Conférence de Paris sur le climat: de vrais thèmes de l’ordre du jour risquent bien de faire partie des « points divers ».

Sidi El Moctar Ahmed TalebAutrefois capitale de la culture de son monde, Paris vit les derniers100 mètres ou les 100 derniers jours de ses préparatifs pour recevoir 196 délégués qui auraient souhaité être conviés pour plutôt suivre un spectacle à l’Opéra deParis (Salle Favart) ou faire une randonnée guidée de cette capitale avec des arrêts au Louvre, au Muséum national d’Histoire naturelle, aux Champs Elysées, à la Tour de 300 mètres dite Tour Eiffel.
Pourtant l’espoir pour sauver les habitants de notre planète (ou notre planète et ses habitants), réside en cette rencontre qui se déroulera, dans cette capitale de la France, du 30 novembre au 11 décembre et en l’accord mondial sur le réchauffement climatique que nos honorables délégués participants devront négocier sous l’égide des Nations unies.
A propos de cette 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 (COP21/CMP11), appelée aussi « Paris 2015″, trois étapes méritent d’être commenté sachant qu’elles puissent expliquer l’optimisme d’une partie des observateurs et le pessimiste d’une autre.
La première ne concerne que la personne de Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères de la France et Président de l’organisation de cette COP21, c’est-à-dire son état d’âme depuis Varsovie 2013. Son Excellence est normalement habité par des souvenirs qui le hantent en permanence et qui serait censés soit le perturber dans ses pensées, soit le déterminer à ne reproduire les erreurs du passé et à éviter l’échec à tous prix.
Ces souvenirs n’auront pas d’effets perturbateurs sur ce poids lourd de la diplomatie internationale eu égard à son âge, son expériences et ses valeurs intrinsèques : ‘‘félicitations’’ et ‘‘condoléances’’ dites dans la même phrase, àVarsovie en 2014 (COP19), par les délégués venus le saluer lors de sa désignation comme président de la COP21 ; Copenhague a été un échec lamentable (COP16 en 2009) ; à Lima en 2014, le coup du marteau du Péruvien, président de la COP20, n’a retenti qu’à 02 heures du matin pour annoncer le consensus ; Kyoto, un repère important, c’est depuis 18 (1977), etc.
La deuxième étape, c’est celle que nous vivons avec cette fin du mois d’Août 2015. Bien que pour les organisateurs la vraie évaluation de l’avancement des travaux ne se fera qu’en octobre prochain, cette étape se caractérise, à environ 100 jours de la date butoir, par :

- un premier texte qui est encore loin de faire l‘unanimité et que Bonne est appelé l’étudier davantage et y intégrer les reste des contributions des pays retardataires et pour faciliter, à Paris, un consensus entre 196 délégations (195 Etats et l’Union européenne) ;

– L’essentiel des promesses et/ou contributions ou propositions de réduction de CO2 et des notes rédigées spécialement (par pays et/ou par zone) pour les délégués, ne manquent pas de contenir de fausses notes par rapport au projet en discussion actuellement à Bonne en Allemagne ;

– Les notes des ambassadeurs de France ayant prioritairement travaillé depuis 2013 comme ambassadeurs du climat, n’intègrent certainement pas les préoccupations de l’ensemble des pays où ils sont accrédités;

– Le constat récent « Nous n’avançons pas assez vite » du président américainBarack Obama (Anchorage/Alaska) ;

– L’ONU a averti ces derniers jours « qu’il n’y a pas assez d’argent pour financer cette réunion mondiale » et dit, paradoxalement, « qu’elle n’a pas aussi le temps à perdre » ;

– Beaucoup d’ONG et d’organisations de défense de l’environnement, lèvent la barre très haut et menacent d’agir en conséquence avant et en parallèle avec le déroulement des travaux de la conférence;

– L’OMS promet de faire entendre davantage sa voix dans moins de 15 jours, laisse entendre, à la suite de l’appel qu’elle lancera les prochains jours, un souhait de voir les négociations se dérouler par rapport à l’impact du réchauffement climatique sur la santé des populations.
Mais, tout cela ne semble pas décourager une France qui se rappelle désormais de son passé glorieux, qui regrette qu’elle s’en est écartée aux yeux de beaucoup de ses fidèles et qui s’efforce aujourd’hui de prendre compte, dans son action présente et future, d’un tel passé.
Dans la pratique, le Président de la conférence s’appuie déjà fortement, à croire la presse, sur ses coprésidents, l’Algérien Ahmed Djoghlaf, pour les pays du Sud et l’Américain Daniel Reifsnyder, pour le Nord, sur Christiana Figueres, chargée pour l’ONU de la négociation sur le climat et puis sur un large staff composé en majorité de techniciens et de diplomates français.
La stratégie de travail initiée par ce Président, consiste notamment à éviter les erreurs de Copenhague surtout et à capitaliser les évolutions observées en matière d’approche lors du sommet de 2010, à Cancùn/Mexique, sous la présidence de la Ministre des Affaires Etrangères mexicaine Patricia Espinosa.
Certainement qu’on murmurer autour du Président de la Conférence « Paris ne sera, en aucun, une ville comme les autres puisque cela humiliera ses fils et annoncera le début d’une catastrophe pour une population mondiale qui a placé tous ses espoirs en cette rencontre».
En somme, il s’agit, pour cet ancien Premier Ministre bis et Président d’Assemblée Nationale bis de son pays, d’adopter une approche largement participative et d’inverser l’ordre habituel des interventions des participants : écouter les chefs de l’Etat et du gouvernement ainsi que les représentants de la société civile et des autres partenaires invités et ce pour dissocier les discours politiques et les préoccupations des autres partenaires du travail technique des négociateurs. Ces derniers tiennent, sûrement compte -implicitement et explicitement- de tous les avis et de toutes les positions, clairement ou non exprimés dans les discours officiels et dans les interventions des autres. Cette sorte de ‘’Adieu la participation des politiques, à travers un groupe restreint ou large, aux négociations des éléments techniques’’, « impulsera les négociations et mettra toutes les chances de réussite de leur côté» martèle déjà Monsieur le Président dans ses sorties devant la presse.
La troisième et dernière étape, en constitue les travaux proprement dits de la conférence quand les participants concernés s’investiront pour arriver à un consensus sur accord à l’aune des défis présents et futurs en matière de climat, c’est-à-dire un accord universel et contraignant dans l’objectif de contenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C.
En ce qui concerne la prise de conscience de la problématique du climat et des enjeux qui l’entourent, elle ne fera pas obstacle entre les délégués en décembre. Oui, elle est déjà totale aussi bien chez les scientifiques, les défenseurs de la nature et les médias que chez les politiques tant au Nord et qu’au Sud.
Alors, l’inquiétude ne pourra venir que lors qu’on discutera les engagements relatifs aux aides à accorder aux pays qui n’ont pas les moyens de mettre en œuvres leurs obligations relatives aux changements climatiques. Généralement, ces pays ne se sentent pas concernés par la réduction des gaz à effet de serre et ne sont intéressés que par les moyens de pouvoir s’adapter aux changements climatiques: combattre leurs conséquences résultant des activités des pays industrialisés et œuvrer pour préserver l’environnement chez-eux et éviter qu’il se dégrade davantage.
Au passage, n’oublions pas que dans cette partie du monde, le faible niveau d’instruction, la pauvreté et puis les préjugés culturels et religieux, font que ces problèmes de changements climatiques n’intéressent pas la majorité des populations.
C’est le point précis de financement qui risquera de faire émerger la nouvelle conception des relations internationales et de la logique d’allocation des aides aux développements et autres : la chute du mur de Berlin et la dislocation des pays du pacte de Varsovie, la guerre contre l’Iraq, les attentats du 11 septembres 2001, le slogan du ‘’désordre créateur’’ de Gonzeliza Rice (reconfiguration du monde), le printemps arabe à partir de 2010, la monté du radicalisme de l’Islam et de l’extrême droite partout, la crise financière qui évolue encore, depuis 2007, dans un labyrinthe, etc.
En ce moment là, les pays en quête de fonds, découvriront la réalité amère : l’allocation des aides, répond désormais à une nouvelle logique qui rappelle ou s’apparente au concept de  »migration choisie » de Sarkozy. Il s’agit de réserver dorénavant ces aides à (i) la lutte contre le terrorisme née surtout de l’invasion de l’Afghanistan (1979-1989 et 2001-2014) et de l’Iraq (2003) et puis de la destitution de Kaddafi (2011) et à (ii) la recherche de solution pour les migrants envoyés par Molla Omar, Saddam et Kaddafi et pour ceux du climat appelés, eux aussi, à se multiplier les années à venir. Le nouveau laxisme du monde face aux dictatures et à un ensemble de valeurs qui nourrissaient des espoirs chez des centaines de millions de personnes, renforcera ce phénomène de réfugiés et accroitra ses conséquences néfastes.
Par ailleurs, pour beaucoup d’observateurs, l’ouverture probable de discussions sur ce genre de questions lors du COP21, risquera bel et bien de renvoyer ses vrais thèmes du climat aux ‘’points divers’’ de l’ordre du jour. La situation se compliquera à l’extrême si on évoquerait à cette occasion que l’objectif unique des progrès scientifiques et technologiques et puis d’un environnement sain où tout est en équilibre harmonieux, n’est autre chose que l’Homme.
Que Dieu préserve nos amis français et l’humanité tout entière d’un nouvel échec sur le climat, un échec qui viendra s’ajouter à celui relatif aux droits de l’homme (démocratisation de la vie politique et économiques de manière à préserver les droits des minorités ethniques et religieuses), au désarmement (fabrication, vente et propagation de certaines catégories d’armes), à l‘éradication de la fin et des inégalités, etc. Qui vivra, verra ou à décembre 2015 Inchaallah !

Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

Source : Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

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