Conclusions du sommet usa-Afrique de Washington : Renforcement du partenariat Afrique-USA pour la paix et la sécurité

obama

 Le partenariat avec les États-Unis d’Amérique dans le domaine de la paix et de la sécurité qui a, déjà, à son actif des résultats positifs, devrait être renforcé, pour mieux répondre aux priorités et aux besoins de l’Afrique.

C’est ce qui est énoncé dans la déclaration de l’Algérie au sommet États-Unis-Afrique. Et le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a, lors de la session « paix et sécurité », organisée à la faveur de la tenue du sommet Afrique-USA, privilégié une stratégie de renforcement des  capacités africaines de résolution des conflits, a, d’autre part, appelé à l’accroissement de la coopération avec les États-Unis dans les domaines du renseignement, de la formation et d’équipements spécifiques à la lutte antiterroriste, exprimant sa satisfaction au président américain Barack Obama pour sa nouvelle initiative de création d’un fonds pour le partenariat dans la lutte antiterroriste.
L’initiative de la création de ce fonds pour le partenariat requiert toute son importance, en ce sens que l’Algérie, qui a été lourdement éprouvée par le terrorisme et ses avatars dans les années 90 en ayant payé un lourd tribut pour sa paix et sa sécurité, est entièrement convaincue et bien consciente du danger que représente l’évolution de la violence et la multiplication des conflits sur le continent africain et les guerres que se livrent les groupes terroristes et leur jonction avec des réseaux de trafiquants de drogue, d’armes et de trafics transfrontaliers ainsi que de leurs capacités de nuisance sur la paix et la sécurité de l’ensemble des pays du continent et même au-delà.
Aussi, le sommet Afrique-USA, qui a regroupé la majorité des dirigeants des pays africains, et en particulier certains parmi eux qui sont directement aux prises avec la
menace terroriste, fragilisés par l’instabilité et l’insécurité, constitue véritablement une des rares opportunités pour les participants à Washington d’échanger les visions, de s’entendre et de comprendre, autour des moyens et des voies de fédérer la stratégie pour prendre conscience de la nécessité de l’établissement de ce partenariat autour d’une vision efficience, s’agissant de la coopération et de la meilleure façon de rassembler, d’entreprendre une lutte commune pour le règlement des crises politiques et des conflits fratricides semant le désordre et l’insécurité, réduisant à néant les efforts de développement et d’investissements engagés.
La déclaration du président américain, lors du sommet politique avec les dirigeants africains qui a mis l’accent sur le continent et les États-Unis a donc été une opportunité de réfléchir en examinant l’ensemble des aspects de la situation prévalant sur le continent, tout en se projetant sur le volet de l’approfondissement de la coopération dans le domaine de la paix et de la sécurité pour faire face à tout ce faisceau de menaces.
A cause des conflits, des crises et de solutions inapropriées, l’Afrique, qui dispose d’importantes et rares richesses naturelles qui demeurent encore inexploitées, n’arrive pas encore à créer sa propre destinée et à mettre en place des mécanismes pour construire son projet de  renouveau, assurer la paix et la sécurité à ses pays pour induire le développement et la prospérité à ses peuples.
C’est l’occasion idoine pour les pays du continent, s’ils veulent disposer d’un minimum d’accords et de consensus autour des points qui les divisent pour unir leurs positions et parler d’une même voix afin d’aboutir au règlement des problèmes qui se posent au continent inhérents aux volets en relation avec la promotion de la paix et de la sécurité, la lutte contre le terrorisme et le crime transnational organisé, la promotion des droits de l’Homme, ou encore les changements climatiques, la transition énergétique, la protection de l’environnement et des ressources naturelles, le désarmement et la non-prolifération ainsi que la réforme de la gouvernance multilatérale.

Mise en place d’une force africaine de réaction rapide de maintien de la paix et 110 millions de dollars par an pendant trois à cinq ans
C’est aussi, le sens du nouveau partenariat stratégique pour le développement africain que véhicule l’initiative développée lors de ce sommet Afrique-USA tant dans ses dimensions régionale que continentale pour se prémunir des dangers et des enjeux liés à la paix et à la sécurité en Afrique et dans le monde.
L’Afrique, qui dispose d’importants mécanismes régionaux de prévention et de règlement des conflits, avait surtout besoin d’un appui extérieur et d’un soutien dans ses démarches pour renforcer les moyens d’assurer sa paix et sa stabilité. Ce partenariat stratégique, en termes de coopération et de renforcement des capacités d’agir au bénéfice de la paix et de la sécurité, pourrait certainement, pour peu que le vœu soit sincère, donner de bons résultats.
D’où l’urgence pour l’Afrique de redoubler d’efforts pour trouver les solutions à tous ses problèmes en s’appuyant sur les résultats déjà obtenus du processus de partenariat avec les États-Unis d’Amérique en matière de paix et de sécurité et ainsi pouvoir répondre aux autres priorités et besoins auxquels fait face le continent. C’est en ce sens également que les mesures incitatives proposées par les USA au sujet des garanties des prêts et d’appui au financement d’entreprises américaines pouvant investir à l’extérieur méritent d’être citées.
Car l’Afrique, pour consolider la paix et la sécurité, a aussi besoin de consolider son développement pour réduire les fragilités et la pauvreté, et l’Algérie, qui a appelé de Washington au renforcement du partenariat afro-américain dans le domaine de la sécurité pour mieux répondre aux besoins du continent,  estime de bon augure l’initiative de création d’un fonds pour le partenariat dans la lutte antiterroriste. Le président des USA, qui a annoncé sa volonté d’aider à mettre sur pied une force africaine de réaction rapide de maintien de la paix sur le continent, en allant débloquer 110 millions de dollars par an pendant trois à cinq ans, constitue une démarche allant dans le sens du renforcement de ce partenariat stratégique dans ses volets en relation avec la paix et la sécurité.
L’Algérie, qui est l’un des premiers pays africains à avoir sa propre expérience et sa position au sujet de la lutte pour la sécurité et la paix, est certainement la mieux placée pour le renforcement du partenariat afro-américain dans le domaine de la sécurité. Et c’est ce qui ressort de la déclaration de l’Algérie au Sommet Afrique-USA dont les travaux ont été clôturés mercredi passé à Washington.
Houria Akram


selon le chercheur slimane zeghidour
Le déracinement, source d’abandon des terres agricoles

La colonisation française en Algérie a fait plus de 2,5 millions de déracinés laissés dans le dénuement total et, de ce fait,  provoqué une rupture entre l’homme et la terre, a révélé hier l’auteur-journaliste Slimane Zeghidour, lors d’une conférence tenue au centre culturel islamique  Ahmed-Hamani de Jijel.
Animant une conférence sur « L’histoire de l’Algérie, de la résistance populaire à la lutte de libération nationale », Zeghidour, rédacteur en chef et éditorialiste à la chaîne de télévision TV5 Monde, a fustigé l’ »œuvre » de  déracinement des localités rurales algériennes qui a fait que les terres agricoles soient abandonnées, entraînant du coup un bouleversement de la société.
Selon lui, le cordon ombilical entre l’homme et la terre est « définitivement  coupé » du fait de ce déracinement opéré par la puissance coloniale pendant l’occupation du pays.
« De nombreuses terres sont sans titre de propriété, alors que l’Etat, en tant que puissance publique, est censé être aux premières loges pour ce qui  est de l’état civil et des affaires du cadastre », a-t-il expliqué.
Parlant du cas de la commune rurale et montagneuse d’Erraguène Souici dont il est originaire, le conférencier a retracé un tableau poignant de cette  contrée rendue célèbre par « son » camp de regroupement où étaient concentrées les populations sous l’œil vigilant des soldats de l’armée d’occupation.          Cette localité célèbre aussi par son barrage hydraulique de 230 millions  de m3 d’eau, construit vers la fin de la guerre de libération, a vu, au cours  de la décennie noire, un départ massif de ses populations vers d’autres directions.
Les pouvoirs publics ont entrepris, depuis ces dernières années, un  programme « ambitieux » afin de permettre aux populations de retourner vers  leurs localités d’origine.
« Repeupler ces mechtas ? C’est possible à condition qu’il y ait une  vraie volonté politique », dira Zeghidour, en citant des exemples de quelques pays ayant réussi à faire retourner leurs citoyens vers leurs localités d’origine.  « Il faut concrètement un accompagnement sur le terrain pour que ce projet voie le jour », a-t-il soutenu, citant, pêle-mêle, des infrastructures socio-économiques et éducatives, à même d’attirer des candidats au retour à leurs localités d’origine  (écoles, centres de santé, énergie électrique, routes,…) ainsi qu’une mise à niveau des agriculteurs pour le travail de la terre pour être au diapason de la modernité. Le conférencier a également insisté sur la nécessité d’un reboisement  des terres pour freiner l’érosion des sols, une des grandes catastrophes de l’environnement. Les pertes d’eau en mer, a-t-il affirmé, représentent annuellement 1,5 milliard de mètres cubes, avant de déplorer le manque de retenues de ce précieux liquide.
L’enfant d’Erraguène Souici a estimé, dans une analyse sociologique de la société algérienne, qu’ »il faut transcender la mentalité paysanne, une des séquelles de la colonisation ».
Selon lui, les villes sont devenues des « mechtas en béton », des douars, une autre séquelle de la guerre qui a pour nom la « rurbanisation ». Les meilleures  terres agricoles, à fort potentiel de rendement, sont envahies par le béton et le parpaing, a-t-il dit dans un constat qui ne se veut pas une « critique ».
Lors de cette conférence, organisée par l’association locale « Gloires,  Histoire et patrimoine », Zeghidour a longuement abordé, en réponse à des interrogations, des questions,liées à l’actualité brûlante internationale.
Le rôle des médias arabes et occidentaux dans le conflit israélo-palestinien a constitué l’essentiel des débats entre le conférencier et l’assistance, composée  notamment d’intellectuels et d’universitaires.
Slimane Zeghidour est chercheur associé à l’IRIS sur les questions du Proche et Moyen-Orient (conflit israélo-palestinien, rivalités Turquie-Iran-Arabie saoudite, différend chiîtes-sunnites, Eglises arabes, intégrismes religieux,  de la Russie et de l’Asie centrale (islam en Russie même, dans le Caucase (Géorgie, Ossétie) et dans les ex-républiques musulmanes soviétiques) et de l’Amérique  latine (diaspora arabe au Brésil, Argentine, Chili, Colombie).
En tant que Grand reporter, il a arpenté 25 ans durant l’Amérique latine,  le Proche-Orient, la Russie et l’Asie centrale. Il a collaboré, entre autres,  au Monde, le Nouvel Observateur, Télérama, Géo, El Pais… Il est aujourd’hui  rédacteur en chef et éditorialiste à TV5-MONDE. Comme essayiste, il a rédigé  plusieurs ouvrages, notamment « La vie quotidienne à la Mecque de Mohamed (QSSSL)  à nos jours » (traduit en grec, italien et russe) et tout récemment, « L’Algérie  en couleurs, photos d’appelés 1954-1962″.
Des ouvrages qui lui ont valu des prix Colombe d’Or pour la Paix (Rome  1996/prix cofondé par Alberto Moravia), le prix Clio d’Histoire (1990) et le  prix France Méditerranée (1982). Il dispense des séminaires de géopolitique  des religions au campus de Menton (IEP de Paris) et un autre sur la diaspora  arabe au campus de Poitiers (IEP de Paris) et anime des formations pour les journalistes à la Sorbonne à Neuilly-sur-Seine. Il est l’animateur d’un blog de géopolitique des religions sur TV5 Monde « Deus ex machina ». Il est également Glogal-Expert auprès de l’Alliance des civilisations, placée sous l’égide des Nations unies.

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