Concertations tous azimuts : La COD prône-t-elle un nouvel agenda ?

trio politique

 

Les discussions, au sein de la commission mise en place, par la COD, pour préparer sa réaction au report des élections (décidé récemment par la CENI, à la demande du comité de suivi de l’accord politique national de septembre-octobre 2011) semblent achopper sur divers points. Certes, les commissionnaires se sont abstenus de tout commentaire. Mais les « bruits de couloirs » laissent entendre que les islamistes seraient fortement tentés par une participation. Or, le reste de la COD, craignant les conséquences d’un tel penchant, fait tout pour maintenir l’unité en son sein. C’est d’ailleurs pourquoi l’on a assisté, ces dernières quarante-huit heures, à une notable accélération de l’histoire. Messaoud Ould Boulkheïr reprend langue avec la COD. Sa rencontre, avec certains leaders de cette coordination, prélude, peut-être, d’une autre, avec le chef de file de l’opposition, Ahmed Ould Daddah, président en exercice de la COD.   Tout cela en vue d’un sommet, entre le président de la République et Ould Daddah ? Une démarche qui s’inscrit dans « la volonté de la COD de décrisper la situation », selon l’expression d’un de ses responsables. Une volonté également perceptible, du côté du Palais gris, où l’on semble se préoccuper beaucoup plus de la présidentielle de 2014 que des municipales et législatives, sources de nombreux problèmes à l’UPR. Mais la bonne tenue de celles-ci, transparentes, avec la participation de tous, n’est-elle pas le meilleur garant de la validité de celle-là ?

On remet le couvert

Désormais, les protagonistes de la scène politique semblent entrer dans de meilleures et, surtout, plus concrètes dispositions au dialogue. Mais ce sera, probablement, autour d’un autre agenda car les concessions, arrachées au pouvoir par le président Messaoud, revêtu, une fois encore, de ses habits de « facilitateurs national », ne satisfont pas la COD. En effet, explique la source précitée, non seulement les concessions, acquises dans une certaine précipitation et annoncées dans la foulée, n’ont pas emporté l’adhésion de l’opposition qui ne leur voit guère d’impact, sur la transparence des élections, mais elles ne peuvent, de surcroît, s’effectuer d’ici le 23 novembre 2013. Ce qui laisse supposer que la COD demandera, au président de la République et à la CENI, une nouvelle date, lui permettant de se préparer, comme le gouvernement et l’UPR, en campagne, eux, depuis bien longtemps. Le nouveau report devrait être mis à profit pour élargir la CENI ou, plus simplement, la refondre, mettre en place un observatoire des élections, auditer l’agence d’enrôlement et, partant, du fichier électoral, objet de toutes les supputations, entre le pouvoir et son opposition. La COD demandera, en outre, que soit inscrite, au nouvel agenda, la récurrente question de la neutralité de l’armée et du gouvernement, dans le processus électoral. En somme, toutes les garanties nécessaires à des élections transparentes et inclusives. Une option qui permettrait, à toutes les parties, de sauver la face mais, surtout, à la démocratie mauritanienne, de limiter ses blessures à seulement quelques égratignures.

Sauf énorme surprise, les discussions sont, donc, reparties de plus belle. Se seront-elles accélérées, à l’heure où nous mettions sous presse, lundi 2 septembre ? La rencontre, entre le président Messaoud et le président de la République, après celle intervenue entre le « facilitateur » et trois responsables de la COD, a visiblement remis le couvert et le présidium de la COD pourrait donner son accord pour une rencontre avec la présidence de la République. Les acteurs politiques ont-ils, enfin, compris qu’ils ne peuvent pas continuer à bloquer le pays, avec leurs intérêts assez bêtement égoïstes ? On espère que les uns et les autres auront fini de comprendre le danger du jeu où ils évoluaient jusqu’ici…

DL

 

Source : Le Calame

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