Conseils régionaux : Réunir les conditions…

Conseil des MinistresLes débats vont bon train sur la création des conseils régionaux, une vieille revendication aussi bien de la classe politique mauritanienne que des partenaires au développement. Certains experts trouvent que cette initiative est bonne si et seulement si, les conditions pour son application réelle sont respectées.
L’idée de créer des conseils régionaux en Mauritanie est judicieuse, selon certains experts, qui entrevoient ses incidences positives et directes sur la vie des populations et sur le renforcement de la décentralisation.
Seulement, pour que ces conseils régionaux jouent réellement leur rôle, que cela soit dans l’ancrage de la démocratie et l’exercice des libertés ou dans le domaine du développement local sous ses divers aspects, les experts trouvent qu’un certain nombre de conditions doivent être remplies avant la mise en place de ces nouvelles institutions pour leur permettre d’exercer librement les missions qui leur seront dévolues.
Parmi ces conditions, Abdi Ould Mohamed Vall, ancien maire de Riadh et expert en matière de décentralisation, contacté, cite le transfert des compétences aux conseils régionaux, le transfert des moyens matériels, financiers et humains nécessaires à leur fonctionnement, la reconnaissance de la nature exécutoire et non consultative des décisions prises par les conseils régionaux et l’indépendance financière.
Les experts ajoutent comme essentiel la définition claire des limites de compétence des conseils régionaux pour éviter tout empiètement avec les domaines réservés aux autres institutions administratives, avec la prise en contact des inégalités régionales que le découpage administratif institué en 1968 a consolidé.
Ainsi, s’il y a des régions minières, d’autres à forte potentialité halieutique, agricole ou pastorale, d’autres sont dépourvues de toute potentialité. De telles inégalités peuvent être corrigées, selon les experts, par un partage judicieux des richesses nationales et par une franche collaboration entre région pour établir les équilibres et l’équité.
Les experts trouvent également que le développement régional ne pourrait être réel sans que le rôle des communes ne soient consolidé pour créer une dynamique symphonique capable de donner à la décentralisation toute son emprise.
Compte-tenu de l’histoire de la décentralisation en Mauritanie, avec la loi sur les communes créées par l’ordonnance 134/86 plusieurs fois modifiées, l’évolution vers la création de conseils régionaux doit, selon les experts, être soutenue par l’ensemble de la classe politique et la société civile.
Seulement, des craintes persistent à la lumière de l’échec de l’expérience communale en Mauritanie, notamment dans la mise en pratique du cadre juridique qui devait réguler son fonctionnement administratif, financier et humain. Cette rétention dans le rôle dévolu aux conseils municipaux aurait empêché ces derniers de joueur pleinement le rôle qui leur était dévolu, notamment dans le domaine du développement communal local.
Les experts espèrent ainsi qu’avec cette nouvelle orientation, la décentralisation régionale élevée à son point culminant, pourrait corriger les imperfections constatées dans l’expérience communale en Mauritanie. Parmi les contributions attendues de cette forme de décentralisation, la refonte du découpage territorial sur le plan organique, institutionnel et pratique, notamment.
Il est ainsi attendu que les conseils régionaux contribuent au dénombrement et à la planification pour un nouveau découpage électoral, l’encouragement à l’investissement et la coordination entre les différents intervenants dans le domaine du développement local, entre autres.

MOMS

Source : L’Authentique

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