Conférence mondiale des journalistes : A Séoul, la presse traditionnelle s’interroge sur son avenir

Le Premier ministre sud-coréen, Chung Hongwon, a ouvert hier, lundi, à Séoul, la Conférence mondiale des journalistes qui se tient du 14 au 21 avril avec la participation de 110 journalistes en provenance de 74 pays.

congre des journalistes a seoulDans un contexte de tension entre les deux Corée, le Premier ministre a retracé les événements qui ont conduit les deux frères ennemis dans une situation de ni guerre ni paix depuis juillet 1953 avec l’armistice de Panmunjom. En souhaitant la bienvenue aux journalistes, M. Chung a souligné le rôle que peuvent jouer ces derniers dans la recherche de la paix et la compréhension entre les peuples.
Dans la même lancée, le ministre des Affaires étrangères, Yun Byung-se, a évoqué la vision pacifiste de la première femme présidente de Corée du Sud, Park Geum-hye, qui veut inaugurer une nouvelle ère dans la péninsule coréenne. Au siècle dernier, a-t-il souligné, la Corée a souffert de la tragédie des conflits civils, de la division nationale et de relations conflictuelles avec ses voisins ainsi qu’une grande pauvreté résultant de la colonisation et de la guerre. Malgré les provocations et les menaces du régime de Pyongyang, M. Yun dit croire en un avenir de paix, de progrès et de réunification de la Corée.
Park Chong-Ryul, le président de l’Association des journalistes coréens (Jak), après avoir présenté son organisation créée en 1964 et forte de 10.000 membres, a indiqué que le thème de la conférence, « Communication et futur du journalisme global », est une invite à la réflexion pour construire un média viable et créer de nouvelles opportunités en communication. La presse est aujourd’hui interpellée par les Tic, selon notre confrère coréen, mais elle doit s’adapter à ce nouvel environnement.

Chiffre d’affaires reduits
Le président de la Fédération internationale des journalistes (Fij), Jim Boumelha, pose le même diagnostic en soulignant que les temps sont durs pour les journalistes, pas seulement en Corée mais partout dans le monde. Les Tic, a-t-il souligné, ont mis la presse traditionnelle, surtout écrite, dans une situation menaçant sa survie car le modèle économique dans lequel elle évoluait a changé, ce qui exige d’elle de nouvelles stratégies. Il faut réduire les coûts tout en réalisant des profits dans un contexte de baisse des ressources, et tous les journalistes du monde doivent s’unir pour relever le défi, a indiqué M. Boumelha.
Dans les débats qui ont suivi, des problèmes que posent les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter… ou les blogs ont été relevés. L’information n’appartient plus au journaliste qui avait dans le passe le privilège de la manipuler. Aujourd’hui, elle est accessible à tout le monde et le journaliste a perdu le monopole de l’information. La presse écrite, particulièrement, souffre de l’invasion des Tic dans la mesure où elle voit, de plus en plus, son tirage et son chiffre d’affaires se réduire à cause de la publicité et des contenus publiés sur le Net, des journaux gratuits et d’une certaine paresse des habitants des pays connectés qui, plutôt que d’acheter un journal imprimé, préfèrent aller directement sur le Net grâce aux facilités de connexion offertes par les ordinateurs, les tablettes numériques et les Smartphones. En un mot, un autre modèle de journalisme est à inventer en mettant davantage l’accent sur l’information en ligne que ce qu’on a connu jusqu’ici. La conférence mondiale des journalistes a publié également une déclaration pour la paix dans la péninsule coréenne, en regrettant le fait que la Corée est la seule Nation divisée du monde depuis la suspension de la guerre en 1953.
Elle appelle les deux Corée à engager un dialogue bilatéral et à opter pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, à faire baisser le niveau de tension, notamment l’abandon des menaces et des provocations par la Corée du Nord qui doit prouver qu’ elle est un membre responsable de la communauté internationale, et à trouver, dans le cadre des négociations à Six avec l’appui de tous les pays, un climat de stabilité et de paix dans la péninsule coréenne.

De nos envoyés spéciaux Ibrahima MBODJ (texte) et Pape SEYDI (photo

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