines Politiques Européennes migratoires (FRONTEX). Selon des données de l’APDH d’Andalousie, entre 15.000 et 16.000 personnes ont perdu la vie dans leur tentative d’arriver aux côtes espagnoles dans les dix dernières années.

Et ceux qui atteignent leur objectif vivent dans une persécution continue et la criminalisation par sa condition de Pauvre immigrant (la Loi Etranger, de réclusion dans les CIE‘s illégaux, etc). Ces politiques condamnent les migrants à la clandestinité et à risquer leurs vies pour pouvoir chercher une meilleure vie. La politique neo-coloniale de l’UE est coupable des morts, par action ou omission, à ses frontières (Ceuta, Gibraltar, Lampedusa …).

Il faut ajouter aussi, l’absence de politiques sociales d’appui aux personnes migrantes dans les pays de transit, dans les lignes stratégiques de Coopération Espagnole au Développement. Un exemple de cela est la Mauritanie, où il n’y a pas de projets d’intégration ni même d’appui à ce collectif et, au contraire, il existe une coopération policière et militaire, avec la forte présence d´effectifs et infrastructures de Policía Nacional et de Guardia Civil.

Dans ce cas l’UE est aussi complice á travers l’appui et le financement à l’État Mauritanien avec des politiques centrées sur le contrôle migratoire à l’intérieur de sa stratégie d’externalisation des frontières : un contrôle biométrique d’identité, des expulsions indistinctes de personnes migrantes à la frontière sénégalaise, l’abandon de personnes expulsées par le Maroc dans la zone de frontière commune incontrôlée appelée « No Mans Land ».

Nous refusons catégoriquement d´´accepter avec résignation cette réalité et, depuis Nouakchott, nous nous associons aux concentrations dans les multiples localités de l’État Espagnol.

En plus, nous exigeons :

– L´investigation indépendante de l’événement du 6 février 2014, qui a provoqué les morts á la frontière de Ceuta.

– La démission du Ministre de l’intérieur, Don Jorge Fernández Díaz Arrêtez les morts aux frontières. Aucune personne n’est illégale

Assemblée de travailleurs et travailleuses expatriés en Mauritanie

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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