Communiqué : Parti du Congrès Mauritanien (PCM)

congreseMalgré l’écoulement de presque trois décennies marquées par les tentatives de la transition des systèmes d’exception à la démocratie, nous n’avons, jusqu’à présent, constaté aucun changement démocratique réel.
Par conséquent, notre système de pouvoir requiert, encore, des critères de base pouvant concrétiser le sens de la « démocratie » en tant que culture, pratique et comportement à la fois tout comme il requiert des institutions participatives et solides ouvrant la porte devant l’alternance au pouvoir.
Ceci ne saurait se réaliser sans une vision nationale globale que nous-mêmes devons concevoir pour nous-mêmes, tout en veillant à ce qu’elle fasse l’objet de consensus entre tous les partenaires politiques et l’ensemble des forces vives du pays.
Pour faire face à un tel défi, le pays interpelle tous ses citoyens à conjuguer leurs efforts pour lui permettre de surmonter les obstacles, échapper aux risques, mettre fin aux crises et servir l’intérêt suprême du peuple et de la nation.
C’est bien pour cette raison que notre parti a participé au présent dialogue espérant qu’il soit une occasion pour formuler des recommandations et dégager des résultats susceptibles de prendre en compte les attentes et les propositions de l’ensemble des composantes politiques nationales, de répondre aux aspirations du citoyen en terme de renforcement de la liberté et de la démocratie, d’amélioration des conditions d’habitat, de nourriture et de vie, de gloire , de progrès et de développement pour le pays.
A cette occasion, nous mettons entre les mains des forces politiques prenant part au dialogue, nos remarques et suggestions quant aux points inscrits à l’ordre du jour, espérant qu’elles acquièrent l’adhésion de tous quelque soit leur appartenance politique ou syndicale ou civile.
1. Au sujet des reformes constitutionnelles, notre parti considère la constitution comme étant une synthèse historique, une concrétisation sacrée des principes et valeurs de références admises à une grande échelle nationale. Pour cela, elle doit être protégée et tenue à l’abri des changements et transformations politiques instantanés garantissant ainsi l’unité du pays, sa sécurité et sa stabilité.
Dans ce cadre, nous estimons qu’à l’heure actuelle, il n’existe aucune raison objective pouvant justifier les amendements constitutionnels ; ce qui importe plutôt pour nous, c’est d’abord et surtout de préserver et de maintenir la constitution, ensuite de penser à la reforme de l’arsenal juridique et institutionnel pour le hisser au niveau de la constitution et de ses contenus.
Etant donné que certains partenaires au dialogue demandent l’amendement de certains articles, nous pensons que les amendements proposés doivent rester dans le cadre des reformes institutionnelles telle que la suppression du Sénat par exemple et autres conseils qui constituent des charges en plus pour l’état, sans toutefois toucher aux articles verrouillés à savoir les articles relatifs aux constantes nationales telles que la religion islamique, l’identité arabe et africaine, l’intégrité territoriale, le caractère républicain du pays, son nom, sa devise, son drapeau, son hymne national, ses langues et le nombre des mandats présidentiels.
2. Au plan des reformes politiques et juridiques visant à faire sortir le pays de la crise politique actuelle.
2.1 Nous proposons que le rapport de synthèse sanctionnant le dialogue actuel mentionne l’obligation, pour le Président de la République, d’être à la même distance de tous les acteurs politiques, de garantir la neutralité de l’administration et des services publics qui lui sont rattachés, vis-à-vis de la compétition entre les partenaires politiques, de mettre fin à toutes les formes d’intervention politique et administrative au cours du déroulement des opérations électorales et de veiller, personnellement, à ce que les forces armées restent à l’écart du jeu politique.
2.2 Organiser des élections communales et parlementaires consensuelles anticipées sous la supervision d’une commission électorale nationale indépendante admise de tous les acteurs politiques toutes composantes comprises.
Dans cette optique, nous proposons la constitution d’une nouvelle commission composée de hautes personnalités choisies sur la base de la probité, de la crédibilité, de la sagesse, de l’indépendance et de l’expérience administrative. Aussi le choix de cette commission ne peut porter sur quiconque aurait fait l’objet de condamnation ou sanction portant atteinte à la dignité ou à l’intégrité ou pour mauvaise gestion.
2.3 Choix d’un conseil constitutionnel consensuel et d’une cour suprême dont les membres doivent être sélectionnés parmi les personnes réputées pour leur probité et leur objectivité et ayant subi des formations supérieures dans les domaines du droit ou acquis des grandes compétences et des expériences dans le domaine de la justice ou de l’administration. Aucun de ces membres ne peut appartenir aux structures dirigeantes des partis politiques.
2.4 Promouvoir la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel et la doter des compétences et moyens nécessaires pour l’application des textes et règlements relatifs au secteur de l’information puis prise des dispositions de nature à garantir la neutralité des moyens publics d’information et à repartir leurs services de façon équitable entre les partenaires politiques.
2.5 Dans le souci de rapprocher les élections de la transparence, de la coparticipation, du consensus et de les éloigner, autant que faire se peut, des confrontations et des touchers, nous estimons nécessaire de renforcer les mesures citées plus haut à travers des remaniements au sein du gouvernement afin de confier les départements en charge de l’opération politique et électorale à des indépendants pour rassurer tous.
3. En ce qui concerne la bonne gouvernance et la lutte contre la gabegie
3.1 Nous proposons d’appuyer la Cour des Comptes afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle en matière de lutte contre la gabegie, de renforcer le principe de la transparence, de l’honnêteté et du contrôle. Les membres de cette Cour devront être choisis sur la base de la compétence, de la probité et de l’objectivité étant entendu que son président soit élu librement et par voie de vote secret au sein ses membres.
En résumé et tout en présentant ces suggestions et propositions aux frères assis autour de la table du dialogue, le Parti du Congrès Mauritanien vous réaffirme son engagement à respecter toutes les recommandations et tous les résultats qui feront l’objet de consensus à l’issue du présent dialogue national.
Nous espérons que les résultats de nos travaux soient inspirateurs et facilitent la poursuite de la concertation avec les parties n’ayant pas pris part au dialogue en vue d’aboutir à un consensus national plus inclusif.

Qu’ALLAH LE TOUT PUISSANT guide nos pas.
Le Parti du Congrès Mauritanien.

Source : PCM

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