Confuses déclarations de Mohamed Ould Abdel Aziz à Nouadhibou

 ZEF-SIDIBE RIMWEB.NET

Dans sa conférence de presse donnée, à Nouadhibou, le 7 avril  2014, Le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz a inauguré sa campagne contre la candidature du seul « champion des Droits de l’homme »  en Mauritanie, en occurrence, Biram Dah  Abeid.

En préparation à une quelconque action, laquelle ?, le Président lève déjà les gans en tentant de voir une incompatibilité entre la candidature correctement déclarée de Biram par rapport à son acharnement à œuvre pour la promotion des Droits de l’homme et l’abolition effective de l’esclavage.  Pourtant, le Président s’était refusé de reconnaitre à l’IRA le caractère d’Organisation non gouvernementale luttant pour la promotion des Droits de l’Homme. En le reconnaissant aujourd’hui, il fait tout de même un pas. C’est bon, mieux vaut tard que jamais.

Or, que l’on se place sous l’angle de la technique juridique ou sous celui de l’opportunité politique, on est obligé de reconnaitre que cette candidature, par l’engagement militant de son auteur en faveur des couches les plus défavorisées, se présente comme parmi les plus crédibles de tous les potentiels candidats à la prochaine consultation électorale.

Observons, sans trop de commentaires :

Sur le plan juridique, même les néophytes observent aisément que dans tout l’ordonnancement juridique en vigueur de la Mauritanie et précisément au niveau de la constitution, il n’a été nullement indiqué que les réels citoyens patriotes, engagés dans la lutte pour la protection des Droits et des libertés fondamentales ainsi que la promotion de l’Etat de droit ne peuvent solliciter le suffrage du peuple à l’effet d’exercer les fonctions de la Présidence de la République dans l’intérêt de ce peuple.

C’est parce que il y a plutôt une très grande compatibilité que, par rapport à cet objet, la constitution a été catégorique, nette et précise en son alinéa 3 (article 26 nouveau) qui stipule :

« Est éligible à la Présidence de la République, tout citoyen né mauritanien jouissant de ses droits civils et politiques et âgé de quarante (40) ans au moins, et de soixante-quinze (75) ans au plus, à la date du premier tour de l’élection. »  Cela ne nécessite aucun commentaire : Biram Dah Abeid remplit correctement tous les critères de l’article 26 nouveau de la constitution.

De plus, par l’article 27 nouveau, la constitution précise que : « Le mandat du Président de la République (donc après élection) est incompatible avec l’exercice de toute fonction publique ou privée et avec l’appartenance aux instances dirigeantes d’un parti politique. »  L’incompatibilité en question ne concerne donc le candidat qu’une fois élu.  A notre connaissance, seuls les militaires en activité sont juridiquement interdits de s’immixier de quelque manière que ce soit dans les activités politiques et de présenter donc une candidature car ils doivent demeurer apolitiques.

Biram Dah Abeid n’est instruit ni par la France de Sarkozy ni par la Grande Jamahiriya Libyenne ni par Me Wade tombé en disgrâce  encore moins par Israël comme d’aucuns le laissent croire.

Mohamed Ould Abdel Aziz ne doit donc pas s’inquiéter puisque Biram Dah Abeid, ses conseillers et tous les potentiels candidats de l’opposition constructive sont différents de tous ceux qui nous ont gouvernés jusqu’à présent car ce sont des légalistes. Mais puisqu’aucune norme de toute la panoplie juridique du pays ne le dit, le Président nous dira certainement la source qui justifie son incompatibilité.

 C’est parce qu’il connait la pleine constitutionnalité de cette candidature que le Président insiste, en quittant le domaine du droit, pour replacer son inquiétude sous l’angle de l’opportunité politique en indiquant que Biram et son IRA ne représentent pas les couches les plus défavorisées.

Nous avons été à l’école mais nous avons alors manqué de connaitre ce que c’est que les « couches les plus défavorisées ». Nous pensions que les esclaves se situent à l’échelle la plus basse de ces couches. Les négro-mauritaniens discriminés, les « petites » tribus blanches marginalisées, les victimes de l’épuration ethnique des années de plomb comme les veuves, les orphelins, les déportés mal rapatriés et autres damnés du système beïdane appartiennent tous à cette catégorie de « couches les plus défavorisées » que lui, le Président, a  ignorés durant tout son mandat et  qui se trouvent au centre de l’action de Biram Dah Abeid.

Inchallah, rien donc, pas même le diktat, n’invalidera cette candidature tant attendue et tant sollicitée des forces profondes de notre peuple.

Mais si tout cela est clair, une question reste à poser :

De quoi Mohamed O Abdel Aziz a-t- il peur ?

Aurait-il peur de son bilan, de ses promesses de campagne non tenues, de la construction de « la  cité sur la colline » qui n’a pas eu un début d’exécution, de la présidence pour les pauvres devenus plus pauvres que des rats d’église, des promesses creuses de traitement du passif humanitaire,  et ce, au moment où massivement la jeunesse courent les rues?

Où bien, aurait-il peur de la popularité étouffante et toujours grandissante de Biram Dah Abeid ? En tout cas, par ce prix qui lui a été décerné là-bas, à  New York, les Nations-Unies ont témoigné.

ZEF SIDIBE

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