Conseils régionaux : un pas prudent dans le cadre d’un long processus d’une décentralisation progressive

Sidi El Moctar Ahmed TalebLe discours du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz àNéma, a malheureusement, à tort ou à raison, partagé les mauritaniens.
Il y a ceux qui apprécient les réalisations accomplies sous le règne de Son Excellence et nourrissent beaucoup d’espoirs quant à l’avenir qui, à la lumière des nouvelles mesures annoncées, se dessine devant le pays.
D’autres qualifient le discours d’agressif envers l’opposition nationale et considèrent la suppression du Sénat et les changements qu’engendrera cette décision au niveau de la Constitution, comme une première manœuvre d’un processus qui conduira à la conservation, par Monsieur le Président, du pouvoir au-delà de 2019.
En ce qui me concerne, ma préoccupation première serait de voir le pouvoir l’opposition et les Bureaux d’Etudes organiser des campagnes d’explication destinées à faire comprendre aux acteurs politiques et à l’ensemble de nos concitoyens qu’est-ce l’Etat centralisé, l’Etat décentralisé, les Collectivités locales, la Décentralisation (territoriale ou fonctionnelle/technique), la Déconcentration, la Libre Administration, la Régionalisation, l’Autonomie (administrative ou financière), le Fédéralisme, etc.
Dans le cadre de telles campagnes, d’éminents juristes et spécialistes dans ces domaines précis devront débattre, notamment à la télévision et à la radio, de l’ensemble de ces concepts liés aux différents types de décentralisation. A propos, il serait urgent de déclencher cette dynamique avant le démarrage effectif du dialogue ou rencontre nationale annoncée par le Président de la République lors de sa dernière visite à Néma, capitale du Hodh Charghi.
En effet, les campagnes souhaitées, faciliteront aux futurs participants au dit forum de proposer le modèle le plus adapté à ‘’une république indivisible’’ avec un peuple majoritairement non instruit et une classe politique vieillissante, mais, hélas, loin de désarmer.
Il est évident que dépendent du modèle à choisir, (i) les concessions à faire et/ou les attributions à transférer aux entités de décentralisation et aux services déconcentrés de l’Etat, (ii) les rapports entre ces deux types d’acteurs locaux, d’une part et entre ceux-ci et l’Etat central/Administration centrale, d’autre part.
Quel soit le modèle à choisir et eu égard les étapes traditionnellement connues dans la mise en œuvre de toute politique de décentralisation, les Conseils régionaux promis par Monsieur le Président de la République, devront constituer un pas prudent d’un processus lent et à réaliser progressivement dans le temps. Nul d’ailleurs n’ignore qu’en France, pays qui a souvent constitué une référence et une source d’inspiration pour nos experts et administrateurs, ce genre de processus entamé en quelque sorte avec le référendum de De Gaule en 1969, s’est éclairci davantage avec les Lois Defferre (1982-1983), s’est accéléré sous Raffarin (2003-2004) et continue encore de s’améliorer progressivement jusqu’aujourd’hui. Alors, on voit clairement qu’il s’agit d’un processus où chaque phase demande un temps d’expérimentation et d’adaptation plus ou moins long. Ce n’est là qu’un conseil !

Source : Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb

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